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 Sirael Ashtareos - Hail To The Golden King ! [LOADED]

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Sirael AshtareosThe Golden King
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Date d'inscription : 15/06/2015
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Caractéristiques du Mage
Magie/Malédiction: Light Dragon Slayer
Magie Secondaire: ///
Progression:
1155/1200  (1155/1200)
The Golden King

MessageSujet: Sirael Ashtareos - Hail To The Golden King ! [LOADED] Sam 7 Nov - 20:57







Sirael Ashtareos




Nom : Ashtareos

Prénom : Sirael

Âge : 25 ans

Sexe : Masculin

Guilde (et poste souhaité) : Maître de Golden Reign

Surnom : The Golden King


Behind the screen

Un pseudo : Ery v:

Un âge : 16 (the day ♫) ans

Comment tu nous as connu ? Euh… Par hasard ? :’)

Le code du réglement ? C'était la blague à 24 carats ~

Des commentaires ? Dites-donc, ce forum est tout de même sympathique.

L'avatar que tu utilises ? Gilgamesh – Fate/zero


Magie


Light Dragon Slayer : La magie du Light Dragon Slayer permet à son utilisateur un contrôle absolu sur l’élément lumière. Enseignée à Sirael par Aurash, le Dragon de Lumière, elle possède le pouvoir de pourfendre les Dragons. Ainsi, Ashtareos a des capacités similaires à celles de son deuxième « père ». Il peut noyer l’adversaire sous un déluge de coups infusés de cette radiance draconique dorée, souffler une lumière destructrice sur le monde ou encore se déplacer « aussi vite » que son élément (cela dit, un mage plus aguerri que lui ne se laissera pas perdre par cette vélocité). Les sorts du Light Dragon Slayer utilisent les ailes miroitantes, les griffes éblouissantes ou la queue éclatante de son Dragon.
En maître de la lumière, Sirael peut dévorer toute lueur concentrée ou d’origine magique afin d’en tirer une régénération des plus efficaces. La plupart des simples utilisateurs de Light Magic se trouvent désarmés devant lui et ne peuvent rien faire d’autre si ce n’est accepter la défaite, déposer les armes ou trépasser.  
Comme ses homologues Pourfendeurs de reptiles, le Roi Doré est doté de réflexes et de sens transcendant les simples capacités du commun. Seules peu de choses peuvent lui échapper et il est quasiment impossible de s’approcher de lui sans que, d’une façon ou d’une autre, il le sente venir. Les odeurs trahissent extrêmement bien l’endroit d’où elles émanent… Néanmoins, un environnement saturé brouille toute forme de pistage. A vrai dire, le maître de Golden Reign évite de faire montre de ces choses-là. S’il pense qu’elles constituent c’est un avantage, d’autres pourraient, avec leur langue perfide, se servir de cela pour l’animaliser, le « dragoniser »… Et ainsi lui faire perdre quelque peu sa crédibilité en tant que défenseur de l’Humanité.
Aussi, Sirael a la possibilité d’entrer en Dragon Force. Cet état, atteint uniquement dans des circonstances exceptionnelles, transfigure ses rayons draconiques en authentiques fragments solaires, capables d’anéantir toute chose. Cela se traduit également par des modifications physiques : allongement des canines, pousse de griffes, peau se couvrant par endroit d’écailles et, pour sa part, émanation de lumière ainsi qu’apparition de symboles tribaux et dorés sur l’intégralité de son corps. Ivre de pouvoir, il devient ainsi l’ultime combattant et peut goûter sa gloire…

En outre, cette magie de Light Dragon Slayer a la spécificité de garantir une grande palette de sorts au corps-à-corps, contrairement à une Light Magic lambda. A contrario, le jeune homme a moins de possibilités dans le cadre d’un combat à distance… Mais, cela l’importe assez peu étant donné sa belle mobilité.
Pour ce qui est de l’utilitaire, cette magie ne lui permet pas grand-chose mis à part illuminer et s’illuminer, chassant les ombres et se drapant de splendeur. Il peut légèrement dévier la lumière, l’intensifier ou l’amenuiser… Bref, rien de transcendant en soi, la lumière étant intangible et volatile.
Un autre désavantage à avoir été l’apprenti d’Aurash est la faiblesse que sa magie possède face à un Light God Slayer. Il est impossible à Sirael de dévorer sa lumière et la sienne est inefficace contre ce quidam. Le Golden King n’a, néanmoins, jamais rencontré une telle personne…
Enfin, l’on peut citer la sainte horreur que se doit de posséder tout utilisateur de cette magie : celle des moyens de transports. Il est insupportable au maître de Golden Reign de monter sur un chariot ou dans un coche. Son estomac n’y résisterait pas. Un mal des transports diabolique le caractérise et l’incapacite complètement s’il a le malheur de le déclencher.

En bref, cette magie d’or chimérique est le seul moyen de vaincre Acnologia.


Rudiment en magie : Kansô
Physique


Ce qui frappe en premier lorsque l’on observe Sirael ? Son armure dorée. Elle lui donne une carrure imposante, resplendit, éblouit comme la lumière de son porteur quiconque pose ses yeux dessus. Cette teinte l’accompagne de ses larges boucles d’oreilles aux pointes de ses cheveux tantôt dressés vers le ciel tantôt auréolant son crâne d’une crinière régalienne. Parfois, ces derniers, Ashtareos les laisse tomber autour de sa tête, ébouriffés. Tout dépend de son humeur.
Les traits fins de son visage lui donnent un air élégant. Des étendues lisses d’un désert blanc sans en être blafard le recouvrent. Ce paysage n’est en aucun cas dérangé par quelque végétation disgracieuse. Au centre, une proéminence fine tend vers l’avant sans timidité ni orgueil. A sa naissance, de chaque côté, deux lacs écarlates s’étendent uniformément, suivant la forme d’une amande. Peu de choses les troublent, et, généralement, ils donnent une impression voulue de placidité, de force tranquille. Se reflétant dans les yeux des autres, ces derniers ne sauraient leur être dévoués s’ils étaient agités. Mais leur couleur peut très vite déranger… Ne serait-ce que l’ombre d’une irritation arrive à changer ces eaux calmes en abysses incertains… Ceci dit, il est à noter que, bien souvent, ces bassins sont lestés de ténèbres résiduelles des nuits passées. Chose que, même s'il le garde secret, Sirael cache à renforts de maquillage afin de ne pas paraître affaibli.
Lorsque l’on redescend, glissant sur la pente douce de deux collines, l’on arrive à un ravin étroit dont les deux bords rosés paraissent délicats et frais. En sort une voix veloutée ni grave, ni aiguë. De là, notre exploration continue vers le bas après s’être positionné sur promontoire donnant à l’ensemble de la sculpture un effet ni trop efféminé, ni trop épais.
Prenons du recul pour voir l’œuvre en son intégralité.

Il s’agit donc d’un jeune homme fait et vêtu d’or. Il est assez grand, mesurant un mètre quatre-vingt deux. Le corps est harmonieux, dessiné, d’une masse de soixante-quinze kilogrammes. Ses muscles, certes fins, saillent, forgés par son expérience au corps-à-corps de Dragon Slayer. Sa démarche est plutôt élégante, son port droit. Parfois, cela peut donner à Sirael un air d’arrogance involontaire… Il se déplace par grandes enjambées sans pour autant avoir un rythme effréné. Ainsi, il donne une impression de pesanteur tout en marchant, tout compte fait, assez rapidement.
Revenons un peu sur ses atours. L’armure qu’il porte la majeure partie du temps est faite d’un métal doré, poli. Pour l’agrémenter serpentent des arabesques bleu sombre dont la teinte s’accorde avec l’habit porté par Ashtareos sous sa cuirasse. Cette dernière possède, par ailleurs, des spallières particulièrement massives donnant un air impressionnant à celui qui les revêt. Les protections des membres supérieurs se terminent sur deux gantelets débutant au niveau de l’avant-bras et dont l’extrémité est assez flexible pour garantir à Sirael la même dextérité que s’il ne les portait pas. Sous la pièce se trouvant au niveau de sa taille, le Roi Doré porte un pagne rouge, lequel est fendu pour permettre une mobilité optimale à ses membres inférieurs blindés d’une paire de jambières.
Parfois, cela dit, lors de ses moments de débauche et de relâchement (ou tout simplement lorsque les aléas naturels l’y obligent), le maître de Golden Reign aime à s’habiller de manière un peu plus décontractée…

Si l’on retirait tout vêtement au jeune homme, l’on serait tout d’abord frappé par le nombre de cicatrices plus ou moins résorbées le déchirant. Celles-ci résultent des cauchemars démoniaques qu’a connus Sirael durant son séjour à Minstrel… Aussi, des tatouages écarlates, lignes géométriques formant pointes et courbes courent sur sa peau, du haut de ses bras jusqu’à son bas ventre en passant par son dos. Leur origine ? Un sort lancé par Saeros, un ami qu’avait rencontré le Light Dragon Slayer durant son enfance. C’est un sceau empêchant la malédiction lui ayant été lancée d’agir, supprimant les conséquences des cauchemars que vit Sirael.
En plus de ces marques-là, le symbole de sa guilde est inscrit en doré sur sa nuque. À un endroit, donc, vital.

Le maître de Golden Reign a quelques postures caractéristiques. Il n’est pas rare de le voir les bras croisés, comme pour manifester son assurance ou le fait qu’il campe sur ses positions. Quand il est assis, il a tendance à appuyer sa tête sur l’un de ses bras, à l’aise. Quoi qu’il en soit, il économise généralement ses gestes, ne voulant pas se donner un air inconstant. Aussi, il lui arrive de fermer les yeux afin de mieux se concentrer sur ses pensées ou tout simplement pour se donner une contenance.
A contrario, lorsqu’il est courroucé, le Roi Doré se met à tapoter toute surface passant à sa portée avec frénésie, à passer une main tremblante dans ses cheveux ou sur ses sourcils, et cætera. Son expression, quant à elle, à tendance à rester neutre ou avenante. Souvent ferme, parfois importunée, rarement enragée.


Psychologie



L’Être – Quelle est la vérité ?



« Lumière sur l’esprit. »

Sirael est un homme plutôt distingué, c’est là la première chose qui peut vous frapper. Il sait jouer de sa verve et apprécie toutes les autres formes d’art, esthète. Possédant un véritable talent d’orateur, les échanges d’opinions, il les aime autant que les vins les plus précieux. Au reste, il cultive cette facette hédoniste de son âme et met un point d’honneur à savourer la nourriture, la boisson, la nature et les plaisirs charnels. Cela dit, le Roi Doré ne saurait être digne de son titre s’il n’était pas un conquérant. Follement ambitieux, le Light Dragon Slayer voit les choses en grand. Mégalomane ? Pas vraiment, car Ashtareos a tout de même conscience de ses capacités. Certes, son égo peut paraître d’une bonne taille, mais il n’est pas uniquement intéressé par sa propre personne, absolument pas. Loin de lui le narcissisme et l’égocentrisme ! Après tout… Un Roi peut-il gouverner seul ? Sans conseillers, sans cour et sans sujets ?
Non, absolument pas.

Toute personne possède une facette plus sombre. L’or et le faste détournent l’attention des vices dont Sirael est investi… Mais ces derniers existent bel et bien… Seulement, personne n’est encore vivant pour en témoigner. En effet, Le Roi Doré n’hésite pas à massacrer quiconque s’oppose à lui. La moindre contrariété peut, selon ses humeurs et le coupable, lui donner des pulsions meurtrières auxquelles il s’abandonne. La mort est banale, le meurtre aussi. Dans un monde où l’Homme n’est qu’une proie, le maître de Golden Reign se fait parfois prédateur… Paradoxal, non ? Lui qui désire voir l’Humanité au sommet…
Aussi, le jeune homme est calculateur. Malin sans en être un génie (mais assez pour donner sciemment l’impression qu’il en est un afin de déstabiliser les autres…), il pèse savamment le pour et le contre de chaque décision qu’il a à prendre, essaie de cerner les gens pour mieux les gagner à sa cause… Ce qui renforce sa prolixité. Du fait de cette constante réflexion, Sirael rate souvent des occasions, pensant de trop. Cérébral, il envisage toutes les possibilités et leurs conséquences… Ce qui, par occasion le rend hésitant… Et, au final, il arrive qu’aucune décision ne soit prise.
En tant que maître de guilde, qu’orateur et débatteur, le fils d’Aurash peut être cassant, revêtant tout de même ses assertions sèches d’un manteau de grandiloquence. Il aime avoir le dernier mot et est plus borné que quiconque, n’acceptant de changer son point de vue que rarement ou pour des choses qu’il considère comme futiles ou, du moins, secondaires.
De surcroît, l’on peut citer le côté vindicatif de cet étincelant monarque. Doté d’une assez bonne mémoire ayant une forte tendance à déformer les faits par auto-persuasion, il a une certaine propension à extrapoler ces derniers pour le pire, attisant soi-même le feu de la haine et le désir de revanche (à toutes échelles).  

Chaque être à ses valeurs. Chaque être méritant un tant soit peu de considération, du moins. Le propre d’Ashtareos est d’abhorrer le mensonge. Ce n’est pour lui que lâcheté. Exception faite pour… Lui-même ! Car, oui, Sirael ne tolère pas ce que les autres font… Alors qu’il est lui-même coupable de cela. Mais, généralement il préférera adoucir la vérité par une emphase assommante plutôt que de proférer toute forme d’affabulation. Le Roi Doré a des principes qu’il respecte ou, du moins, pour lesquels il montre du respect… Honnêteté, loyauté et fermeté. Les décisions sont à prendre après concertation, mais il ne tolère aucune dérive dans leur application. De plus, celui qui osera le trahir verra un orifice dans sa poitrine fleurir avant de mourir. Aussi peut-on parler de sa propension à recourir à la violence de manière assez imprévisible. Le fils d’Aurash ne fuit pas, n’est pas belliqueux… Mais livre des affrontements éclairs bien que de front.
Sa haine de la trahison, par ailleurs, le conduit bien souvent à en devenir possessif, pouvant être reproché de traiter les autres d’objets malgré lui. En outre, naturellement, Sirael est d’un naturel méfiant, accordant une grande importance à la confiance dont il est avare…
L’avarice… Chose que l’on met souvent en lien avec la cupidité… Eh bien le Light Dragon Slayer est, justement, cupide (matériellement parlant). Toujours pour satisfaire son aspiration au contentement. En revanche, il ne se fait pas ladre pour ces choses-là, en profitant avec ceux qui suivent ses idées.

Etant donné la recherche continuelle du plaisir que mène Sirael, ce dernier a développé une certaine curiosité. C’est un expérimentateur de sensations, un testeur de divertissement, un prospecteur de félicité. Toute chose nouvelle l’intéresse. L’on devine aisément un tempérament actif, un tempérament entreprenant. S’il aime profiter, contempler, apprendre et déguster, cet homme a toujours un objectif derrière la tête et le fera passer bien avant ses désirs de volupté. Il vit plutôt au jour le jour et sait se focaliser sur ce qui est prioritaire plutôt que de se projeter sans arrêt dans l’avenir (sauf quand nécessaire), lui évitant ainsi toute forme d’optimisme ou de pessimisme… Mais cette neutralité peut conduire à une apparente froideur pouvant être fatale à la confiance que lui porte son entourage tandis que, en réalité, le maître de Golden Reign ne saurait être défini par un cœur de pierre comme par un cœur de verre. Non… A son image, cet organe ésotérique serait plutôt fait d’or : à la fois solide et malléable.


Le Fil Rouge – Pourquoi se battre ?

« L’essence de la radiance. »


Le Roi Doré de Golden Reign désire être celui de Fiore. Mais Sirael ne veut pas que son peuple soit opprimé. Ainsi, les Dragons et les Démons doivent disparaître. L’Homme seul doit triompher, se positionner au sommet de la chaîne alimentaire sans avoir à courber l’échine ou à craindre n’importe quelle autre espèce. Il doit resplendir et noyer le monde sous sa gloire éclatante !
Les Dragons sont les anciens souverains de ce monde. Désormais, ils sont dépassés par leur propre création : les Dragon Slayers. La lutte inter-espèces a toujours existé. Aujourd’hui, c’est au tour de l’Humanité de vaincre. Aucune coexistence n’est possible. Elle ne peut tolérer d’égal.
Ainsi, Sirael pensera toujours pour les intérêts du peuple.
Il désire la destruction de Zeref tout en laissant Acnologia s’occuper des Dragons subsistants. Une fois le terrain dégagé, lorsque ces deux gros morceaux seront anéantis, Sirael montera sur le trône, en dégageant le pitoyable fantoche faisant jusque-là office de roi. Un roi sans majuscule.

Néanmoins… Le but de toute cette entreprise n’est pas le pouvoir brut. Le Light Dragon Slayer ne verrait aucun intérêt à régner pour régner. En bon hédoniste, sa volonté la plus profonde est de savourer. Déguster tous les plaisirs que peut lui apporter le monde. Jouir sans aucune limite. Profiter, nourrir ses sens et son esprit… Et ce, sans avoir à se soucier de demain.

Cela dit, nuançons quelque peu notre propos. Certes, la finalité est belle. Certes. Mais qui irait supplanter un roi pour répondre à un simple désir d’allégresse… ? Bien peu d’hommes s’y risqueraient, la chose est bien vraie. Le fils d’Aurash, donc, car il est question de sa psyché, désire accéder aux sommets. Sûrement est-ce dû au fait que ses mésaventures infantiles aient pour source sa pauvreté… Ou sûrement y a-t-il un peu de ça et un peu d’inhérence… Aussi loin que le Roi Doré s’en souvienne, l’élévation matérielle et sociale a toujours été, pour lui, l’achèvement même d’une vie. Symbole de réussite et de plénitude, il ne saurait mourir en paix sans avoir goûté à la condition la plus noble, la plus sublime. Voilà un désir allant de pair avec sa personne. A la manière de son ombre, il n’aurait aucun moyen de s’en séparer s’il le désirait. A la manière de son ombre, l’ambition tantôt le guide, le suit ou l’accompagne. Parfois, elle se rétracte. Parfois, elle s’étend. Sa taille varie, sa netteté aussi.
En un mot, c’est un caractère que l’appétit d’ascension guide plus que tout.  


Les Relations – Que penser des autres ?

« Un roi est défini par son peuple. »

Les rapports qu’ont les gens envers différents types de personnes varient. Qu’en est-il du Light Dragon Slayer ?

L’amitié, pour commencer, est un principe auquel tient le jeune homme. Il définit ses amis par les rares personnes en qui il a plus ou moins confiance. En somme, cela se réduit à une quinzaine de personnages. Le reste n’est pour lui, que petits contacts desquels il faut se méfier. Le monde est hostile, les Hommes aussi. Ainsi, Sirael est du genre à posséder un très grand nombre de connaissances (sa fonction oblige) pour un relativement petit nombre d’amis. Son naturel soupçonneux le pousse à en révéler le moins possible sur sa personne (ou, du moins, à compartimenter les éléments qui la composent) de sorte à ce qu’aucun être ne puisse avoir pleine connaissance de lui sans qu’il l’ait lui-même désiré. De ce fait, il attend de ceux qu’il considère comme ses amis un véritable dévouement mutuel, quitte à en devenir paranoïaque si la réciprocité n’est pas de mise dans le cadre des relations partagées. Et ceux qui le trahiront… Ceux qui déchireront son cœur… Le paieront de leur cœur, également. Leur cœur en tant qu’organe vital.  

Il n’y aurait qu’un pas à faire pour passer de l’amitié à l’amour pour Ashtareos. En effet, le premier de ces  concepts nécessite à lui seul une telle confiance… Que le second peine à être encore plus difficile à atteindre. Sirael s’est entiché de jeunes femmes à plusieurs reprises, mais ce n’étaient là que des petites expériences (voire des relations purement charnelles). Le maître de Golden Reign n’a jamais réellement connu l’amour en tant que passion ardente. Si c’était le cas, le fils d’Aurash se changerait sûrement en monstre de possessivité, prenant son rôle d’amant très (trop) au sérieux. Mais, pour l’heure, une telle perspective ne lui a pas encore réellement effleuré l’esprit… Les femmes et les sentiments vont et viennent… Si son âme-sœur existe, il la reconnaîtra le moment venu…  

En tant que maître de guilde, Sirael donne l’image d’un homme ferme et ambitieux. Faisant particulièrement attention à son image publique, il refuse de défaillir une seule fois devant les membres de sa guilde, veut leur montrer qu’il mettra tous ses moyens en œuvre pour réaliser le rêve qu’ils ont choisi de poursuivre avec lui. Royal dans toutes ses actions, dans toutes ses expressions, dans toutes ses paroles, souvent assis dans une sorte de trône pour discourir à l’attention des membres, il préfère poser les bases du régime à venir en s’imposant comme une figure à la prestance régalienne. Cela dit, Ashtareos est beaucoup, beaucoup plus naturel lorsqu’il s’adresse aux Huit Chevaliers et notamment à Djinn, son ami le plus fidèle avec qui il a passé plusieurs années et a fondé la guilde.
Quoi qu’il en soit, que l’on parle des membres de sa guilde ou des gens qui suivent son idéologie en général, le maître de Golden Reign les traite avec distinction, ne pouvant supporter leur hypothétique détournement. S’engager auprès de lui représente un aller sans retour. Cela posé, ceux qui lui sont fidèles verront en lui un homme motivé, capable de déplacer des montagnes pour leur objectif commun.  

Et comment ne pas parler de Kirduin ? Cette créature royale est un lion que Sirael a recueilli il y a quelques années, alors que l'animal était jeune et livré à lui-même. Lui ayant sauvé la mise, Ashtareos a été, pour Kirduin, une amarre sur laquelle il a lancé une corde affective. Le lion a grandi avec son ami sans même que celui-ci le force à quoi que ce soit. La volonté de survie et la reconnaissance ont fini par lier les deux êtres et chacun protégerait l’autre au péril de sa vie.
Pour Sirael, Kirduin, « Kir’ », comme il le surnomme, est une personne et non un simple animal. C’est une créature royale dont la vie vaut plus que la plupart des gens. Elle est la seule pour laquelle le maître de Golden Reign ne ressent ni méfiance (bien que Kirduin pourrait, d’un coup de griffe, l’éventrer) ni désir de possession. L’amour réciproque qu’ils se portent est véritablement tangible.

Pour le Golden King, Acnologia n’est qu’un abruti ayant été aveuglé par son désir de puissance… Mais, pour l’heure, il le considère comme un allié. S’affairant à exterminer les Dragons, il rend service à Sirael. Ce dernier patiente tranquillement qu’il en ait fini avant de l’anéantir de ses propres mains. En attendant, il peut s’occuper de Zeref et de ses Démons.
Le Mage Noir, justement, est un nuisible pour le Roi Doré. C’est un homme voulant tuer tous les autres Hommes. Ses légions démoniaques, Sirael les vomit. Conscient de ne pas pouvoir s’en occuper avec sa guilde seule, il a donc décidé de signer le Traité de Lumen. C’est là son objectif derrière son alliance aux autres guildes.

Aussi, Sirael possède une relation assez conflictuelle avec son père. Kanaan Ashtareos a été coupé de son fils durant bon nombre d'années et, lorsqu'il l'a retrouvé, celui-ci lui est apparu bien différent. Pour le paternel, Sirael est devenu mauvais, capable du pire pour satisfaire sa soif de contrôle. Désormais, il est déterminé à enrayer les plans de son fils. Pour lui, il ne serait qu'un dictateur.
Du point de vue du Light Dragon Slayer, Kanaan est un homme bien trop bon, illusionné par sa naïveté. Il ne se rend pas compte que Fiore court à sa perte et que Sirael ne peut faire autrement que d'employer la force pour garantir à ce royaume des temps de paix et de prospérité... Cela attriste ce dernier, mais, au fil du temps, il a appris à se défaire de son affect. Certes, il ne toucherait pas son père... Mais si celui-ci se dressait en travers de son chemin, il n'hésiterait pas à l'en écarter... Plus ou moins brutalement.

Ashtareos porte également un jugement sur les guildes du Pacte Ecarlate autres que Tartaros. Il soutient avec ferveur Phoenix Ashes dans sa quête de vengeance contre Crow Feather, qui est, à ses yeux, une souillure abjecte à supprimer sans sommation. Nether Impact ne mérite même pas une once d’attention et Crimson Throne… Crimson Throne est à la fois la plus haïssable comme la plus admirable. Leurs idéaux sont beaux, c’est un fait… Mais Sirael ne saurait tolérer la façon dont ils se serviraient de leur pouvoir. Toute concurrence doit être écrasée, voici un second fait.

Pour ce qui est de ses alliés… Eh bien, le Light Dragon Slayer les apprécie plus ou moins. Destiny Flare est, pour lui, dans l’excès, et le gêne quelque peu dans le sens où, motivés par des valeurs si exagérées qu’elles en deviennent faussées, les mages de cette organisation pourraient décider de s’attaquer à Golden Reign en un clin d’œil. De plus, assez autoritaires, ils pourraient représenter une menace pour le régime à venir… Son régime. Aussi préférerait-il les gagner à sa cause…
Pour ce qui est  de Sky Stand, Sirael en a une bonne opinion. A vrai dire, il ne nourrit ni animosité ni amitié pour eux… Plutôt indifférent à leur égard, il a tendance à les trouver quelque peu… Fades.
Enfin, Phoenix Ashes est, comme dit plus haut, une guilde à laquelle Ashtareos offre un certain soutien. Haïssant Crow Feather pour ce qu’elle a fait, pour ses bassesses, il prêterait volontiers ses forces aux membres ayant subi la trahison pour exterminer la vermine.  

Parlons maintenant du roi de Fiore. Sa majesté a perdu, cela est susdit, sa majuscule comme la déférence qui lui est due. Sirael pense que le dirigeant du royaume est complètement dépassé par les événements, laissant de simples guildes de mages gérer la menace qui plane sur ses terres. Sky Stand, composée de militaires de Caelum, serait même plus qualifiée que lui pour diriger le pays ! C’est une véritable honte, d’autant plus que des verrues répondant au nom de Crimson Throne, Nether Impact ou Crow Feather sont nées sans qu’il n’en fasse rien. L’autorité du monarque est désuète, sa personne est médiocre. D’autant plus que Sirael nourrit une vieille rancune envers lui. En x375, lorsque Golden Reign est née, le roi, pressentant une menace pour lui, a voulu détruire l’organisation avant même qu’elle ne puisse s’épanouir. Condamnée à survivre de manière officieuse, la guilde a dû honteusement subsister jusqu’à posséder la puissance nécessaire à sa réapparition. Bref, Ashtareos hait ce monarque plus encore que ses ennemis, ne cautionnant pas sa bêtise, sa paranoïa et son cruel manque d’emprise.

Enfin, l’on peut peut-être aborder la question des autres Dragon Slayers… Eh bien, c’est assez simple : celui de la Lumière ne s’en soucie pas. Il n’a aucune que peu de curiosité pour leurs histoires, leurs Dragons ou quoi que ce soit d’autre… Ayant vu mourir Aurash et ne le regrettant pas, Sirael s’en contrefiche. Cela dit, les Dragon Slayers ressentant de la peine car ayant été séparés d’une façon ou d’une autre de leur « parent » adoptif, Ashtareos les voit comme une menace et sera plutôt tenté d’orienter leur manière de penser comme la sienne. Et s’il n’y arrive pas, il respectera lui-même ses principes et les tuera (en conservant tout de même quelques uns pour pouvoir détruire Acnologia le moment venu…).


Les Réactions Particulières – Que faire face à certaines choses ?

« Lueurs étouffées par les ténèbres. »

Les expériences passées modèlent les comportements futurs. Si Sirael craint une chose, c’est l’obscurité. Vivre dans une pénombre gluante, fangeuse et dangereuse pendant plusieurs années marque un esprit. Ces ténèbres, sadiques, ne laissaient filtrer que des silhouettes plus noires qu’elles. En conséquence, voir les ombres filer dans l’ombre, ne pas savoir distinguer le vivant de l’inerte, le mortel de l’anodin a rendu le Roi Doré achluophobe. De là provient une habitude de toujours dormir dans la lumière et de refuser les sorties de nuit sans l’appui brillant de sa magie. S’il est plongé dans un bain de noirceur, Ashtareos sent une angoisse mortifère s’emparer de lui, le rendant complètement paranoïaque. En pleine crise de panique, il est capable d’agir instinctivement, attaquant tout ce qui bouge et gaspillant sa magie pour illuminer le monde entier s’il le faut. Mais, généralement, il arrive à se contrôler et se contente d’apparaître très mal à l’aise. Sursautant au moindre mouvement, au moindre bruit, le maître de Golden Reign ne peut s’empêcher de faire ressurgir de vieux… Démons.

Le Roi Doré se trouve également être parfois horrifié par la simple perspective de dormir… L’hypnophobie, tel est le nom que l’on donne à cette pathologie. Cette de dernière résulte d’un sort lancé par un démon alors que Sirael errait encore à Minstrel. Dès lors qu’il s’endormait, d’affreux cauchemars s’emparaient de lui et les blessures qu’il y récoltait demeuraient encore inscrites sur son corps, souvenir d’un monde auquel nul ne peut échapper. Bien que désormais privé de cet effet secondaire, la malédiction continue d’agir et le maître de Golden Reign est incapable de connaître un sommeil tranquille. Aussi a-t-il toujours peur d’être tué et de mourir dans un rêve… Ce qui correspondrait à un véritable trépas. Souvent pris de panique une fois couché, il lui semble que les draps sont des suaires, qu’ils s’enroulent comme des serpents autour de ses jambes et désirent l’étouffer. Des fois, dans les pires des cas, il ouvre tout à coup les yeux lorsqu’il commence à se sentir chavirer vers un monde où il ne peut que subir sans agir. Oh, cela fait bien longtemps que le jeune homme a perdu le compte de ses nuits blanches…

Un autre point particulièrement sensible pour Sirael est son rapport à la nature. Bercé par les récits de ses parents quant à la splendeur passée de Midi, le jeune homme a acquis presque inconsciemment un idéal d’harmonie avec la nature. Non pas qu’il désire y vivre… Mais sa beauté, sa majesté, ne saurait le laisser indifférent. Ayant assez peu de souvenirs des origines de cette sensibilité, Ashtareos se demande assez souvent pourquoi la désolation semble empoigner son cœur lorsqu’il la rencontre, pourquoi il ne peut s’empêcher d’entrer dans un état passif de tristesse quand il se retrouve détaché des lieux où le bruissement de la vie est audible…
A vrai dire, c’est tout à fait compréhensible : ayant passé la majeure partie de sa vie coupé de ces perceptions, les mondes végétal et animal lui paraissent magnifiques. Aussi, en tant que souverain, il fera tout son possible pour ne pas détruire ces manifestations de la vie.


Le Paraître – Que camoufler ?

« Jeux de lumière. »

Noyer certains aspects de sa personnalité est commun, naturel chez les représentants du genre humain… Alors, que dissimule le maître de Golden Reign ?

Commençons par la propension qu’il a à supprimer des vies. Les pulsions qui frappent le jeune homme sont des choses que l’on ne remarque pas au premier abord. A vrai dire, il a tendance à se contenir… Mais, parfois, son ton et ses manières peuvent provoquer un certain malaise. L’on peut soupçonner Sirael d’être à deux doigts de sauter à la gorge de son interlocuteur mais on n’en est que rarement sûr… Quoi qu’il en soit, être sur ses gardes semble être de rigueur lorsque ses dires se font piques, lorsque son regard se fait énigmatique, lorsque sa gestuelle devient quelque peu fébrile…

Ce qui est assez paradoxal dans la formule vertueuse : « les intérêts du peuple sont les siens », chose dont le Light Dragon Slayer se réclame, c’est que l’on parle d’une population choisie. Une population que le fils d’Aurash a lui-même désigné pour devenir son sujet. La vision des choses de cet homme serait donc plutôt déformée aux yeux des autres si ces derniers savaient la vérité. Si le Light Dragon Slayer se prétend être le guide du peuple, il ne précise pas de quel peuple il parle… D’ailleurs, le Pourfendeur en a conscience et joue de cela pour ne pas avoir à mentir.

Lors des débats, des échanges d’opinion, Sirael évite d’exposer son entêtement et a tendance à adoucir son propos ou changer de sujet le temps de trouver un nouvel angle d’attaque. Et si son (ses) interlocuteur(s) campe(nt) sur sa (leur) position, il fera de même, ne changeant ni son idée ni sa manière de penser. Généralement, avec un petit sourire et un hochement de tête poli, il éludera la poursuite du débat, l’axant sur un terrain plus sûr. Aussi, pour garantir une cohérence, il s’affaire à mentir de sorte à ce que nul ne puisse le remarquer. Lui qui dit tant haïr la malhonnêteté… Ce serait autodétruire sa crédibilité.
Egalement, son désir de possession, sa cupidité, il la cache. Plutôt de clamer tout haut qu’il veut s’approprier les choses comme les êtres, il a tendance à passer par des chemins tortueux afin que les autres fassent le premier pas… De là, petit à petit, il les attire en la direction qu’il souhaite.

De plus, il est évident que, étant donné les prédispositions qu’a Ashtareos à la défiance, il refuse catégoriquement de montrer toutes failles, notamment ses plus grandes peurs. Ainsi, il évite à tout prix l’obscurité lorsqu’il est avec quelqu’un, hait dormir en dehors de sa chambre. Généralement, ce personnage trouve toujours des excuses pour minimiser les risques… Après tout, quel membre lambda de Golden Reign aurait confiance en un homme qui craint encore l’obscurité après avoir vécu quart de siècle… ? Qui le penserait censé si l’ampleur de ses terreurs nocturnes était connue… ? Par ailleurs, pour justifier ses nuits blanches, le Light Dragon Slayer prétend crouler sous le travail.

Enfin, Sirael, bien que ne niant pas les accusations, évite évidemment de hurler son ressentiment envers le roi actuel ainsi qu’envers Acnologia. L’alliance Lumen lui est précieuse, le Golden King se doit de garantir son unité jusqu’à la défaite de Zeref… De plus, considérer une (si ce n’est la) plus grande menace planant sur le monde comme étant son alliée temporaire ne serait pas vraiment bien vu par une grande, très grande majorité. Notamment par des collaborateurs ayant échangé avec les Dragons pro-humains (ainsi que les Dragon Slayers que ces derniers ont formés)…


Histoire






Kaenrish, 1er janvier x377


Sirael,

Ce jour est de ceux que l’on ne saurait oublier. Le premier de l’an x377… Une date clé de l’Histoire comme de tes projets. C’est aujourd’hui que tu as, en la sympathique compagnie du Roi et des autres maîtres de guilde, ratifié ce document. Le parchemin qui décidera du salut de l’Humanité. Le traité de Lumen a été signé, le destin du monarque a été scellé. L’échiquier est en place, tu contemples l’atlas. Ce royaume sera ta propriété, sois-en sûr. Ce sera la fin des velléités, je te l’assure. Le succès t’attend à l’horizon, marche sous la frondaison de ceux qui te suivront. Tu es l’homme qui les conduira à la béatitude, sois digne de leurs certitudes. Agis avec mansuétude, ne permets pas leur servitude. Les Hommes aspirent à la plénitude ; offre-la leur ainsi que les fleurs de votre labeur. Abreuve leurs âmes de tes paroles pleines d’ardeur, accorde-leur la douce chaleur du bonheur.
Sois le dirigeant de ces gens. Sois un dompteur de monde. Sois le fondateur d’une nouvelle ère. L’ère de l’Homme.

Ton objectif est d’anéantir Zeref, de défendre ton futur fief. Traite tes alliés avec soin, rallie-les à ta cause si tu en as l’occasion. Sois le joint, sois la cohésion. Assure-toi de vérifier le fondement de tes doutes et dégage tout obstacle de ta route. Marche sur le chemin du triomphe ! Libère l’Humanité du destin qui lui est promis, fais face, écrase tes ennemis. Que cette guerre soit une préface à l’incarnation de ton utopie !
Mais vis le jour présent, transposes-y l’avenir plutôt que de t’en languir. Focalise-toi sur tes actuelles entreprises, ne te noie pas dans tes désirs de maîtrise. Aux côtés des autres signataires, parlemente, vaincs, affronte la tourmente et discrédite le velléitaire. Il sait que tu es une menace, il ne te laissera pas facilement parvenir à sa place. Déjà a-t-il tenté d’abroger tes projets, de s’arroger de cette autorité. Folie ! Golden Reign n’a jamais cessé d’exister. Golden Reign ne forme qu’un seul et même esprit. Golden Reign dispose de l’immortalité. « Coupez une tête de l’hydre, Votre Majesté, et il en repousse deux autres. Vous allez l’apprendre à vos dépens, j’en ai peur. » Tels sont tes mots. Ceux que tu as prononcés aujourd’hui. Seul le souverain a pu saisir leur sens, regard à l’appui. Tu espères au moins avoir déchiré son égo. Tu l’as réduit à devoir accepter l’aide d’un écueil qu’il pensait écarté depuis deux ans déjà. T’avait-il oublié ? C’est une possibilité, tu n’en doutes pas. Quoi qu’il en soit, ces deux phrases lui portant une atteinte tacite, tu veux qu’elles le pourrissent. A chaque rencontre, qu’il reçoive une pique implicite. A chaque action, que tu tombes un peu plus sous les auspices de Némésis.

Aujourd’hui, fais payer les démons. Fais en sorte à ce que nul autre ne soit plongé dans une nuit éternelle, neutralise l’immortel. Il est responsable de tes malheurs, au final. Tu as beau ne pas avoir de forts sentiments à son égard, tu ne supportes pas son existence, c’est viscéral. Indirectement, il a massacré un nombre incalculable de gens. Sûrement ton corps ne serait-il pas marqué de cicatrices et tu n’aurais jamais pensé que « vie » était synonyme « d’abysse ». Tu n’aurais pas côtoyé la mort si tôt, tu n’aurais pas vu tes proches se changer en amas de peaux. Ta famille n’aurait pas été frappée par la misère, peut-être aurait-elle été prospère. Dès ton plus jeune âge, tu aurais pu t’épanouir et non t’enfuir dans le voyage… Tu aurais vu la glorieuse Hélioral, tu aurais senti les effluves de santal, goûté les fruits les plus exquis, ouï d’agréables gazouillis. Tu aurais eu des visions de rêve et tu aurais effleuré le bois gorgé de sève. Au lieu de cela, plutôt qu’en tant que havre, tu n’as vu de Midi que le cadavre. Terrassé, rasé selon une géométrie quasi-parfaite, sa monotonie mélancolique, même un ascète l’aurait trouvée diabolique.  
Cela dit, Zeref t’a paradoxalement aidé. Sans lui, jamais tu n’aurais rencontré Aurash. Et sans Aurash, il t’aurait été impossible d’espérer te mesurer à Acnologia. Aussi, tu n’aurais pas croisé la route de Djinn et de Kirduin, eux qui, rapidement, sont devenus tes amis et qui t’ont gardés de la ruine. Regarde-toi. Finalement, n’es-tu pas le gagnant ? A ses dépens, cet être infâme qu’est Zeref t’a renforcé. Et désormais, tu es prêt à l’écraser.

Tu as traversé bien des épreuves. Un quart de siècle à œuvrer pour ta propre survie puis pour celle des Hommes. Ton histoire se compose de moult tomes…
Les rédigeras-tu ?




Trois crapauds me tiennent compagnie, huit roses parfument mon or.

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MessageSujet: Re: Sirael Ashtareos - Hail To The Golden King ! [LOADED] Dim 22 Nov - 21:49










Histoire








L’enfant jouait. Il jouait dans les taudis, insouciant. Il poursuivait des mouches, poursuivait ces fantastiques créatures. Les mouches le fascinaient. Elles vibraient dans l’air, possédaient une couleur verdâtre chatoyante. Elles vibraient de vie. Les mouches, seul peuple cohabitant, avec les moustiques et les humains, sur cette bonne vieille Brud.
La vie.
Toute vie fascinait l’enfant. Né en x352, il avait dû, dès sa naissance, fuir son royaume natal : Midi. De frêles esquifs, voulant échapper à de « très vilains monstres » s’étaient hâtés de gagner une île au Sud. Une île où personne ne viendrait les chercher : Brud. « Fange », dans une autre langue.
Le nom était bien choisi : une lande boueuse, jetée comme un tas de fumier au milieu d’une mer dont les vagues semblaient se retenir de s’étaler sur la côte. Le sable et la vase se confondaient, formant un magma à la fois gluant et granuleux. Les taudis, amas de murs plus ou moins droits craquelant sous un soleil de plomb, étaient les seules habitations sur ce terrain maudit. Parfois, les cloisons de boue séchée s’effondraient, s’enfonçaient dans la boue et finissaient par se confondre avec au rythme de ses vomissures. Car la boue vomissait. Elle semblait régurgiter, accompagnée d’un bruit de diarrhée, une eau insalubre et marronâtre. Fait étrange au vu de la sécheresse du climat… Mais qui s’en souciait ?
Les habitants se contentaient de survivre, accablés par les affections cutanées, les piqûres d’insecte et le soleil qui froissait leur peau comme leur moral. Brud ne comptait aucun mage. Tous étaient restés sur le continent pour tenter d'endiguer la menace. Tous portaient des haillons encrassés par les affres de la vie. Tous traînaient dans la fange, dans la misère...
Pourtant, bondissant dans les venelles étroites et poisseuses, Sirael Ashtareos était fasciné par les mouches.

Les parents étaient quelconques. Comme les autres, le couple travaillait dur pour aider la communauté. Chacun avait un rôle prédéfini et une micro-économie avait fini par se mettre en place. Kanaan et Sana Ashtareos étaient puiseurs. Ils s’occupaient des sources d’eau douce disséminées sur la moitié inoccupée de Brud, ce marais salé où ne poussaient que des herbes desséchées à la naissance…
Leur fils était à leur image : d’un blond doré, royal. « Un trésor sur la tête et les pieds dans la merde » disait avec ô combien d’ironie un ami de la famille. Une particularité physique, cependant, lui avait valu l’admiration des plus curieux et les malédictions des plus superstitieux… En effet, l’enfant, bien que, somme toute, charmant de par ses traits, était effrayant de par son regard. Un regard d’amour ou de sang, de colère ou de chaleur. Mais un regard rouge vif.
Sirael vivait dans le seul environnement qu’il ait jamais connu, et, par conséquence, n’y trouvait pas grand-chose à redire, faute d’éléments de comparaison. Pourtant… Pourtant… Il y avait, sur cette bouse tellurique de Brud, quelque chose qui le gênait. Quelque chose d'insaisissable, de translucide, de volatil. Un sentiment de manque instinctif : celui des origines.

Chaque soir, le même rituel, comme ancré dans l’esprit de ses parents, animait leur langue. Peu importe sur quoi était axée la discussion, celle-ci finissait, aux alentours de vingt heures, par s’imprégner d’une souffrance étouffante, par se draper d’un linceul de nostalgie. Kanaan passait une main faible dans ses longs cheveux blonds, Sana se perdait dans la contemplation d’un point fixe. Vingt heures. L’heure à laquelle ils avaient quitté Midi. Alors, ils parlaient. Ils récitaient, ils psalmodiaient, même.


- J’aurais aimé te donner la chance de voir Hélioral…

- Si heureux… La nature…

- Oui… Vert…

Alors, au fur et à mesure, l’enfant avait fini par vouloir en savoir plus et s’était mis à demander plus d’informations, plus de détails. On lui narra à quel point Midi était splendide. A quel point cette terre était verte et fertile. A quel point la vie, là-bas, avait été fantastique. Et à quel point on la regrettait…
On lui décrivit tout. Absolument tout. Et plus Sirael savait de choses, plus il voulait en savoir. La gloire et l’opulence passées qui se répercutaient, par le biais des mots, dans son esprit le firent assez rapidement se rendre compte de la pauvreté sous laquelle il ployait. L’indigence était un vampire raffolant du destin. Cette vérité le frappa bien vite même s’il était incapable, la faute à son jeune âge, de mettre des mots sur ce concept.  Alors, inconsciemment, dès ses six ans, il se lassa des mouches, aspirant désormais aux grands oiseaux décrits par ses parents. Il en vint à haïr la fange, songeant à des tapis d’herbe verte. Il prenait peur dès qu’il entrait dans un bâtiment de Brud, un de ces tas de pierre et boue menaçant de s’écrouler…
L’enfant se découvrit une passion pour le glanage de connaissances. Le moindre livre qu’il trouvait, héritage de Midi ayant été ramené sur Brud, il le lisait. Il le lisait, le relisait, cherchait d’autres ouvrages pour remédier aux difficultés linguistiques rencontrées dans le premier, et ce, jusqu’à ce qu’il l’ait pleinement compris. Ses parents puisaient dans la boue… Sirael, lui, puisait son eau dans le papier.
Car la richesse intellectuelle garantit la richesse matérielle.


• • •

La mer. Sirael Ashtareos, huit ans, se perdait dans cette vision. Debout, droit, toisant les flots pour ne pas salir ses vêtements sales, il songeait.
La côte Nord de Brud. Là où il était arrivé. Dixit ses parents. Ses parents… Kanaan et Sana étaient bons, aimants. Mais pauvres, désespérément pauvres. Leur enfant n’aimait pas ça. Il n’aimait pas se priver de nourriture pendant un ou deux repas. Il n’aimait pas le poisson infect et gorgé de vase qu’on lui servait presque systématiquement. Le fils Ashtareos n’aimait pas ce sol mou où les choses comme les situations s’enlisaient. Il n’aimait pas son lit raide, son matelas imprégné de sel qui le grattait. Il n’aimait pas Brud la Miséreuse. Cette vieille femme en état végétatif qui refusait l’engloutissement, verrue pustuleuse ayant éclaté sur la face du monde.
Sur Brud, il y avait les pauvres. Et parmi les pauvres, il y avait les pauvres.
Sirael appartenait à la dernière catégorie.
Il chassa une mouche qui virevoltait aux dernières lueurs du jour. Une expression de dégoût s’afficha sur son visage lorsqu’il la frappa. Comme si cette minuscule abomination allait, de sa répugnance, corrompre ses tissus.

Le regard rouge de l’enfant faisait écho à celui du soleil qu’il contemplait, comme si le premier demandait au second ce qu’il y avait derrière l’horizon.
Sauf que ça, il le savait déjà.
Midi, terre d’abondance.
Cela faisait six ans. Sûrement les Démons étaient partis ailleurs.
Les Démons…
Etrangement, Sirael ne ressentait aucune véritable forme de haine envers eux et Zeref, leur maître. Peut-être était-ce dû à son âge, mais il les percevait plus comme une sorte de fatalité qui, quoi qu’il se passe, finit par tomber sur nous à la manière d’un châtiment supérieur…
Midi.
Ah, Midi…
Sirael ferma ses yeux rouges venus d’un autre monde, enferma le rêve derrière ses paupières. Un vent inexistant souffla sur son visage, des senteurs inconnues vinrent à lui. Des couleurs, également. Des sons, des tonalités, des bruissements. Des formes, des paysages infiniment beaux… Mais infiniment loin. Et infiniment tristes…
Midi devait être encore plus merveilleux qu’il ne l’imaginait avec ses pauvres souvenirs. Après tout, il n’avait vu du monde que Brud. Les sensations auxquelles il fantasmait n’étaient qu’un patchwork de celles qu’il avait déjà expérimenté… Mis à part la vue et le vent,  Sirael ne pouvait rien imaginer de réaliste.
Sentiment de désespoir, de privation, d’enfermement. Vortex abdominal, nexus des idées et des sens. La tourmente lancinante de la faim attisa le feu du manque. L’enfant eut l’impression qu’on le battait, qu’on lui décochait des uppercuts invisibles. Des larmes lui montèrent aux yeux. Une cage de boue et des barreaux d’eau salée. Une terre où tout était bloqué ou destiné à dépérir. Un même paysage monotone pour toute une île, un même visage décomposé pour tout un peuple, une même routine pour toute une ère.
Le flux et le reflux semblaient imiter le cours du temps sur Brud… Vaguelettes régulières, monotones. L’eau elle-même semblait bridée, inhibée. N’y avait-il rien, sur cette île, qui soit beau ? Qui soit appréciable ? Agréable ?
N’y avait-il rien qui puisse le rendre heureux ?
Disparu, l’enfant gai et bondissant. Envolé, le sourire.
Malheureux. Sirael était malheureux.
Il ouvrit ses yeux, presque forcé à le faire pour ne pas que ses paupières explosent. Un flux violent de larmes jaillit pour se tarir l’instant d’après, ainsi que le bonheur. Il est court, puissant, mais s’estompe avec une vivacité folle, ne laissant de place qu’à la détresse...
Allait-il vivre éternellement ainsi ? Le bien-être n’est-il pas le but de chacun ? Pourquoi n’aurait-il pas le droit, lui, d’accomplir cet objectif inhérent à la Création ?


- Sirael, l’interpella une voix profonde et connue.

L’intéressé fit volte-face, comme si on venait de le prendre en flagrant délit. C’était son père. Kanaan avait une taille plutôt haute, une peau basanée et des yeux d’un noir profond contrastant avec ses cheveux aussi blonds que ceux de son fils.

- Père... ?

Sirael parlait bien, en effet. Pas de familiarités. Il savait l’art des mots qu’il avait appris durant ses lectures. Pour lui, s’exprimer ainsi était signe d’intelligence, d’élévation.
Kanaan ne s’en importunait pas. Son fils vivait la vie qu’il désirait comme il le désirait. Son rôle à lui était simplement de le nourrir, de le loger, de l’aimer mais aussi de l’élever… Or, que peut-on élever sur une terre où l’on s’enfonce... ?


- Qu’y a-t-il ?

La figure paternelle semblait tracassée… Voire angoissée. Définitivement angoissée. Torse nu, l’homme passait frénétiquement sa main dans ses cheveux et finissait le mouvement dans son cou puis sur sa poitrine. Le regard était sérieux, les sourcils froncés, la bouche était pincée comme celle d’un coupable.

- Le Conseil a été tenu tout à l’heure… Ils nous ont sélectionnés.

Chaque semaine s’organisait un Conseil formé par les hommes et les femmes de la communauté qui avaient été les plus influents à Midi. Ils se chargeaient de prendre des décisions pour le reste des réfugiés de Brud.
Sirael les enviait. Ils étaient au pouvoir, possédaient des murs de pierre et des toits uniformes.
Kanaan se rapprocha, descendit de la petite butte sur laquelle il s’était positionné et vient à la rencontre de son fils, sur la plage. Il s’accroupit, le tint par la taille.


- Sirael… Nous retournons à Midi.






La coquille d’une grosse noix où s’entassait toute une colonie de fourmis. Voilà ce que l’embarcation pouvait évoquer. Des hommes, des femmes, des enfants. Pleurant de joie, s’inquiétant, s’enlaçant, parlant pour ne rien dire. Les réactions étaient diverses mais le voyage ne laissait personne indifférent…
Pour sa part, Sirael était à la proue, à moitié penché par-dessus le bastingage.


- Midi et Brud sont séparés par cent soixante-quatorze kilomètres, vous le saviez ? Il y a plus de quatre cents herbes différentes à Midi et même des fleurs ! Ca sent comment, une fleur ?

Toute sa joie recouvrée, il harcelait littéralement ses parents d’interrogations et d’affirmations. Il mobilisait toutes les connaissances qu’il avait amassées sur son royaume d’origine et reposait au minimum trois fois chaque question, si bien que l’on se serait attendu à ce qu’il demande confirmation sur la direction vers laquelle se lève le soleil.

- Ca sent… Bon…, soupira Sana, incapable de trouver un élément de comparaison valable parmi les odeurs de Brud.

Mais cela suffit à Sirael qui, l’air émerveillé, balaya du regard le bateau, faisant un signe à celui qui le conduisait. C’était un membre du Conseil de Brud. Il lui rendit son sourire et le jeune Ashtareos se retourna, exposant son visage aux embruns frais et iodés. D’après cet homme, Ikram, le moment était venu de regagner Midi et les plus méritants avaient été sélectionnés pour partir les premiers. Toutes les expéditions avaient été, jusque-là, interdites. Voilà pourquoi la traversée paraissait être un calvaire pour certains.
Sirael ouvrit grand les yeux, comme si Midi allait se profiler, d’un instant à l’autre, à l’horizon. Oh, comme ce serait beau ! Comme le continent serait grandiose ! Il s’imaginait déjà vivre, avec sa famille, à Hélioral. Oui… Vivre dans cette ville arboricole, avoir comme maison une partie d’un tronc ou d’une branche… S’éveiller, le matin, avec les chants des oiseaux… Se régaler de fruits juteux à la chair riche et sucrée…  Respirer le parfum de la nature, de la résine, des fleurs… Passer sa main sur l’écorce irrégulière, caresser, du bout des doigts, les feuilles… Laisser une coccinelle se poser sur sa main et lui faire prendre son envol d’un souffle… Vivre sans manquer de rien, sans se poser de question sur le lendemain.
Bien évidemment, l’enfant n’avait aucune idée de ce qu’étaient ses sensations, ne disposait que d’avis, de mots et de son imagination pour les idéaliser.
Mais là-bas, sur sa terre, sur son royaume, il les connaîtrait, il les aurait. Tout le début de son existence n’avait été que préparation pour son retour. Là-bas, il vivrait réellement.
Vivre pour avoir.
Vivre pour pouvoir.
Avoir et pouvoir pour être.
Tout serait pour le mieux.
La nuit tomba et enveloppa Sirael dans son drap étoilé…


• • •

Bruit. Vacarme. Fracas.

- Sira’ !

Mot vague. Enchaînement inintelligible de syllabes. Rêve ou réalité ?
Nausée. Torticolis.


- Sira’ !

Des cris. Vrombissement, vibration insoutenable.
Surdité.
Retour de l’ouïe. Paupières ouvertes. Ombres crochues. Flou. Couleurs confuses.
Soudain éblouissement.
Cécité.


- SIRAEL !

L’enfant retrouva enfin ses esprits. Penchée sur lui, sa mère. Ses larmes tombaient sur lui. Elle était à quatre pattes, au-dessus de son corps étalé au fond de l’embarcation. Soudain, une ombre gigantesque noya l’esquif sous un océan de peur. On cria. Encore. Sirael tourna les yeux. Il voyait des gens au sol se tenant la tête ou invoquant des divinités archaïques. Et des sanglots, tant de sanglots !
Le fils Ashtareos en revint à sa mère. Celle-ci suivait l’ombre, bouche bée, horrifiée.
A nouveau, quelque chose fit vibrer le bois au point que celui-ci craqua. Les passagers se bouchèrent les oreilles, Sirael fit de même. La face tordue par la douleur, il encaissa le son apocalyptique qui manqua de faire exploser sa cage thoracique.
Lorsque celui se calma, il entendit la voix d’Ikram, l’homme du Conseil au gouvernail.


- BORDEL, C’EST DE VOTRE FAUTE !

Sirael put apercevoir, entre deux corps abattus de terreur, le visage décomposé du “capitaine” de l’embarcation.
Un bruit d’objet que l’on jette dans l’eau suivit. Un autre. Quatre fois.


- LE BUT DE CE VOYAGE C'ÉTAIT DE VOUS LARGUER SUR MIDI POUR PERMETTRE AUX AUTRES DE SURVIVRE ! MOINS DE BOUCHES A NOURRIR, PLUS POUR LES AUTRES ! ALORS ON A PRIS LES PLUS PAUVRES, LES MOINS UTILES A LA SOCIÉTÉ, ET ON LES A FOUTUS DANS CE PUTAIN DE BATEAU MOISI !

Petit rire nerveux. Ikram reprit, plus froidement.

- On sait très bien que Midi est une terre morte. Vous nous croyez assez cons pour pas avoir essayé d’y retourner en huit ans ? Des expéditions secrètes ont été menées mais on vous a rien dit parce que l’espoir vous aurez détourné de vos tâches sur Brud et ç’aurait été l’anarchie ! Mais évidemment, évidemment quand MOI j’y vais, regardez avec quoi je me retrouve ! Je vous aurai envoyé en exploration pendant que j’aurais “gardé” le bateau mais là… Putain allez ! Dégagez ! DEGAGEZ !

Par trois fois encore, il hurla “dégagez”, poussant, à chaque fois, un passager dans la mer. Soudain, avant que quiconque n’ait pu réagir, un rayon d’énergie colossal plongea dans les eaux, au loin, comme une punition céleste. On cria à nouveau. Les vagues du désespoir, résidus de l’impact, emportèrent les résidus de la société de Brud jusqu’à la rive. Ikram, qui était resté debout, sombra dans l’océan au passage de la première ondulation.
Les gens furent secoués, s’entrechoquèrent et, pour les plus malchanceux, tombèrent. L’embarcation tangua, roula, menaça de chavirer… Mais elle ne se renversa qu’une fois la plage atteinte, projetant ses passagers comme de vulgaires vomissures sur le sable.

Écorché par les événements, Sirael mit du temps à se ressaisir. S’était-il réellement réveillé ? N’était-ce pas là quelque diabolique mise en abyme onirique ?
Non.
Le sang qui coulait dans sa bouche était là pour le lui rappeler. Et aussitôt s’en rendit-il compte que tout sembla se débloquer ! Il s’était mordu la langue en tombant. Où était-il ? De quoi parlait Ikram avant de mourir ? Quelle était la source du rayon qui avait provoqué les vagues ? Quelle était cette ombre qui avait tant effrayé Mère ?
Mère ?
Où était-elle ?!
Sirael se leva, titubant, chancelant. Il tomba à quatre pattes, secoua sa tête pour reprendre ses esprits. Des larmes coulaient incessamment de ses yeux, si bien qu’il ne s’en était même pas rendu compte. Son corps de huit ans ne pouvait pas gérer tant de sentiments en simultané. Son cerveau surchauffait, son coeur explosait, son ventre saturait. Toutefois, malgré tout, il se releva, mû par l’amour qui le liait à ses parents.
Alors, il s’immobilisa.
Alors, il vit...
Derrière la plage… Il pouvait voir à au moins plusieurs kilomètres… Il tourna frénétiquement la tête, quitte à déchirer les muscles endoloris de son cou, dans l’espoir d’apercevoir au moins la forme d’un arbre.
Rien. Des cadavres d’arbres. Voilà tout ce qu’il vit.
Des cadavres d’arbres et quelques touffes d’herbe jaune.
Rien d’autre.
Midi ?
Un cimetière.

Explosion de tout rêve, vaporisation de tout espoir, pulvérisation de toutes certitudes. L’âme de Sirael craquela, son visage se fissura. Tout bonnement épouvanté, il se tourna lentement, méconnaissable, vers les corps encore au sol et le cadavre du bateau.
Des sillons creusés par les larmes jetaient des ombres mortifères sur son visage. Ses yeux rouges apparaissaient encore plus sanguinolents, gonflés. Ses traits suivaient chaque os de sa tête, des rides douloureuses lui donnaient l’air d’être âgé d’un siècle. Et sa mâchoire semblait s’être tout simplement décrochée, pendant misérablement sous son crâne comme un pitoyable bourrelet de chair morte.
Instinctivement, il trouva sa mère parmi les naufragés. Il lui adressa le regard le plus désespéré au monde, se raccrocha comme une loque au sien. Le visage laiteux de Sana  y répondit avec la même intensité. Elle était affalée sur le sable, une jambe dans une position grotesque. Tous deux vivaient la même tragédie : le deuil d’un être aimé que l’on s’apprêtait enfin à revoir, après des années de langueur : Midi.
Sirael esquissa quelques pas vers sa mère lorsque celle-ci adopte la même expression que sur le bateau. Elle tendit un bras tremblant pointant derrière son fils. Celui-ci eut à peine le temps de tourner la tête qu’un bâtiment sombre l’envoyait, par son seul passage en rase-mottes sur la plage, s’écraser à plusieurs mètres sur le côté. La chose dérapa sur le sable, massacrant de ses énormes serres tout ce qui se trouvait sur son passage, créant un déplacement d’air qui dispersa le reste entre la côte et la mer. Un sinistre craquement, dans le chaos sonore et visuel provoqué par l'atterrissage forcé de ce monstre, indiqua à Sirael que l’embarcation avait été fracassée. Un objet tomba près de lui.
Lorsque le nuage de sable retomba, il identifia l’artefact et vomit toute la bile et toutes les larmes qu’il avait dans son corps. Là où s’était trouvé, il y a quelques instants, les trois quarts des passagers ne subsistait qu’un magma de chair, de sang et de sable. Plus aucun corps n’était entier, plus aucune tête n’était reconnaissable.
Celle de Sana Ashtareos y compris.


• • •


Ballotté sur le dos d'un homme, l'enfant agonisait. Le paysage défilait devant ses yeux, morne, monotone, mortifère. Comme son état d'esprit. Les rescapés étaient une dizaine. Hommes, femmes, enfants. Parmi eux, Kanaan et Sirael Ashtareos. Nombreuses étaient les pertes... Et la division en deux du groupe s'ajoutait à ce sinistre bilan.
Deux Dragons. L'un d'or et l'autre d'obsidienne. L'un de lumière et l'autre de ténèbres. C'était le premier qui, sous les assauts de l'autre, avait dérapé sur la plage et massacré une partie des naufragés.
Dont Sana Ashtareos.
Paralysé par la mort comme si celle de sa mère avait été la sienne, Sirael n'avait pas bougé des heures durant. Même quand son père, dans le chaos, l'avait attrapé au vol et avait commencé sa course effrénée vers le Nord. Loin de tout, loin des Dragons. Loin des cadavres. Des cadavres humains, du moins.
Pour chaque souche vue, une pique se plantait dans les esprits. Les natifs de Midi pleuraient leur famille comme leur royaume. Et désormais, ils se dirigeaient vers le Nord, dans l'espoir de trouver quelque endroit ressemblant, de près ou de loin, à leur terre déchue. La partie septentrionale de Midi, ou, par défaut, Minstrel...
La traversée dura plusieurs semaines. Un ou deux mois, peut-être. Durant toute cette période, Sirael ne dit mot que qu'en cas d'absolue nécessité. Le traumatisme avait été violent pour lui et la vision des horreurs qu'il croisait saupoudrait de sel ses plaies béantes encore. Un état de détresse que jamais il n'avait connu. Sur Brud, le manque et l'envie. À Midi, la désolation et la fatalité. Le glaive de la désillusion abattu, son âme avait fait de même.
Parfois, le groupe dut contourner des formes humanoïdes errant dans le royaume qu'elles avaient anéanti. Des Démons. Il arriva que l'un de ces derniers se mette à pourchasser les survivants. Cela se soldait par la mort d'un ou de deux naufragés... Mais les autres n'avaient ni le temps ni la force de les pleurer. La Faucheuse était devenue leur camarade. Ils étaient dans son jardin.
Midi, le jardin de la Mort.

Tantôt sur son dos, tantôt à ses talons, Sirael ne quittait plus son père, lui réservant ses rares prises de parole. Leur apparence était abjecte. Cheveux longs, emmêlés, tachés de poussière et de larmes... Yeux gonflés dont la constitution menaçait de rompre... Peau terne, teint cimenteux... Et lèvres bloquées en un éternel pincement. Comme si, à tout moment, ils se retenaient de déverser un flot fatal de leur bouche. Comme si l'ouvrir signerait leur arrêt de mort.
Bientôt, ils traversaient Hélioral, d'où était originaire la majeure partie du groupe. C'est sûrement ici que la mélancolie atteignit son paroxysme... Un immense cylindre poli par les vents vides. Un cadavre étendu de tout son long dont la chute l'avait fait s'enfoncer quelque peu dans le sol. Ses membres étaient éparpillés autour de lui, morbide lit funéraire.
C'était le coeur de Midi, Hélioral.
Un obélisque de vie lui rendant hommage.
Un autel de mort témoignant de son invincibilité.
De désespoir, un homme se jeta à plat ventre sur une épaisse branche taillée en pointe.


• • •

La lumière grandissante de l'aube commençait à inonder le paysage de Midi. Elle l'inondait d'horreur. Car l'obscurité sied mieux à la désolation : cette dernière devient invisible une fois dans les ténèbres. La faim tiraillait les rescapés. Leur pas était lentement frénétique, leurs yeux faiblement émerveillés. Au loin se profilait une masse sombre et indistincte. Irrégulière et crochue, cette forme aurait pu paraître fort inquiétante... Mais il n'en fut rien. Pour des Hommes ayant traîné leur corps comme des loques, toute déformation de la monotonie de Midi représentait un espoir nébuleux. Espoir d'on-ne-sait-quoi. Mais un puissant espoir.
Marcher au rythme des craquements des branches que l'on écrase, manger des racines et des charognes de volatiles ayant eu la mauvaise idée de déployer leurs ailes dans le ciel maudit de ce royaume déchu, boire une eau boueuse et infecte, parler seul ou à plusieurs pour tenir. Pleurer seul ou à plusieurs pour ne pas pourrir. Manger la chair crue et malade de ceux qui mourraient...
Le groupe toussait, vomissait, perdait des dents, se gorgeait de pus. Nus ou presque nus, ils semblaient être d'authentiques sauvages.
Quelle humiliation pour les ambitions de Sirael... !

Le fils Ashtareos, à la vision de l'obscure masse, bondit du dos de son père et se mit à sautiller en tête du groupe. On le regarda avec tristesse et affection alors que, malgré sa condition misérable, il dépensait ses forces en courant vers ce relief salutaire.
Peu après, l'enfant arrivait, suivi du reste du groupe, devant ledit relief. Faisant volet en éclat la platitude de Midi, Minstrel se dressait devant eux, lui et ses cheveux de jais, arbres crochus à la noirceur déconcertante... Il devait être neuf heures et, pourtant, malgré la lumière criarde du soleil, ils restaient désespérément noirs. Le ciel lui-même perdait sa teinte au-dessus de Minstrel... Comme si tout, dans ce royaume, absorbait la lumière de telle sorte à ce que seules des nuances de ténèbres permettent de s'y repérer en dessinant formes et ombres.
Mais, peu importe. Les rescapés pleurèrent de joie devant tant de relief (quatre à cinq mètres de bois !) et s'extasièrent en caressant du bout des doigts l'écorce sans même se rendre compte de l'énergie maléfique qu'elle véhiculait. Ils ignorèrent ce sentiment de mal-être, et, sans même réfléchir, s'enfoncèrent dans les profondeurs de Minstrel...


• • •

- Démons !

La femme ayant crié cela provoqua une véritable débandade. Les membres du groupe s'éparpillèrent dans toutes les directions, slalomant entre les arbres et les buissons. Aucun ne se retourna, comme si le seul fait de croiser le regard d'un de leurs poursuivants aurait pu avoir un effet désastreux.
Sirael, haletant, s'écorcha contre les doigts griffus des plantes. Dans l'obscurité, ses yeux rouges luisaient de peur. Mais une peur habituelle. Un tiraillement redondant. La peur de la mort. Il n'avait, somme toute, pas grand-chose à perdre... Néanmoins, l'espoir subsistait, malédiction le poussant à vouloir survivre. Encore. Et encore.
Le bois mort craquelait sous ses pieds et la terre humide ralentissait par endroit sa progression. A de nombreuses reprises, il confondit Démons et arbres, ombres toutes aussi menaçantes. Des poussées d'adrénaline manquaient de faire s'arrêter son coeur et galvanisaient ses muscles. Bien vite, son esprit connut un trop plein d'émotions et il dut s'arrêter dans une sorte de petite clairière éclairée par l'obscurité de la nuit. Il renversa sa tête en arrière, déglutit péniblement et s'affaissa au sol, sur ses genoux. Tous ses muscles tremblaient d'effort. C'était à peine s'il pouvait tenir dans sa position. Soudain, un mal de ventre le fit gémir de douleur. Il se plia en deux, tomba en position foetale au sol avant d'apercevoir deux autres enfants le rejoindre. Les deux nouveaux arrivant vomirent, diffusant une odeur insupportable dans la zone.

La peur de l'évanouissement motiva Sirael à ramper vers l'un de ses camarades possédant une sorte de baluchon. De ses mains meurtries et sales, il en tira fébrilement des racines dans lesquelles il mordit sans hésitation. Le goût comme a texture étaient atroces... Saveur amer et rance... Écorce dur comme la pierre et intérieur spongieux. Le blond grimaça mais se força à manger, ignorant ces sensations désagréables... Lorsqu'il fut un tant soit peu repu, il en donna aux deux autres : Hannane et Neiro. La première était une fillette d'une dizaine d'années, débrouillarde, aux cheveux de jais et à la peau d'ébène. Le second, un jeune homme de quinze ans un peu dément possédant une longue crinière marronâtre et un teint maladif.
Le trio se connaissait à peine, chacun étant enfermé dans son utopie et ses rêves brisés... Pourtant ils durent rapidement se lier.
Après une semaine d'attente et de recherches, ils proférèrent une vérité aux allures de sentence : ils étaient perdus... Et leurs parents avaient disparu.
Au moment où ils s'en rendirent compte, un rire d'outre-tombe résonna dans les ténèbres environnantes. Les enfants se serrèrent, détruits de l'intérieur. Neiro psalmodiait des paroles sans queue ni tête, Hannane s'arrachait des cheveux par grosses poignées et Sirael secouait frénétiquement la tête en un mouvement de refus.
Refus de la perte.
Refus du malheur.
Refus de la peur.
Refus, donc, de sa vie.




Trois crapauds me tiennent compagnie, huit roses parfument mon or.

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Sirael AshtareosThe Golden King
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MessageSujet: Re: Sirael Ashtareos - Hail To The Golden King ! [LOADED] Dim 22 Nov - 22:14










Histoire







Neiro, malgré son étrangeté, était un jeune homme d'une gentillesse inouïe. Il était volontaire, et, contredisant les apparences, possédait une intelligence insoupçonnée. Il parlait toujours d'une voix grave et rapide. Le débit était parfois tel que ses paroles en devenaient inintelligibles... Pourtant, Sirael, bien que plus posé et silencieux, appréciait sa compagnie. Neiro plaisantait souvent et, même si le jeune Ashtareos ne riait pas, ce dernier trouvait l'humour de son ami agréable.
Hannane, quant à elle, était purement pragmatique. Son jeune âge ne laissait en aucun cas deviner tant de maturité. La jeune fille arborait toujours un visage fermé, quelque peu froid. D'après Sirael, il s'agissait d'une façade. Hannane entretenait son image, se forçait à réfléchir à la survie du trio pour oublier la perte de ses parents... Elle aussi, le blond la trouvait rassurante. Avec Hannane, chaque problème trouvait sa solution dans le plus grand des calmes.

Sirael voyait sa langue se délier petit à petit. Autrefois discret, il s'affirmait de plus en plus sans pour autant prendre les devants. Pour les deux autres, il était un moteur. Le fils Ashtareos avait des ambitions et était doté, manifestement, d'un véritable don pour la parole. Il était impossible de croire qu'il n'avait que dix ans... L'expérience de la vie lui en avait donné le double. Cela dit, l'on appréciait peu la méfiance de l'enfant. Méfiance, oui. Le sentiment quant à la trahison d'Ikram sur la côte de Midi avait mûri au sein de son être. Ayant tu ses sentiments, ces derniers avaient muté et Sirael avait commencé à douter de tout le monde, imaginant sans arrêt les pires des scénarios. Parfois, il ne pouvait s'empêcher de laisser transparaître son angoisse... Ce que Neiro et Hannane prenaient paradoxalement pour une trahison. Trahison dans le sens où la confiance qu'ils portaient en Sirael n'était pas réciproque.
Le blond avait adopté un mode de vie guidé par la terreur. Sa vie n'était que fuite. Il fuyait vers le Nord, fuyait les Démons et les Dragons. Il se sentait fourmi incapable de lutter contre le poids d'une créature plus grosse. Cela le frustrait, l'humiliait. Parfois, il parlait de la situation qu'il connaissait aux autres... Envolées les apparences. Les survivants redevenaient alors des enfants ayant perdu tout repère. Ils se mettaient à pleurer, souhaitant parfois même que les êtres perdus de vue soient morts pour ne pas que l'espoir les fasse souffrir encore...


• • •


La pièce était quasiment plongée dans l'obscurité. Froide, humide. Toute de pierre faite. Des torches glaciales crépitaient, jetant une lumière agonisante dans ce simulacre de tombeau. Un autel de marbre verdâtre trônait en son centre et, sur celui-ci, un corps d'enfant. Le blond releva ses paupières, tourna lentement la tête de côté en côté, fit rouler ses poignets et ses chevilles dans les liens les enserrant.
Soudain, il écarquilla les yeux. Que... ? Où... ? Qui... ? Quand... ?
Son cœur se mit à pulser comme jamais, manqua de faire éclater sa poitrine. L'adrénaline se déversa dans ses veines. Il lui sembla tout à coup brûler de l'intérieur. Sirael se secoua frénétiquement, s'écorchant les articulations. Il se cogna contre l'autel, gémit à son contact polaire. Le plafond semblait descendre lentement à lui, perdant peu à peu de sa substance. Mais qu'importe ! L'enfant ne cherchait pas à comprendre ce qui lui arrivait. Poussé par une terreur d'une rare puissance, il ne pouvait que subir et tenter de s'échapper...
La voûte de pierre s'effrita. Des dizaines de fragments pierreux s'abattirent sur le corps de Sirael comme sur son visage. Un martèlement insupportable ! Le jeune Ashtareos cria, sanglota... Des hématomes et des filets de sang dessinèrent un réseau morbide de lacs et de rivières sur tout son être.
Alors, la pluie caillouteuse s'arrêta, laissant l'enfant pantelant et blessé. Larmes, transpiration, sang et salive se mêlaient... Et ce mélange, après s'être mis à bouillir sans raison valable, fit littéralement fondre sa peau ! Même les endroits où il n'y en avait pas, ils se mirent à se rougir, noircir puis s'évaporer. Un orchestre aigu et torturé se mit à jouer. L'air sortait aussi fortement des poumons de Sirael que sa chair s'évanouissait dans celui-ci. Le monde se changea en une fournaise, en un Enfer. Un voile cramoisi tomba sur les yeux du fils Ashtareos, le noyant dans les flammes...

Kanaan se tenait devant son fils. Droit. Placide. Souriant. Ce dernier se redressa en sursaut, coupant sa propre respiration de hâte. Frissonnant, il s'affaissa et parcourut d'un regard presque dément son corps.
Intact.
Teint légèrement basané par la traversée de Midi, peau douce d'enfant et duvet invisible par endroit. Pas d'hématomes, pas d'écorchures. L'incompréhension se lisait sur le visage de Sirael. Ne venait-il pas de brûler vif... ?


- Père, que faisons-nous là ?

La question était posée sur un ton naturel, comme si Kanaan n'avait jamais disparu. Cela surprit, l'espace d'une demi-seconde, Sirael. L'instant d'après, le doute disparut sans laisser de trace.

- Tu as un sommeil très agité..., répondit une voix un peu trop douce.

Sommeil ? La torture avait donc été purement onirique... ? Dès lors que son père avait évoqué cette possibilité, l'enfant y avait cru. Après tout, cela paraissait logique. Depuis quand les propres fluides corporels d'un Homme ont le pouvoir de ronger celui-ci jusqu'à l'os... ? Quelle absurdité ! Le soulagement envahit Sirael, le faisant presque oublier sa question éludée.

- J'ai fait un cauchemar, je crois.

- Oui...

Une langue bifide sortit d'une large bouche carnassière possédant deux rangées de dents. Les yeux devinrent entièrement jaunes, le corps se ratatina, les muscles se changèrent en boursouflures. À la place des longs cheveux blonds de Kanaan naquirent des sortes de cornes éthérées de couleurs rose et noire.

- UN DELICIEUX CAUCHEMAR !

L'usurpateur, le Démon ayant pris la place de Kanaan Ashtareos fit se matérialiser des lames qu'il projeta sur le corps de Sirael. Contrôlées, avec une précision chirurgicale, par télékinésie, elles ne se plantèrent pas dans sa chair mais la pénétrèrent superficiellement pour y tracer quelque symbole occulte. À nouveau, l'enfant hurla. Il hurla de désespoir. Il hurla de douleur. Il hurla. Il hurla !
Et le Démon semblait se nourrir de ses cris...


• • •

Sirael se réveilla en sursaut. Les restes d'un feu maladif gisaient au centre du triangle formé par Neiro, Hannane et lui-même. Confus, le blond fronça les sourcils et regarda tout autour de lui. Au creux de son ventre, un trou noir de tristesse continuait à absorber toute substance, provoquant ballonnements et nausées. Les ombres de Minstrel, à peine combattues par les braises agonisantes paraissaient plus menaçantes que jamais, enveloppées dans leur cape de silence.
Sirael serra les dents lorsqu'il tourna son buste vers ses deux amis.
Il pouvait distinguer, de ses yeux maintenant habitués à l'obscurité, les silhouettes et quelques grossiers traits de Neiro et Hannane.
Cela dit, quelque chose l'alerta chez le premier.
Sirael se releva, gémit de douleur, et alla à la rencontre du corps de son ami. Il l'appela. Encore. Une troisième fois. Il secoua gentiment son bras... Et fut apeuré par sa froideur. Alors, lentement, il approcha son oreille de la poitrine du jeune homme...
Rien.
Pas de pouls.
Sirael paniqua, frappa Neiro, appuya n'importe comment sur sa cage thoracique, souffla ridiculement dans sa bouche.
En vain.
Furieux et désespéré, il arracha de ses mains sales et tremblotantes les haillons couvrant le torse de son ami et manqua de vomir sur sa dépouille.
Sur tout son torse, de la chair noircie dessinait les mots suivants : "où est maman, Neiro ?"
Chair noircie... Brûlée... Fondue... !
Avec appréhension, Sirael retira son haut... Et il comprit d'où venait la douleur.
Là où les lames du Démon cauchemardesque l'avaient coupé, des entailles à peine sèches zébraient son corps.


• • •


Les nuits se succédèrent... Ou pas. Après tout, sur une lande plongée dans une obscurité perpétuelle, peut-on parler de jour et de nuit... ?
La mort brutale de Neiro avait affreusement affecté Sirael comme Hannane. Tous deux connaissaient la même terreur. Tous deux savaient désormais que leur sommeil ne serait en aucun cas un refuge.
Au contraire.
Leurs paupières étaient devenues les barreaux de leur propre prison psychique d'où ils ne pouvaient s'échapper. N'ayant aucun contrôle dans le monde cauchemardesque dans lequel ils pénétraient, ils ne pouvaient que subir, possédant pour seul pouvoir celui de la prière. Une prière pour se réveiller. Une prière... Pour quoi ?
Pour continuer d'errer ? Pour retrouver l'angoisse passée quand le sommeil revenait à la charge ? Pour revenir à Midi ?
Ils ne pouvaient même plus avoir confiance en Morphée. Leur seule échappatoire avait été condamnée. Les damnés se rendaient seulement compte que l'Enfer possède plusieurs niveaux... Et les voilà descendus d'un étage.
À quoi bon survivre si ce n'est que pour souffrir... ?

Les cicatrices dessinaient désormais des arabesques sur les deux jeunes corps. Tout comme leur environnement, ils dégoulinaient de ténèbres. Les traces de ces coulées étaient particulièrement visibles sous leurs yeux. Dès qu'il le pouvait, le duo faisait nuit blanche. Ils avaient bien essayé un système de relais... En vain. Lorsque la tourmente nocturne débutait pour l'un deux, il était impossible de le réveiller. Irrémédiablement, les séquelles des sévices oniriques se creusaient seules, imperturbables, comme guidées par une force supérieure. Le spectacle était particulièrement effrayant... Si l'on aimait entailler Sirael, l'on préférait le contact direct du corps tendre et fragile d'Hannane. Morsures, griffures, ravages sexuels. Le blond devait, souvent, voir la peau de son amie se creuser lentement pour lâcher des flots de sang... Le pire, cependant, restaient les ondulations forcées que son corps subissait. Ce morceau de chair noirâtre se faisait plaquer, se secouait, était pourfendu par un éther pervers. De son sexe élargi et déchiré suintaient des humeurs immondes... Des lambeaux de chair semblaient vouloir ramper en dehors de celui-ci, portés par des flots jaunâtres...
Une odeur de vomi accompagnait cette vision. Sirael ne pouvait supporter ça... Même à la vingtième itération.

Le décor était accablant. Les ombres étaient oppressantes, le bois craquelait, le feuillage était secoué par un vent sans chaleur ni odeur. La fadeur du paysage handicapait les enfants. Il y avait bien longtemps que leurs rêves (leurs personnalités, même !) avaient été étouffés par l'obscurité. Ils tournaient en rond, peut-être. Mais ils ne s'en importaient pas. La vie n'avait pas de sens. Rien n'avait de sens. Le duo doutait parfois de son existence même... Ils n'étaient que fantômes, que spectres. Et il se heurtait parfois à sa propre incompréhension. Oui... Les deux enfants ne savaient même plus ce qu'ils faisaient. La source de leurs paroles semblait se tarir, leur visage devenait peu à peu pierre plus ou moins malléable, leurs pas lents et leur démarche désintéressée. Ils n'avaient aucune idée de là où leurs jambes allaient les conduire, et, d'un autre côté, une volonté viscérale les empêchait de mettre fin à leurs jours... Par ailleurs, chacun d'eux avait essayé. Mais le regard de l'autre, cette supplique déclenchée par une étincelle du fond de son âme, les avaient découragés à chaque fois. Nul besoin de dire les choses ; ils se comprenaient, voilà tout.
Ils comprenaient les tiraillements de l'estomac, les bouffées de chaleur, les gémissements de douleur et les crises d'effroi. Car là était désormais leur langage : celui de la peur. La lueur blafarde qui permettait de ne pas plonger Minstrel dans l'obscurité la plus totale fluctuait en intensité, changeant les arbres tantôt en ectoplasmes blanchâtres, tantôt en ombres grisâtres. Le ciel, lui, restait désespérément noir... Les étoiles sont les rêves du passé qui brillent encore des millions d'années, dit-on... Eh bien là, aucun astre ne subsistait. Minstrel le dévoreur de rêves. Un charognard se repaissant de ce que Midi avait broyé de ses crocs déserts...
Les rares créatures que Sirael et Hannane avaient croisées, ils les avaient fuies comme la peste. Des cris déchiraient parfois le silence oppressant des ténèbres, transperçaient les feuillages et faisaient vibrer les troncs. À vrai dire, jamais les enfants n'en avaient vu la source... Mais l'invisible a l'avantage de laisser libre cours à l'imagination... Et chez un enfant, celle-ci est particulièrement fertile. Alors, ils couraient, ils traînaient leurs petits corps émaciés loin des cris et des sifflements...
Mais un élément en particulier les accompagnait chaque jour, au moment de s'endormir.
Depuis la première nuit, le rire immonde et glacial du Démon de leurs rêves retentissait systématiquement.


• • •

Une nouvelle fois, ils marchaient. Les deux enfants marchaient. Ils déambulaient sans but. Leurs muscles les tiraillaient et leurs pieds semblaient être couverts de clous s'enfonçant dès qu'ils s'appuyaient dessus. Ils ne voyaient presque rien : ici, des buissons épineux et décharnés, là-bas, des arbres maigres et menaçants... Sirael et Hannane avaient, cependant, de la chance. En effet, la pluie de la veille (dont témoignaient la boue et l'odeur d'humidité flottant dans la forêt) ne s'était pas prolongée sur un nouveau jour. De ce fait, la visibilité était, somme toute, correcte...
Les enfants faisaient s'enfoncer des pierres pointues dans la terre moussue. Il y avait bien longtemps que Sirael avait complètement oublié de penser à autre chose qu'à ses besoins et à ses intuitions. Certes, au début, Hannane et Neiro l'avaient aidé à ne pas perdre l'esprit... Mais, tôt ou tard, la monotonie a raison de chacun. Quoique... Cela ne s'appliquait pas réellement aux deux erratiques. Il s'agissait plutôt de perdre son humanité, de revenir à l'état d'animal motivé par l'instinct de survie.
Parfois, cela dit, Sirael sentait quelque chose en lui... Quelque chose d'autre que cette peur perpétuelle à laquelle il s'était habitué... Un sentiment étrange, oublié. Cela pétrissait l'estomac, embrumait l'esprit, enflammait les mouvements.
C'était la colère. La frustration. Celle d'être là, perdu, à ne pouvoir rien faire d'autre que mouvoir son corps sans véritable but. D'être un automate au pas hasardeux. De sentir son âme enterrée vivante sous un éboulis d'horreur. De ne pas être à sa place. Oui... Au fond de lui, Sirael continuait à désirer, à envier. Il continuait à viser les sommets, même dans le plus profond des abysses.
Il était sale, des lambeaux de tissus pendaient lamentablement autour de ses membres malingres, ses cheveux blonds ressemblaient à de la vieille paille et ses yeux à deux pommes rabougries.

Hannane, de peu en tête, leva un bras. Ils se stoppèrent et elle fouilla dans la terre pour en sortir, l'instant d'après, un objet longiligne.


- Racine.

Automatiquement, Sirael vint se placer derrière elle et l'aida à tirer. Ils tombèrent en arrachant ladite racine, se cognant l'un contre l'autre. Mais les bleus, les blessures, ils ne les comptaient plus. Chaque rêve apportait son lot de sévices... Il arrivait qu'ils pleurent... Mais c'étaient là des pleurs silencieux, des pleurs de cadavre.
Soudain, un sifflement se fit entendre. Un sifflement inhabituel. Aigu, fluet, joli. Le duo porta les yeux vers les ténèbres d'où il provenait. Depuis combien de temps n'avaient-ils pas ouï tel son... ? Ils se mirent à avancer, claudicants du fait de leurs blessures... Avancer plus vite... Se presser... Être attirés... Trottiner... Courir ! À travers la végétation, ils passèrent, ignorant toute chose si ce n'est la mélodie entonnée par la chose ou la personne inconnue.
Le son coulait dans leurs oreilles comme un nectar enivrant, nourrissant. Ils avaient la certitude que ce chant leur apporterait tout le confort et la joie dont ils avaient besoin. Enfin quelque chose ne leur inspirait pas la peur ! Peut-être allaient-ils, qui sait, sortir de Minstrel en se laissant guider ? De grands sourires se dessinèrent sur leur visage et Hannane, en tête, disparut du champ de vision de Sirael qui se sentit étrangement envieux de sa vitesse. Il ne voulait pas qu'elle prenne tout pour elle ! Non ! Le sifflement était sien ! Lui et lui seul pourrait en profiter ! Ce serait son plaisir égoïste, son péché secret. Personne d'autre ne devait en profiter !

Le blond accéléra, secouant son champ de vision d'une telle force qu'il aurait pu croire à un séisme d'une magnitude inouïe ; un séisme de désir. Ce dernier était bien plus fort qu'il aurait dû l'être... L'envieux, l'ambitieux est bien plus réceptif à une telle mélodie...
Sirael fit de grands mouvements pour écarter les quelques branches lui barrant le passage. Son dos comme son torse le faisaient souffrir (mutilations obligent) mais, pourtant, il n'avait jamais couru aussi vite. Il manquait souvent de glisser sur la terre humide ou de se casser une cheville dans une aspérité du sol... Mais la fortune était de son côté, semblait-il.
Derrière un ultime amas de feuillage, le jeune Ashtareos déboucha enfin sur une clairière. Elle était illuminée, plus que tout ce qu'il avait vu à Minstrel jusque-là. La lumière, pâle et maladive, provenait du côté opposé à celui où se tenait Sirael. Il s'affaissa contre un arbre, s'assit sur un rocher sombre, tiède et longiligne. Le sifflement s'était arrêté.
L'enfant reprit sa respiration avec difficulté, inspirant un air qui lui brûlait les poumons. Il écarta de lourdes mèches de cheveux à la fois secs et gras et s'apprêtait à se relever lorsqu'un détail l'interpella. Depuis quand les rochers étaient-ils tièdes... ?
Alors, il se releva en sursaut et vit.
Une petite jambe noire déchiquetée au niveau de sa partie la plus haute gisait contre l'arbre.
Et derrière Sirael, au centre de la clairière, le torse démembré d'Hannane regardait en direction de la source de lumière, un air béat figé à tout jamais sur son visage.


• • •

La solitude s'ajouta au fardeau que portait l'enfant. Il resta longtemps immobile, allant chercher de quoi subsister non-loin pour revenir près de son amie. Sa macchabée d'amie. Il la vit perdre sa beauté des blés noirs qui flétrirent, fermentèrent. La peau devenait cuir, les cheveux devenaient paille, les ongles devenaient pierre. Sirael, parfois, entretenait des dialogues solitaires avec Hannane. Il lui racontait ses rêves qui le mutilaient, lui demandait si son père reviendrait.
Mais elle ne répondait pas. Jamais elle ne répondit.
L'engourdissement avait gagné le midiien. Il se laissait inconsciemment mourir, sa pauvre volonté réminiscente étouffée par les événements. Parfois, il ne mangeait pas de la journée (ou de la nuit). Il se contentait d'éponger le pus et le sang suintant des ses blessures oniriques. Il finirait comme Neiro... C'était une certitude, il en était intimement convaincu...
Il fallut longtemps avant que quelque chose déclenche ne serait-ce qu'une étincelle de vie chez Sirael Ashtareos.


• • •

[NB : A partir de là, il m'a fallu improviser des passages d'histoire "commune" avec Saeros et Djinn alors qu'il était absent et avec son autorisation. Désolé pour la baisse de qualité qui s'ensuit, faute de pouvoir faire un récit détaillé.]

Le garçon arriva alors que Sirael somnolait, prêt à subir ses sévices nocturnes. Roux, avec des yeux clairs perçant, de leur teinte, l'obscurité. Le blond crut à une illusion jusqu'à ce que l'inconnu lui adresse la parole.
Saeros, c'était son nom.
Il était accompagné d'un de ses semblables et venait de Desierto, un pays où, apparemment, on était déchiqueté puis noyé sous le sable... Le monde n'était-il donc que chaos ? Qu'enfers différents aux supplices variés ?
Peut-être. Sûrement. Et maintenant ?
Ils étaient de nouveau trois. Sirael pouvait à peine marcher, sous-alimenté, blessé de toutes parts. Il ne savait pas ce qu'il pouvait bien faire avec les nouveaux venus. À quoi bon mourir à plusieurs... ?
Remarquant l'état du jeune Ashtareos, les deux autres le questionnèrent et il leur expliqua sa situation. Alors, un rayon solaire, aussi ténu et faible était-il, aussi bref et ridicule paraissait-il, transperça la couverture de plomb de laquelle le blond était recouvert.
Saeros Maeglin était un mage.
Et il savait guérir le mal dont Sirael était atteint.


• • •

Le garçon s'était remis à marcher. Plus vigoureux, plus déterminé. Des bandes d'un rouge vif traversaient son torse et son dos nus. Douloureux, mais pas insurmontable.
Le sort de Saeros avait scellé la malédiction de Sirael. Encore peu puissant, ce jeune mage l'était suffisamment pour juguler les effets secondaires du mal... Sans l'anéantir. Les blessures s'en étaient allées, la terreur demeurait.
Après un long moment passé en sa compagnie, Saeros avait quitté le blond, seul. Après que son ami ait trépassé, il repartait à Desierto...
Quant à Sirael... ?
Il avait appris qu'au Nord étaient des royaumes encore libres, encore riches de vie comme d'opportunités.
Le plus proche se nommait Fiore. Et voilà donc sa destination. Sa seule alliée dans ce voyage serait la boussole ayant appartenu au garçon décédé.
La solitude, il l'appréhendait... Mais si Saeros, devenu un ami inoubliable (et en vie, qui plus est !), l'avait aidé en quelque chose, c'était en ravivant la flamme de la survie en lui. Sirael avait pris le départ du roux comme un déchirement dont il ne saisissait pas réellement les raisons mais... Peu importe sa situation, il survivrait. Le préadolescent, désabusé, s'était bien rendu compte de la préciosité de la vie.
Jamais plus il ne serait prêt à abandonner ce bien.







L’aiguille de la boussole n’oscillait pas, elle. Jamais. Elle demeurait stoïque, fièrement pointée vers l’espoir. Sa tête dodelinait quelque peu, comme pour entraîner le voyageur, comme pour le rassurer. Sirael progressait à travers Minstrel, ce royaume sans fin. La fatigue accumulée à cause de ses terreurs nocturnes le ralentissait tout comme ses dernières blessures qui finissaient de cicatriser. Aussi, il devait régulièrement se terrer sous les racines des plus grands arbres, grimper à leur sommet ou tout simplement courir pour sauver sa peau de créatures indistinctes. Depuis trois ans il se trouvait dans un environnement sans lumière aucune et sans sources évidentes de nourriture… A force, le jeune Ashtareos avait su s’adapter. A l’âge de onze ans, il était sûrement bien plus débrouillard que bien des hommes adultes ne le seraient jamais…
Débrouillard. Oui, il se débrouillerait. Après tout ce chemin, l’abandon était-il seulement envisageable ? A quoi bon aurait-il vécu s’il était mort à ce moment-là… ?
C’est avec ce genre de pensées que le blond continua son chemin. Ses cheveux tombaient dans le haut de son dos, cascade d’or terni qu’il rêvait de voir éclatante. Ses yeux, puits rougeoyants gourmands de la moindre lueur étaient alourdis par de profonds cernes. Parfois, il parlait tout seul, s’assurant que sa voix n’était pas « morte », qu’il serait toujours capable, un jour, de réintégrer la civilisation. Souvent pensait-il à son père, disparu. Le reverrait-il un jour… ? Il l’espérait de tout son cœur et préférait, pour le moment, avoir foi en sa survie. Parfois, pour ne pas flancher, il se remémorait tout ce qu’il avait vu en rêve, il songeait aux chimères dont les images s’étaient formées au fil des récits de ses parents. Les arbres majestueux, d’un vert vif… Le chant des oiseaux, l’odeur de la terre humide, le bruissement des feuilles sous la douce brise…
C’est ainsi que Sirael, à la lumière fantomatique de l’avenir, entama la dernière partie de son grand voyage…


• • •

Le garçon s’était arrêté boire au bord d’une de ces petites rivières où coulait une eau apparemment claire. Etrangement, la lumière, bien que faiblarde, était plus importante aux alentours de ce point. Même plus que dans la clairière où Hannane avait été tuée. Sans le savoir, Sirael Ashtareos n’avait jamais été aussi proche du Cœur de la Nuit qu’à ce moment-là. Le fait de pouvoir distinguer le fond du cours d’eau fraîche, même à un endroit où la profondeur n’excédait pas les cinq centimètres le remplissait de joie. C’était là une réaction instinctive, profondément animale, profondément humaine. La lumière, cette dame vêtue d’allégresse, daignait montrer plus que son ombre.
Le garçon s’abreuva, portant sa main de l’onde paisible à ses lèvres, observant sa silhouette reflétée par le liquide. Il allait lui falloir couper ses cheveux. Ils le gênaient. Restait à savoir comment il pourrait accomplir cet objectif-là…
L’enfant soupira. Quand arriverait-il à Fiore… ? Combien de temps encore allait-il devoir endurer la triste réalité de Minstrel… ? Même s’il parvenait à s’arracher du présent, celui-ci pesait tout de même sur sa détermination. Ebène corrompu, craquements sinistres, hurlements de mort… Minstel ne consistait qu’en ça, ou presque. Et même l’habitude ne parvenait pas à détruire ce perpétuel sentiment d’hostilité quant à cette nature morte-vivante. Nouveau soupir. Sirael allait devoir reprendre sa route, sa soif apaisée. Il déplia ses jambes à la fois endurcies et affaiblies par le voyage puis releva la tête avant d’écarquiller les yeux. Le jeune Ashtareos s’immobilisa, plissant les paupières comme pour mieux distinguer les éléments du décor.
Sur l’autre rive, séparé du blond par le miroir de la rivière, le même spectacle se produisait. Un autre garçon se tenait en face de lui, enlacé par les ténèbres tandis que le midiien se réjouissait des effleurements de la lumière. Une crinière de la couleur du soleil et l'autre noire comme la nuit. Le même regard surpris, mais de deux couleurs différentes.
Le silence.
Puis un mot. Deux. Trois. Une phrase, un dialogue. Palabres.
Sirael passa de l'autre côté de la rive pour rencontrer Djinn.
Qui aurait pensé, à ce stade de l’histoire, que les deux jeunes gens fonderaient plus tard une des guildes les plus puissantes du monde… ?


• • •

Deux ans passèrent. Sirael et Djinn, après avoir fait connaissance, étaient rapidement devenus plus soudés que quiconque. L’un abhorrait l’obscurité, l’autre l’adorait. L’un aimait s’exprimer, l’autre taisait ses pensées. Les deux garçons étaient comme les deux faces d’une pièce : diamétralement opposés et pourtant si proches dans leur éloignement… Sans jamais avoir parlé clairement de ce fait, Sirael l’avait remarqué et l’appréciait. Se lier avec son opposé permet de pallier aux faiblesses de deux parties tandis que se rapprocher de son double ne mène qu’à l’excès et à la destruction…
Les deux enfants vécurent donc ensemble. Djinn, ayant passé toute sa vie dans la noirceur de Minstrel, en avait une connaissance solide. Aussi fut-il d’une très grande utilité et rendit-il la vie du jeune Ashtareos meilleure sur tous les plans. Ce dernier pouvait dialoguer avec quelqu’un, piéger certaines créatures du royaume ayant survécu au passage des Démons et éviter ces derniers avec une facilité nouvelle. La réalité apparaissait bien moins sombre aux yeux de Sirael qui avait conté son histoire à Djinn en plus de l’avoir mis au courant de son objectif : Fiore.
Pour des raisons qui, jusqu’aujourd’hui, restent nébuleuses, ce dernier avait accepté d’accompagner son ami jusqu'aux confins de Minstrel. Toujours est-il qu’il leur fallut deux longues années pour enfin s'extirper de cette forêt infinie tout droit sortie du néant…
Là, sur la plage éclairée par les efforts du soleil pour percer la nappe d’obscurité couvrant le royaume, ils se dirent adieu, malgré les tentatives de Sirael pour attirer son ami avec lui.
Mais Djinn aimait l’obscurité plus que tout. Et il ne résista pas à son appel une fois sorti de sa douce pesanteur, laissant le jeune Ashtareos à nouveau seul.


• • •

Les vagues berçaient le blond. Allongé sur le sable humide, il les entendait glisser silencieusement sur la côte de Minstrel, comme engourdies par les ténèbres de ce royaume déchu. De celui-ci, il ne restait que des ruines. La nature avait bien vite repris ses droits… S’il était arrivé à Sirael de se réfugier dans des bâtisses de pierre à moitié effondrée dans lesquelles on ne voyait absolument rien, ce type d’abri, il n’en avait que peu croisé la route…
Le midiien se mit lentement en mouvement, émergeant d’un sommeil profond. Ses yeux s’ouvrirent difficilement alors qu’il roulait sur lui-même pour se mettre sur le dos.
A Minstrel, l’on n'avait pas peur de perdre la vue en regardant le… Soleil ?
Pour la première fois depuis des années, Sirael Ashtareos entr’aperçut un disque blanchâtre dissimulé par une mare de noirceur. Il semblait mourant de son point de vue mais… Il était là. Il ne l’avait pas abandonné. Il éclairait encore la face du monde, il n’avait pas abandonné son combat contre les ténèbres le gangrénant.
Bien sûr, il ne diffusait qu’une lumière crépusculaire, de celles qui agonisent sans jamais mourir… Au reste, Sirael put se délecter d’une vision du monde en détails. Il distinguait les grains de sable, voyait les aspérités sur les branches des arbres dardant celles-ci au-dessus de la plage, comme frustrés d’être bloqués par une barrière invisible.
Et il se voyait, lui. Il voyait ses cicatrices, il voyait l’écarlate parcourant son torse. Il devinait des mèches de cheveux devant son champ de vision (dernièrement coupés grâce à une dent taillée de manière grossière). Il voyait les haillons qu’il portait ; minuscules, troués, crasseux, immondes. A cette vision, le blond fut profondément dégoûté. Un sentiment bien dédaigneux, quand on y pense… Après tout, lorsque l’on se préoccupe de sa survie, l’on ne s’attarde pas à être rebuté par les choses…
A cette pensée, le jeune homme sourit. Et il trouva, dans ce dégoût, un bonheur étrange.
Son humanité lui revenait.

Alors, il se leva, fit quelques pas et s’arrêta lorsque les vagues vinrent lui caresser les pieds, le sel chatouillant sa peau. Au loin, l’horizon paraissait luisant, plus clair que les eaux côtières.
La malédiction de Minstrel.
De l’autre côté se trouvait Fiore. De l’autre côté se trouvait son avenir. Comme lorsqu’on lui avait annoncé son départ pour Midi, le jeune Ashtareos toisait la mer, cette barrière entre les mondes. Elle l’avait déjà déçu, ne faisant office de frontière qu’entre deux enfers… Lui offrait-elle de nouveau un espoir vain ?
Sirael mordit sa lèvre inférieure, préoccupé. L’angoisse, ronce maléfique, commençait à décrire de lents entrelacs au creux de son ventre…  Il fronça ses sourcils fins, passa une main nerveuse dans ses cheveux rêches, blés secs et ternes.
Tout à coup, il sursauta.
Son être tout entier vibra de haut en bas, lui donnant l’impression d’un séisme… Mais non. Non. Non ! Ce n’était pas ça… C’était… C’était… !
Les traits fondus par l’horreur, le venter déchiré par le monstre d’épines en lequel s’était changée le début d’angoisse précédent, Sirael tourna mécaniquement la tête vers le ciel, posant par à-coups son regard terrifié sur le ciel. Une masse mordorée se profilait, ses écailles reflétant la lumière apocalyptique des frontières de Minstrel.
De violents flashes assaillirent l’esprit du garçon.
La colonne d’énergie, l’aveuglement.
La masse grossit.
L’embarcation, les mouvements du bateau.
Plus proche.
Puis le chaos. Le naufrage. Sa mère.
Un amas de crocs, de griffes et de pics.
Les serres la fauchant. La tête de sa mère.
Le désespoir.
Sirael ferma les yeux en tombant à la renverse sous le déplacement d’air provoqué par l’atterrissage du Dragon.
Il le reconnaissait.
L’assassin de sa mère.


• • •

Il sembla se passer une éternité avant que le Dragon n’engloutisse le corps émacié du midiien. Tout ça pour ça… Tout ce malheur, toute cette misère, tout cet espoir et tout ce désespoir pour mourir aux portes du salut, dévoré par une force dépassant l’entendement humain. Gaspillée, la vie. Avorté, le destin.
Sirael aurait dû rester sur sa vieille Brud dont le souvenir flou s’enjolivait à mesure qu’il établissait le bilan de sa courte existence. Au moins, il y régnait la paix. Les gens étaient pauvres, mais ils vivaient.
Ils vivaient…
Vivre…
C’est quoi, vivre… ?
Vivre ou survivre… ?
Non…
Sur Brud, on survivait. On ne vivait pas selon la définition de Sirael. Même malgré la distance le séparant de son souvenir, aucun illusoire plaisir ne s’y était incrusté.
Alors il n’avait jamais vécu.
Dommage.


- Combien de temps comptes-tu rester ainsi… ? résonna une voix caverneuse qui fit vibrer la poitrine de Sirael.

L’intéressé ouvrit des yeux grands comme des pamplemousses. Il redressa sa tête pour voir… La gueule massive du Dragon à quelques mètres de lui ! Un petit cri lui échappa et il recula vivement, rampant sur son postérieur.
Haletant, il sentit un vent chaud souffler sur lui. Cela lui avertit que le reptile venait de soupirer.


- Le… Tu… Euh…

Le Dragon tendit son cou au maximum pour se rapprocher de Sirael.

- On me nomme Aurash. Je suis le Dragon de Lumière.

Silence.
Soudain, le blond sentit le désespoir se changer en haine… Et remonter. Il fronça les sourcils, fixa la bête droit dans les yeux.


- Tu l’as tuée… Tu as tué ma mère ! cracha-t-il.

Quitte à mourir, autant mourir fièrement.
Mais rien ne se passa comme prévu. Au contraire, Aurash sembla se renfrogner et adopter un visage préoccupé (si ce n’est affecté).


- Oui… C’est bien ça… C’est bien toi… Je suis désolé pour ce que j’ai pu faire. Ce n’était pas voulu.

Pensive, la bête marqua une pause de quelques instants et, devant le silence équivoque de son interlocuteur, reprit :

- Hum… Et que fais-tu ici ?

- Je pars pour Fiore.

- Fiore… Tout seul ? C’est un royaume lointain. Tu ne survivrais pas à la traversée de la mer. D’autant plus que, j’imagine, tu prévoyais de tenter cela en... Radeau ?

Sirael ne pipa mot, heurté par les paroles d’Aurash. Il s’efforça de ne pas montrer son appréhension mais échoua à cette tâche. Fixant un point dans le vague, il laissa s’échapper un soupir résigné.

- Si je suis là, c’est pour me faire pardonner. Que dirais-tu, pour cela, d’apprendre la magie ? Ma magie. Celle du Light Dragon Slayer.

Le jeune Ashtareos, pris d’un intérêt soudain, riva des yeux rouges d’excitation dans ceux du reptile.
Situation pitoyable. Culpabilité profitable.
Destin transcendé.
x365. Il avait treize ans.


• • •

Cinq ans durant, Sirael resta avec Aurash. A Minstrel. Un Minstrel dompté par la radiance draconique. Aurash enseignait à son apprenti, son fils adoptif, le maniement de l’élément lumière… Une magie exceptionnelle, réservée à quelques élus.
Les Dragon Slayers, groupe historique d’hommes et de femmes s’étant joint aux affrontements de ceux qui avaient été les maîtres de ce monde. Et ce petit avorton, cette chose blonde s’étant traînée lentement depuis une île nauséabonde jusqu’au bord d’une mer plus septentrionale que tout ce qu’aurait pu imaginer les réfugiés de Brud… Cette chose avait été choisie pour s’inscrire dans le sillage de ces héros.
Fierté. De vieux objectifs refirent surface, libérés de l’inhibition, du garde-fou mis en place par la survie. L’ambition du jeune homme grandit, ses rêves de faste et de plaisir se remirent à occuper une grande place dans sa vie.
Entre entraînements physiques, pratique de la magie et du combat, Sirael se changea lentement en mage aguerri. L’environnement de Minstrel l’obligeant à diffuser continuellement une certaine lumière pour ne pas être englouti par les ténèbres, il développa une bonne endurance magique, puisant dans ses réserves avec la parcimonie d’un gestionnaire.
Ashtareos vivait dans une sorte de petite caravelle s’étant échouée sur la plage quelque temps avant qu’Aurash le trouve. Il y trouva des vêtements abandonnés qu’il entreposa à l’abri de l’humidité. Ilaurait ainsi de quoi s’habiller peu importe sa taille.
Du reste, lorsqu’il n’apprenait pas auprès du Dragon, il se consacrait à l’entretien du bateau dans l’optique de le remettre à flot quand le moment viendrait. C’était ça... Ou contourner la mer.

Aurash était une créature, au demeurant, noble. Elégant, réservé, pragmatique, distant, parfois… Il en restait empli de bonté… Ou de culpabilité. Pour Sirael, du moins, il s’agissait de la seconde option. Selon lui, la bête ne l’avait pris sous son aile que pour se donner bonne conscience. En somme, elle aurait trahi ses valeurs si elle ne l’avait pas fait. Elle ne ressentait donc rien pour le blond si ce n’est une sorte de responsabilité nébuleuse…  
Quant à ce dernier, il se surprit régulièrement à songer à la mort de sa mère. Dès qu’il voyait le Dragon, Sirael ne pouvait s’empêcher de revoir la tête décapitée de Sana Ashtareos, grotesque morceau de corps figé à tout jamais dans l’horreur. Et, à force de sentiments, une rancune irascible prit racine au plus profond de son être. Aurash aurait beau se prosterner devant lui pour se racheter, son apprenti (qu’il surnommait « fils », chose bien ironique aux yeux de l’intéressé) ne lui pardonnerait pas. Jamais.
Peut-être est-ce à ce moment-là que naquit, dissimulée par l’or, un premier embryon de noirceur en Sirael…
Pourtant, ce dernier subit malgré lui l’influence du reptile. L’affection pour le respect de l’autorité supérieure et la noblesse de paroles qui incombaient à Aurash furent transmises à Ashtareos. S’il haïssait secrètement le Dragon, il ne l’assassinerait pas pour autant. Recevant sagement ce qu’il avait à lui apporter, Sirael se contenterait de le quitter poliment une fois sa formation achevée.

Mais les choses se passèrent différemment.

Décembre x370.
L’ombre transperça l’atmosphère, zébrant les ténèbres de ses ailes plus noires encore. Semblable à un cauchemardesque corbeau venu apporter le désespoir sur le monde, elle rugit, faisant trembler le bateau.
Dans la cale, Sirael Ashtareos, dix-huit ans, s’était coincé entre deux caisses de bois attachées au plancher, de sorte à en pas être renversé par un quelconque choc.
Une protection bien dérisoire si la chose décidait de s’attaquer à lui…
La créature semblait plus sombre que toutes les ombres de Minstrel, diffusant une sensation de peur à des kilomètres à la ronde par sa seule présence. Sa voix était aussi surnaturelle que terrifiante, défonçant les pauvres barrières psychiques qu'avait tenté d'ériger Sirael pour se garder d'être pris de panique. Rien... Non, rien ne l'avait jamais effrayé. Cette bête à l'odeur de Dragon pourtant teintée d'autres effluves moins nobles... Elle empestait le sang. Le sang et la soif de tuer.
Aurash était parti une quinzaine de minutes auparavant, ses yeux ambrés, d’ordinaire froidement reptiliens, de peur altérés.
Il l’avait retrouvé.
Lui.
Ce n’est que lorsque le Dragon de Lumière revint que Sirael apprit de qui il s’agissait.
Acnologia.
Aurash mourut dans l’instant qui suivit le murmure de ce seul mot, éventré.
Sirael frissonnait plus qu’il ne l’avait jamais fait auparavant… Mais pas de chagrin. Ces tremblements n’étaient que pure épouvante.
Il n’avait pas vu Acnologia, le Dragon Slayer rendu fou par son pouvoir.
Il l’avait ressenti.
Ses rugissements, son aura.
Sa puissance.
Une créature horrifique.


• • •

Aurash mort, Sirael entreprit de partir. Enfin il allait gagner Fiore.
Le nouveau Light Dragon Slayer réfléchissait à comment il allait pousser son embarcation jusqu’à la mer quand un bruissement le fit tressaillir. Il se retourna vivement, prêt à supprimer la menace, ses mains nimbées d’or… Mais il s’immobilisa.
De la forêt de Minstrel venait de sortir un visage connu mais plus grand, plus dessiné, plus mature. Pourtant, ses traits étaient les mêmes.
Djinn.  
Les retrouvailles se firent dans une stupeur qui, progressivement, laissa place à une pure joie. Comble de la bizarrerie, Djinn avait lui aussi été formé par un Dragon. Celui de l’Ombre. Démarche plus silencieuse que jamais, déplacements fondus dans une masse ténébreuse, efficacité redoutable.
Un prédateur, c’est ce qu’il évoqua à son ami qui se demanda s’il dégageait lui aussi une telle aura… Après tout, lui aussi était un Pourfendeur, même s’il préférait la distance et l’intimidation au corps-à-corps et à la furtivité. Certes, Ashtareos n’avait pas vu Djinn à l’œuvre… Mais sa manière d’être en disait long sur ses aptitudes au combat.  
Parlant de combat…
Djinn lui apprit la raison de sa « visite ». Le Dragon qui l’avait recueilli… Son père adoptif s’était mis à la pourchasser. Sirael arqua un sourcil perplexe mais n'eut pas le temps de faire plus.
Aussitôt Djinn s'était-il expliqué qu’une colonne abyssale rasa la forêt sur une centaine de mètres avant de toucher la caravelle échouée sur la plage. Cette dernière explosa en mille morceaux qui s’éparpillèrent çà et là.
Le cœur battant comme un tambour de guerre, Sirael n'eut pas le temps de se remettre de ses émotions qu’un Dragon aussi noir que son élément se posait sur le sillage de sa propre attaque, séparant les deux amis qui s’étaient éloignés de la trajectoire du Hokô par magie. Quelque peu surprise de voir un deuxième Dragon Slayer accompagner son apprenti, la bête en fut stimulée et se mit à attaquer simultanément les deux jeunes hommes qui se lancèrent à l’assaut de celle-ci. D’abord peu coordonnés, ils finirent rapidement par synchroniser leurs actions de sorte à ne laisser aucun répit au Dragon. Un festival d’ombres et de lumières plus mortelles les unes que les autres se tint sur la côte Nord de Minstrel…
C'était là le combat pour lequel Sirael avait été formé. Un Dragon Slayer abat les Dragons. Ce jour-là, il allait voir si Aurash l'avait bien formé... Sans relâche, il déchaîna la puissance qu'il avait acquise en cinq ans, faisant pâlir d'envie le soleil entravé par les ombres de Minstrel.


L'affrontement se solda par une ultime attaque, lancée par les deux Dragon Slayers. Un Unison Raid. Un immense déluge de lumineuses ténèbres et de ténébreuse lumière. Le déluge de puissance consomma tout ce qu’il restait aux deux amis qui s’effondrèrent une fois leur assaut lancé, incapable de faire le moindre mouvement supplémentaire.
Seulement, voilà. Lorsque le monde revint à la normale, une fois la déflagration dispersée, le Dragon de l’Ombre se tenait toujours là. Légèrement blessé, mais tout à fait en mesure de combattre.
C’est à ce moment-là qu’il expliqua à Djinn les raisons de son apparente folie. Il voulait le pousser jusqu’à ses limites pour que celui-ci les transcende… Et couper le cordon qui les reliait.
Sirael tendit sa paume vers le ciel... Et la referma comme s'il écrasait quelque chose.


- Ma seule chance de rejoindre Fiore… Réduite en poussière…

Après quelques instants de silence, une réponse lui parvint. Une réponse pour le moins... Surprenante.
Le Dragon se proposait de l’amener jusque là-bas… De toute façon, avait-il dit aux deux Pourfendeurs, leur condition de Dragon Slayer les empêchait d’emprunter tout moyen de transport sans être pris d’affreuses nausées… Fait douteux et à vérifier, selon Sirael...
Mais, quoi qu'il en soit, il y avait une condition à l'aide du Dragon : que Djinn accompagne son ami.
Bien que réticent à l’idée de sortir de son royaume d’ombre, l’intéressé finit par accepter, convaincu par son « père ».
Et c’est ainsi que Sirael et Djinn arrivèrent sur une autre plage. Une plage de sable blanc, cernée par une eau turquoise d’un côté et par une forêt luxuriante de l’autre.
A défaut d’avoir retrouvé le Midi d’antan, Sirael avait atterri dans la Jungle d’Azerim.




Trois crapauds me tiennent compagnie, huit roses parfument mon or.

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MessageSujet: Re: Sirael Ashtareos - Hail To The Golden King ! [LOADED] Dim 22 Nov - 22:20










Histoire







Comme le jour et la nuit, Sirael et Djinn entamèrent leur nouvelle vie. Le premier irradiait de bonheur, s’exposant le plus possible au soleil. Le second, au contraire, arborait, au début, une mine renfrognée, se dissimulant dans un nuage d’ombre et s’y réfugiant dès que possible. Par ailleurs, le Light Dragon Slayer développa une peur inconditionnelle de l’obscurité, se mettant à suffoquer de peur dès qu’il s’y trouvait. Les conséquences du bilan qu'il avait fait de son charmant séjour à Minstrel... Sorte de réaction post-traumatique, sûrement.
Pour le blond, les choses avaient, du reste, changé. Il semblait perpétuellement être en train de rêver ; songes agréables quand il était éveillé, terreurs oniriques lorsque le cruel Morphée l’arrachait à sa douce réalité.
L’aventure débuta par une traversée de la Jungle d’Azerim. Les premiers contacts humains, effectués au sein de petits villages perdus dans la verte richesse de la nature, furent singulièrement intenses. Des Hommes. Plein d’Hommes. Ils n’étaient pas rares, ils ne survivaient pas. Ils vivaient, en paix, curieux de connaître les étrangers et peu soucieux de l’avenir, même si celui-ci s’annonçait sombre.
C’est également à cette période que Sirael recueillit un être qui allait prendre beaucoup d’importance dans sa vie.

Des sortes de feulements attirèrent son attention alors qu’il marchait, en compagnie de Djinn, vers la grande ville de la région : Kaenrish. Sirael s’arrêta sans prévenir, sous le regard indifférent de son ami. Il sortit du petit chemin de terre et s’enfonça dans les hautes herbes, guidé par les cris à l’aide qu’il pensait entendre. Il ralentit, et, délicatement, souleva une large feuille raccordée à la tige d’une magnifique et odorante fleur.
Fontaines d’ambre se déversant sur deux éclats de rubis.
Pour la première fois, Sirael posa les yeux sur cet ami précieux. Là, sur un rocher, prostrée, contemplant avec crainte et tristesse le jeune homme blond qui la toisait, se trouvait une créature aux yeux aussi ronds que ses oreilles. Un épais museau triangulaire annonçait la naissance d’une gueule cernée de bon nombre de vibrisses. Le pelage fauve et sale, la bête était émaciée. Si bien que sa queue, terminée par des poils plus sombres, était comparable à un fouet plutôt qu’à un pinceau.
Le lionceau avait été abandonné.
Pourquoi s’était-il retrouvé au beau milieu d’une jungle ?
Nul ne le sait.
Toujours est-il que, n’ayant d’autre personne envers qui se tourner, il accepta que Sirael le recueille.


• • •

D’abord méfiant, le félin se laissa petit à petit apprivoiser par son nouvel ami. Au départ, il restait à l’écart, se dissimulant aux yeux des deux amis. Si bien que ces derniers crurent souvent à sa fuite avant de se rendre compte, quelques instants plus tard, que le lionceau ne se trouvait pas loin.
Aussi arrivèrent-ils à Kaenrish en sa compagnie, attirant à la fois curiosité, entrain et méfiance. Là-bas, on leur proposa de travailler en tant que mages indépendants… Ce qu’ils firent, toujours en la compagnie du jeune lion que Sirael finit par nommer Kirduin, comme le nom d’une fleur endémique et rare de Midi.
Jusqu’en x374, le trio sillonna le Sud de Fiore en tant que mages. Ashtareos, ne cessait de s’émerveiller devant la beauté de ce royaume encore en sécurité. Certes, la guerre frappait à ses portes, mais, à cette heure, rien n’inspirait la crainte au sein de ce cocon de paix pendu à une branche ployant sous les malheurs, prête à choir dans des abysses sans fond… Si bien que cela en devenait paradoxalement inquiétant. Sirael craignait de voir Fiore être avalé par les ténèbres comme l’avaient été les autres royaumes d’Ishgar avant lui. De fait, le souverain du pays, Valmar M. Fiore, semblait ne s’inquiéter en rien de la situation extérieure. Les critiques fusaient à son encontre : accusations de laxisme, d’égoïsme, d’hypocrisie, d’imposture, même… Selon une certaine partie de ses sujets, cet homme n’avait de Roi que le titre. Des rumeurs couraient d’ailleurs sur son passé. D’après ces dernières, Valmar M. Fiore n’avait eu d’exemple que le précédent souverain : son oncle. Un homme, qui, la faute aux circonstances, avait dû monter sur le trône sans avoir été formé à ce dur métier. Du reste, le Roi actuel ne pouvait être qu’un fantoche. Voilà qui terrorisait Sirael. Lui qui venait d’arriver à Fiore… Jamais il n’accepterait de le voir être ravagé sous ses yeux ! Il fallait que les choses changent, que le pouvoir en place soit digne de ce nom… Il fallait que Valmar M. Fiore change… Ou soit destitué.
Du moment où il réalisa cela, quelque chose changea en lui.
Une bête dévorante nommée « Ambition ». D’abord floue, d’abord goudron primitif ne désirant que plus de richesse, elle se mit petit à petit à prendre une forme plus distincte.
Celle d’un aigle, souverain des cieux.
Un aigle, qui de ses ailes engloba le cœur de Sirael Ashtareos.

Quoi qu’il en soit, le Light Dragon Slayer garda pour lui son ressentiment grandissant, le laissant fermenter tandis qu’il accomplissait, avec Djinn et Kirduin, missions sur missions.
Du simple service rendu au massacre d’une bête terrifiant les alentours, les deux mages accumulèrent de l’expérience, ne restant jamais plus de deux semaines au même endroit. Quoi qu’il en soit, ils refusèrent tout travail impliquant un mal direct infligé aux autres, peu enclins à cela après une vie entière passée à survivre dans un environnement ou tout en veut à votre vie.
Et c’est en x374 qu’ils contredirent cela…

Récupérer un trésor amassé par un mage douteux qui l’avait soi-disant volé aux communautés indigènes de la région… Quoi de plus honnête ? Bien des gens avaient échoué à cette mission vieille d’une vingtaine d’années. Pourtant, Sirael et Djinn se lancèrent à l’assaut de la résidence dudit homme, vivant non-loin de Kaenrish. Ce dernier, réputé pour être puissant, pouvait se permettre une telle proximité… Et une telle ostentation !
Au milieu du bassin dans lequel se jetait une immense cascade, un palais d’une beauté à couper le souffle se dressait. Il était, certes, petit pour un édifice affublé d’une telle esthétique… Mais cela n’entachait en rien cette dernière.
Lorsque les deux amis pénétrèrent dans le hall, après avoir laissé Kirduin, ils se trouvèrent vite nez-à-nez avec un vieil homme. Rapidement, le combat s’engagea. Mais les deux Dragon Slayers surpassaient de loin ce vieux mage qui se cachait derrière la renommée d’une force qu’il avait perdue depuis longtemps. N’ayant d’autre choix, celui-ci finit par prendre la fuite, laissant les deux amis seuls dans son palais.



Exploration. La demeure s’étalait sur quelques ailes et étages, tous garnis de pièces plus raffinées les unes que les autres. Moulures dorées, bois précieux, marbre blanc et vert… Il n’y avait aucun ornement, aucun meuble, aucun mur qui ne donnait pas une impression de richesse et de luxe. Sirael s’émerveilla devant tant de beauté. Dans cette propriété, il se sentait à l’aise. Comme s’il n’avait vécu que pour atterrir là. Une bien étrange sensation, à vrai dire… Sorte d’ivresse sèche, flèche d’allégresse. En son flanc plantée, elle diffusa volupté.
Passant par des escaliers polis, des galeries lumineuses et des antichambres vaniteuses, les deux amis finirent par déboucher sur l’entrée du sous-sol, en plein centre du palais. Quelques marches dans la pénombre et ils se retrouvèrent dans une pièce aussi longue que large. Par réflexe, Sirael se mit à émettre une lueur tamisée, repéra des lampes à huile fixées au mur et demanda à Djinn de l’aider à toutes les allumer.
L’éclairage ambré qui se diffusa dans toute la chambre sous-terraine révéla son étendu et… Son contenu.
De l’or. Une quantité astronomique d’or. Des épées à la garde travaillée jonchaient le sol, annonçant des monticules de haches, de hallebardes, de tridents, de flèches, de sabres, de rapières, de boucliers, de claymores, de dagues, de katanas, de marteaux et de faux de guerre. Le tout saupoudré de pièces et de lingots. Tant de richesses… Autour de Sirael, la salle sembla tournoyer, renforçant un peu plus sa splendide ébriété. Alors, grisé par cette simple vision, il s’avança, soupesa quelques unes de ces pièces d’armes forgées par les meilleurs guerriers d’antan… Avant d’être attiré par quelque chose de plus beau encore.
Elle semblait être embrasée, le reflet des flammes épousant sa surface courbe pour mieux y danser. Inspirant le pouvoir et la force, elle mesmérisait le Light Dragon Slayer qui s’en approcha un peu plus. Ornée de bleu roi, soulignée par un drap de sang, l’armure semblait appeler Sirael. Comme s’il s’agissait de la chose la plus délicate au monde, il laissa précautionneusement son doigt la caresser, obnubilé par cette fantastique cuirasse de métal doré.
L’aigle cria.
Le midiien fit volte-face, adressa à Djinn des mots simples :


- Restons là. A quoi bon accomplir la mission si nous pouvons obtenir quelque chose d’une valeur immensément plus grande ?

D’une façon ou d’une autre, Ashtareos finit par convaincre le Shadow Dragon Slayer, après un dialogue de quelques minutes.
Quant à la justification de « l’échec » de la mission ?


- Un sort a été jeté sur le trésor volé. Rien ni personne ne saurait le lever. Cela dit, nous nous portons volontaires pour le garder de tout autre… Larcin… Aussi nous installerons-nous dans la demeure où il est entreposé.

Mais les plans du jeune homme ne s’arrêtaient pas là. Il l’avait décidé. Il changerait les choses à Fiore. Pour que cette place d’abondance jamais ne périsse, jamais ne tombe entre les mains de Zeref. Oui. Ce serait lui qui protégerait Fiore. Lui, le bambin né dans la boue. Lui, l’enfant perdu dans un cauchemar sans fin. Lui, l’adolescent suivant le Dragon. Lui, le jeune homme se forgeant un destin grandiose.
Un palais, un trésor, un dirigeant. Il ne manquait désormais plus que l’élément principal de l’entreprise…
Un peuple.
Et c’est ainsi que la guilde de Golden Reign fut créée. x375.
Pour que tous ceux qui désiraient faire de Fiore le havre de paix et de plaisir qu’il devait être.


• • •

Paré de sa fantastique armure, Sirael se tentait accoudé au large balcon de sa chambre, observant les hauteurs de Kaenrish, au loin.
Cela faisait quelques mois que Golden Reign avait été créée. Les deux Dragon Slayers avaient démarché les mages qu’ils avaient croisés lors de leurs précédentes missions dans tout le Sud du pays et qui leur avaient parlé de Valmar M. Fiore. Assez rapidement, la nouvelle guilde avait pris de l’ampleur. Sirael, maître de guilde, s’exposait à la lumière, organisant régulièrement des sortes de discours de propagande à Kaenrish. Djinn, second de son ami et donc « Premier Chevalier », restait dans l’ombre, agissant avec toute l’efficacité et la rapidité qui lui incombaient. Quant à Kirduin ? Le lionceau avait bien grandi et un début de crinière commençait à couronner sa face royale. Dans le Golden Palace (nom dont la propriété avait été baptisée), il possédait un statut spécifique. Nul ne pouvait lui causer du tort sous peine de subir les foudres de Sirael. Ceci dit, le jeune lion allait souvent quémander caresses et jeux à certains membres de la guilde (qui avaient tout de même l’autorisation de lui faire comprendre qu’il lui fallait se calmer quand il s’emportait).
En somme, tout était parfait. Golden Reign prenait lentement de l’ampleur…

Soudain, quelque chose attira l’œil rougeoyant du Light Dragon Slayer. La jungle séparant le Golden Palace de Kaenrish semblait frémir, comme secouée par le passage de quelque bête. Méfiant, il plissa les yeux et fixa son regard sur la lisière de celle-ci.
Quelques minutes plus tard, un homme en sortit. Un homme. Puis un autre. Un rang. Deux rangs. Trois rangs. Cuirasses argentées luisant au soleil, chevaux pour les gradés. Ils s’arrêtèrent sur l'herbe entre la lisière de la jungle et le début de la presqu'île sur laquelle se situait le palais.
L’armée royale.
Que voulaient-ils ?
Sirael serra les dents et se retourna vivement, faisant voleter derrière lui son pagne rouge. Il traversa l’intégralité de son palais à une vitesse surnaturelle, hurlant à tous de se préparer au combat. Certes, l’affrontement n’était pas obligatoire… Mais, sait-on jamais.
Ashtareos s’apprêtait à pousser les grandes portes de sa demeure lorsqu’un fracas assourdissant l’arrêta. Les murs tremblèrent comme son visage frémit. Quelque chose avait touché le Golden Palace…
Il ouvrit les portes… Et vit une poignée de mages encore en position, mains frémissantes tournées vers le palais. Le maître de guilde suivit des yeux la direction de celles-ci. Une des flèches s’élevant du palais était tombée, arrachée à sa base par un déferlement de magie.
Le nom de Valmar M. Fiore fut hurlé. D’un côté, de rage ; de l’autre, de loyauté.
Et la guerre commença.


• • •

La bataille avait été courte mais intense.
Nombreuses fut les pertes des deux côtés.
Et le Roi avait gagné.
Ou du moins le croyait-il…
Les cadavres de Sirael, de Djinn et de bien d’autres avaient touché le sol. Certains étaient factices. D’autres non.
Un mage illusionniste avait orchestré l’évasion des survivants et les troupes du Roi s’en étaient allées, nullement intéressées par les richesses du Golden Palace.
L’action avait été simultanée. Valmar M. Fiore s’était attaqué à quelques guildes sans réelle raison… Par anxiété, sûrement.
Il savait son pouvoir convoité, il savait l’opinion du peuple quant à sa personne.
Une rage folle habitait désormais Sirael à sa moindre évocation. Cet homme l’avait forcé, par ailleurs, à tuer. Oui. Dans cette bataille, le Light Dragon Slayer avait tué des militaires, fou de colère.
Mais il ne le regrettait pas, non…
Il ne regrettait rien.

Ainsi Golden Reign subsista discrètement, officieusement. Profitant de son relatif anonymat en dehors de Kaenrish, elle y recruta de nouveaux Hommes. Ainsi, personne ne pourrait rapporter aux autorités sa survie. Par ailleurs, l’illusionniste ayant sauvé la guilde lors de la bataille contre les troupes du Roi lança un sort sur le Golden Palace pour que personne ne puisse l'approcher sans qu’un monstre apparaisse et se rue sur les intrus.
Ce n’est que quelques mois plus tard que le sort fut levé et que la guilde réapparut officiellement. Plus grande, plus puissante. Sûrement était-on allé prévenir le Roi de ce fait… Mais, quoi qu’il en soit, ce dernier n’agit pas, laissant passer sa dernière chance de réduire le rêve de Sirael en miettes.
Peu après cela, ce dernier reçut la visite d’un homme de grande taille à la peau basanée. De longs cheveux blonds tombaient sur ses épaules. Les rides qui commençaient à parcourir son visage soulignaient des yeux noirs comme la nuit.
Celui que l’on surnommait le Golden King le reconnu aussitôt. Des larmes noyèrent son champ de vision alors qu’il titubait en arrière, une main sur la bouche comme pour se garder d’ordonner, par réflexe, à ce fantôme de disparaître.
Car ce n’était en rien un fantôme.
Il s’agissait de Kanaan Ashtareos. Son père.
Scène de liesse.
Pleurs, sourires, étreintes.
Arrivé à Kaenrish par un bateau en provenance de Caelum, un autre royaume libre, Kanaan avait erré à Minstrel jusqu’à arriver à l’extrémité d’une presqu’île. Là, il s’était jeté de la falaise, désespéré et seul. Pourtant, à son réveil, il se trouvait dans un lit, en sécurité. Après avoir passé quelques années à Caelum, il avait décidé de gagner Fiore par pure curiosité… Avant d’entendre parler d’un certain Sirael Ashtareos une fois dans cette ville du Sud du royaume.
Malheureusement, les choses avaient changé.
Lorsque Sirael exposa à son père ses plans, celui-ci le repoussa. Son fils lui avait dit jusqu’où il pouvait aller pour atteindre ses objectifs.
A ses yeux, il était devenu mauvais.
Car une fois Golden Reign réapparue, le Light Dragon Slayer avait durci sa politique. Mensonge, trahison, discours contraire au sien… Cela lui suffisait, parfois, pour organiser des exécutions. Habitué à devoir survivre quoi qu’il fasse, le Golden King n’avait aucun scrupule à supprimer une vie si cela lui paraissait nécessaire. Certains avaient quitté la guilde, n'ayant pas signé pour assister à de tels actes. Le Golden King était devenu possessif, surveillant chacun des faites et gestes de ses hommes. Ses discours parfois extrêmes et radicaux en effrayaient quelques uns... Son père y compris.
Ténèbres dissimulées sous une masse d’or.


• • •


- Coupez une tête de l’hydre, Votre Majesté, et il en repousse deux autres. Vous allez l’apprendre à vos dépens, j’en ai peur.

Ainsi Valmar M. Fiore avait invité le Golden King à rejoindre l’alliance qu’il désirait créer. Destiny Flare, Sky Stand, Phoenix Ashes et… Golden Reign.
Premier janvier x377. Quelques mois après que Golden Reign était réapparue au grand jour.
Frederick Tarken, Camélia Nepheris, Fleur de Lunorée et Sirael Ashtareos réunis autour de leur souverain. Ils formaient désormais l’élite combattante du royaume, prête à défaire Zeref et ses alliés. Par ce geste, Valmar avait creusé la tombe de sa crédibilité déjà agonisante.
Léguer une grande partie de son pouvoir à des organisations n’ayant aucun lien avec le gouvernement… Pauvre homme… Sa bêtise était presque drôle.  
Le Light Dragon Slayer balaya la petite assemblée du regard et se fendit d’un sourire aussi discret que lourd de sens.
Une fois Zeref éliminé par ses soins, son ascension au trône ne serait que plus simple. Mais, pour l’heure, celle-ci devait être mise de côté.
L’instant était bien trop savoureux.
Quelque part, un aigle entama sa descente, serres en avant, vers un pigeon qui croyait pouvoir usurper sa place en volant à la même altitude que lui.
Le Traité était signé.







Le jeu des alliances a commencé.
Huit participants.
Quatre pour chaque camp.
Qui déjouera l’échiquier tout entier ?

Du sang versé naîtra effroi comme joie.
Seigneur sombre et vil.
Souverain fébrile.
Emerge entre eux un nouveau concurrent.
En quel roi placeriez-vous votre foi ?





Trois crapauds me tiennent compagnie, huit roses parfument mon or.

Un dialogue devenu légende :
 
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MessageSujet: Re: Sirael Ashtareos - Hail To The Golden King ! [LOADED] Sam 26 Déc - 22:16

Hey o/ Désolé du temps d'attente, voilà enfin ton évaluation o/
Bon, c'est ma première éval sur FTEO... Et commencer avec ce roman, c'est pas de la tarte e.e"
Bref, j'ai pas blablaté trois heures sur les remarques x')

Magie :

Bah... J'ai rien à dire '^' En même temps, avec ton pavé, tu pourrais limiter construire une maison /POUTRE/ Par contre, j'aimerais bien voir Sira dans un coche. Ce serait marrant 8'D
Juste, j'ai relevé une coquille :
« S’il pense qu’elles constituent c’est un avantage, » … hein ? XD

Physique :

Tiens, Sira se maquille... Intéressant 8'D
Bref, j'ai pas grand-chose à dire. C'est complet bien détaillé... Même un peu trop. Je ne crache pas sur les détails, au contraire, plus y en a, mieux c'est, de mon point de vue. Pourtant, j'ai l'impression que parfois, tu veux en faire trop. Résultat : on a dû mal à comprendre ce que tu es en train de nous raconter.
M'enfin, ça reste une description très recherchée, c'est juste qu'il faut que ça reste fluide et constant de A à Z.

Mental :

Même chose, rien à dire. C'est bien complet, tu peux construire le garage qui va avec la maison /VLAN/ N'empêche, peur du noir et du sommeil, il est pas gâté, le père Sira o:
Niveau expression, c'est plus fluide et compréhensible que le physique, malgré quelques râtés (des mots en trop qui se sont invités par exemple) :
« pour mieux les gagner à sa cause » c'est étrangement dit, rallier* plutôt (c'est bien d'innover dans les expressions, mais c'est comme ça qu'on tombe dans les maladresses de style)

Histoire :

La préface, j'ai pas su dire exactement si c'était bien lettre et par qui elle était écrite °° Pourrais-tu assouvir ma curiosité ? o:
J'ai bien aimer l'histoire des mouches, au tout début. C'est tout bête, mais c'est un truc auquel on pense pas, qu'on voit jamais. Et puis, le contraste quoi x') Le Golden King aimait les mouches x')
Sinon, comme le reste, j'ai rien à dire. En même temps, si j'avais des remarques de fond à faire au fondateur, ce serait un comble xD
Niveau écriture, c'est plus fluide, plus simple, que les descriptions. C'est pas plus mal, on entre bien dans l'action. Il subsiste tout de même sur la masse des coquilles (des lettres en trop, des mots qui ont rien à faire là, sûrement des traces d'anciennes formulations 8'D, etc.)
« par conséquence, » par conséquent*, non ?
« Après que son ami ait trépassé, il repartait à Desierto... » a* trépassé 8'D

En fin de compte, c'est une excellent présentation, malgré quelques maladresses de style et quelques coquilles, sûrement laissées à cause de la longueur.
Donc, je te valide en tant que Maître de Golden Reign, mage de rang A à 3800 EP (ouais, tout près du rang S, c'est pour te faire rager ♥)






J'ai 6 roses et 5 crapauds dans mon garde-manger ~

Merci Haru :rip: Attention, perte de neurones en approche:
 
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MessageSujet: Re: Sirael Ashtareos - Hail To The Golden King ! [LOADED]

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Sirael Ashtareos - Hail To The Golden King ! [LOADED]
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