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 Yurika Kiseki, l'incarnation de la Gourmandise

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Yurika KisekiBeelzebub
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Messages : 350
Date d'inscription : 07/11/2015
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Caractéristiques du Mage
Magie/Malédiction: Doll Magic
Magie Secondaire: Alchemy
Progression:
600/1200  (600/1200)
Beelzebub

MessageSujet: Yurika Kiseki, l'incarnation de la Gourmandise Mer 11 Nov - 15:19







Yurika Kiseki




Nom : Kiseki

Prénom : Yurika

Âge : 12 ans

Sexe :

Guilde (et poste souhaité) : Nether Impact - Péché de Gourmandise

Surnom : Beelzebub


Behind the screen

Un pseudo : Feufy

Un âge : 17 ans

Comment tu nous as connu ? C'est la faute à Sira :c

Le code du réglement ? Bouffé [Siralidé o/]

Des commentaires ? Il est beau le forum /POUTRE/

L'avatar que tu utilises ? Ushiromiya Maria ~ Umineko no Naku Koro ni


Magie(s) ou Malédiction


Doll Magic : Yurika est une marionnettiste. Elle peut contrôler les mouvements des pantins qu'elle s'est confectionné (ou qui proviennent d'éléments de son environnement, mais ceux là, elle les trouve laid et peu pratique) et modifier leur taille. La difficulté de son contrôle augmente en fonction de la taille du dit pantin, et du nombre de ceux ci. Il lui est toutefois proscrit de contrôler des êtres vivants, que cela soit des humains, des animaux ou des esprits stellaires.
Alchimie : Yurika est en mesure de modifier la forme ainsi que la matière du sceptre qui lui permet de contrôler ses pantins, mais aussi des pantins en question. Elle peut également fusionner deux marionnettes, et au contraire, en "créer" deux, ou plusieurs, à partir d'une seule.
Physique


La première chose qu'on pense quand on la regarde, c'est souvent ça : Oh qu'elle est mignonne cette petite chérie ! Cette bouille, ces manières... et bla et bla et bla, guimauve, chaton, tout ce que vous voulez. Je pense que vous avez cerné le truc. Et bien, si vous faîtes partie de ces gens-là, vous feriez mieux de regarder plus loin que ça...
Hum, bref, on est là pour la décrire physiquement, pas pour faire de la mise en garde.
Etant donné que la gamine n'a que 12 ans, je suppose qu'il est logique de ne pas aborder le sujet des formes et des mensurations... Ca fera déjà du blabla en moins.
Question taille... Allez, optimisme, 1m40. Oui, elle est petite. Mais tout ce qui est petit est mignon d'abord. Par contre, vu qu'elle est toute menue, elle arrive à paraître un peu plus grande qu'elle ne l'est. Tant mieux pour elle.
Niveau visage, elle possède de beaux cheveux châtains qui lui tombent sur les épaules. Elle aime beaucoup en prendre soin, et cela sans raison particulière. Ca l'amuse simplement. Elle admire également longuement ses grands yeux d'enfants. Ses parents s'étaient toujours extasiés devant leur splendide couleur bleu roi. Comme quoi il en faut pas beaucoup pour susciter l'admiration quand on fait moins d'une certaine taille et qu'on dépasse pas un certain âge. Elle orne toujours sa tête d'un serre-tête couronne qu'elle tient de sa mère. Avec cet accessoire fétiche, elle se donne l'impression d'être une petite reine, d'une importance capitale pour la société. Elle porte aussi constamment collé sur le visage, un petit sourire, qui varie selon ses émotions. Il arrive qu'il disparaisse, mais dans ses cas-là, ce n'est jamais bon signe... D'ailleurs, dans ces moments-là, ses instants de pure folie, elle est vraiment laide. Ses pupilles se rétrécissent, son sourire s'étire jusqu'à réduire ses lèvres en deux minces traits, dévoilant ses dents taillées pour le carnage. La démence danse dans son regard : l'adorable fillette est loin, très loin au fond d'elle.
Sa voix est d'ordinaire fluette, ce qui est courant pour une petite fille. Elle s'exprime la plupart du temps avec des intonations enfantines, exprimant clairement ses sentiments. D'ailleurs, elle fait partie de ses armes de manipulation : elle pourrait vous faire croire n'importe quoi avec sa maîtrise vocale. Par contre, quand la vraie Yurika ressort, son timbre devient désagréable, horriblement criard, et comme monté d'une octave...
Les postures que l'on observe le plus chez elle sont à l'image du reste : celles d'une enfant. Elle a tendance à balancer ses jambes quand elle est assise sur une chaise -faut dire que les pieds touchent pas le sol- et tendance également à sautiller quand elle est contente. Il lui arrive fréquemment de fredonner un petit air inventé sur le moment. Néanmoins, quand elle ne se concentre pas pour paraître innocente, on ressent clairement une sorte d'aliénation dans les gestes cités : un sourire un peu trop étiré, les yeux dans le vague, les paupières plissés comme si elle se moquait de vous en permanence, etc.
Niveau goût vestimentaire, Yurika portera toujours de la dentelle. Ca peut aller du col aux chaussettes, en passant par la robe et par les rubans. Elle aime tout ce qui est qualifiable de "mignon". Ca se traduit assez fréquemment par des rubans, ou par des froufrous. Evidemment, les pantalons pour elle, c'est complètement proscrit. Soit jupe, soit robe, faut que ce soit adorable tout plein !
Petits détails récurrents chez la gamine : elle se balade toujours avec une sucrerie dans la main ou dans la bouche. Il arrive également qu'elle tienne autre chose qu'une sucrerie, mais j'éviterais de donner trop de détail... En outre, elle ne quitte jamais son sceptre, même si vous ne le voyez pas. Avec cet accoutrement, elle se donne vraiment des allures de grande noblesse, mais après tout, elle a toujours vécu ainsi. Elle cache également deux petits poignards sous ses vêtements, au cas où. Au moins si un imprévu arrive, elle ne sera pas totalement sans défense. La surprise est une arme souvent fatale, dont elle se sert fréquemment.
Dernier point, et pas des moindres : l'emplacement de sa marque de guilde. Evidemment pas à un endroit remarquable au premier coup d’œil. Il se trouve sur sa langue, d'une profonde couleur rouge sang. Ironique n'est-il pas ?


Psychologie


La psychologie de la petite Yurika est assez... Particulière. Comme tout le reste d'ailleurs. Autant de l'extérieur, elle apparaît à tout le monde comme une gentille petite fille toute mignonne et inoffensive, autant à l'intérieur, c'est beaucoup plus compliqué.
En premier lieu, il y a quelque chose de très important à savoir. Vous le comprendrez plus facilement avec son histoire, mais la petite brune a eu une enfance -énormément- perturbée. Il s'est opéré une sorte de cassure dans son esprit. On peut donc la considérer comme... une schizophrène pour simplifier un peu les choses. Ouais, je sais, c'est pas le terme exact, mais au moins, ça parle à tout le monde. Elle est à la fois la Gourmandise de Nether Impact, donc une parfaite psychopathe... cannibale en plus de ça pour ne rien arranger. Mais elle reste également une gamine de douze ans, parfaitement innocente sur certains côtés. -Les garçons, ça naît dans les choux et les filles dans les roses, pigé ?!- Néanmoins, il ne faut pas écarter le fait qu'elle appartient à une guilde noire, qui œuvre à combler ses lacunes, et qui fait inévitablement pencher la balance d'un côté...
Pour témoigner de ces contrastes, il convient de se pencher sur certains de ses goûts.
Les truc glauques, morbides, sanglants... Tout ça, c'est l'éclate totale pour elle !... Bon ça lui donne un peu faim, donc il est conseillé de ne pas être à ses côtés dans ses moments-là... Si on part du principe qu'elle est fréquentable... Mais bref. La fillette apprécie également les frissons, la sensation de boule au ventre. L'adrénaline et l'excitation lui montent immédiatement, et par conséquent, ça aggrave sa partie psychopathe. Ah ! J'ai failli oublié... La chose qu'elle préfère par-dessus tout... Tout ce qui est infect. Niveau nourriture évidemment. Je laisse faire votre imagination pour deviner ce que j'entends par infect... D'ailleurs, niveau nourriture, il convient de dire qu'elle n'est pas difficile. Elle mange de tout, au sens littéral... Ah non ! Y a une seule chose qu'elle ne digère pas : les pommes. Nan c'est pas une espèce de joker noir à plumes. Elle ne sait pas pourquoi, mais ça passe pas. Et c'est pas faute d'avoir essayer. On va dire que ça profite au maître de Nether Impact. Au moins, il est sûr qu'elle ne touche pas à ses pommes...
Cependant, restant une enfant comme dit plus haut, les petites peluches toutes meugnonnes, les sucreries bien colorées et les vêtements de poupée constituent quelque chose de merveilleux pour elle. Elle a gardé cette capacité à faire pétiller ses yeux devant un chaton qui miaule, devant une grosse sucette de fête foraine... Bon d'accord, devant une dissection aussi... Mais là, je suis dans son côté normale, alors oust ! Hum... Il lui arrive de poser des questions assez innocentes en entendant certaines choses qu'une enfant de son âge n'est pas censé entendre dans une conversation. Donc, soyez gentil, préservez lui le peu d'innocence qu'il lui reste à cette pauvre gamine.
D'ailleurs, en oubliant ces crises de folie, Yurika est une fillette vraiment mignonne. Généralement, c'est la seule chose qu'elle montre, volontairement ou non. J'aborderais plus tard son grand talent de comédienne, mais quand elle n'a pas besoin de recourir à cela, elle laisse complètement parler ses émotions, sans chercher aucunement à dissimuler ce qu'elle ressent. Et ça, c'est trop mignon.
Hum, hum... Désactivons le mode guimauve. Maintenant que le caractère double de la petite fille a été mis à nu, il est temps d'entrer plus dans le détail.
On va commencer soft : les qualités. Ca va être rapidement envoyé.
Déjà, la gamine est futée. Très futée. Ne pensez même pas à l'entourlouper avec des combines bidons, au risque de vous prendre dans vos propres filets. La jugeote, ça elle connait, et elle en est naturellement équipée. Alors, oui elle a 12 ans, oui elle est mignonne, oui elle a autant de force qu'un caneton, mais elle en est parfaitement consciente, et elle connait bien toutes les astuces pour profiter de cela. Elle est redoutable sur ce point là. A ne pas sous-estimer.
En cherchant bien, il est possible de trouver une autre chose de positive chez elle. Elle est douée de ses mains, son sens artistique est pas mal développé. Question créativité, elle n'est pas en reste. Après, je ne m'occupe pas de comment elle l'utilise, et comment elle le montre... Là encore, je laisse votre imagination travailler.
Bien, bien, bien... Passons à un morceau un peu plus consistant : les défauts. Car oui, elle en a, et pas qu'un seul.
Je vais pas être originale pour commencer, je pense que vous auriez compris sans moi qu'elle n'était pas trop normale, cette petite. Complètement dérangée, une petite psychopathe se cache sous ses airs d'enfant. Sadique, elle aimera vous entendre gémir, supplier, hurler à la mort. Mais là je me répète un peu. Prenez ça comme un avertissement, il vaut mieux se méfier d'elle plutôt que de lui chercher les bons côtés qu'elle a en quantité franchement limitée.
N'oubliez pas également qu'elle représente la Gourmandise de Nether Impact. Elle est donc gourmande -naaaaaan juuuuuuuure- et même plus que ça : cannibale la gamine. La première chose qu'elle verra en vous, c'est un casse-croûte sur pattes. Alors, si vous voulez pas terminer en sandwich, passez gentiment votre chemin, ou balancez votre voisin.
Laissez-moi reprendre ma liste, que je vois sur quoi vous mettre en garde encore... Ah, oui, ces petits détails là...
Un prédateur, ça cherche toujours à avoir sa proie. Si la force physique ne suffit pas, on s'attaque à d'autres méthodes. La petite Yurika est très bonne comédienne. La mignonne petite fille sait faire les yeux de biche, et vous extorquer tout ce que vous avez. C'est également son moyen de se protéger et de passer inaperçue. Je ne pense pas qu'un membre de Nether Impact puisse se balader tranquillement n'importe où à Fiore sans avoir à se soucier de ce qu'il pourrait lui arriver. Alors, quand on est une gamine de 12 ans, personne ne se méfie. Un loup se cache derrière le gentil lapin...
Enfin le dernier point à traiter. Oui, elle est déjà pas mal arrangée la gamine, mais y a encore quelque chose à lui coller sur le dos. Capricieuse. Têtue. Quand elle veut quelque chose, elle l'a. Vous pouvez lui sortir tout ce que vous voulez, utiliser toute la force -de persuasion ou physique- que vous possédez, ça ne changera rien. Elle ne changera pas d'avis, et elle fera tourner ses méninges pour parvenir à ses fins. Alors, si elle a décidé de vous pourrir la vie, vous êtes pas sorti de l'auberge...
Dernier point que je souhaiterais aborder. Il ne s'agit ni d'une qualité ni d'un défaut, mais plutôt d'une... Anecdote ? Hum... Routine plutôt. La petite Yurika passe son temps à se remplir l'estomac, et son régime n'a rien d'ordinaire. Et que se passe-t-il lorsque l'on abuse des bonnes choses ? Une indigestion. Maintenant, imaginez ce qu'il se passe quand l'estomac de notre petite cannibale fait des siennes... Oui, c'est assez violent. Quand des individus lambda comme vous et moi souffrent d'une crise de foie, la vue de n'importe quelle nourriture est insupportable, n'est-ce pas ? Bien. Mettez-vous à la place de notre mage à présent. Pour elle, tout est susceptible d'être avalé, mis à part les minéraux. Ainsi, quand une crise d'indigestion survient, elle devient complètement folle, incontrôlable. Si vous avez le malheur de vous tenir dans son champ de vision, elle vous sautera dessus sauvagement. Non pas pour vous dévorer, comme d'ordinaire, mais pour vous réduire en poussière. Pour soulager sa douleur et pour qu'elle ne vous voit plus. Dans ces moments-là, elle devient incapable de réfléchir de manière rationnelle, et donc de distinguer un ennemi d'un allié. C'est pour cela qu'elle se retrouve mise en quarantaine par des membres de sa guilde désignés volontaires, enfermée dans une cellule entièrement vide, aux épais murs de pierre, au plus profond de la guilde de Nether Impact, là où ses cris sont le plus étouffé. Ses crises sont aussi longues que violentes : minimum une semaine, elles peuvent durer plus d'un mois.
Allez, maintenant, tous en cœur : Qu'elle est mignonne ~


Histoire


Chapitre I – Enfance

Des pleurs résonnèrent dans le manoir des Kiseki, troublant la tranquillité de la forêt. Ce jour-là était un jour béni pour la famille. Malgré les temps de guerre et la désolation qui frappaient à leur porte. Malgré la récente chute d'Iceberg. Malgré les menaces qui ne tarderaient pas à s'inviter dans leur demeure. Par cette soirée où la tempête de neige se déchaînait, un enfant était né. Cette naissance supplantait tout le malheur qui pesait sur leur esprit. Tout le monde était content, même le père de famille, un peu déçu de ne pas avoir de fils. Il allait devoir se contenter d'une petite fille. La mère regarda longtemps son bébé avec beaucoup d'amour, avant de choisir comment le nommer. Cette petite allait porter le nom de Yurika. Sous le regard interrogateur des personnes présentes, elle expliqua que Yuri signifie "fleur de lys". Sa fille serait pure par son prénom. Elle ne pouvait pas savoir que ce serait la seule chose de pure chez son enfant.
La famille Kiseki était une ancienne famille de nobles. Tombée dans l'oubli à présent, ça ne les empêchait pas de vivre de manière assez aisée, pour le moment en tout cas. Avec un père avocat et une mère médecin, c'était largement suffisant pour que la famille vivent au même niveau de vie que pendant leur gloire d'antan. Même si à présent, ils préféraient se retirer dans un manoir à l'orée de la forêt d'Erebe, à Fiore.
C'était dans cet environnement que la petite Yurika avait grandi. Elle n'avait pas été une habituée des tourments de la vie et des grandes contrariétés. A dire vrai, elle ne sortait presque jamais du manoir, gardée en huis clos par ses parents. Ces derniers se gardaient bien de lui expliquer leur obstination à ce sujet, et heureusement pour eux, leur fille ne cherchait pas à savoir le pourquoi du comment. Les amis, à quoi ça sert quand on a tout une horde de domestiques à notre disposition et prêt à exaucer le moindre de nos caprices ? Et pas question pour elle d'aller à l'école, surtout pas ! Elle avait son professeur personnel, et on ne pouvait pas dire que son apprentissage était de tout repos. Elle travaillait à son rythme, c'est-à-dire beaucoup plus vite que si elle était dans une classe.
Yurika était une petite maligne, elle savait comment déjouer la surveillance de sa gouvernante pour aller voir son ami le cuisinier ou pour jouer dans les bois, ce qui ne manquait pas de faire des frayeurs à ces parents. Ils étaient d'une paranoïa excessive, aux yeux de la petite Yurika. Pour eux, c'était obligé qu'on cherche du mal à leur fille chérie, c'est pour cela qu'elle avait beaucoup de serviteurs qui veillaient sur elle. On lui faisait même boire un peu de poison tous les jours pour l'immuniser en vue d'une possible tentative d'assassinat. Alors, quand elle disparaissait, c'était la panique. Le pire, c'était qu'elle n'était jamais grondée. Toujours la faute aux domestiques. Mais tiens, parlons un peu du cuisinier que la jeune fille allait si souvent voir. On peut dire que c'était le meilleur ami de la petite chipie. Il la laissait regarder quand il préparait les repas, et lui faisait goûter ses nouveautés en avant-première. Il savait que la petite était très gourmande, c'était une manière de se faire bien voir de la fille chérie. Mais il devait bien avouer qu'il s'était beaucoup attaché à elle.
C'est par son intermédiaire qu'elle apprit l'existence des mages. Le cuisinier possédait la magie des plantes : il pouvait faire pousser ce qu'il voulait à la vitesse qu'il le voulait, et plein d'autres choses qu'il se faisait un plaisir de montrer à son public préféré. Voir la fille de son employeur des étoiles plein les yeux en le regardant à l’œuvre flattait énormément son égo. Mais évidemment, elle voulut qu'il lui enseigne sa magie. Avec une grimace, il essaya tant bien que mal de lui ôter cette idée de la tête. Si son père savait ça, il ne serait sûrement pas content et ça chaufferait pour son matricule ! Mais bien sûr, plus on essaye de dissuader un enfant de faire quelque chose, plus l'envie de le faire se fait sentir. Et Yurika ne faisait pas du tout exception. Un poil têtue en plus, c'était pas pour arranger les affaires de son cher cuisinier. Il aimait beaucoup la petite fille, mais il préférait de loin son travail et sa tranquillité. Il chercha toutes les excuses imaginables : je suis un mauvais professeur -raté-, ce n'est pas une bonne magie pour toi -raté-, ton père n'aime pas les mages -raté-, c'est très difficile -raté-, ton père a des livres de magies dans sa bibliothèque qui t'intéresseront -gagné !-. Le cuisinier la regarda s'éloigner vers la pièce réservée aux livres du maître de maison, et quand il fut sûr qu'elle était hors de portée, il se laissa tomber sur une chaise en jurant. Tenace, la gamine !
A pas de loup, Yurika se faufila dans la bibliothèque. Son père lui avait toujours formellement interdit d'y pénétrer, sans lui fournir la moindre explication. Son aversion pour la magie pouvait se comprendre, aux vues des temps qui couraient, et son seul souhait était de se tenir le plus éloigné des conflits. Même si pour cela, il devait vivre au fin fond d'une forêt oubliée... Pour en revenir à cette bibliothèque, la petite noble avait bien essayé d'y aller auparavant, mais elle était toujours gardée par un domestique. Elle avait fini par laisser tomber, après tout, elle n'avait pas de réelle raison de vouloir y jeter un œil. Mais ce jour-là, elle en avait une. Comme toujours, la pièce était gardée, mais Yurika avait plus d'un tour dans son sac. Elle avait l'art et la manière de se jouer des autres, il fut donc aisé pour elle de faire partir le bonhomme imposant qui était de garde. Suffisait de lui dire que le père voulait voir ses employés illico presto dans son bureau, et qu'il était d'assez mauvais poil. L'autre avait détalé comme un lapin. Rien de plus facile. Bien entendu, le père de la petite malicieuse allait vite soupçonner sa fille, mais il n'allait pas la gronder, n'est-ce pas ? Elle espérait simplement qu'il ne ferait pas le rapprochement avec la pièce interdite...
La bibliothèque du père était au moins deux fois plus grande que la familiale. Elle était remplie de livres épais et mystérieux. Et poussiéreux aussi, il ne devait pas venir se documenter souvent, surtout qu'il lui fallait sûrement un plan pour retrouver le livre qu'il aurait voulu lire. Alors pour la pauvre Yurika, trouver un livre sur une magie, ça n'allait pas être de la tarte. Elle leva un peu les yeux et vit que les étagères faisaient au moins le double de sa taille, voire même le triple. Elle soupira longuement, et regarda les tranches des ouvrages sur sa droite. Histoire de Fiore, aventures d'un preux chevalier, études économiques de machin, truc important pour le jardin... Rien qui ne pourrait la documenter sur une quelconque magie. Elle se laissa tomber à genoux, et commença à croire que le cuisinier s'était bien payé sa tête. Il allait voir celui-là... Un bruit sourd la tira de ses sombres pensées. D'un élan de panique, elle se tourna vers la porte, s'attendant à la voir s'ouvrir sur le visage cramoisi de son cher papa. Mais il n'en fut rien, tout était calme, immobile. Elle recula d'un pas et buta dans quelque chose. En se tournant, elle découvrit l'auteur du bruit qui l'avait tant surprise. Il s'agissait d'un livre, encore plus épais que les autres, qui était tombé par la force du saint-esprit. Le pourquoi du comment, Yurika s'en fichait pas mal. Elle avait enfin trouvé ce qu'elle était venue chercher, surtout que la magie énoncée lui plaisait au plus haut point : la magie des marionnettes. Elle posa tant bien que mal le livre sur la table, et commença à lire la préface. Une ombre passa sur son visage, et pour cause : l'ouvrage stipulait bien qu'un objet précis était requis pour utiliser cette magie. Il s'agissait d'un sceptre doré, avec une sorte d'aile d'aigle en haut. Dépitée, elle ferma le livre, mais ne le rangea pas. Elle était tout de même intéressée, et voulait le lire tranquillement dans sa chambre. Elle tourna la poignée, mais se rendit compte qu'elle s'était trompée. Ce n'était pas la porte de sortie, mais la porte du placard. Et troisième miracle de la journée : un bâton en tomba. C'était le sceptre dont parlait le livre. Tout cela était bien mystérieux, mais pour Yurika, c'était juste inespéré. Elle ramassa l'objet précieux et le brandit bien haut au-dessus de sa tête. Rien. Evidemment, à quoi elle s'attendait, au juste ? Légèrement sceptique, elle se tourna vers l'ouvrage et se replongea dans sa lecture. En vérité, elle ne savait pas trop par quoi commencer. Hésitante, elle se rabattit sur le sommaire, et trouva une partie plutôt intéressante. Le livre ne présentait pas une seule magie, mais deux. Et la combinaison des deux formaient la magie des marionnettes annoncée sur la couverture. La première était la Doll Magic à proprement parler, tandis que la deuxième était une magie d'alchimie. L'esprit de la petite fille commençait à chauffer, mais sa motivation venait de passer un niveau. Bien décidée à commencer son apprentissage dans la seconde, elle posa le sceptre doré sur le bureau, et commença sa lecture pour la seconde magie.
Au bout de plusieurs heures, la fillette avait réussi à donner quelques formes différentes au bâton métallique. Rien de bien compliqué, une forme plus pointue, plus allongée, sphérique, etc. Néanmoins, ces petites prouesses émerveillaient la gamine. La pendule sonna, rappelant à Yurika qu'elle ne devrait pas se trouver là, surtout depuis aussi longtemps. Elle ramassa le livre, donna au sceptre une forme qui lui permettrait d'être discrète et se leva brusquement de la chaise... Avant de retomber sur les fesses. Sa vue était légèrement floue, et c'était limite si elle ne voyait pas des petits oiseaux danser devant ses yeux. Tous ses exercices l'avaient fatiguée, mais elle devait tout de même se dépêcher de quitter les lieux, si elle ne voulait pas être prise en flagrant délit. Prenant son courage à deux mains, elle rassembla son paquetage et courut dans ses appartements, en prenant bien soin de ne pas se faire voir.

Chapitre II – Carnage

Cela faisait maintenant plus de deux ans que la petite Yurika avait pénétré dans la bibliothèque. Dès qu'elle en avait l'occasion, elle faussait compagnie à sa gouvernante et partait pratiquer sa magie. Elle maîtrisait de mieux en mieux sa pratique alchimique et avait depuis peu entrepris de s'entraîner à la seconde partie de sa magie : le maniement des pantins. Elle devait pour cela confectionner des petites poupées de toutes les matières pour les transformer en pantins. Evidemment, la magie alchimique était en mesure de modifier la matière des dites poupées, néanmoins, ce point était délicat pour la jeune autodidacte. Ses réussites sur le sujet étaient... Plutôt aléatoires, ainsi elle ne préférait pas prendre de risques. Elle réussit seule à se confectionner une poupée en feuille, une en paille, une en chiffon, mais pour celle en pierre et celle en bois, elle demanda l'aide de son bon cuisinier. Bizarrement, il ne s'était posé aucune question suite à la requête un peu étrange de Yurika. Il lui en avait même fait une... en bonbon ! S'il avait su ce qu'elle en faisait...
Un soir de décembre, la famille Kiseki fut conviée à une réception chez une autre famille noble, qui  résidait elle aussi dans un manoir perdu dans les bois, un peu plus au Sud de la région. D'ordinaire, les parents de Yurika ne sortaient jamais de leur demeure, à cause des dangers qui se rapprochaient des portes de Fiore. Pourtant, à la grande surprise du personnel, le couple noble avait accepté l'invitation. Peut-être avaient-ils ressenti le besoin de sortir de leur huis clos ? Aucun moyen de le savoir à présent... Il fallait compter une bonne heure entre les deux habitations, mais le voyage en valait la peine. Le manoir était encore plus grand que celui des Kiseki, et surtout, il était beaucoup plus inquiétant. Loin de l'effrayer, il intéressait énormément la jeune fille. Malheureusement pour elle, après avoir enfin réussi à s'éclipser de la salle de réception, elle ne trouva rien de bien excitant. Il n'était inquiétant que de l'extérieur. Déçue, elle revint boudeuse vers le salon des adultes. Elle était la seule enfant présente, et les discussions sur la prospérité des récoltes de M. X et de l'infidélité de Mme Y ne l'emballaient pas le moins du monde. Elle s'était donc postée à côté de la fenêtre et regardait les flocons tomber. Elle distingua vaguement quelque chose bouger entre les arbres, mais en essayant de voir de quoi il s'agissait de plus près, elle ne vit rien d'anormal. Mettant cela sur le compte de la fatigue, elle soupira longuement. Visiblement, ils avaient tous oubliés. C'était son anniversaire aujourd'hui. En temps normal, il y avait toujours une énorme fête pour célébrer cela, mais uniquement avec les membres de la famille. Il était hors de question d'inviter d'autres personnes, c'était beaucoup trop risqué. Cette paranoïa n'avait pas gêné Yurika au début, mais maintenant, elle commençait à lui peser. Elle avait donc été très surprise quand son père lui avait annoncé qu'elle les accompagnerait à une réception. Sa première réception ! La première fois qu'elle sortait du manoir ! Ses parents avaient dû être drogués pour permettre cela, mais la petite fille ne se posait pas trop de questions, trop heureuse de sortir de sa pseudo prison.
Commençant vraiment à s'ennuyer, la petite se faufila le plus discrètement possible hors du salon et trouva une pièce tranquille, assez éloignée du reste des convives. Une fois assurée qu'elle était bien seule, elle sortit un petit ballot de tissus de sa poche et le déplia, vérifiant toujours par dessus son épaule que personne ne venait. A l'intérieur se trouvait une poupée en argile et une masse d'or. Elle reforma son sceptre, et agrandit sa poupée pour lui donner vie. Elle s'amusa à faire danser, sauter, rouler son pantin. Rien ne pouvait l'amuser davantage. Elle se rendait compte des merveilles qu'elle pouvait faire, et elle en était fière.
Soudain, un cri retentit dans tout le manoir, ainsi que des grognements inquiétants. Prise de panique, la petite fille fouilla les alentours du regard et découvrit ce qui ressemblait à une petite table de nuit. Elle ouvrit en vitesse la petite porte et rangea vite son pantin et son sceptre, modelé de façon à rentrer à l'intérieur. Elle avait réussi à cacher ses activités à ses parents, et elle avait bien l'attention de ne pas se faire découvrir.
A peine s'était-elle redressée qu'un domestique entra en trombe dans la pièce, complètement affolé. Quand il l'aperçut, il manqua de tomber dans les pommes, et se retint à temps à la table de nuit. Yurika frémit, mais garda un calme apparent. Non, il ne fallait surtout pas qu'elle se trahisse, qui plus est devant un domestique. La petite l’interrogea du regard, et il s'empressa de lui exposer la situation. Des loups encerclaient le manoir. Et pas une poignée, une énorme meute visiblement affamée. Les yeux bleus de la brune s'écarquillèrent. Elle devait avoir mal entendu, c'était du délire. Elle s'approcha d'un pas peu rassuré en direction de la fenêtre et distingua des yeux jaunes luire dans la nuit. Avec un cri d'effroi, elle courut en direction du salon rejoindre ses parents.
Tous les adultes conviés à la réception étaient réunis dans la pièce, les femmes dans les bras de leur époux, les hommes une lueur de terreur dans le regard. La porte se referma sur Yurika et ses parents se jetèrent immédiatement sur elle en pleurant. Ils la disputaient à moitié et la couvraient de baisers. La porte s'ouvrit une nouvelle fois et un bruit sourd accompagné de cris étouffés retentit. La petite fille avait peur de se retourner et de se trouver face à face avec un loup enragé, mais un gémissement de profonde douleur la convainquit du contraire. Mais à peine eut-elle posé les yeux sur le domestique qui l'avait prévenu que son dîner commença à remonter. Il avait le bras ensanglanté, et malgré sa vision qui commençait à devenir floue, elle distingua parfaitement qu'il avait été arraché. Le noir engloutit cette vision d'horreur, et elle tomba dans l'inconscience, en même temps que d'autres convives.

~ ~ ~ ~ ~

Elle retrouva ses esprits au beau milieu de la nuit. Un peu déboussolée, elle ne reconnut pas immédiatement le lieu dans lequel elle se trouvait. Un hurlement bestial à l'extérieur lui fit remémorer les derniers évènements. Elle descendit en courant retrouver les autres adultes. Ils étaient tous présents dans le salon, comme en fin d'après-midi. Personne ne parvenait à trouver le sommeil, bien trop angoissés par ce qui les menaçait dehors. La situation était critique : les loups étaient vraiment nombreux, et surtout, ils ne semblaient pas disposés à laisser tomber leurs proies. Les hommes forts avaient barricadé toutes les sorties, au cas où ces bêtes au comportement étrange décident de forcer l'entrée. Une femme d'un âge assez avancé entra dans la pièce, la mine affligée. Elle déclara qu'il n'y avait aucun moyen de communiquer avec l'extérieur. L'endroit était bien trop reculé, et puis d'un certain côté, n'était-il pas dangereux de faire venir des renforts ? Ils risquaient de se faire massacrer par l'immense meute. Une profonde déception parcourut l'assemblée. Il fallait se résigner : un jeu de patience venait de débuter.
Car en effet, ils étaient -pour l'instant- en sécurité dans le manoir. Surtout que les loups semblaient se contenter de monter la garde. Etrange oui, mais dans ce genre de situation, on ne se pose pas trop de questions. L'eau courante était évidemment disponible, mais... les réserves n'étaient pas infinies. Si la situation durait trop longtemps, il n'y aurait plus la moindre denrée à se mettre sous la dent. Ces loups partaient avec une longueur d'avance, et pas des moindres. Tout ce qu'ils pouvaient faire, c'était prier de toute leur âme.
Yurika suivit ses parents dans la réserve, accompagnés du cuisinier. On leur avait attribués la lourde tâche de rationner le plus possible. Mais comment faire ? Il était impossible de prévoir quand la bataille finirait. La petite fille détestait déjà tous les autres convives. Ils leur refilaient dès le début les tâches ingrates. En plus, elle ne leur faisait absolument pas confiance. Ils avaient dans leur regard cette lueur malsaine que seuls les enfants peuvent encore déceler. La faim peut rendre les hommes fous, et c'est loin d'être un mensonge.
Une fois les portions définies, ils retournèrent dans le salon avec une casserole de riz pour tout le monde. Les sourcils se froncèrent. Effectivement, ils avaient préféré prévoir pour le long terme, mais ça, les autres ne semblaient pas disposés à le comprendre. Folle de rage, la petite commença à s'énerver. Si ça ne leur plaisait pas, ils n'avaient qu'à le faire eux-mêmes au lieu de leur fourguer la besogne ! Cette remarque lui valu une gifle cinglante de la part de sa mère. Yurika fit les yeux ronds : c'était la première fois qu'un de ses parents levait la main sur elle. Pourtant, elle savait qu'elle avait raison ! Puisqu'elle n'avait de toute façon pas son mot à dire, la gamine préféra partir en laissant sa part. Ca ferait plus de riz pour les estomacs demandeurs de ces messieurs dames remarquables.

~ ~ ~ ~ ~

Deux semaines s'étaient déjà écoulées, et le combat ne semblait pas vouloir arriver à sa fin. Les organismes s'étaient affaiblis. C'était normal après tout pour des gens qui étaient habitués à manger plus qu'à satiété. De petites querelles avaient éclos ici et là pour passer le temps, mais à présent, les protagonistes ne trouvaient même plus la force de continuer leur petit jeu idiot. Chacun vivait dans son coin, et il ne se retrouvait que pour prendre leur minuscule part de vivres. Le cuisinier montait la garde dans la réserve avec ses ustensiles de cuisine. Il ne faisait confiance à personne, mais pour le moment, personne ne s'était aventuré dans cette partie du manoir. Yurika, elle, passait ses journées à dormir. Le proverbe dit bien : "Qui dort, dine". Alors au moins, elle ne sentait pas trop la faim, et elle n'avait pas à supporter les plaintes de tous ses adultes plus capricieux que des enfants en bas âge. Le seul regret qu'elle avait, c'était de ne plus toucher à son sceptre et à son pantin, toujours cachés dans la table de nuit. Elle avait bien voulu aller les récupérer, mais la force lui manquait. Elle ne pouvait plus se mouvoir comme elle le voulait, sous peine de se retrouver par terre tous les cinq pas. La situation était critique, mais depuis peu, l'atmosphère se chargeait plutôt d'incompréhension. Pourquoi aucun renfort n'était encore arrivé ? Est-ce que tout le monde les avait oubliés ? Jetés aux oubliettes ? Cette constatation avait suffi à saper le moral de l'assemblée, et tous se laissaient mourir à petits feux. Enfin... C'est ce que laissait penser les apparences. Car au fur et à mesure que les jours, les heures voire les minutes s'écoulaient, les esprits sombraient peu à peu, et les dernières bribes de conscience commençaient à les abandonner. C'est à vrai dire la raison principale de l'isolement de Yurika. Elle avait senti que les gens autour d'elle avaient changé. Leur regard s'était peu à peu rempli d'une insidieuse folie, et la fillette ressentait une profonde peur. Elle n'osait même pas les regarder dormir, car c'est pendant ces moments là qu'ils étaient les plus effrayants, avec leur expression qui se tordait dans une sorte de rire crispé, avec un filet de bave qui coulait de leurs lèvres. Vraiment, elle ne pouvait pas supporter de côtoyer ces personnes malsaines. Au train où allaient les choses, la tension allait finir par éclater, et une catastrophe allait se produire.
Un hurlement retentit soudain dans le manoir, et sembla résonner dans toutes les pièces, dans tous les esprits. La petite fille se crispa. Il suffisait d'y penser pour que ça arrive. La folie avait gagné la partie, tout était perdu. Elle ne pourrait pas échapper au carnage qui allait sûrement suivre. Elle eut quand même la force de se traîner tant bien que mal dans le salon, où les corps couchés dans tous les coins remuaient eux aussi à l'appel de terreur. Tous s'échangèrent des regards inquiets, car tous savaient d'où venait ce cri. La réserve.
A ce moment précis, les organismes affaiblis tirèrent une énergie spectaculaire dont ne sait où. Ils se précipitèrent tous sans exception en direction de la pièce en question. Une femme loupa une marche et fit une chute fatale dans l'escalier, mais personne n'y prêta attention, bien trop préoccupé par ce qui s'était sûrement passé en bas. Ils marchèrent, piétinèrent le corps agonisant au sol, ignorant complètement les gémissements de désespoir de la pauvre dame.
Yurika était en tête, et arriva la première pour assister à la scène d'horreur. Un des hommes se goinfrait de tout ce qui lui passait sous la main. Les autres arrivèrent, et bousculèrent la petite fille pour entrer et se jeter sur le voleur, se battant pour attraper quelque chose à manger. La fillette regardait ce qui se passait sous ses yeux d'un regard paniqué. Elle avait réfléchi plus loin que le bout de son nez, elle... Si cet homme avait réussi à toucher aux provisions, où était le cuisinier ? Elle entra prudemment dans la salle, et réprima un hurlement. L'homme qu'elle cherchait gisait dans un coin de la pièce, lacéré sur tout le corps, à coup de couteau probablement. Sa nuque et son bras gauche formaient un angle improbable, et il ne ressemblait plus qu'à une poupée de chiffon. Elle plaqua ses deux mains sur sa bouche, pour ne rien renvoyer. Ses jambes tremblaient violemment, et elle se retrouva au sol en un clin d'œil. Les larmes dévalèrent ses joues. Elle n'en pouvait plus, elle ne souhaitait plus qu'une chose : que ce cauchemar cesse enfin.
Quand elle rouvrit les yeux, il n'y avait plus la moindre trace d'une quelconque nourriture dans la pièce. Un silence de mort régnait, simplement perturbé par les respirations haletantes et difficiles de toutes les personnes présentes. Yurika osa porter son regard sur les fous, qu'elle espérait rassasiés. Mais la lueur malsaine qu'elle avait vu auparavant ne les avait pas quittés. Au contraire, elle semblait plus présente que jamais. Elle ne comprenait pas : ils venaient de s'empiffrer comme des porcs, de la façon la plus animale qui soit, qu'est-ce qu'ils voulaient encore de plus ? Avec une énorme appréhension, elle suivit leur regard pour prendre connaissance de ce qu'ils fixaient avec autant d'obstination. Le corps du cuisinier. Il baignait à présent dans une énorme mare de sang, et la brune n'aurait pas eu le courage de s'approcher, de peur de patauger dans ce liquide rougeâtre. Pourtant, tous les adultes se levèrent comme un seul homme, et s'avancèrent, lentement, d'un pas de zombie, et au fur et à mesure qu'ils progressaient, la folie se marquait de plus en plus sur leur visage déjà bien enlaidi. Elle avait peur de comprendre ce qui allait se produire sous ses yeux d'enfants. Elle avait envie de leur crier d'arrêter, mais son instinct de survie l'en empêchait. Elle savait que si elle se faisait remarquer, ce serait elle la victime. Elle respirait à peine et ses pensées tournaient à toute vitesse. Comment partir d'ici sans se faire remarquer ? Et même si elle y arrivait, est-ce qu'elle arriverait à survivre, coincée dans cette maison de fous ? Un petit grésillement se fit entendre, mais la fillette n'eut pas le temps, ni le besoin, de se demander d'où il provenait. La lumière s'éteignit sans crier gare, et elle put voir dans l'ombre les aliénés se jetaient en hurlant comme des bêtes sur le corps déjà laminé du cuisinier.
Ce fut le signal pour Yurika. Elle profita de la pénombre et du bruit qu'ils faisaient pour remonter à toute vitesse les escaliers. Elle se plaqua la main sur la bouche. Même si elle était partie immédiatement, elle avait eut le temps d'apercevoir un bout du carnage s'opérer devant ses yeux. On venait de lui arracher toute son insouciance, toute son innocence. Sa tête commençait à lui tourner, mais elle se fit violence pour continuer à courir. Car elle avait entendu les quelques adultes qui s'étaient élancés à sa poursuite. A défaut de pouvoir attraper un bout de cuisinier, ils s'étaient rabattus sur une proie sûrement plus tendre, plus facile à attraper. C'est pour cela que malgré son état, elle courrait, sa vie en dépendait. Elle se cognait aux portes, aux meubles, elle renversait des chaises et des plantes vertes sur son passage pour ralentir la progression de ses poursuivants. L'un d'eux s'était d'ailleurs lamentablement vautré sur le beau tapis, et ne s'était pas relevé, trouvant plus intéressant de mordre son support à pleine dent.
Ses jambes tremblaient terriblement, et elle manquait de s'écrouler à chaque pas. Il fallait qu'elle trouve un endroit où se cacher. Le grenier. Ou la cave. Oui c'était une bonne idée ça. C'était sombre, en désordre, elle n'aurait aucun mal à leur échapper. D'un pas chancelant, elle dévala les escaliers, et fit attention au corps de la pauvre femme, toujours au même endroit. Un homme, au contraire, le trouva bien plus intéressant, et commença son festin. En lâchant une larme, Yurika remercia intérieurement cette dame d'être morte avant elle. Par sa mort, elle venait de la sauver. Quelle situation ironique. Elle risqua un coup d'œil par dessus son épaule. Il restait encore trois personnes qui lui courraient après. Deux hommes et une femme. S'ils venaient à se battre, elle n'aurait aucune chance de s'en sortir. Une porte lui apparut au coin d'un couloir, et un goût d'espoir coula dans ses veine. La porte de la cave.
… Nan. Ce n'était pas ça. Ce n'était pas la cave, mais une simple pièce. Le poids du désespoir lui tomba sur les épaules, et elle se dit que tout était fini. Elle se retrouvait à présent acculée au milieu de la pièce, avec trois fous dangereux en face d'elle. Elle ne pouvait plus rien faire. Cette fois, ses jambes la laissèrent tomber, bien trop fatiguées à cause de cette course-poursuite, et surtout à cause de la faim. Son visage était encore humide des larmes qu'elle avait versées, mais à présent, elle attendait la mort avec une résignation lancinante. Pourtant, son regard fut attirée par une petite table de nuit toute simple. Elle n'avait pas fait attention plus tôt, mais elle la trouvait drôlement jolie, avec ses petits détails ciselés à la main. Elle aurait dû la regarder plus attentivement avant... Mais ! Cette table de nuit ! C'était... ! Les forces revinrent d'un seul coup à la fillette. Ce petit meuble de rien du tout se révélait être son tout dernier espoir. Nan, elle n'allait pas mourir, elle avait encore une chance. Elle ouvrit à toute volée le tiroir, pendant que ses agresseurs approchaient sans rien remarquer. Elle redonna à son sceptre sa forme originale, et lança le pantin sur la femme. En un clin d'œil, non seulement il grandit et gagna la taille d'un homme adulte, mais il changea également de matière. Sa première réussite dans le domaine allait sûrement lui sauver la vie... Par quel miracle avait-elle réussi ? La force du désespoir sans doute, ou une concentration qu'elle n'avait jusque là jamais réussi à atteindre... Le pantin en face d'elle n'était plus en argile, mais en fer, et ses bras présentaient le tranchant des lames de rasoirs. Yurika cligna à peine des yeux que la tête de la femme vola dans le couloir, et son corps s'écroula lamentablement au sol. Les deux hommes se jetèrent sur la nouvelle source de chaire fraîche. De son côté, quelque chose s'était brisé dans l'esprit de la petite fille. Sa terreur s'était muée en folie... En démence. Un petit rire résonna soudain dans la pièce, ce qui stoppa net les deux fous encore vivants. Elle se leva de façon un peu maladroite, et explosa d'un rire empli d'une folie malsaine. Elle pointa son sceptre vers son pantin. Il comprit -si on admet qu'un pantin peut penser- tout de suite où sa maîtresse voulait en venir, et se tourna lentement vers l'homme à sa droite. Yurika changea le bout de son sceptre, afin de le rendre pointu comme une lance, et d'un même mouvement, le bras du pantin, et le sceptre de la petite fille transpercèrent leur adversaires respectifs.

Yurika restait à genoux au sol, respirant à grandes bouffées, lentement, profondément. Son regard passait tour à tour de son pantin redevenu argile, à son sceptre qui avait retrouvé sa forme initiale, et aux deux cadavres gisant au sol en face d'elle. Son cerveau était déconnecté de la réalité. Elle avait eu l'impression d'être spectatrice de ce qu'elle venait de faire. Elle ne savait pas ce qui l'avait poussée à ça, ni quel courage et quelle force elle avait réussi à invoquer. Mais ce qui était sûr, c'est qu'elle était différente à présent. Elle laissa sa tête tomber en arrière, son regard passa comme au travers du plafond. Un rictus fendit soudain son visage, et elle recommença à rire. Pas le rire d'un enfant. Le rire d'une personne démente. Ce qui l'avait poussé à tuer ces pauvres gars, ce n'était pas le courage, ni la force, ni l'instinct de survie. C'était... le plaisir. Son rire s'amplifia, et elle ignora tout autour d'elle. Même son ventre criant sa faim ne la perturbait plus. Puis elle s'arrêta d'un coup. Oui, elle s'en souvenait. Elle mourrait de faim. Mais elle savait pertinemment qu'il n'y avait plus la moindre miette de vivres dans la villa. En bas, ils devaient tous s'être déjà dévorés les uns les autres... Un sourire malsain naquit de nouveau sur son visage. Pas la moindre miette ? Au contraire, il restait encore quelques chose à manger. Sa tête tomba sur le côté, et son regard glissa sur l'homme qu'elle avait tué de ses propres mains. Avec un petit gloussement, elle se jeta sur son corps et planta sa mâchoire dans sa chair, qui se déchira dans la bouche de la fillette. Elle s'acharna pour tout engloutir et ne rien laisser. Elle pataugeait dans le sang de sa proie, et ses collants étaient depuis un moment imbibés de ce liquide poisseux. Et elle, elle riait. Elle riait en même temps qu'elle outrageait le corps de ces pauvres hommes. Elle n'avait plus le visage d'une petite fille. Plus que jamais, elle ressemblait à un monstre. Un monstre sans pitié, uniquement guidé par des instincts digne du Diable lui-même.

~ ~ ~ ~ ~

Elle avait fini. Son visage était maculé de sang, et ses vêtements n'étaient plus que de pauvres chiffons souillés. Il ne restait plus rien des deux victimes. Tout ce qui aurait pu témoigner de leur existence n'était rien d'autre que le tas d'os empilés dans le coin de la pièce. Elle n'avait évidemment pas pu les ingérer, et ça n'avait pas été faute d'essayer. Mais contrairement à ce qu'on pourrait penser, son visage n'affichait aucune satisfaction. Tout ce qui se lisait dans ses yeux, c'était... de la déception, et de l'avidité. Elle en voulait plus. Elle voulait connaître d'autres goûts aussi immondes que celui-là. D'un pas de zombie, elle se mit debout. Ses jambes ne tremblaient plus du tout. Son envie l'avait boostée, et pour le satisfaire, elle se mit à courir. Mais où aller ? Sur son passage, tout y passait. La plante verte, le chien, le poisson rouge, l'encrier, les corps de la réserve... Jusqu'à ce qu'elle entre dans le bureau du maître de maison. Alignées sur son bureau, différentes petites fioles se dressaient, mystérieuses. Pour Yurika, ce n'était rien d'autre qu'une invitation. Les inscriptions sur les bouteilles ne lui étaient d'ailleurs pas étrangères. Tous ces poisons, elle les connaissait : c'était ceux que ses parents lui donnaient, pour qu'elle soit immunisée. En débouchant la première fiole, elle se dit que c'était bien la seule chose intelligente qu'ils avaient accomplie.

~ ~ ~ ~ ~

La fillette se laissa tomber dans le canapé du salon. Le goût des poisons était toujours présent dans sa bouche, et elle en savourait encore le parfum. Mais à son grand désarroi, elle n'avait rien trouvé d'autre d'intéressant. Sa faim n'était toujours pas apaisée. Mais elle devait bien se rendre à l'évidence : elle avait épuisé toutes les ressources de la villa. Sa main se glissa dans ses cheveux, et resta quelques instants sur son front. Elle inspira profondément, essayant d'oublier son envie grandissante qu'elle ne pouvait pas assouvir... Elle ne l'avait jamais remarqué, mais son odeur était excellente. Elle huma son poignet, et sans s'en rendre compte, elle le lécha. Ses yeux se rouvrirent lentement, et la lueur démente revint. Il y avait encore quelque chose. Elle aurait dû y penser depuis le début. Elle cherchait des goûts immondes. Mais qu'est-ce qui pourrait être plus immonde qu'elle-même ? Elle regarda sa main gauche sous tous les angles, et tâta sa chair. Sa conscience morale était de plus en plus engloutie par sa folie, et elle le savait pertinemment. Mais... Ca avait l'air si appétissant... A quoi bon être encore moral et se priver de cela ? Et la petite voix raisonnable se tut pour toujours, dès que ses canines se plantèrent dans son pouce. Et rien ne put l'arrêter, pas même l'extrême douleur qu'elle ressentit alors.

Chapitre III – Nether Impact

La douleur avait disparu, remplacée par une douce chaleur réconfortante. La fillette se sentait apaisée comme elle ne l'avait jamais été. Sa faim démente avait fini par être calmée, et elle avait retrouvé sa paix intérieure. Mais elle savait que son envie amorale n'était qu'endormie. Elle ressurgirait à un moment ou à un autre. Cependant, Yurika ne ferait rien pour réprimer cet instinct détestable. Elle était devenue un monstre, et ça ne semblait pas la gêner plus que ça. De toute façon, pour la petite, tout était déjà fini. Cette atmosphère dans laquelle elle se trouvait ne pouvait pas être celle du monde des vivants. Elle se trouvait devant les portes du Paradis, elle n'avait aucun doute là-dessus. Morte à 12 ans... Mais elle ne regrettait rien. Et puis, qu'est-ce qu'un démon comme elle pourrait regretter sur Terre ?... Un démon... Mais... Oui, elle était un démon à présent ! Il était donc tout bonnement impossible pour elle de se trouver au Paradis, et d'ailleurs, elle se trouvait bien trop vivante pour ça. La lumière emplit soudain son champ de vision, l'éblouissant comme il se devait au passage. Une fois sa vue rétablie, elle put constater qu'elle se trouvait toujours dans le manoir, couchée sur le même canapé. Mais contrairement à avant son évanouissement, une couverture la recouvrait, et elle ne ressentait aucune douleur. Elle se redressa et examina son bras gauche. Sa main gauche n'existait plus, à présent remplacée par un moignon parfaitement cicatrisé. Elle ne parut pas choquée de ce qu'elle observait, plutôt surprise de constater qu'elle avait été soignée. Une voix d'homme retentit derrière elle, et d'un mouvement brusque, elle se retourna... en tombant du canapé, accessoirement. Elle se tenait sur ses gardes, scrutant l'homme inconnu en face d'elle, qui lui tournait le dos, regardant simplement par la fenêtre. D'un signe de main, il lui intima l'ordre de venir à ses côtés. Yurika ne réagit pas immédiatement, préférant détailler l'inconnu. Il ne présentait pas une carrure imposante, et sa taille était moyenne. Un physique plutôt banal en somme, si l'on faisait abstraction de sa tignasse immaculée. Il restait immobile, attendant que la gamine se décide à le rejoindre, ce qu'elle allait faire, quand elle remarqua la pomme qu'il tenait dans sa main droite. Son ventre se tordit, sa bouche commença à saliver et elle sentit son esprit patiner. Mais elle devait se maîtriser. Et étrangement, sa faim dévorante, aliénante s'estompa. Elle se sentait apaisée, en paix avec elle-même. C'était... Magique. Finalement, au bout de quelques secondes supplémentaires, elle contourna le canapé et rejoignit le mystérieux invité. Elle sentait qu'il était au moins deux fois plus fort qu'elle et le combat ne lui apporterait rien, surtout avec une main en moins. Mais tout de même, qu'est-ce qu'il pouvait bien y avoir à l'extérieur de si intéressant ? Pourtant, un seul coup d'œil suffit à la fillette. Les loups avaient disparu. Plus aucune trace de leur installation. C'était comme si tout ce qu'elle venait de vivre n'avait été qu'un immonde cauchemar. Seul son moignon témoignait encore du contraire. Elle n'en croyait pas ses yeux, et sur son visage, on ne lisait que l'incompréhension la plus totale, ce que remarqua le mystérieux homme. D'une voix calme et tranquille, il annonça que c'était son œuvre. Une meute de loups comme ça, même contrôlée par un loup-garou, n'était qu'un ramassis de cloportes à côté de lui. Ses paroles n'eurent pour seul effet que de faire tomber la mâchoire de la gamine. Ses loups qui les avaient poussés à de telles extrémités ne lui avaient même pas résisté trente secondes ?! Mais... Pourquoi n'arrivait-il que si tard alors ? Elle aurait put rester une petite fille normale s'il s'était pressé un peu. Un sourire énigmatique fendit la face du bonhomme comme s'il lui était possible de lire en elle comme dans un livre ouvert. Evidemment, il n'avait aucune intention de répondre à sa question, d'ailleurs, elle le savait très bien. D'un simple geste, il lui désigna son moignon. Il fallait s'en occuper, rien que pour une question de pratique, voire même d'esthétique. Yurika arqua un sourcil, il allait lui faire sortir une nouvelle main de son chapeau peut-être ? Ou il avait l'intention de lui faire cracher ? Ses réflexions firent bien rire l'homme imposant et toujours un sourire collé au visage, il lui tendit son sceptre. Il lui dit simplement qu'il le trouvait un peu trop grand pour elle. Il changeait de sujet maintenant ? C'était ce que la gamine avait pensé en premier lieu, mais une fois le contact chaud familier installé, elle commença à comprendre. Oui, elle pouvait parfaitement le modeler... Et donc, le rendre assez mince à un endroit pour pouvoir en enlever un morceau... Elle n'y avait jamais pensé, mais effectivement, le sceptre était un peu grand, il lui serait plus pratique de le manier avec une vingtaine de centimètres en moins.
Quelques instants plus tard, elle tenait dans sa main restante une boule d'or. Elle commença à l'étirer, l'aplatir, puis à faire ressortir des sortes de boudins. Cinq bonnes minutes plus tard, son œuvre était presque terminée, plus que les empreintes digitales à fignoler. Elle posa sa nouvelle main à terre, et l'homme, immobile jusque là, s'approcha d'un pas lent. Il lui suggéra de faire des sortes d'attaches pour lui permettre de se la fixer. Yurika avait l'impression de n'être plus qu'une poupée que l'on rafistole... Mais après tout, c'était bien le cas, pas vrai ? Son calvaire n'était pas encore fini, il lui fallait encore souffrir pour pouvoir tenir son sceptre à deux mains...

~ ~ ~ ~ ~

La petite contemplait d'un air absent sa main artificielle. La douleur toujours imprimée sur le visage, elle ne réagissait plus. En même temps, son sauveur n'était pas d'une douceur exemplaire, ni anesthésiste d'ailleurs. Le choc finit tout de même par passer, et la petite brune gloussa comme une idiote. Puis un rire puissant lui tordit la face et elle balança sa tête dans tous les sens, en dansant dans la pièce. C'était comme si elle était née avec. Cette main accompagnait naturellement tous ses mouvements, et elle la sentait comme une partie d'elle-même. Du grand art, il n'y avait pas d'autres mots. Soudain, la gamine bugua. Elle s'arrêta, figée dans son mouvement, les bras levés vers le plafond, et elle laissa sa tête glisser vers l'inconnu. Pourquoi avait-il fait ça ? Quel intérêt avait-il à la sauver ? Il n'avait décidément pas l'allure d'un bon samaritain. Au contraire, il émanait de lui une grande force... Une grande aura magique même. Elle le ressentait, et cette sensation étrangère, elle la trouvait bizarre. De toute sa vie, elle n'avait connu qu'un mage, qu'elle ne reverrait sûrement plus jamais. Un sourire énigmatique orna de nouveau la figure de son interlocuteur, comme si elle venait de poser la question qu'il attendait depuis tout ce temps. Il ouvrit la bouche, et Yurika resta perplexe à ses paroles. Zeref ? Qui c'était encore ce gugus ? Sa réponse ne sembla pas l'étonner, il entreprit donc de lui expliquer. La petite écarquilla les yeux suite au récit du personnage. Un mage noir qui était synonyme de fin du monde... Une personne comme ça existait vraiment ? Un homme tellement mystérieux et puissant... Ca avait un côté terrifiant... Mais tellement excitant. Yurika n'était peut-être encore qu'une gamine, mais une gamine avec un esprit aliéné par des événements macabres. L'homme avait remarqué l'engouement que la petite fille prenait à son récit. Il continua sur sa lancée. Des royaumes qui tombent, des alliances qui se forment, des guerres qui se préparent. Des étoiles scintillaient dans les yeux de Yurika. Il sourit d'un sourire carnassier. Il avait gagné. Il se tourna d'un mouvement rapide vers elle et lui annonça son but. Purger le monde, sans espoir face à la décadence des Hommes... Libérer les vices primitifs de l'être humain... Libérer les gens comme elle... Par tous les moyens, il atteindrait son objectif. Pour Zeref. Et il croyait au potentiel de la gamine. La brune papillonna des yeux. Elle pourrait vraiment le voir un jour ? Et elle était vraiment autorisée à faire ce qu'elle voulait pour le trouver ? Même un petit encas inutile à sa quête ? Un sourire écarta ses lèvres, découvrant ses canines, et Yurika porta la main à son cœur en laissant sa tête tomber sur le côté. Elle jurait à celui qui venait de s'identifier comme le Guild Master de la guilde noire Nether Impact qu'elle l'aiderait dans sa quête. Il sortit alors de sa poche un petit tampon où on pouvait voir le symbole de la guilde. Un étrange symbole, semblable à un huit couché... Le symbole de l'infini. Sans réfléchir, la fillette tira la langue. La minute d'après, elle arborait fièrement le symbole de sa guilde à cet endroit. D'un beau rouge sang, comme le sang de ses futures victimes...

La Gourmandise de Nether Impact était née...






J'ai 6 roses et 5 crapauds dans mon garde-manger ~

Merci Haru :rip: Attention, perte de neurones en approche:
 
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MessageSujet: Re: Yurika Kiseki, l'incarnation de la Gourmandise Mar 8 Déc - 22:17

Oukelémeunionne !

Bien le bonsoir mademoiselle. J’imagine qu’à 20h55, heure à laquelle j’écris, tu dois être au lit ou en train de dire bonne nuit à tes doudous, j’en sais rien…
On a donc une prez réutilisée, adaptée et peaufinée, je confirme que c’pas du plagiat. v:

Bon, bref, je t’épargne de mon blabla habituel. Pour le coup, t’es habituée à le lire. 8D

Alors go ! Assure-toi que ta couche absorbe bien tout ce que tu risques de déverser et on y va !


Sur le fond :

Magie : C’est propre, concis, précis. Ah, juste. Techniquement, tu peux utiliser l’alchimie sur un peu tout et n’importe quoi. Mais bon, Yurika ne l’utilise que pour son sceptre et ses pantins, de ce que j’ai compris.
Bref, ok.

Physique : Hum… Ici… Rien à redire. v: J’aime bien comme tu retranscris l’impression qu’elle donne. Joliment contrastée.

« Il arrive également qu'elle tienne autre chose qu'une sucrerie, mais j'éviterais de donner trop de détail... » ← qu’aurais-je pensé si je n’avais pas su que l’on parlait d’une petite cannibale… ? ♪

Psychologie : Bon, là, c’est moins complet. Tu développes bien le caractère double et dérangé de Yurika mais ça occulte certaines infos. Je pense notamment à son rapport à sa guilde (genre elle est dévouée ? elle s’en tape ? jusqu’où est-elle d’accord avec l’idéologie de NI ?), aux autres guildes ou encore à ce qui menace d’inverser les rôles lors du pique-nique : Zeref et son crew.
Après, je trouve que ça reste un peu superficiel dans le sens où tu parles pas de ses traumatismes (enfin de leurs conséquences). Je veux dire, ce qui fait l’essence de Yurika, ce qu’elle est. De quoi a-t-elle peur ? Dans quel but avoir rejoint NI ?
En somme, tu décris bien ce que tu vas jouer mais le background nécessaire à la pleine compréhension du personnage aurait gagné à être plus développé. Tout du moins, c’est l’impression que j’en ai.
On retrouve la plupart de ces infos au cours de l’histoire, mais, comme je le dis souvent, les gens vont pas forcément lire toute une histoire pour trouver les motivations d’un personnage. ^^’
Ceci dit, ça reste bien, t’inquiète pas.

Histoire : Là… Ben… L’histoire est bien ficelée, la folie des convives bien amenée (progressivement jusqu’au point de non-retour)… Mm… Voilà… x) Ca me fait chier de rien pouvoir dire d’autre en fait. xD C’est très bien, c’est tout. xD
Après… Quelques heures pour lancer ses premiers sorts je trouve que c’est un peu abusé… Mais ça passe, allez. On va dire qu’elle est douée. x)
Ah, par contre, sa main artificielle, elle est bien en or, c’est ça ? Du coup… Il aurait pas fallu en parler dans la description physique ? J’veux dire, c’est pas rien, quoi. o:
Vref, bien, bien. o/


Sur la forme :


Franchement, pas grand-chose. De l’inattention (fais gaffe, y a pas mal de « s » qui manquent ou qui traînent) et quelques phrases qui auraient gagné à être séparées en deux, pour que le texte paraisse « plus clair ». Sinon, c’est très bien. Comme d’habitude, un style pas trop alambiqué et agréable à lire… Ah, si, le style employé pour les descriptions est franchement efficace. On sent une sorte de sarcasme ambiant, j’aime. J’espère le retrouver en RP, d’ailleurs. *^*
Continue comme ça !

Ah et puis, juste, pour l’expression : « mourir à petits feux » ← « à petit feu »


Bilan :

Du coup, du coup… Au vu des données, de la cohérence et de l’expression, ça vaut un rang A… Après, pour la majoration…
...
PUTAIN TU SAOULES. DDD8


Validée en tant que Péché de la Gourmandise de Nether Impact, rang A à 3400 EP. Félicitations ! o/
Allez, va jouer à la Barbie, sale gamine. e.e
Je n’exige pas de précisions mais, si tu veux en apporter, dis-le-moi. ^^



Trois crapauds me tiennent compagnie, huit roses parfument mon or.

Un dialogue devenu légende :
 
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Yurika Kiseki, l'incarnation de la Gourmandise
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