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 [TERMINEE] Saeros Maeglin, Orion's Curse

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Saeros MaeglinAntarès
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Messages : 41
Date d'inscription : 24/11/2015
Rang : A


Caractéristiques du Mage
Magie/Malédiction: Sand Magic
Magie Secondaire: Demonic Sealing Magic
Progression:
400/1200  (400/1200)
Antarès

MessageSujet: [TERMINEE] Saeros Maeglin, Orion's Curse Mar 22 Déc - 0:17







Saeros Maeglin




Nom : Maeglin

Prénom : Saeros

Âge : 22 ans

Sexe : M

Guilde (et poste souhaité) : Orion’s Curse :  Alnilam

Surnom : Antarès


Behind the screen

Un pseudo : Saeros

Un âge : 24 ans

Comment tu nous as connu ? Co-fonda

Le code du réglement ? Avé Saesar ! [Alabast'alidé]

Des commentaires ? RAS

L'avatar que tu utilises ? Gaara - Naruto

Magie(s) ou Malédiction


Nom de la magie/Malédiction :
Sand Magic : Ce pouvoir me permet de manipuler le sable qui m’entoure, mais également de créer mon propre sable en cas d’absence de celui-ci dans mon environnement. Pour le second cas la dépense magique étant supérieure, j’ai toujours une grande gourde remplit de sable sur moi. Je peux ainsi attaquer ou me défendre à l’aide de cet élément. Même si je le contrôle, je ne peux par contre pas façonner de formes complexes avec et mes techniques se résument donc à de la manipulation ou à la création de formes peu complexes (sphères, gouttes, lames… ).

Demonic Sealing Magic :  Je peux, à l’aide de sceaux, brimer ou contrer les capacités de mes adversaires. Il m'est cependant impossible d'influer sur la puissance magique de ceux ci. Efficace contre tous les êtres vivants, cette magie révèle cependant son vrai potentiel lorsqu’elle est utilisée sur un démon. Je peux appliquer ces sceaux par simple contact ou en les projetant en ligne droite. S’ils atteignent leur cible, ils resteront actifs plus ou moins longtemps selon les techniques. Pour une efficacité « éternelle », il me faut tatouer le sceau directement sur la peau, cependant cette manière de faire est bien plus longue et nécessite un contact physique ininterrompu avec la cible. Autant dire que je ne peux pas utiliser cette seconde manière de faire en combat. Dans le cas des tatouages, mes sceaux semblent également s’adapter à la cible, ainsi même si le dessin d’origine reste le même, il évoluera au bout de quelques secondes pour prendre une toute autre forme. Pour ôter ce genre de scellement, il est nécessaire de faire appel à un mage de scellement de niveau égal ou supérieur au sceau en question ou de posséder une technique de défense suffisamment puissante pour le détruire.

Aura Vision :  Faculté spéciale me permettant d’avoir une vision de la personnalité d’une personne à l’aide d’aura de différentes couleurs. Ses couleurs sont accompagnées d’un ressenti bien spécifique, ainsi je peux avoir une idée assez claire des personnes auxquelles je parle. Plus je me rapproche d’un individu, plus cette idée se précisera. Cependant, tout ceci reste très primaire et je peux aisément me tromper dans les interprétations.

Kansô : Rudiment me permettant de stocker des armes et des tenues non-magiques dans une dimension parallèle. Un placard portatif plutôt pratique, même si cela ne va guère plus loin…
Physique


Je ne suis pas ce que l’on peut appeler un grand gaillard ou une force de la nature. Du haut de mon mètre soixante-dix-huit, je ne me ferai jamais remarquer au milieu d’une foule et cela m’arrange fortement lorsque je suis en filature. Mon poids reste également dans la moyenne : soixante-quatorze kilogrammes, je peux ainsi me faufiler de partout sans être gêné par un ventre proéminent. En somme, un gabarit correspondant parfaitement à mes activités. Ainsi, je fais tout pour le conserver à l’identique. Soulever de la fonte ? Très peu pour moi. Ma silhouette fine et élancée a été forgée par mes multiples voyages et activités en pleine nature. Je n’ai donc jamais cherché à sculpter mon corps d’une quelconque manière, laissant la nature faire son œuvre à son rythme. Enfin presque. Mes entraînements magiques comme ceux purement physiques ont bien évidemment contribué à tout ceci. Vous l’aurez donc compris, je possède une musculature bien présente mais assez fine. Battre le rythme avec mes pectoraux ? Impossible. Ma démarche est en accord avec tout ceci. Calme et tranquille en toute circonstance, j’aime prendre le temps d’observer mon environnement. Certains me prendront pour un touriste en vacance émerveillé par tout ce qui l’entoure. Détrompez-vous. Je passe mon temps à repérer les chemins les plus pratiques pour m’enfuir, les recoins propices à un assassinat, les bourses pleines de Jewels… Une analyse constante de mon environnement qui m’a permis à de nombreuses reprises de me tirer de situations plutôt mal engagées.

Malgré ses proportions plutôt banales, certains détails ont tendance à attirer l’attention. Le tatouage sur la partie gauche de mon front dans un premier temps. Le mot « Amour » gravé dans ma chair est là en hommage à mes mères envers qui j’ai une dette éternelle. Sans elles, ma vie aurait été bien plus courte et je les remercie chaque jour pour leur sacrifice. Ce tatouage me sert également de rappel pour éviter de retomber dans certains travers. Mon époque « sombre » à Joya notamment… Dans un second temps, parlons de mes yeux. L’invisibilité partielle de ma pupille ainsi que leur couleur gris-vert me donnent un regard assez perturbant. Les traits noirs bordant mes yeux viennent d’ailleurs souligner cette différence. Ceux-ci sont permanents et je suppose qu’il doit s’agir d’une coutume quelconque, mais n’ayant aucun souvenir de ma naissance, je ne puis l’affirmer. Beaucoup de personnes semblent ainsi avoir du mal à soutenir mon regard très longtemps. Heureusement, les rides d’expressions dues à un sourire très présent ainsi que mes traits fins, presque enfantins, viennent apaiser ce malaise. Pour en finir avec mon visage, mes cheveux sont châtains-roux, fâchés avec les peignes, ils se dressent sur ma tête de manière chaotique. Je ne possède ni barbe, ni moustache, ni une quelconque pilosité visible au premier abord… Et si je pense en avoir fini avec mon apparence, sachez tout de même que ma voix grave et posée saura apaiser les plus méfiants d’entre vous.

En dehors de ceci, je ne possède aucun autre signe particulièrement distinctif. Quelques cicatrices par-ci par-là, mais aucune très importantes. Ah si, éventuellement le tatouage de ma guilde. Celui-ci se trouve sur mon flanc droit au niveau de la hanche, de couleur blanche et de bonne taille, il reste cependant assez discret du fait de son emplacement. Je suppose que je dois également évoquer ma tenue. J’en possède plusieurs, même si elles sont toutes plus ou moins identiques. Un pantalon en toile noir et des bottes grises s’occupent de recouvrir la partie inférieure de mon corps. Un long manteau assorti à mes cheveux me recouvre du cou jusqu’au pied. Un duvet ? Non. Il est uniquement fermé jusqu’à la ceinture, me laissant ainsi totalement libre de mes mouvements. Une large bande de cuir me sert également de ceinture et de bandoulière. Utile pour fixer ma grosse gourde pleine de sable, elle sert également à dissimuler tout un tas de couteaux de lancés en forme de scorpions. Deux dagues de mêmes formes sont également glissées à ma ceinture. Celles-ci, situées dans mon dos, sont dissimulées à l’aide d’un tissu blanc que j’enroule autour de mon corps. Selon les cas, je peux l’utiliser comme une écharpe, une capuche ou tout simplement comme surépaisseur en cas de froid intense. Pour conclure, deux mitaines noires me recouvrent les mains et deux lames secrètes sont dissimulées dans les longues manches de mon manteau.


Je pense avoir fait le tour… Ah si, je possède également un petit tic comportemental. Lorsque je réfléchis, j’aime faire passer un petit tourbillon de sable d’une main à l’autre. Il est déconseillé de me déranger dans ces moments-là, à moins de vouloir se retrouver le visage couvert par ce même sable.


Psychologie


Certains vous diront que je suis un simple voleur, d’autres un assassin sans pitié, d’autres encore –du moins je l’espère- un frère fidèle… Et ils auraient pourtant tous tort. Je suis la somme de tout ceci et bien plus encore. Laissez-moi vous dévoiler l’intérieur de ma tête.

Pour commencer, j’essaie d’avoir sur le monde qui m’entoure une vision la plus réaliste possible. Le réalisme représente d’ailleurs une grande part de ma personnalité. Je laisse l’utopisme, le cynisme et le défaitisme aux aveugles et aux sadomasochistes. Je préfère de loin me consacrer à la recherche de solutions concrètes plutôt que de baisser les bras ou d’espérer « qu’un jour ça finira bien par s’arranger tout seul ». Cette manière d’agir est valable autant sur les petits problèmes du quotidien, que sur des bien plus importants tel que la guerre qui secoue actuellement notre Terre. Ainsi, j’observe, j’analyse et je décrypte tout ce qui m’entoure, et ce, à chaque instant de ma vie. Le quartier général de la guilde est le seul endroit où cette vigilance constante arrive parfois à faillir, et j’insiste sur le parfois… Vous trouvez peut-être ça triste de rester toujours alerte, mais pour moi, tout ceci est devenu un jeu. Un échiquier géant sur lequel interviendraient des pions dont je ne connaîtrais ni les déplacements ni la valeur. À moi de découvrir tout ceci pour élaborer une stratégie servant à la perfection mes intérêts. Vous l’aurez peut-être compris à travers cette image, mais comme tout bon joueur d’échec, je n’hésite jamais à sacrifier un pion si sa mort sert mes intérêts. Même chose avec les différentes faiblesses de l’humanité, elles sont bien trop nombreuses et utiles pour que je me prive de les exploiter. En résumé, je ne possède aucune limite tant que je pense servir un but plus grand. Enfin, tout ceci n’est pas totalement exact. Il existe bel et bien une limite à ce que je suis capable de faire : Orion’s Curse. Mes frères et mes sœurs d’armes, recrutés avec le plus grand soin, sont les seules personnes dont l’avis et la vie m’importent. Cette guilde, créée de mes propres mains dans les souterrains d’une ville désertique, tient plus de la fratrie que d’un simple rassemblement de mages. Une faille de taille…

Je n’ai certainement pas fini de le répéter : le calme reste ma réaction la plus fréquente. Cependant, lorsqu’il s’agit d’Orion’s Curse, tout change. Touchez à un seul cheveu d’un membre de ma guilde, je vous tuerai. Peu importe le temps que cela prendra. Peu importe votre puissance. J’attendrai le moment propice pour vous faire payer votre action. Une haine froide qui brûlera jusqu’à ce que ma vengeance soit accomplie. Et ma réaction sera d’autant plus violente si vous osez vous en prendre à l’intégralité de ma famille. Il y a des sorts bien pires que la mort et je me ferai un plaisir de tous vous les faire découvrir. Je suis passé par suffisamment d’épreuves pour ne plus craindre grand-chose. Pourtant, je pense ne jamais réussir à étouffer mon unique crainte. Perdre ma famille une seconde fois me serait insupportable. Les objectifs de la guilde sont une chose, mais si je dois les atteindre au détriment de mes compagnons… Je crois que je préfère encore les abandonner. Le joueur d’échec capable de sacrifier ses pions est beaucoup moins sûr de lui tout d’un coup… Mais après tout, lorsque le roi est pris, la partie se termine non ? Considérer alors que mes frères et sœurs sont représentés par cette pièce.

En ce qui concerne la situation actuelle, je dirais qu’elle est propice aux changements. Une bonne chose en soit, même si la transition aurait pu être moins brutale. Les affrontements entre les différentes factions me laissent globalement indifférent. Je me tiens bien évidemment au courant des victoires et des défaites de chacun, à la recherche d’informations utiles à Orion’s Curse. S’impliquer un jour ou l’autre semblait inévitable, mais pour le moment, l’observation suffisait amplement. De plus, je ne partageais pas la haine que la majorité de mes semblables semblaient vouer aux démons. Si une marionnette vous frappait, sur qui riposteriez-vous ? Le marionnettiste non ? Une question absurde et pourtant s’en prendre aux démons revenait à cogner sur le pantin. Il serait toujours temps de les combattre une fois le mage noir hors service si cela s’avérait nécessaire. Je n’aime pas juger une espèce selon les actes d’une majorité. Ainsi, je suis prêt à discuter avec tout le monde afin de me faire mon propre jugement. Après tout notre but n’était-il pas de rétablir le libre-arbitre ? Juger un être vivant sans prendre la peine de le connaitre irait totalement à l’encontre de ce principe. Je pense être quelqu’un de juste et globalement sympathique, même s’il est toujours compliqué de poser un œil objectif sur soi. Le pouvoir ne m’intéresse aucunement, je veux juste voir le monde sourire à nouveau. Voir un monde où l’on pourrait agir librement tant que nos actions ne viendraient pas piétiner la liberté de nos voisins. Pour cela, une épuration de la population serait nécessaire. Ainsi, je sais également me montrer impitoyable envers ceux qui le méritent. Ah ! Je pense également qu’il est important de préciser que le mensonge m’horripile. Je m’efforce d’être le plus franc possible dans mon quotidien, et ce, envers toutes les personnes que je croise et j’en attends donc autant de leur part. D’un naturel calme, vous ne me verrez pas m’énerver, mais je ferai tout simplement une croix sur vous. Une croix définitive.

Bref, à part ça, je suis un amoureux de la nature et du monde dans sa globalité. Je respecte la faune et la flore dans sa globalité et m’efforce donc d’influer un minimum sur mon environnement. Détruire toute une zone lors d’un combat me meurtrirait profondément et je fais donc tout pour l’éviter. J’aime également discuter du beau temps avec de parfaits inconnus. À mes yeux, même les personnes les moins importantes peuvent faire de grandes choses pour un peu qu’on leur en donne la chance. C’est pour toutes ces raisons que j’ai fondé ma guilde. Je veux me placer en défenseur du monde. Un titre bien pompeux pour quelque chose qui devrait pourtant être naturel. Je conclurai cette introspection en vous révélant un de mes terribles défauts : la curiosité. Tout m’intéresse et je m’intéresse à tout. Une affaire qui ne me concerne pas ? Très bien, mais de quoi s’agit-il ? Un domaine que je ne maîtrise pas ? Attendez-vous à devoir répondre à une ribambelle de questions. Certes, mes talents d’observateurs et d’espions me permettent la plupart du temps de rassasier ce terrible instinct, mais l’on a toujours beaucoup à apprendre des autres. Si plus de personnes en avaient conscience, ce monde serait bien plus agréable.


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Saeros MaeglinAntarès
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MessageSujet: Re: [TERMINEE] Saeros Maeglin, Orion's Curse Ven 8 Jan - 1:02










Histoire


Du haut de mes vingt-deux ans, je possède déjà une histoire chargée. Vous la conter dans les moindres détails me prendrait bien trop de temps et des affaires plus pressantes réclament mon attention. Il me semble pourtant important que vous en connaissiez les grands moments. Si ma vie avait été différente, cette guilde n’aurait certainement jamais vu le jour. Ne vous apitoyez donc pas sur mon sort et laissez moi vous parler des moments les plus importants de mon existence.

Adieu Maman


Ma tête me faisait un mal de chien. Le moindre mouvement semblait au-dessus de mes forces. La douleur avait fait de mon corps sa demeure. J’essayai d’ouvrir un œil, et même cela sembla impossible. Je restai donc immobile, attendant que tout ceci passe. Le bruit de ma respiration saccadée résonnait dans ma tête. Il me semblait également entendre une seconde personne, mais je n’en étais pas sûr. Un liquide poisseux coula le long de ma joue et un goût ferreux envahit ma bouche lorsqu’il atteint la commissure de mes lèvres. Tant bien que mal, je réussis à soulever un bras pour m’essuyer. Ma paupière clignota juste assez longtemps pour que je puisse voir ma main devenue rouge. Du sang… Était-ce le mien ? Difficile à dire… À en juger par ma souffrance, ceci ne m’aurait pas étonné. Je réussis à faire rouler mon frêle corps sur le côté au prix d’un effort surhumain. Rassemblant le peu de force me restant, je pus m’adosser à un gros rocher. Mes yeux répondirent enfin à mes injonctions répétées et s’ouvrirent. J’inspectai consciencieusement mon corps à la recherche d’une plaie quelconque, mais je ne trouvai rien. Mon regard se porta naturellement sur mon environnement. Au milieu du désert qui me servait de terrain de jeux depuis mon enfance, deux femmes étaient étendues, immobiles… Je reconnus tant bien que mal ma mère, son fluide vital la recouvrait presque entièrement. Je fixai sa poitrine durant quelques minutes : aucun mouvement. Elle était morte… Ma vision se brouilla, de grosses larmes se mirent à couler le long de mes joues et vinrent ajouter un goût salé en bouche. La tristesse eut raison de ma résistance et je sombrai de nouveau dans l’inconscience.

Une délicate pression s’exerça sur ma joue à plusieurs reprises. Certainement ma mère qui voulait que je me lève. Je poussai un grognement râleur avant de me tourner brusquement sur le côté. Mais contre toute attente, ma tête ne trouva pas le moelleux de mon oreiller, à la place, elle heurta le sol sans délicatesse. Du sable en profita pour s’infiltrer dans ma bouche, je me relevai brusquement tout en postillonnant les grains tout autour de moi. Ma mitraillette de crachats fut interrompue lorsque mon regard rencontra celui de la femme responsable de mon réveil. Ce n’était pas ma mère… Les souvenirs me revinrent petit à petit et je me mis immédiatement à la recherche du cadavre sanguinolent aperçu la veille. Il ne fut pas dur à repérer… Les larmes revinrent à l’assaut de mes yeux encore rougis de la veille. Je n’avais donc pas rêvé… J’aurais tellement aimé que tout ceci ne soit qu’une fiction issue de mon esprit. Pourquoi tout ceci était réel ? Qu’avais-je donc fait pour mériter d’affronter cette épreuve si jeune ? Je n’avais que deux ans ! J’avais besoin de ma mère ! Je m’effondrai près de sa dépouille, me blottissant le plus possible contre ce corps froid. Je restai là, prostré, laissant libre cours à mon chagrin durant de longues heures. Je m’endormis à plusieurs reprises, mais à chacun de mes réveils, je devais affronter la même réalité… Un frisson secoua mon corps lorsqu’une main se fraya un chemin dans ma chevelure rougeoyante. Je me raidis lorsqu’une voix s’éleva lentement, brisant le silence pesant du désert. Elle se mit à chanter, doucement, l’air mélancolique me noya dans les profondeurs de ma peine. Lorsque la mélodie arriva à son terme, je me relevai pour me jeter dans les bras de la jeune chanteuse. Elle me berça lentement, me murmurant des mots rassurants à l’oreille. Finalement, mes larmes se tarirent et le sommeil m’emporta de nouveau.

La nuit était tombée lorsque je me réveillai enfin, le cœur lourd, mais les yeux secs. La chanteuse cessa de me bercer lorsqu’elle croisa mon regard. Pour la première fois, je pris le temps de détailler l’inconnue et ses yeux ambrés semblèrent en faire de même me concernant. Elle était plutôt grande, sa silhouette élancée me rappelait celle de ma mère et ce n’était pas peu dire. Celle-ci s’entraînait presque quotidiennement sous mes yeux émerveillés afin d’entretenir ce profil de guerrière. Sa chevelure dorée, tressée sur une bonne partie de sa longueur, descendait jusqu’à ses hanches. Mais le détail le plus marquant restait les tatouages qui partaient de ses pommettes avant de disparaitre dans son dos. Ils me rappelaient les dessins de ma mère, celle-ci me les montrait souvent afin de me demander son avis. Et même si le motif n’était pas le même, le style, lui, correspondait parfaitement. Nos observations respectives prirent finalement fin et elle me révéla son nom : Karura. Elle me dit qu’elle allait prendre soin de moi, comme ma mère l’aurait fait si le destin n’en avait pas décidé autrement. Qu’elle allait faire en sorte qu’elle ne soit pas morte en vain. Elle me dit qu’il fallait que je vive pour honorer son sacrifice. Que je ne devais jamais l’oublier. Que je devais me servir de mon chagrin pour continuer à avancer. Du haut de mes deux ans, tout ceci me semblait impossible, incompréhensible même. Mais peu importait ! Son ton et sa manière de me regarder pendant qu’elle parlait me suffisaient. Je pouvais lui faire confiance…

Lorsque l’astre matinal franchit l’horizon, nous nous étions remis en marche. Nous avions enterré ma mère peu avant l’aube. Karura contrôlait le sable et cela nous avait permis de l’enterrer suffisamment profondément pour être sûr qu’aucune tempête ne vienne jamais la déranger. Puis elle m’avait expliqué que des monstres terrifiants et cruels étaient en train d’envahir notre pays : Desierto. Je lui avais donc parlé de l’abri dans lequel j’habitais avec ma mère depuis ma naissance et elle m’avait demandé de la guider jusque-là. Nous ne nous trouvions plus très loin à présent, plus que quelques dunes et nous serions arrivés à destination.

Deuxième Mère


Je claquai brusquement le vieux grimoire sur lequel je planchais depuis maintenant plusieurs semaines. Le nuage de sable qui s’en dégagea envahit mes poumons et il me fallut plusieurs minutes avant de réussir à arrêter ma quinte de toux. Mes yeux brillants de larmes se posèrent alors sur les multiples ouvrages dispersés un peu partout. Quatre ans que je m’échinais à les étudier, tout ça pour un résultat bien insuffisant à mes yeux. Pourtant l’entraînement était plus qu’intensif, depuis mon retour au repère avec Karura, je n’avais pas une minute de répits. Cette-dernière était une mère particulièrement attentionnée, mais également rigide lorsqu’il s’agissait de mon éducation. Tant d’informations se bousculaient dans mon esprit. Nous consacrions toutes nos matinées aux entraînements purement physiques. Puis, lorsque les températures commençaient à être insupportables, nous retournions dans notre abri souterrain pour les études générales et magiques. Ce repère rocheux parcourut de galeries devait être l’un des derniers endroits sûrs de Desierto, pour le moment en tous les cas. Les démons passaient de plus en plus régulièrement à proximité et tôt ou tard, ils finiraient par nous découvrir... Voilà pourquoi ma nouvelle mère insistait autant pour que je sois assidu dans mes études. Un jour ou l’autre, il faudrait défendre ma vie et elle comptait bien me donner tous les outils pour le faire en un laps de temps le plus court possible. Cela ne nous empêchait pas d’avoir une relation particulièrement fusionnelle, au contraire même… Elle connaissait la moindre de mes failles et je connaissais presque toutes les siennes. Le monde sombrait dans le chaos, et pourtant, j’étais heureux de ma vie actuelle. Certes, ma mère biologique me manquait parfois, mais plus le temps passait, plus son souvenir s’estompait…

Je sursautai lorsque des bras m’enlacèrent tendrement et le sourire rayonnant de Karura me sortit définitivement de mes pensées. Ma bouche ne put s’empêcher de s’étirer en un rictus similaire. Elle se moqua brièvement de moi, avant de m’annoncer que nous allions profiter de la tombée de nuit pour confronter nos magies. Je me levai d’un bond, tellement heureux d’en avoir fini avec la théorie pour aujourd’hui. J’adorais ces moments-là, ma magie me permettait d’entrer en communion avec mon environnement. En effet, quoi de mieux qu’un désert comme terrain de jeux pour un mage sableux ? Ma mère possédait une magie similaire à la mienne. Elle m’avait confusément expliqué que, même si nous manions le même élément, nos pouvoirs étaient diamétralement différents. J’avais alors hoché la tête pour lui faire plaisir, mais les faits étaient là : nous étions tous deux capables de contrôler le sable. Pour ma part, j’apprenais même une seconde magie, celle-ci me permettait, à l’aide de sceaux, de contraindre mon adversaire de manière diverse. Mais pour celle-ci, nos entraînements se déroulaient au calme dans le repère, j’avais en effet besoin des schémas de ma mère comme support et les sortir du repère était inconcevable. Le vent omniprésent les aurait emportés en quelques secondes. De toute manière, manier mes deux pouvoirs simultanément semblait encore bien trop compliqué pour moi. Bref, nous avions enfin rejoint notre lieu d’entraînement, situé à bonne distance de notre repère, et le combat allait pouvoir commencer.

Une vague de sable me renversa sans que je m’y attende, une juste punition pour mes rêveries, mais je ne me laissai par abattre pour si peu. Je contre-attaquai et les attaques sableuses se mirent à fuser un peu partout. Il était rare que je réussisse à toucher Karura, mais je tenais de plus en plus longtemps avant de m’écrouler de fatigue… Ou de finir enterrer sous le sable… Voir même parfois les deux combinés. Et cet entraînement ne fit pas exception, au bout de quelques minutes, je fus projeté au sol par une attaque que je n’avais pas vu venir. J’essayai de me relever, mais mes jambes ne voulurent pas me porter… Tant pis. Je restai là, contemplant le peu de ciel visible à travers la tempête de sable. L’abri offert par les dunes tout autour me permettait de profiter de ce splendide spectacle. Lorsque l’on vit sous terre, la moindre parcelle de voûte céleste apparaît comme magnifique. Ma mère me rejoint et prit place à mes côtés. Je me lovai contre elle avant de sombrer dans une douce somnolence. Douce mais courte… Une sphère sableuse nous percuta de plein fouet. L’air fut brusquement expulsé de mes poumons et il me fallut plusieurs minutes pour réussir à reprendre mon souffle. Karura ne fut pas aussi longue et je la vis partir en courant. Que se passait-il ? Les démons nous avaient-ils retrouvés ? Lorsque je pus enfin relever la tête, je constatai que oui, l’un d’entre eux avait fini par nous mettre la main dessus. L’affrontement faisait rage et ma mère me cria de m’enfuir. Mes pieds mirent un moment à répondre aux injonctions de mon cerveau, mais je finis enfin par bouger. Je courus aussi vite que possible, mais le sable s’avérait être un bien piètre support pour une telle action. Mes réserves magiques étant épuisées, il m’était impossible d’avancer plus vite. Je glissais sans arrêt et au bout de quelques mètres, je fus de nouveau à bout de forces…

Je me retournai juste à temps pour voir une sphère sableuse encore plus grosse que la précédente filée droit sur moi. Ma dernière heure semblait venue… Je fermai les yeux en attendant l’inévitable impact mortel, mais celui-ci ne vint jamais. Ma paupière s’entrouvrit et je vis le visage de Karura en sang juste devant moi. Elle avait réussi à bloquer l’attaque au dernier moment, mais pas sans conséquence… NON ! Tout n’allait pas recommencer ! Pas encore ! Je me jetai sur elle et elle me serra dans ses bras, murmurant le même air que lors de notre première rencontre. Du sable remonta lentement jusqu’à mes hanches, je me débattis violemment avant de comprendre qu’il s’agissait de celui de ma mère. Que faisait-elle ? Mes yeux se levèrent vers elle, elle souriait. « N’oublie jamais à quel point tes mères t’aimaient ». Ce furent ces derniers mots avant que son sable ne m’emporte au loin. Elle avait utilisé ses ultimes forces pour me projeter hors d’atteinte de ce démon…

Obscure rencontre


Une douce lueur orangée flirtait avec ma pupille, apportant chaleur et clarté dans ce pays où l’obscurité régnait en maitre. Minstrel n’avait rien de comparable avec Desierto… Mon pays d’origine me manquait terriblement. Et en même temps, la peur me serrait les entrailles à l’idée d’y retourner… Une bouffée d’angoisse me coupa brièvement le souffle. Ils m’avaient tout pris ! Une mère ne leur avait même pas suffit… Je haïssais les démons responsables de ma situation actuelle. Et je n’étais pas seul dans ce cas. Sirael avait tout autant de raison de les haïr, je ne connaissais pas tout le passé de mon ami rencontré à mon arrivée dans ce pays. Cependant, une chose était sûre, l’un de ces monstres portait la responsabilité de ses terreurs nocturnes et de leurs terribles conséquences. J’avais fait tout mon possible pour sceller cet étrange maléfice, mais sans les croquis maternels, difficile d’effectuer un tatouage parfait. Ainsi, je ne réussis qu’à inhiber la facette la plus grave. Adieu les séquelles, seuls les cauchemars perdureraient. J’avais également récupéré un compagnon de route en passant la frontière. Sa langue coupée l’empêchait de prononcer des mots intelligibles, mais son agitation dès que nous parlions de ce fléau laissait peu de doute. Quelque soit son passé, il devait être au moins aussi terrible que le notre. Notre petit trio de traumatisés nous permettait de nous raccrocher à un espoir aussi infime soit-il. Je n’étais cependant pas dupe, l’heure de la séparation ne saurait tarder. Nos routes se recroiseraient certainement un jour, du moins je l’espérais. Mais en attendant cet instant, nous avions chacun notre propre voie à découvrir.

La noyade du muet sonna le trépas de notre petit groupe. Celui-ci avait succombé à la folie inhérente à l’ambiance du pays. Se noyer dans un ruisseau… Un triste sort qui pourtant ne provoqua aucune réaction chez moi. Même si l’enfer existait, il ne pouvait être pire que notre réalité, la mort était peut-être la meilleure des solutions en fin de compte. Seuls les derniers mots prononcés par ma mère m’empêchaient de le suivre dans le repos éternel. Je ne pouvais pas partir sans essayer de la venger ! De les venger ! Les adieux avec Sirael furent déchirants, mais je ne pouvais emmener mon seul ami en ce monde avec moi. Il méritait d’avoir une chance de survivre, et ma vengeance ne le concernait pas. Le voyage de retour fut plus rapide que prévu, ou tout du moins ce fut l’impression que je ressentis. Il était, en effet, fort malaisé de garder la notion du temps dans les ténèbres. Le contact avec mon élément m’avait manqué bien plus que je ne le croyais. Une joie insoupçonnée surgit de mes entrailles tandis que je me remettais à manipuler le sable environnant. Joie rapidement ternie par une douce mélancolie. Comment ne pas me souvenir des entraînements maternels dans une telle situation ? Ce conflit émotionnel m’étourdit un instant et je dus m’asseoir pour ne pas tourner de l’œil. Je profitai de cet instant pour m’ausculter. La malnutrition et le manque d’entraînement marquaient profondément ma silhouette. Si je voulais avoir une chance d’atteindre mon objectif, il allait falloir que je reprenne des forces rapidement. Par chance, je connaissais le moindre secret de ce désert, et même si les ressources étaient maigres, je savais où trouver de quoi me remplumer.

Ainsi, je repris une routine quasi-similaire à celle de mon enfance avec Karura. « Enfance », un mot bien dérisoire pour un petit homme de huit ans environ, mais l’âge ne voulait plus rien dire dans un contexte pareil. Les différents stades de notre vie avaient disparu pour laisser la place à deux castes bien plus concrètes : les morts et les survivants… Et je n’allais certainement pas tarder à rejoindre la première. En attendant, mon entraînement physique et magique quotidien faisait son effet. Ma silhouette s’était épaissie et mon maniement du sable se perfectionnait de jour en jour. En parallèle, je parcourus Desierto en nomade durant trois longues années, espionnant de loin les différents démons qui croisaient ma route à la recherche de ma cible. Le camp ennemi ne s’attendait certainement pas à trouver un enfant d’une dizaine d’années dans leur désert. Sûrement grâce à ça que je pus échapper à une mort prématurée. Je faillis me faire repérer à plusieurs reprises, mais à chaque fois, je pus m’en sortir à l’aide de ma magie. J’étais devenu un maître de la dissimulation. À moins qu’il ne s’agisse simplement d’une chance insolente. Seule la survie importait au bout du compte. Je finis par retrouver la trace du démon responsable de la mort de ma seconde mère non loin de notre ancien repère. Il devait certainement se charger de la surveillance de la zone pour avoir si peu bougé en autant de temps. La rage envahit tout mon être à sa vision et toute rationalité s’évapora de mon esprit. Ma première attaque le frappa en plein milieu du dos, la surprise aidant, il se retrouva étendu au sol me permettant ainsi de continuer mon bombardement sableux. Une douce euphorie m’envahissait progressivement, puis, tout bascula... Une énorme explosion me fit voltiger sur plusieurs mètres. À mon atterrissage, je fus incapable de me relever. La peur m’inhibait entièrement et la réalité s’imposa à moi. À quoi pouvais-je bien penser en m’en prenant au monstre qui avait vaincu ma mère ? Cette même mère que j’avais été incapable d’atteindre durant tous nos entraînements…

Le démon se tenait à présent au-dessus de moi. Un sourire triomphant affiché sur son hideux visage. Je n’osais imaginer la honte que ressentiraient mes mères devant une vision pareille. Elles qui s’étaient sacrifiées pour que je survive. Et qu’avais-je fait de cette chance payée au prix fort ? Je l’avais gaspillé purement et simplement… La rage refit son apparition à cette pensée. Je vivais encore ! Il n’était pas trop tard ! L’image d’un sceau surgit des tréfonds de ma mémoire. En dehors du dessin, une simple annotation occupait l’un des coins du croquis : immobilisation…

Départ


Une gerbe de sable explosa contre le mur tandis qu’un sceau planait dans les airs avant de s’évaporer faute de cible. Le dessin qui me servait de cible représentait le démon source de mes plus grandes angoisses. Notre affrontement remontait à trois longues années. Trois longues années durant lesquelles je m’étais terré dans l’abri souterrain de mon enfance. Durant lesquelles le moindre bruit suspect me glaçait le sang. Je savais que les recherches à la surface allaient bon train. Il n’était pas rare que des bruits d’explosions viennent secouer mon abri rocheux et ceux-ci se rapprochaient de jour en jour. Tout n’était plus qu’une question de temps. Je rassemblais toutes les données importantes en prévision du moment où je devrais fuir. Grimoires, croquis et souvenirs personnels s’entassaient dans un unique sac. Et lorsque je ne pliais pas bagage, je perfectionnais mes sceaux. Mon travail acharné avait fini par payer et je pouvais à présent projeter mes sceaux à distance et les utiliser en même temps que ma magie élémentaire. La combinaison des deux restaient épuisantes, mais plus je m’étoffais plus ma résistance augmentait. Pour la première fois de ma vie, j’étais satisfait de mes progrès. Et je ne comptais pas m’arrêter en si bonne voie. Je savais pertinemment que le démon, source de tous mes cauchemars, possédait un niveau encore bien supérieur au mien. Mais l’écart s’amenuisait petit à petit. Un jour, je pourrais achever ma vengeance. Me montrer  enfin digne des sacrifices effectués en mon honneur.

Karura m’avait raconté que ma première mère était morte en me protégeant d’un terrible monstre. Puis, à son tour, elle avait donné sa vie pour moi. Et indirectement, elles m’avaient toutes deux sauvé la vie une troisième fois. Sans l’entraînement de l’une et les croquis de l’autre, je ne saurais plus de ce monde. Le sceau d’immobilisation m’avait permis de gagner un temps précieux. Sans lui, la fuite se serait avérée impossible. Dans mon malheur, j’avais finalement eu énormément de chance. Il y avait toujours eu une personne pour me protéger ou m’épauler dans les moments les plus difficiles de ma vie. Un heureux malchanceux ou un malheureux chanceux. Les deux définitions me correspondaient. Ses pensées tournaient en boucle dans mon esprit. Et dans un sens, elles me permettaient de ne pas perdre celui-ci. Mes instincts suicidaires de jeunesse avaient laissé place à une farouche détermination. Tout du moins, il en était ainsi jusqu’à ce que le destin vienne à nouveau me jouer un mauvais tour. Je rangeais la dernière pièce du repère lorsqu’il frappa. Il s’agissait de la chambre occupée par Karura. Je n’avais jusqu’à présent jamais osé pénétrer en ces lieux, mais je ne pouvais prendre le risque d’y laisser des informations importantes. Je pris donc mon courage à deux mains et retournai l’endroit à la recherche d’éléments susceptibles de m’intéresser. Mon exploration fut « récompensée » par la découverte d’un grimoire que je n’avais jusqu’à présent jamais vu. Une feuille de papier tomba par terre et je pus voir mon nom tracé d’une écriture tremblante en en-tête.

Je lus et relus la lettre jusqu’à ce que mes yeux embués ne me le permettent plus. Les informations contenues dans ces quelques lignes me mirent au plus mal. Karura l’avait sûrement écrit dans l’espoir de me la donner un jour. Ou peut-être ne me l’avait-elle jamais confiée de peur des conséquences ? Aucune idée. J’appris ainsi qu’elle était le monstre responsable de la mort de ma mère biologique. Colère. Cette-dernière avait réussi à la libérer du joug de son créateur grâce à un sceau particulièrement complexe qui lui coûta la vie. Désarroi. Elle m’expliquait ensuite la véritable nature des démons, leurs malédictions et le lien tout particulier qui les asservissait à la volonté d’un maître nommé Zereph. Compréhension. Elle s’excusait de n’avoir rien osé me dire plus tôt. Tristesse. Elle répétait qu’elle m’aimait. Joie. Que si elle avait pu retourner dans le passé pour se sacrifier à la place de ma mère, elle l’aurait fait. Tristesse. De ne… Je repliai lentement la lettre tandis que la dernière ligne se gravait à nouveau dans mon esprit. Ses derniers mots furent les mêmes à l’écrit qu’à l’oral. Je restai hébété un long moment, immobile, essayant d’enregistrer toutes les informations que l’on venait de me confier. Je n’en voulais aucunement à Karura, mais ses révélations remettaient toutes mes convictions en question. Comment en vouloir à des démons lorsque l’on connaissait une telle vérité ? Pour la première fois de ma vie, je ne savais plus quoi faire et quelque chose se brisa en moi. Ma vengeance n’avait plus lieu d’être. Je me retrouvais esseulé au milieu d’une étendue désertique. Sans but. Sans objectif. Sans ligne de conduite. Vide... Je m’allongeai sur le lit de Karura, le regard fixé sur le plafond et laissai mon esprit vagabonder dans le néant.

Des secousses. Du bruit. Des explosions. Je sortis lentement de ma léthargie. Ainsi, ils m’avaient enfin découvert. Mes instincts réagirent plus vite que moi. Sans comprendre comment, je me vis fourrer la lettre et le grimoire dans mon sac tandis que mes jambes me propulsaient vers mon unique échappatoire. J’assistais en spectateur aux actions de mon corps. Sa course folle nous conduit dans une galerie menant vers une sortie secondaire du repère. Je finis par déboucher dans le désert, et la tempête de sable vint fouetter mon visage. La douleur rétablit la connexion entre mes pensées et mes actions. Sans un regard en arrière, je me mis alors à marcher droit devant moi.

Fond du Gouffre


Le prédateur tapi en moi entra en action, je venais de repérer ma proie et je me faufilais à présent de toits en toits, attendant le moment propice pour bondir à l’attaque. Dans cette ville où l’entraide semblait être le maître mot, voilà un an que je gagnais ma vie par le vol et l’assassinat. J’étais passé expert dans ces deux domaines et heureusement ! En effet, les autorités de Xinghai ne rigolaient pas avec les individus de mon espèce. De nombreux collègues pourrissaient d’ailleurs en prison ou reposaient six pieds sous terre pour les plus malchanceux. La sélection dans notre travail se faisait ainsi, éliminer la concurrence ne servait à rien, les officiels s’en chargeaient à notre place. Depuis ma traversée laborieuse –et presque mortelle- de l’enclave tellurique et mon infiltration en ce lieu, je passais mon temps à jouer au chat et à la souris avec eux. Pour le moment, je ne m’en sortais pas mal et ma réputation reposait également sur ça. Nos employeurs n’aimaient pas nous voir capturés, non pas qu’ils aient un quelconque attachement pour nous. Certainement pas ! Ils craignaient simplement de se faire dénoncer en échange d’une libération. Et étrangement, ils ne semblaient pas avoir hâte de sentir une corde se resserrer autour de la graisse de leurs cous. Vraiment bizarre… En tous les cas, leur survie m’arrangeait, sans eux, impossible de mener ma vie actuelle de débauche. La boisson inhibait mes songes. Mes activités occupaient mes journées. Les filles, mes soirées. Saeros était mort en un sens…

Il ne restait que Scorpio, sobriquet simplet dont m’avaient affublé les collègues. Il reposait sur la forme des armes que j’utilisais. Avec l’argent gagné au fil des contrats, je m’étais constitué un véritable arsenal. Une bandoulière de couteaux à lancer en forme de scorpion barrait mon torse. Deux dagues, reposant sur le même design, ornaient le bas de mon dos. Pour finir, deux lames secrètes, tout ce qu’il y a de plus classique, enserraient mes deux poignets. Une nouvelle capacité magique avait également fait son apparition, certainement à cause de ma nouvelle vie en communauté. Celle-ci me permettait à présent de visualiser les auras des personnes. Ce pouvoir se traduisait par un halo coloré émanant de l’individu. Chaque couleur traduisait une qualité ou un défaut, et un ressenti bien spécifique venait préciser cette lecture. Plus je discutais avec une personne, plus l’aura était précise. Après réflexion, je me demandais si cette faculté n’avait pas déjà fait son apparition lorsque je passais mon temps à espionner les démons à Desierto. Cela expliquerait le sentiment de menace constante qui m’habitait à l’époque. Ainsi, elle m’aidait autant qu’elle me parasitait dans mon travail. Je cernais en effet mieux les personnes, mais il était compliqué d’assassiner une personne avec une aura dépourvu de toute noirceur. Heureusement, ces cas-là étaient rares. Pour être tout à fait franc, je n’en avais encore jamais vu de totalement blanche. Plus ou moins, mais jamais entièrement. Et j’espérais que cela allait durer.

Ma cible venait de pénétrer dans une maison et je me faufilai à sa suite en forçant une fenêtre de l’étage. Le calme régnait dans l’habitation et seul le bruit des pas de ma proie brisait cette quiétude. Synchronisant ma démarche avec la sienne, je glissais d’ombre en ombre, me rapprochant petit à petit de mon objectif. D’un mouvement sec du poignet, je fis sortir ma lame secrète avant de pénétrer dans la chambre où la jeune femme se trouvait. J’allais frapper lorsque mon mouvement s’arrêta net. Ma future victime ne m’avait pas encore aperçu, occupé qu’elle était à border son enfant endormi. Lorsqu’elle se retourna, j’étais toujours pétrifié et elle hurla en m’apercevant. Elle se mit aussitôt à me supplier de ne pas la tuer et sa fille, maintenant éveillée, vint se joindre à ses supplications. J’aurais dû finir ma mission et courir oublier tout ceci en ingérant des litres d’alcool, mais cette scène fit naitre un écho aux tréfonds de mon être. Saeros ressurgissait petit à petit. Et plus elles me suppliaient, plus leurs auras se précisaient. Et plus les auras étaient précises, plus Saeros chassait Scorpio de mon esprit. Comment pouvais-je penser un seul instant à tuer cette mère ? Je savais ce que l’enfant ressentirait pour l’avoir vécu par deux fois… Étais-je vraiment tombé si bas ? Oui ! Non ! Je n’en avais aucune idée en réalité. La lecture de la lettre de Karura m’avait brisé d’une manière difficile à expliquer. J’étais devenu un fantôme. Un spectre enfanté par des révélations compliquées à assimiler. Et j’avais réagi de la manière la plus lâche possible. L’apitoiement à la place de la réflexion. La fuite à la place de l’affrontement. La destruction à la place de la construction. Était-il trop tard pour rectifier tout ceci ?

Ma lame retourna dans son fourreau à l’instant où les autorités enfonçaient la porte de la maison. Le hurlement de la jeune mère les avait certainement alertées. Je bafouillai un désolé avant de bondir par la fenêtre. Les morceaux de verre entaillèrent ma peau à de multiples endroits, rendant mon atterrissage d’autant plus douloureux. Je courus à travers la ville jusqu’à trouver une embarcation capable de m’emmener vers le nord du pays. Les multiples canaux me permirent de semer mes poursuivants les uns après les autres. Je changeai régulièrement d’embarcation afin de garder le bon cap. Une nouvelle page de ma vie se tournait. Je n’avais aucune idée de quoi serait fait demain. Ma seule certitude : il ne devait en aucun cas ressembler à hier.

Rencontre


Un groupe de démon passa en contrebas de ma position. Le froid ne semblait aucunement les affecter, contrairement à moi… Les multiples épaisseurs recouvrant mon corps suffisaient tout juste à me garder au chaud et rendaient mes déplacements particulièrement difficiles. Pourtant, je m’obstinais à les suivre depuis plusieurs semaines maintenant. Sous leur forme actuelle, j’aurais presque pu croire que j’espionnais de simples humains. Presque… En effet, deux individus semblaient particulièrement en manque de combat et ils prenaient plaisir à s’affronter régulièrement lors de joutes « amicales ». Des joutes sous formes démoniaques bien évidemment. En dehors de ces moments, leurs habitudes sociales ne différaient pas tellement des nôtres. Deux ans que je traquais les serviteurs de Zereph présents à Iceberg, et le constat était toujours le même. Au quotidien, ils nous ressemblaient bien plus que nous ne voulions bien nous l’avouer. Je consignais toutes mes observations dans le carnet de ma mère biologique retrouvé avec la lettre de Karura. Ce-dernier m’avait beaucoup appris sur mes anciens adversaires et ma haine envers eux s’était envolée petit à petit. Ma haine, mais certainement pas ma méfiance. Tant qu’ils se trouveraient sous le joug de Zereph, ils représentaient un danger non-négligeable. Et même sans cette contrainte, il y avait fort à parier qu’une partie d’entre eux resteraient de dangereux psychopathes. Tout autant que l’espèce humaine... L’ouvrage contenait également de nombreuses précisions sur le véritable potentiel de ma seconde magie, ainsi que de nombreux sceaux inédits. Ce pouvoir marchait en effet sur les humains, mais prenait de l’ampleur lorsqu’on l’utilisait sur un démon. Les enchantements gagnaient en puissance et parmi les nouveaux croquis découverts, certains ne pouvaient d’ailleurs s’appliquer que sur eux. J’avais également fait la découverte du sceau ultime qui avait permis à ma mère de libérer Karura. Un sceau des plus dangereux. Un sceau mortel la plupart du temps…

Enfin ! Tout ça pour dire qu’à défaut de véritables objectifs, je me renseignais et m’entraînais. Ainsi, mes pouvoirs prirent véritablement de l’ampleur. Je pouvais à présent créer mon propre sable à partir du néant, une technique plus épuisante, mais réellement utile selon l’environnement. Combiner mes deux magies ne m’épuisait plus autant qu’avant. Et, à présent que je comprenais la véritable utilité de mes sceaux, ceux-ci semblaient plus aisés à faire apparaître. Pourtant, j’évitais tout conflit, verser le sang d’innocents n’était plus d’actualité. Mes quelques rencontres avec des démons se soldaient toutes de la même manière : la fuite. Avant ou après avoir mis mon adversaire hors d’état de nuire, mais le meurtre de démons ne m’intéressait plus. Ma vengeance non plus. Je commençais à entrevoir un nouvel avenir… Rien de bien précis, mais il serait, sans nul doute, basé sur ma nouvelle vision de la situation. Une soudaine agitation s’empara du groupe de démons. Je crus tout d’abord qu’ils m’avaient repéré, mais un bref coup d’œil dans mon dos m’apprit que non. Une fumée noire s’élevait dans le ciel à quelques kilomètres de ma position. Un affrontement ? Il fallait que j’en aie le cœur net. À l’aide de petites explosions sableuse, je me propulsai rapidement en direction de la volute noirâtre. Ma course bondissante m’amena au niveau d’une montagne glacée qui venait de perdre la tête. Littéralement. On aurait pu croire à un volcan si le climat d’Iceberg s’y était prêté. Et également, si je n’apercevais pas des ruines à travers le nuage de poussière. Les démons ne tarderaient plus à arriver et je devais me dépêcher si je ne voulais pas me retrouver encerclé de toute part. Sans plus attendre, je me précipitai donc au cœur de cette montagne.

Le sol instable et les éboulements incessants rendaient ma progression particulièrement ardue. Ma lenteur m’exaspérait, mais je ne pouvais me permettre d’aller plus vite. De nombreux cadavres jonchaient mon parcours du combattant. Des corps disloqués. Broyés. Calcinés. Il y avait à boire et à manger. La mort semblait s’être organisé un petit festival, et l’invitation destinée à la clémence s’était visiblement égarée en chemin. Je faillis tourner les talons à plusieurs reprises, mais la curiosité m’en empêchait. Je ne devais plus être très loin de l’origine de la catastrophe. Et lorsque je la vis enfin, la surprise me laissa pantois. Une jeune fille, qui ne devait même pas avoir une dizaine d’années, se tenait là, étendue sur le sol. Une étrange marionnette de lapin reposait sur son torse inerte… Non ! La respiration était faible, mais elle vivait. Sans hésitation, je la pris dans mes bras -ramassant au passage son étrange jouet- avant de parcourir le chemin vers la sortie le plus rapidement possible. Heureusement, l’enfant était frêle et ne me gênait que très peu dans mes mouvements. J’émergeai de la montagne à l’instant même où un trio de démons  arrivait sur les lieux. Merde… Ils se tenaient entre moi et la seule issue possible, ce coup-ci la fuite ne faisait pas partie de mes options. Ou tout du moins pas directement. Et ce coup-ci, il n’y avait pas que ma vie en jeu. Il était également inconcevable de traîner plus que nécessaire, des renforts ne tarderaient certainement plus… Il me restait cependant une solution, mais j’allais devoir tester l’un de mes sceaux les plus puissants et cela ne m’enchantait guère. Mes pensées se focalisèrent sur mes souvenirs les plus heureux et sur mon envie de sauver cette fillette. Les sceaux fusèrent en même temps que les premières attaques des démons. La barrière eut tout juste le temps de se mettre en place avant l’impact, les sorts rebondirent pour filer droit sur leur lanceur respectif. La confusion s’empara de mes adversaires et je profitai de leur désarroi pour prendre la fuite, m’aidant à nouveau de ma propulsion sableuse pour mettre un maximum de distance entre nous.

Je réussis à franchir la frontière avec Seven assez rapidement, mais l’épuisement me rattrapa tout aussi vite. Et pourtant, je devais encore trouver un abri susceptible de nous protéger pendant que je me reposais. Une tâche particulièrement difficile dans ce pays… Où que mon regard se porte, il tombait à chaque fois sur mon propre reflet. Après m’être pris plusieurs murs de pleins fouets, je finis cependant par nous trouver un recoin suffisamment perdu dans ce labyrinthe pour que les démons aient beaucoup de mal à nous mettre la main dessus. Ce n’était pas parfait, mais mes jambes ne nous porteraient pas plus loin…

Nouveaux Horizons


Les grains glissèrent lentement entre mes doigts tandis que je desserrais progressivement le poing. Un à un, le vent les emporta et ils reprirent leur place dans l’immensité désertique d’Igaï. Un large sourire éclairait mon visage, je n’aurais jamais pensé éprouver autant de plaisir à retrouver mon élément. Quatre ans, déjà, s’étaient écoulés depuis mon départ de Desierto. Quatre ans de doutes. Quatre ans de découvertes. Ma tête se tourna vers la jeune fille debout à mes côtés, je voyageais avec Tsuki depuis maintenant une année. Après son sauvetage dans le village caché d’Iceberg, nous avions voyagé à travers plusieurs pays. Et durant ce périple, elle avait grandi de bien des façons. Je l’entraînais quotidiennement, lui transmettant l’héritage guerrier de Karura tout en l’aidant du mieux que je pouvais dans le développement de sa magie. Pour sa part, elle me sauva d’une toute autre manière. Sa compagnie me sortit enfin de ma solitude. Elle n’avait rien à voir avec ma « famille » d’assassins et de voleurs de Joya. Non. Elle me rappelait plutôt mes jeunes années et ma vie avec ma mère démoniaque. En bref, elle réveillait en moi le souvenir des plus belles années de ma vie. Ce fut douloureux dans un premier temps, puis ça me força à réfléchir à l’avenir. Il était temps pour moi de cesser de fuir. Plus d’esquives sous des prétextes improbables, je possédais un pouvoir utile et il était temps que je le mette au service d’une cause. De ma cause. Et la découverte de ce désert en plein cœur de Fiore me fit comprendre que je venais de trouver un lieu parfait pour repartir sur de bonnes bases.

Je repris donc ma marche et Tsuki m’emboîta le pas dans cet environnement à la fois familier et totalement nouveau. La survie ne me poserait pas de problèmes, la faune par contre, m’inquiétait fortement. Les démons avaient chassé la plupart des créatures de Desierto et je ne connaissais donc que très peu d’entre elles autrement que par des descriptions orales ou écrites. De plus, tous les déserts ne devaient pas abriter les mêmes. J’avançais donc d’un pas méfiant, les sens en alerte, à la recherche de la moindre menace. Il fallut une heure avant que celle-ci montre le bout de son nez sous la forme d’une grande vague de sable. J’eus tout juste le temps de prévenir Tsuki, pour qu’elle invoque l’un de ses esprits récupérés sur la route, qu’un immense ver surgit devant nous. Sa puissance ne faisait aucun doute sans parler du fait, qu’avec sa taille, il pouvait nous écraser sans effort. Sa corpulence jouait pourtant en ma faveur, il serait difficile pour moi de le louper avec mes sceaux. L’affrontement commença et notre adversaire s’avéra plus que redoutable. Heureusement pour nous, un renfort inattendu vint nous prêter main forte. Son aura, bien que trouble, m’apprit que nous n’avions pas affaire à un allié forcément très sympathique, mais je me voyais mal faire ma fine bouche vu notre situation. Le combat continua et nous passâmes autant de temps à frapper le ver qu’à se sauver la vie mutuellement. Mais nous perdions insensiblement du terrain, il n’était plus question de faire dans la demi-mesure. Puisant dans mon élément omniprésent dans l’environnement, je fis s’élever un raz-de-marée sableux avant de la projeter sur notre adversaire. Seul petit problème, nous nous mîmes à glisser dans le trou ainsi créé et je ne pus rien faire au risque de perdre le contrôle de ma technique. Nous finîmes, par chance, par déboucher dans une sorte de galerie rocheuse. Nous nous glissâmes un à un à l’intérieur et le sable vint nous enterrer dans ce repère improvisé. Au moins, le ver ne pourrait pas nous suivre…

Je pris quelques secondes pour récupérer mon souffle avant de prendre des nouvelles de Tsuki. Celle-ci était secouée –difficile de lui en vouloir- mais ses blessures restaient superficielles. Je me retournai donc vers notre mystérieux renfort afin de le remercier. Ce que je vis alors, m’inhiba un court instant. Il gisait sur le sol, mais de là ne venait pas le problème, son aura se modifiait bien trop pour un homme inconscient. Du rouge pour le sang et la haine. Du gris pour l’acier des armes. Du noir pour souligner la noirceur de cet être. Mon cerveau tournait à pleine vitesse, cherchant  une explication à une telle évolution. Le sceau de contention s’imposa alors à mon esprit. Bien sûr ! Je me tenais face à mon premier possédé. Intéressant… Mais surtout dangereux à l’heure actuelle. Je me mis donc immédiatement au travail. Mes mains se plaquèrent de chaque côté de sa tête et je demandai à Tsuki de le maintenir immobile autant que possible tandis que les premiers traits du sceau firent leur apparition. Par chance pour moi, le démon avait presque entièrement prit possession de cet homme, ce qui rendait ma magie encore plus efficace. Il ne me fallut qu’une poignée de minutes pour enfermer le démon et redonner la possession de son corps à notre sauveur. Je me laissai aller contre le mur le plus proche tandis que l’épuisement m’envahissait. Et bien ! Si l’on m’avait dit que mon retour dans le désert s’avèrerait autant animé, je ne l’aurais pas cru. Je souris à Tsuki pendant que le possédé reprenait doucement ses esprits, nous avions réussi. Le sceau avait laissé place à un tatouage totalement différent, un phénomène inexplicable de mon pouvoir. En effet, celui-ci semblait s’adapter à l’individu sur lequel je l’appliquais. Les heures suivantes furent consacrées aux présentations, aux explications ainsi qu’à l’exploration…

Nous finîmes ainsi par déboucher sur une caverne tout simplement magnifique. D’immenses arches creusées dans la roche par la nature elle-même soutenait un plafond bien trop haut pour être visible de notre position. De l’eau ruisselait sur les parois et un ruisseau la traversait de part en part. Des arbres, de la mousse et d’autres végétations venaient colorer ce décor paradisiaque. Notre affrontement avec le ver et le scellement du démon de Zenro furent rapidement oubliés devant un tel spectacle. Je venais de trouver une nouvelle maison... Nous venions de trouver une nouvelle maison.

Mise en Place


Mon regard se posa tour à tour sur les cinq frères assis à mes côtés avant de se porter sur le reste de ma famille qui s’affairait en contrebas. Notre guilde avait pris de l’ampleur au cours des trois dernières années. Notre repère était à présent éclairé par un système de miroir redirigeant la lumière du soleil à travers un réseau complexe de tunnel. De multiples plateformes et maisons, creusées à même la roche, s’élevaient le long des piliers et des parois, le tout relié par des pontons en bois. Même la faune avait décidé de venir cohabiter avec nous à l’intérieur de cette étrange ville. La cerise sur le gâteau : sa position. Elle se trouvait sous le Grand Souk d’Arrakis, une position stratégique qui nous avait permis de créer de nombreuses sorties un peu partout à l’intérieur de la ville, mais aussi dans ses alentours. Nous contrôlions depuis peu son économie, gérant dans l’ombre les affaires effectuées à la surface. Voler, tuer ou commercer sans notre autorisation revenaient à se condamner à mort à plus ou moins long terme. Enfin, sans « notre » autorisation, plutôt sans l’autorisation de nos pantins peuplant la surface. En effet, notre existence reposait entièrement sur le secret, nul ne devait se douter de notre emplacement. Ma fratrie pouvait donc faire les quatre cents coups sans se dissimuler tant qu’elle se trouvait loin d’Arrakis et s’arrangeait pour rentrer sans poursuivants dérangeants. En bref, une guilde introuvable avec des membres sillonnant tout Fiore et effectuant principalement des missions basées sur le vol et l’assassinat. La plupart de celles-ci servaient notre propre intérêt même si nous nous arrangions toujours pour laisser penser que nous agissions sous les ordres d’un commanditaire. Notre plan se mettait ainsi doucement en place, nous comptions briser les chaînes imposées par les différents dirigeants. L’alliance Lumen ? Le pacte écarlate ? Des foutaises inventées par des hommes assoiffés de pouvoir. Quelle différence avec nous ? Le libre-arbitre tout simplement. Une valeur souvent évoquée mais rarement respectée. Toute ma famille poursuivait ce but, même si certains n’y croyaient encore qu’à moitié. Cela viendrait…

Mes premiers membres et co-fondateurs, Zenro et Tsuki, se tenaient toujours à mes côtés. Pas encore dans le conseil cependant, l’un ne semblait pas encore y trouver d’intérêt tandis que l’autre devait grandir avant tout chose. Je passais beaucoup de temps avec tous mes membres, mais je devais bien avouer porter plus d’attention à ces deux-là. Le premier me permettait d’approfondir mes recherches sur les démons. En effet, le compagnon qui partageait son corps datait de bien avant Zereph et s’avérait donc totalement insensible au joug du mage noir. Une occasion en or de poursuivre mon apprentissage sur cette race aussi crainte que méconnue. Il s’avérait également être un compagnon d’armes aussi fidèle que précieux, et c’était un honneur pour moi de le compter parmi mes frères. La deuxième, elle, représentait la petite sœur que je n’avais jamais eue. Je m’efforçais de l’entraîner tout en lui apprenant à penser par elle-même. Nous voyagions souvent ensemble à la recherche de l’un de ses esprits. Nous profitions de ces moments-là pour parfaire son apprentissage du vol et de l’assassinat. Je ne la forçais jamais à éliminer ou à dépouiller une cible, je lui expliquais simplement les raisons qui nous poussaient à vouloir le faire. La décision finale lui revenait toujours, je n’étais pas là pour faire d’elle un monstre, mais uniquement pour partager ma vision de l’avenir et les moyens par lesquels nous pourrions l’atteindre. Elle avait d’ailleurs un talent unique pour percer dans notre métier, tellement peu de gens se méfiait d’une jeune fille. Une rencontre avec Tsuki suffisait généralement à briser cette idée. Pour ceux qui en ressortaient vivants bien évidemment.

Ma nouvelle vie au sein de Fiore me plaisait donc bien. J’avais enfin trouvé ma place et un but digne de ce nom. Pour la première fois de ma vie depuis la mort de Karura, j’étais en paix avec moi-même. Je savais que mes deux mères seraient fières de moi si elles avaient pu survivre pour voir ce jour. Après tout, Orion’s Curse leur devait presque tout. Il s’agissait d’un héritage magnifique laissé par des femmes tout simplement uniques. Aucun adjectif ne pouvait les qualifier dignement, elles étaient bien au-dessus de tout ceci. Lorsque je regardais en arrière, je me rendais compte à quel point la route avait été longue et plein d’embûches pour en arriver là. Lorsque je regardais en avant, je me rendais compte que je n’étais qu’au début de cette route. Tout était encore à faire
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Sirael AshtareosThe Golden King
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MessageSujet: Re: [TERMINEE] Saeros Maeglin, Orion's Curse Ven 8 Jan - 23:14

Blablablablabla.
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Go pour l’éval’ ! o/



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Magies :
Sand Magic : Ok, rien à dire, magie simple.
Demonic Sealing Magic : J’aurais aimé voir noir sur blanc le fait que les sceaux n’influent que sur les capacités physiques des cibles (et non magiques). Donc à préciser. Sinon, ok.
Aura Vision et Kansô : ok. Au risque de me répéter, j’aime beaucoup cette faculté.

Physique :

« Les traits noirs bordant mes yeux viennent d’ailleurs souligner cette différence. » Toi aussi, rejoins le club des hommes maquillés. :v

Rien à dire, sinon. Bonne description, notamment au niveau des fringues de l’homme du désert assez chiantes à faire, j’imagine.

Psychologie :

Bien, mais à approfondir sur certains points. Notamment pour tout ce qui est émotif. OC est la faille du perso, ok. Mais, concrètement, ça donne quoi ? Comment réagirait-il face à une atteinte à la guilde ? Sae’ est globalement froidement objectif mais qu’est-ce qui l’attriste ou, au contraire, le fait enrager ? De quoi flippe-t-il ? Bref, sinon, ça va.  Juste que t’abordes pas mal le côté « manière de penser » au détriment de la part « sentiments/réactions » du perso.

Ah et puis, dernière chose, y a un point qui m’a fait tiquer. Pas utopiste, vraiment ?
« À mes yeux, même les personnes les moins importantes peuvent faire de grandes choses pour un peu qu’on leur en donne la chance. C’est pour toutes ces raisons que j’ai fondé ma guilde. Je veux me placer en défenseur du monde. »
Pour moi, c’est un objectif qui relève de l’utopie. Après, peut-être que Sae ne se considère pas comme un utopiste, mais, de mon point de vue, son idéal l’est.
Donc bah… Si tu pouvais m’éclairer. :v P’têtre que j’ai mal compris.

Histoire :

Globalement, c’est une histoire sympathique. Ni trop longue, ni trop courte. Le style est fluide, les fautes peu présentes. Les rebondissements sont la plupart du temps bien amenés et plus appliqués dans l’écriture que le reste. C’est d’ailleurs quelque chose qui manque parfois à l’appel, chez toi : des procédés stylistiques. Ceci dit, je constate une évolution depuis la première fois où je t’ai corrigé (encore heureux !).
Ah, juste un bémol : les transitions Minstrel/Desierto sont trop rapides à mon goût. Ou peut-être que c’est même le passage à Minstrel en son intégralité que je n’ai pas trouvé assez « marquant », pour un gamin plongé dans une obscurité quasi-totale.
Bref, sinon, un texte agréable !


Sur la forme :

Là aussi, c’est bon. Plus de fautes pures que de fautes dénotant des lacunes en syntaxe/grammaire/etc. Un bon point, ça.

On va commencer par un petit florilège d’expressions idiomatiques :
- « couteaux de lancés » → de lancer
- « qui me servait de terrain de jeux » → jeu* dans l’expression
- « m’être pris plusieurs murs de pleins fouets » → de plein fouet*
- « Et bien ! » → eh bien*

L’homme aux virgules, le retour :
- « Elle se mit à chanter, doucement, l’air mélancolique me noya dans les profondeurs de ma peine. ». Coupe après « chanter »
- « Mais pour celle-ci, nos entraînements se déroulaient au calme dans le repère, j’avais en effet » Là aussi, découpe.
- « La sélection dans notre travail se faisait ainsi, éliminer la concurrence ne servait à rien, les officiels s’en chargeaient à notre place. » Après « ainsi ».
Ceci dit, tu faisais bien pire à ce niveau il y a un an, quand je t’ai connu. o:

Tu confonds « repère » (genre comme un quelque chose à partir de quoi on peut se repérer) et « repaire », l’abri. Ca m’a perturbé pendant toute la lecture, espérant qu’à un moment tu te corrigerais et… Non. :v

Deux ou trois fois, j’ai croisé des participes passé avec un « t » surnuméraire à la fin. Genre « parcourut » au lieu de « parcouru ».

Inattentions diverses : « finir enterrer », « une sphère sableuse encore plus grosse que la précédente filée », « la combinaison des deux restaient épuisantes », « voir même parfois les deux combinés », etc. Rares (et bravo pour ça !) mais moches ! xD

Bonus :
- « Ce-dernier » → ne force pas ces deux pauvres mots à se marier ! Pas de trait d’union, comme pour ses dérivés pluriel et féminins.
- On écrit Zeleph (VF) ou Zeref (VA), pas Zereph. X)



Bilan :

Au final, pas grand-chose à dire.
J’te laisse éditer ce que tu dois/veux éditer.
En attendant, ce sera une validation en tant que membre du Conseil d’Orion’s Curse à 3200 EP !
Valà !



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MessageSujet: Re: [TERMINEE] Saeros Maeglin, Orion's Curse Sam 9 Jan - 0:15

Pour la magie des sceaux, après discussion avec toi, j'ai précisé que ça n'influait pas la puissance magique.

Pour la psychologie, j'ai ajouté un paragraphe pour préciser un peu ce que tu demandes(le deuxième si ça peut te faciliter ton check des modifications). Après, les réactions de Saeros découlent la plupart du temps d'une longue réflexion. Pour ça que j'ai plus mis l'accent sur la manière de penser. Pour ce qui est de l'utopie, il s'agit d'une description à la première personne. Mon personnage ne voit pas son objectif comme utopique. Pour lui il est réel et atteignable assez rapidement si tu coupes les bonnes têtes.

Pour la transition Minstrel/Desierto, ce n'est pas la plus important pour mon personnage. Il s'agit d'une étape importante niveau background, mais ce n'est pas la plus importante pour la construction du personnage. Après, j'aurais certainement pu détailler un peu plus, mais voilà. ^^

Pour la forme, il ne me reste plus qu'à faire attention à tout ça pour les rps à venir.


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MessageSujet: Re: [TERMINEE] Saeros Maeglin, Orion's Curse Sam 9 Jan - 0:22

Les modifs me vont, t'es validé ! o/ Rendez-vous pour la FT !



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MessageSujet: Re: [TERMINEE] Saeros Maeglin, Orion's Curse

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