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 a fool thinks himself to be wise... ▬ Sirael

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Haruhiko KuragariAssiah
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Caractéristiques du Mage
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MessageSujet: a fool thinks himself to be wise... ▬ Sirael Dim 27 Déc - 20:20




... BUT A WISE MAN KNOWS HIMSELF TO BE A FOOL.

La pluie s’abattait à grosses gouttes sur son corps à terre, vidé de ses forces et de sa magie. Observant le ciel noir et lourd dont les nuages se mouvaient comme de véritables bêtes sauvages après son sortilège, le guerrier foudroyant attendait que les survivants de ce combat ne viennent l'achever. Il n'était plus capable de se défendre, ni d'attaquer. Il n'avait plus qu'à attendre la mort. C'est à ce moment précis que la vacuité de son existence sembla le frapper comme un uppercut dans l'estomac. Il avait erré sans but, s'était consumé sans hésitation et n'avait rien accompli. Peut-être avait-il débarrassé la terre de ces deux vermines, mais était-ce là l'objectif de sa vie, ou bien le destin le lui avait attribué par défaut, à défaut, justement, d’être capable de se décider ? Non. Il aurait vécu dans la terre et serait mort dans la boue. Comme ce jour-là. Tendant le bras vers le ciel ravagé, barré des immenses arches végétales et minérales de Landestia, il serra le poing en essayant d'attraper quelque chose d'invisible. Bientôt il irait nourrir la terre. Lui aussi.

Pourtant, c'était une journée qui n'avait pas si mal commencé. Haruhiko avait finalement traversé Fiore et était parvenu jusqu'au sud du Royaume. Il était incontestable que l'assise des magiciens et des diverses forces en présence dépendaient pour beaucoup des influences régissant ces terres, et il était clair que le sud était bien plus tranquille que le nord. Le mage de foudre commençait d'ailleurs à se poser la question quant à son installation, mais il avait encore beaucoup à voir avant de s'établir (et ce n'était pas comme si la guerre avait ravagé la plupart des pays voisins, hein ?). Qu'importe le lieu, son statut de solitaire rendait sa présence plus ou moins indésirable. Au mieux, ses braves homologues méprisaient son indifférence face au conflit, au pire cela menait à des affrontements plus ou moins violents visant à un endoctrinement. Les Lumens étaient bien moins agressifs que les mages des différentes guildes Écarlates, n'empêche que ce n'était pas la modestie qui les étouffaient. Le solitaire avait pris en assurance et de ce fait, pouvait fréquenter plus régulièrement les auberges et donc les diverses tavernes remplies de ces « héros » en couche culotte ou aux motivations peu scrupuleuses. C'était aussi à ces occasions qu'il faisait son éducation concernant les différentes guildes, apprenant à saisir les subtiles différences qui existaient entre elles. Et finalement… Il se posait la question quant à la véracité de leur propre guerre. Oui, les démons devaient être vaincus, Zeref combattu, c'était certain. Mais quel serait le prix de cette victoire ? Observant le fond de son verre à présent vide comme s'il pouvait lire l'avenir dans un marc de café imaginaire, Haruhiko fit la moue. Si certains s'enrichissaient par le biais du sauvetage des indigents, était-ce plus raisonnable de ne rien faire ? Lâchant un soupir dépité, les yeux de l'épéiste foudroyant se plissèrent imperceptiblement. S'il pouvait simplement sauver sa peau en se barrant le plus loin possible, tout serait bien plus simple. Mais fuir n'allait pas fonctionner éternellement.

Alors qu'il allait se lever, une grosse main se posa sur son épaule, lui intimant de se rasseoir et lui occasionnant un frisson de dégoût. Portant instinctivement la main à la garde de son sabre, une jeune femme lui adressa un sourire apaisant, signifiant ses intentions pacifiques. Le sourcil du solitaire s'arqua, profondément perplexe. Mais qui sont ces gens ? Finalement, ils furent quatre à prendre place face à lui, sur un banc qui était un peu trop petit pour tous les accueillir. C'est donc serrés comme des sardines que les quatre énergumènes se présentèrent. La jeune femme était une magicienne entrant à peine dans l'âge adulte, à l'expression calme et bienveillante, soulignée par des yeux verts et en amande. Ses cheveux étaient une cascade blonde et ondulées ramenés en queue de cheval, soutenant d'autant plus son physique candide et, à première vue, inoffensif. Le second était un homme taillé dans le roc, un géant aux traits carrés atteignant plus de deux mètres et celui-là même qui avait touché son épaule. Le contact l'avait répugné, ça n'était toujours pas quelque chose qu'il appréciait. Contrairement à sa collègue, il semblait beaucoup moins calme et  être le tank de ce petit groupe, expliquant peut être cette attitude brutale et impolie. Les deux autres étaient deux jeunes hommes ayant encore un pied dans l'adolescence, et tandis que l'un portait une épée dans le dos, l'autre était paré d'une multitude de ce qui semblait être des plaques protectrices. La demoiselle, qui semblait être la chef de ce petit groupe, les présenta comme une association indépendante de mages initialement solitaires. N’adhérant à aucune guilde et accordant trop d'importance à leur propre liberté, ils étaient une bande d'aventuriers traversant les royaumes et les champs de bataille terminés afin de se faire un peu d'argent et creuser leur trou à l'abri du besoin, des guerres et de la famine. Selon ses dires, ils l'avaient vu se battre contre un autre mage dans l'un des villages voisins et avaient « aimé son style ». Ils lui proposaient donc de rejoindre leur glorieuse et puissante compagnie comme s’il s’agissait de l’ultime honneur que l’on pouvait accorder à un être humain. Jetant un œil plus attentif aux diverses breloques qu'ils portaient, certaines bagues et autres joailleries étaient en fait d'une valeur et d'une finesse assez inégales. Rien ne provenait de la même source, du même vendeur. Du même cadavre. Des brigands et des pilleurs. Voilà ce qu'ils étaient.

Se levant de table, Haruhiko déclina poliment et rapidement la proposition avant de sortir de l'auberge sans demander son reste. Il se pinça imperceptiblement la lèvre alors qu'il passait le pas de la porte. Il avait été suivi depuis sa dernière escale et n'avait pas été assez prudent. Mais s'ils avaient été témoins de sa précédente joute, ils n'étaient probablement pas assez fous pour venir lui chercher des noises. Préférant la sécurité à l'imprudence, le mage solitaire régla la note, sella son cheval qui se reposait à l'étable et pris la poudre d'escampette. Tant pis, ils dormiraient à la belle étoile cette nuit. Même si celle-ci s'annonçait particulièrement désagréable. En effet, de nombreux nuages venaient s'amonceler au-dessus de leurs têtes en un bourdonnement sourd, comme l'aurait fait le ronronnement d'un chat géant. S'il était un mage de foudre, se faire réveiller par la pluie froide et drue n'avait rien d'agréable pour autant. Avec un peu de chance il pourrait trouver un village un peu plus en retrait, un lieu où personne ne viendrait le déranger ou l'épier comme une bête curieuse.

Landestia était superbe malgré le mauvais temps et le jour déclinant, les grandes arches naturelles s'élevaient au-dessus de la grande étendue de bambous et de rivières comme les bras d'immenses déesses végétales et minérales. La terre, déjà riche et meuble, serait probablement extrêmement boueuse lorsque la pluie viendrait. D'ailleurs… Quelques gouttes commençaient à s'écraser en des plocs légers tout autour de lui, faisant raisonner les feuilles dont leur collision et les faisaient tinter à la façon des grelots situés sur les toits des villages éparpillées dans toute la vallée. Alors qu'ils cheminaient depuis environ quinze minutes, une tête blonde et un géant apparurent devant eux, au milieu de la clairière et leur barrèrent le passage.




Tirant sur ses rênes, Sharyar renâcla à leur contact avant de se stopper. Les deux autres jeunes hommes s'étaient postés derrière, les encerclant. « Tu ne pensais pas que ça allait se finir comme ça, j’espère ? » La voix de la jeune femme avait une intonation bien différente que celle entendue dans l'auberge, un timbre bien plus arrogant et téméraire. « Tu te penses au-dessus de nous peut-être, hein ? Si tu descendais de ton cheval, qu'on te fasse les poches pour voir ? » Haruhiko laissa échapper un sourire excédé, un peu comme si un moucheron s'était écrasé sur un coin de son visage. D'autant plus remontés, les quatre brigands commençaient à dégainer leurs armes. Descendant de son cheval, il lui donna une claque sur les fesses pour qu'il s'éloigne le temps du combat. Se postant à une trentaine de mètres, visiblement habitué à ce petit manège, la brave bête fixait attentivement ce qui était, à première vue, un combat assez inégal. Il n'avait aucune idée du niveau de ses adversaires mais il ne s'en préoccupait pas vraiment, à vrai dire.

Ce fut sa première erreur.

Se concentrant sur sa force et sa vitesse de frappe, Haruhiko visa le géant en premier lieu. Il semblait être la puissance principale de ce petit groupe, et visiblement c'était celui qui protégeait leur petite chef. Lançant l'Azantys, le corps du magicien de foudre fut parcouru d'un courant électrique intense avant qu'il ne s'élance à toute vitesse contre l'immense gardien. Alors qu'il allait frapper de plein fouet le mage, celui-ci fut stoppé net par un immense mur de pierre qui le protégea du coup qui était censé le décapiter. Sa lame dépourvue de revêtement tinta désagréablement dans sa main et lui engourdit imperceptiblement le poignet, le forçant à battre en retraite le temps d'assimiler l'information. Malgré la carrure qui semblait indiquer un combattant de première ligne, ce type-là était en réalité un mage élémentariste de terre, privilégiant un combat à distance. Alors qu'il préparait sa riposte, l’autre jeune homme épéiste vint croiser le fer avec lui tandis que les trois autres restaient à distance. Ne me dites pas que... Et pourtant si. Lui qui était bien meilleur au corps à corps, il devrait combattre trois experts en combat de longue portée. Ce fut sa deuxième erreur. Réfléchissant à une nouvelle approche, la posture du guerrier magicien se fit plus défensive. Il devait neutraliser ce gugusse en premier lieu.

L'Azantys et le Lightning Body lui permirent de prendre de l'avance sur son adversaire, alors qu'il composait le revêtement Múspellssynir, améliorant grandement le tranchant de son sabre. Le mage de terre propulsa derechef son camarade épéiste à l'aide de la terre, qui agissait comme un tremplin. Surprit par la vitesse de l'attaque, Haruhiko para au dernier moment mais essuya une vilaine entaille à l'épaule gauche. Cependant son épée, maintenant soutenue par le revêtement, attaquaient bien plus violemment l'acier de son adversaire que précédemment. Avec un peu de chance et de persévérance, il pourrait tenter de briser son épée et de l'avoir à l'usure. Si les trois derrières ne bougeaient pas, il aurait alors peut être une chance de les battre s'ils ne comptaient que sur les aptitudes de l'un des leurs sur le champ de bataille. Ce fut sa troisième erreur. Économisant sa magie, il se concentra uniquement sur l'adversaire en face de lui et dominait à présent l'affrontement. Ils étaient peut être quatre, mais individuellement ils étaient visiblement bien moins puissants que lui. Alors qu'ils échangèrent de nouveaux coups, l'épée du garçon se fissura avant de voler en éclats. Sautant sur l'occasion, le guerrier foudroyant trancha latéralement son torse en une vilaine blessure. Pas assez profonde pour le tuer, mais bien assez pour le mettre hors combat. C'est à ce moment précis qu'un mur de pierres haut de plusieurs mètres s'érigea entre lui et ses adversaires, déformant le paysage. C'est aussi à ce moment précis que Sharyar prit peur, disparaissant au galop entre les arbres. Ne se préoccupant de ce dernier détail, Haruhiko usa de nouveau de son sort de vélocité pour grimper au-delà du mur et enfin finir son adversaire qui… Était de nouveau debout. A peine une dizaine de secondes s'étaient écoulées entre la poussée du mur et cette nouvelle rencontre, mais la blessure était déjà refermée et il était gratifié d'une nouvelle épée. Un mage de soin de cachait parmi ces rats, assez puissant pour prodiguer une guérison à la fois rapide, radicale, mais aussi à distance ! Étouffant un râle de frustration, les phalanges du guerrier magicien blanchirent imperceptiblement alors qu'il resserrait la prise sur la garde de son sabre électrifié.

Repartant dans un nouvel assaut, il était contraint de combattre de nouveau l'épéiste en première ligne. Cette fois cependant, des murs de terre venaient successivement gêner, obstruer la vue ou détourner les attaques d'Haruhiko qui commençaient à transpirer alors que la pluie, quant à elle, se faisait de plus en plus drue. Il devrait successivement tromper la garde de son adversaire direct mais aussi du mage qui le protégeait pour espérer l'atteindre, fatalement, s'il ne voulait pas que celui-ci se relève encore une fois. Il feinta doublement ses opposants, mais alors qu'il allait atteindre la gorge du garçon une barrière magique se matérialisa entre sa lame et elle, explosant et déviant le coup. Les deux guerriers furent touchés comme par des éclats de verre, mais la femme magicienne soigna immédiatement son camarade blessé. Plus le combat avançait, plus il voyait clair dans la stratégie des quatre brigands. Tandis que l'un d'entre eux allait au casse-pipe, il était soutenu de loin par le mage de terre et celui qui pouvait matérialiser les protections offensives. Celles-ci étaient fragiles, et ne servaient pas à bloquer les attaques, mais bien à servir de bombes qui pouvaient dévier les attaques en plus d'affecter l'ennemi au cas où les deux premières vigilances étaient trompées. Et en cas de blessure, la jeune femme était certaine de pouvoir soigner ses camardes en un tour de main. Résultat des courses, quand bien même cela puisant dans leurs réserves, la répartition des tâches était telle que l'adversaire allait s'épuiser bien avant eux. Serrant les dents, il assimilait progressivement dans quelle merde il s'était fourré. Leur plan n'était pas de le rallier à la cause, mais bien de le forcer à s'isoler pour mieux le détrousser. Ils devaient avoir fait ça des dizaines de fois, et son sabre avait clairement indiqué la couleur : mage privilégiant le corps à corps, quand bien même il serait capable de sortilèges à distances ceux-ci seraient déviés par les gardiens et son attention serait focalisée sur le combattant à l'épée. Il devait changer de stratégie. Radicalement.

Prenant du recul avec sa vélocité, cette fois il décida de ne plus économiser sa magie. Il n'était pas fait pour les combats de longue durée, et c'était précisément sur celle-ci que comptaient ses adversaires. Physiquement épuisé, il allait donc balancer tout ce qu'il avait dans le ventre pour les noyer, et atteindre directement les trois restés en retraite. Dos au mur qu'avait érigé le mage de terre, il incanta Rjúfendr sur l'avant et l'arrière garde afin de détourner quelques secondes leur attention. Érigeant deux barrières de terre pour tous les protéger, le mage élémentariste bodybuildé les abaissa pour dégager de nouveau leur champ de vision. Néanmoins, Haruhiko avait déjà incanté Jörmungand, le puissant serpent électrique. Ce sort était bien plus costaud que le précédent, qui avait déjà sollicité magiquement son adversaire. Coupant l'herbe sous le pied de ses adversaires, un énorme nuage de poussière humide, de boue et de pierres envahi le champ de bataille, obstruant la vue de tous. Il ne disposait que d'une poignée de secondes pour en finir.

Prenant une grande inspiration, son sabre dans les deux mains et pointé droit devant lui, Haruhiko commença à incanter. « Odore odore raijin no, jinrai hyakurai manekikitare. » L'air commença à crépiter autour de lui en des fils voltaïques, gagnant en puissance à chaque mot prononcé par le magicien. « Yo ni towa ni ikuru mono nashi setsuna hirameki kairaku musabore. Matataki no uchi ni subete o nageute. » Les cumulonimbus qui jusqu'à présent grognaient en fond commencèrent à produire d'inquiétants bruits, alors que des éclairs parcouraient leurs énormes masses. « Okureru mono zo, kōkai mesa ru na koyoi, satsuriku no utage nari. Hateyo hateyo hateyo hateyo. » Alors que le nuage de terre commençaient à se dissiper, l'épéiste adversaire avait enfin retrouvé la vue et comprenait le petit jeu d'Haruhiko dont le visage s'était fendu d'un sourire de dément. Il hurla quelque chose à ses camarades, mais le bruit de la foudre couvrait déjà sa voix. « Inochi, subete chiri hateyo tamashī no gedatsu, karoyakana ran. Kono karuki o kono yakudō o kono jiyū o kono kōfuku o subete no mono ni wake ata ! OLAM ATZILUT ! » Il abaissa alors son sabre vers le sol tandis que la colère des cieux vint s'abattre sur les trois restés en retrait. Celui aux boucliers de verre était visiblement doté de réflexes hors du commun, et put réchapper à l'impact mais fut projeté quelques mètres plus loin. En revanche, l'immense colonne de foudre frappa de plein fouet le mage de terre et la jeune femme, qui furent réduits à l'état de fumée et de poussière. A la place se trouvait un cratère vide, comme s'ils n'avaient jamais existés. Haruhiko tituba quelques secondes comme un alcoolique avant de lâcher son sabre, qui vint se planter dans la terre meuble. Quelques réminiscences électriques venaient parcourir ses membres raidis, mais il était vidé de toute magie. Plus… D'jus. S’effondrant en arrière, la boue amortie sa chute mais pas sa blessure narcissique.

Il était donc là, au sol, à ruminer ce qu'il pensait être ses dernières pensées, la main tendue vers le ciel. Il était immensément frustré, en colère. C'était sa bêtise et son imprudence qui l'avait tué, pas son manque de puissance. Il avait sous-estimé ses adversaires, et il se rendait progressivement compte des erreurs qui avaient jalonnées son combat. Abaissant sa main, il commençait à voir les silhouettes de ses deux derniers combattants dans le coin de sa vision périphérique. Une pensée le frappa alors, étrange. Il n'avait pas dessellé Sharyar. La pauvre bête s'était enfuit dès que le combat avait commencé à prendre des proportions trop déraisonnables pour un animal ayant peur de sa propre ombre ou du bruit de la rivière, il se ferait probablement dévorer par des bêtes ou, avec de la chance, recueillir par des hommes qui sauront prendre soin de lui. Sa dernière pensée irait donc à son seul et unique ami, une bestiole dont le cerveau ne dépassait pas la taille d'une balle de rugby.

Il réprima un petit rire amer, alors que la pluie continuait de tomber.






Merci Baba ♥:
 

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Sirael AshtareosThe Golden King
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MessageSujet: Re: a fool thinks himself to be wise... ▬ Sirael Lun 28 Déc - 23:50







A fool thinks himself to be wise…



Nature et sérénité. Calme et verdoyance. C’est ce qu’était venu chercher Sirael.

Le maître de guilde appréciait Landestia pour ses qualités à la fois sauvages et tendres.
C’était là le chef d’œuvre de la Terre : concilier la brutalité de ses cycles à la quiétude de ses créations. Tout était là, vert, beau, bleu, magnifique. Des tiges géométriques des bambous à leur feuillage, qui prenait un caractère hypnotisant lorsque le vent venait le secouer, jusqu'à la rumeur que chuchotait la rivière… Tout inspirait l’harmonie au Golden King.
Le voilà donc assis, vêtu d’un ample haut blanc et d’un simple pantalon noir, sur un rocher, près d’un cours d’eau limpide à la course tranquille. Seuls témoins de sa condition : un épais collier fait de plusieurs amandes effilées dans l’or taillées. Pour parer chacun de ses poignets, la même chose arrangée sous forme de bracelet.
Sirael Ashtareos, arborant un visage aux traits détendus, se prélassait à la douceur de juin. Pourtant, peu à peu, de noirs nuages, mystérieux augures, venaient glisser leur corps chargés de colère entre le ciel et la terre.

Qu’il était bon de s’offrir des moments de plaisir… ! Le maître de Golden Reign, rongé par ses ambitions, avait souvent pour désir de se trouver dans cette situation-là… A savoir, la solitude au milieu de la nature. Depuis qu’il était arrivé à Fiore, six ans auparavant, il n’avait eu de cesse de s’émerveiller devant cette splendeur émeraude qui imprégnait encore ce royaume. Instantanément tombé sous le charme de cette créature septentrionale, il entendait dès lors la séduire pour mieux la préserver. Oui… Fiore, la seule femme dont il rêvait… Pauvre fille sous le joug d’un pleutre de mari à l’ingratitude infinie. Pour l’heure, Sirael restait une pensée tapie dans l’ombre de son esprit… Ah ! Comme il pouvait rêver de porter enfin une main protectrice sur ses douces courbes, sur tous ses charmes destinés à la dépravation démoniaque…
Fiore serait sienne.
Et le jeune homme ferait tout pour ravir son cœur.
Pour l’heure, Sirael restait une pensée tapie dans l’ombre de son esprit… Mais ce qui originellement se trouvait le plus au Sud étendrait bien vite son influence dans l’être de sa belle. Une douce conversion qui permettrait au deux parties de s’épanouir comme jamais…
Pour l’heure.

Le soleil devait sûrement être en déclin, derrière sa couverture de laine grisâtre. A ce constat, Sirael s’étira et se dressa sur son rocher ayant accumulé toute la chaleur de l’après-midi. La pluie ne tarderait pas à tomber et il lui fallait rentrer à Kaenrish avant que la nuit tombe.
Il se mordit la lèvre inférieure, geste anxieux qu’il ne s’accordait qu’en sa propre compagnie. Si le Light Dragon Slayer appréciait ses virées solitaires, il ne cessait jamais de penser à ce qui aurait pu arriver à Golden Reign en son absence. Certes, Djinn veillait au grain. Et, Sirael le savait, il n’aurait jamais laissé quoi que ce soit arriver… Mais, inconsciemment, le Roi Doré, malgré la confiance absolue qu’il portait envers son ami, ne pouvait s’empêcher de se torturer l’esprit à grands coups de suppositions abracadabrantesques et autres théories fumeuses…


- Il me faut rejoindre la guilde…


Aussitôt eut-il prononcé ces mots que de lourdes gouttes tombaient autour de lui, le cernant de leur étouffante humidité. Le jeune homme considéra avec mépris son haut rendu transparent aux endroits où la pluie le touchait. Il soupira… Venu à pied, par ses sorts d’accélération, le Light Dragon Slayer finirait trempé jusqu’aux os s’il employait la même méthode pour le retour.
Ceci dit, il n’avait pas le luxe du choix. Bien que frontalière à la jungle d’Azerim, Landestia restait relativement éloignée de Kaenrish. Sans poussées magiques, le maître de guilde n’avait aucune chance de l’atteindre avant la tombée de la nuit.
Il  fit quelques pas dans l’herbe grasse avant d’atteindre un pont naturel fait de rochers émergeants du cours d’eau. Deux bonds lestes et le maître de Golden Reign rejoignait l’autre rive, effleurant la nature de ses pieds comme pour ne pas l’abimer. Ses cheveux s’alourdissaient de seconde en seconde, au même rythme que la pluie se faisait plus drue. Par réflexe, Ashtareos porta deux doigts précautionneux à son visage. Ils glissèrent légèrement sous ses yeux avant se mettre devant ceux-ci.
Pour l’heure, son maquillage avait tenu.
Il restait l’inébranlable maître de Golden Reign. Le souverain à venir pour Fiore. Fort. Il restait fort.

Un bosquet d’eucalyptus contourné, un pas décidé. Sirael gagna bien vite le petit chemin de terre qui l’avait emmené à sa verte retraite. La pluie, bien que souvent désagréable, avait l’aimable qualité de s’accompagner de vent comme de percussions. Le feuillage des arbres se balançait à un rythme irrégulier, frottant ses ramifications les unes contre les autres. Les grosses gouttes, lorsqu’elles tombaient sur les tiges creuses des bambous morts, produisaient une mélodie apaisante, contrastant avec la violence du phénomène.
Au loin, les villages de Landestia carillonnaient gaiement.
Alors, subtil, un effluve animal vint se prélasser près des narines de Sirael. Il le respira distraitement, essayant de deviner à quelle espèce il appartenait… Certes, le Golden King se refusait à dévoiler sa nature draconique à ses membres… Mais, encore une fois, l’intimité offerte par la vie sauvage lui permettait d’autres libertés…
Ses yeux semblant être de passion emplis se tournèrent à sa gauche.
Derrière un voile pluvieux se profilait une silhouette équine. Lancé au galop, le cheval se rapprocha bien vite de Sirael qui lui portait un regard… Analytique.
Que faisait-il là, au vu des bagages qu’il transportait ?
S’était-il enfui ?
Son maître avait-il été désarçonné ?
Avait-il pris peur ?
Soudain, des flashes lumineux attirèrent l’attention de Sirael. Il reporta son attention à la source de ces derniers.
Ca ne devait même pas se trouver à un kilomètre…

Un renâclement apprit au Golden King que le cheval était arrivé jusque lui. Immobile, il restait à son flanc. La lumière de l’orage courait sur sa fourrure grise comme sur le ciel. Sa curiosité piquée, Sirael tendit prudemment une main vers les sacoches que portait la bête.
Aucune réaction.
Avec un tintement métallique dû à son bracelet d’or, le blond en sortit un ouvrage ésotérique. Des symboles complexes étaient inscrits sur sa couverture. Il l’observa, l’ouvrit, le feuilleta…
Après être demeuré pensif durant quelques secondes, il prit une décision.


- Lightning Magic… Serais-tu à l’origine de ce que j’aperçois au loin… ? murmura-t-il.


Le cheval était encore sellé. Sirael plongea son regard dans celui de la monture. Rubis se noyant dans l’obsidienne. Cela lui rappela les instants de contemplation qu’il connaissait souvent avec Kirduin, son lion. A cette pensée, il sourit. Comme si cela aurait pu aider à mettre en confiance la bête.


- Suis-je autorisé ?


Le cheval ne réagit pas quand le maître de guilde déposa sa main sur son encolure. Il la laissa traîner alors qu’il se déplaçait pour atteindre la selle. Sans hésitation, le jeune homme s’y hissa. Il saisit les rênes, fit faire demi-tour à l’animal et le lança au galop.
Lorsqu’il atteignit la zone d’intérêt, Sirael fit ralentir le cheval. Peut-être son maître se trouvait là…
Le blond posa un pied à terre. Les flashes s’étaient accompagnés de grondements sourds. De ceux qui font vibrer votre poitrine.
Aussi, régulièrement, des vibrations secouaient la terre. Les petites flaques créées par l’averse en cours se troublaient soudainement et, avec un peu de concentration, on pouvait voir certains des éléments du décor bouger d’une manière peu naturelle…
De la magie, ça ne faisait aucun doute.
Fouillant un peu mieux dans les sacoches accrochées à son nouvel « ami », Sirael en tira une longe. Il attacha assez grossièrement le cheval au tronc d’un arbre et s’en fut.
Discrètement, le futur souverain s’approcha de l’origine de toutes ces perturbations. A mesure qu’il écartait les bambous sur son passage, il pouvait commencer à flairer des odeurs humaines.
Ils étaient cinq et, car il pouvait désormais le voir entre les branchages, ils s’affrontaient au milieu d’une grande clairière.
Les épiant avec grande attention, le jeune homme définit assez rapidement les magies de chacun. Le plus proche de lui était sûrement le maître du cheval. Un homme de grand taille, chevelure sombre et kimono rendu sale par le mauvais temps ; la mauvaise météo et le mauvais quart d’heure qu’il semblait passer… En effet, en face de lui se tenaient les quatre autres larrons. Un mastodonte dont le passe-temps favori était de faire se lever des murs de terre et trois autres mages, un épéiste à la magie indéterminée, un homme qui invoquait des sortes d’écrans offensifs et une femme qui, manifestement, semblait être spécialisée dans les soins.
Quatre contre un…

Au bout d’un moment, le mage de foudre, profitant d’une occasion, se mit à lancer des incantations au vent. Des mots de mauvais augure au rythme duquel l’air ambiant vibrait. Des petits serpents électriques apparurent autour de lui, entamant une danse endiablée.


*Fascinant*


Alors, quelque chose attira l’attention du Golden King. Il s’agissait du ciel. Et il se couvrait de rage, derrière les fantastiques et éternelles arches qui traversaient Landestia et le feuillage de son affable végétation. Des éclairs se mirent à serpenter à la surface des nuages, affluant dangereusement vers un seul et même point.
Au-dessus du champ de bataille.
Il suffit d’un geste du mage.
Le monde devint ridicule vecteur d’une puissance qu’il semblait ne pouvoir pas contenir lui-même. Un craquement. Une déchirure dans le tissu même de l’espace.
C’est ce que ce son évoqua à Sirael.
Son corps vibra, comme pénétré par cette puissance surnaturelle.
La rage du ciel, concentrée sous la forme d’une immense colonne, avait vaporisé deux des quatre mages. Littéralement. Il ne restait rien d’eux. Seul un cratère fumant, témoin de la fulgurance ayant impacté la terre, demeurait. Impressionné, Sirael plissa des yeux intéressés… Un regard, somme toute, assez malsain. L’on aurait dit un riche acheteur évaluant du regard les esclaves d’un même étal…
Le mage de foudre s’était effondré. Les deux adversaires qu’il n’avait pas réussi à anéantir s’approchaient lentement de lui, la rage au ventre et le cœur déchiré par la mort de leurs deux amis : le colosse et la femme.
Ashtareos ferma les yeux.
Il était temps d’entrer en scène.

Derrière le corps étendu du mage de foudre, la végétation bougea. Cela alerta ses deux adversaires qui s’immobilisèrent.
Un cocon de lumière enveloppait une forme régalienne s’avançant paisiblement sur le champ de bataille. Au fur et à mesure de sa progression, la magie se dissipait, laissant apparaître une armure d’or caractéristique. Le pas était plus lourd. Il s’accompagnait d’harmonieux cliquetis.
Sirael Ashtareos, maître de Golden Reign, venait de faire son apparition. L’air à la fois sérieux et détendu, son masque héroïque bien en place pour dissimuler de plus sombres pensées, il vint se poster entre le vaincu et les vainqueurs.





- L’injustice constitue-t-elle la première prérogative d’un affrontement, selon vous… ?


Silence. Seuls la pluie et le roulement maintenant lointain du tonnerre firent écho à ses paroles.
Ils n’avaient toujours pas bougé.
Sirael non plus.
L’air se mit alors à onduler.
Derrière le Golden King, un mur de ce qui semblait être de l’or liquide apparut, outrageusement tranquille. Plutôt large et d’une bonne hauteur, il laissa, à dix endroits différents, la matière qui le composait s’agglomérer sous la forme de petites, quoique menaçantes, protubérances.


- Partez, sonna simplement la voix de la sommation.


Quand, après une poignée de secondes d’immobilité supplémentaires, l’épéiste esquissa un geste, les dix lances de lumière fusèrent en direction des deux mages. Dans le même mouvement, Sirael utilisa le Kôryuu no Ho pour se rapprocher instantanément de l’épéiste. L’homme, fort de ses réflexes de combattant au corps-à-corps, put éviter un éventrement dû à cinq griffes lumineuses mais fut moins chanceux lorsque Sirael bondit de nouveau sur lui pour lui enfoncer son genou dans le ventre. Son épée rebondit bêtement contre l’armure du maître de guilde alors que celui-ci le faisait tomber à terre.
Mais alors que le Dragon Slayer s’apprêtait à le finir, un mur invisible bloqua sa progression. Il eut à peine le temps de mettre ses bras en protection devant son visage que des éclats de verre venaient assaillir l’or duquel il était vêtu. Sur la masse, deux ou trois entaillèrent son visage en des coupures superficielles.
La riposte ne se fit pas entendre. Le fils d’Aurash, ayant repéré la position du mage aux barrières, utilisa le Hurlement du Dragon. La colonne de lumière fusa, irradiant la clairière de sa radiance meurtrière, et avala l’ennemi. La moitié du corps forée par un demi-cylindre (sûrement avait-il eu le réflexe de bondir sur le côté), il s’écroula, diffusant une odeur de charogne brûlée que seul Sirael pouvait distinguer derrière les effluves de pluie et de foudre environnants. Le terrain, déjà massacré par le combat précédent, semblait s’être affaissé sous le passage écrasant du sort.
C’est alors que le Dragon Slayer vit du coin de l’œil une ombre. Il se baissa à temps, évitant la décapitation et frappa de la paume l’abdomen de l’épéiste s’étant relevé.
L’homme tituba, regardant son ventre brûlé selon un dessin particulier. Sirael revint, enveloppé de lumière, devant le mage de foudre. Une distance de sécurité pour ce qui allait suivre…
L’épéiste balbutia quelques mots avant que ses yeux ne reflètent la multitude de lucioles lumineuses qui apparaissaient autour de lui pour être happées par sa blessure.
La marque se mit à luire.
L’homme s’élança.
Eclatante.
Il arma son bras.
Solaire.
Une colonne de lumière, impitoyable, se forma depuis les pieds du mage ennemi. Tout mouvement fut instantanément stoppé.
Le sort disparut aussi vite qu’il était apparu, laissant voir la silhouette brûlée de l’épéiste.
Il tomba dans la fange.
Mort ? Peut-être. Peut-être pas. Dans tous les cas, l’homme ne se relèverait pas de si tôt.

Quelque peu essoufflé, Sirael profita un instant du silence. La clairière, défoncée, avait désormais des airs de no man’s land. La terre avait été retournée, manipulée, fracassée… Le peu d’herbe qu’il restait avait été carbonisé par les sorts de Sirael et le cratère provoqué par le sort du mage de foudre couronnait le tout.
Finalement, le maître de Golden Reign se tourna vers le jeune homme, après s’être composé le sourire le plus naturel possible.


- Je me nomme Sirael Ashtareos, maître de la guilde de Golden Reign. Je t’ai ramené ta monture.


Là, il lui tendit la main.
Oui…
Qu’il la prenne.
Sirael voulait cet homme dans ses rangs. Et il l’aurait, peu importe les moyens qu'il devrait employer.


Golden Rescue



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MessageSujet: Re: a fool thinks himself to be wise... ▬ Sirael Mar 29 Déc - 18:55




DEEP INTO THAT DARKNESS PEERING
LONG I STOOD THERE, WONDERING, FEARING, DOUBTING
DREAMING DREAMS NO MORTAL EVER DARED TO DREAM BEFORE

Tic, tac.
Les secondes s'égrainaient.
C'est étrange comme la notion de longévité devient surfaite lorsque vous savez que vous allez mourir.
Là, maintenant. Tout de suite.

La chaleur qui l'avait envahi lors de l'incantation s'estompait et une désagréable sensation de froid l'engourdissait progressivement. Les yeux rivés vers le ciel, c'est à ce moment précis que sa rétine capta une prodigieuse lumière dans sa vision périphérique. La première particule d'un véritable soleil humain, illuminant le crépuscule sombre défiguré par le sort du guerrier foudroyant. La chrysalide magique dévoila une armure dorée dont le poids affaissa la terre meuble, comme un avertissement. Haruhiko se redressa maladroitement sur les coudes, le dos toujours dans la boue. Incapable d'ignorer cet homme débarquant de nulle part et pourtant vidé de ses forces, le solitaire ressemblait à un poisson tout droit sorti de l'océan. Ses yeux nacrés s'écarquillèrent imperceptiblement lorsque sa vision se stabilisa, dévoilant les traits de l'étranger. Deux rubis sur une chevelure d'or liquide, dont les plaques de la forteresse lumière irradiaient partiellement autour de lui en une aura surnaturelle. La voix, d'une écrasante assurance, terrassa les pillards survivants. « L’injustice constitue-t-elle la première prérogative d’un affrontement, selon vous… ? » L'épéiste de foudre était immobile, comme fendu sur place. Les secondes défilèrent sans réponse de la part des adversaires manifestes, paralysés par ce nouvel opposant qu'ils ne pouvaient ignorer mais aveuglés par la vengeance qu'ils souhaitaient prendre. C'est à ce moment précis que la lumière se fit plus intense et se matérialisa sous forme de sphères, comparables à de petits soleils. « Partez. » Les yeux du solitaire firent la navette entre le mage et ses ennemis, tentant d'assimiler et surtout d'analyser ce qui était en train de se passer. Mais son processus de réflexion le plus élémentaire était grillé, et il ne pouvait que fixer, tétanisé, cet homme qui semblait droit sorti de son imagination.

Puis tout s'accéléra.

Il suffit d'un geste de la part de l'épéiste pour que le guerrier en armure ne lance son attaque et son mouvement. Les kystes se transformèrent en javelots d'or, qui fondirent sur les deux brigands. La vélocité du souverain pris son adversaire de court, alors qu'il brisait ses défenses à la seule force de ses poings. L'épée rebondit en un clang sourd, comme si la moquerie venait de l'orichalque lui-même. Le cueillant à l'estomac, son prochain geste fut stoppé par l'intervention du second mage dont la barrière explosa comme du shrapnel. Inspirant comme avant de plonger dans l'océan, des fragments de lumière crépitèrent autour du visage de l'inconnu avant qu'une colonne aveuglante ne se dégage de sa bouche. La pression qui en résulta fit danser les mèches humides d'Haruhiko qui plissa imperceptiblement les yeux face à la radiance. Fauché comme un vulgaire épi de maïs, le jeune brigand s'effondra sur place. Le solitaire n'avait aucune idée s'il était humainement possible de se relever après ça, mais probablement que non. La clairière semblait s'être fendue en deux au passage de ce feu sacré et le terrain était méconnaissable, retourné et en miettes. C'est à ce moment précis que l'ombre chancelante de l'épéiste, qui s'était relevé, commençait à foncer vers son opposant. Haruhiko eut envie de hurler un avertissement, mais quelque chose le stoppa. La boule au ventre, il regardait, cramponné à la vision de ce combat, la lame se rapprocher de plus en plus de sa cible. C'est à ce moment précis qu'il s'en rendit compte mais c'était quelque chose qui l'avait gagné depuis le début de l'affrontement : Il tremblait. Non pas de peur, non pas de crainte pour son sauveteur ou lui-même, mais bien d'une excitation insoutenable. Une fébrilité, une adrénaline qui semblait l'avoir avalé comme la bouche dentelée d'un gigantesque dragon. Allait-il survivre ? Allait-il éviter le coup ? Quel serait son prochain sort ? Ses doigts se crispèrent lorsque le guerrier évita de justesse le coup d'épée qui lui était destiné. Un début de sourire déformé commençait à affleurer sur les lèvres du spectateur alors que la riposte ne se fit pas attendre. Marquant d'un symbole ésotérique et inconnu l'abdomen du dernier opposant, le mage de lumière fit quelques pas en direction d'Haruhiko, comme pour imposer une distance de sécurité nécessaire. Encore plus attentif, l'homme à terre ne cligna pas des yeux, ne ratant pas une seule miette de ce qui ressemblait à une exécution tant leurs puissances étaient incomparables. Le marqué esquissa un mouvement vers l'avant mais une énorme colonne, flamboyante, le cueilli tout entier avant de dévorer tout ce qui semblait combustible en lui. Le monde disparut l'espace d'un instant, tandis que la lumière illuminait les affleurements rocheux et les environs de Landestia. Achevant définitivement le terrain, il ne restait plus qu'un no man's land de cette clairière qui, quinze minutes auparavant, était aussi paisible que déserte. La masse carbonisée s'effondra en un mouvement sourd tandis que le calme qui s'installait contrastait nettement avec les bruits d'explosions et de joutes qui avaient précédé.




Ils n'étaient plus qu'eux deux, au milieu de cette terre défoncée et humide. Le visage d'Haruhiko avait retrouvé son inexpressivité alors qu'il se préparait à faire face à l'étranger. Progressivement, il tâchait de mettre de l'ordre dans ses idées tandis que l'homme jouissant de ces précieuses secondes de paix et d'harmonie, debout au milieu du champ de bataille. Le mage de foudre n'avait jamais rencontré cet homme. Il ne se souvenait même pas l'avoir déjà croisé. Rien ne justifiait son intervention ni l'aide manifeste qu'il lui avait apporté. Lui ayant sauvé la vie.

Pourtant sa puissance était écrasante.
Et une étrange sensation le prenait aux tripes.


C'est à ce moment précis que leurs deux regards se croisèrent directement et pour la première fois, une opposition parfaite entre le feu et la glace. Un frisson parcouru son échine alors que l'homme en armure s'approcha de lui, réduisant la distance à grandes enjambées. Un étrange sourire fiché sur son visage, celui-ci semblait calme et décidé. Profondément serein. Arrivant à son niveau et le toisant de sa hauteur, celui-ci s'exprima enfin « Je me nomme Sirael Ashtareos, maître de la guilde de Golden Reign. Je t’ai ramené ta monture. » Son cœur, qui semblait déjà sur le point d'exploser, rata un battement alors que la main du dénommé Sirael se tendit vers lui afin qu'il se relève. Les yeux nacrés de l'épéiste, jusque-là fichés dans ceux de l'étranger, se baissèrent vers le gant d'orichalque. Quelques secondes défilèrent tandis qu'il assimilait ce qui était en train de se passer, tandis qu'il remettait les pièces du puzzle en place. Il devait la vie à cet homme. A ce magicien qui n'avait pas hésité à s'interposer entre lui et ses assaillants. Il était extrêmement exagéré de dire qu'il avait risqué sa vie compte tenu de la facilité avec laquelle il avait balayé les deux derniers opposants, mais c'était là le cœur même de ce qui le préoccupait. Les hommes puissants oubliaient ce que voulait dire la protection des autres créatures, ils les utilisaient comme des pantins ou des boucliers. La compassion, elle, revenait aux dieux. Ou aux êtres qui s'en approchaient le plus. Golden Reign. Il avait entendu parler de cette guilde, dont le quartier général n'était pas si éloigné de ces terres. Des hommes et des femmes qui défendaient leur cause et leur survie, représentée par cet homme dont la radiance quasi surnaturelle avait surpassé le Roi de Fiore et s'était imposée au sein des Lumens. Halluciné mais comme en transe, les yeux du solitaire se plantèrent de nouveau dans ceux du Golden King. Comme pour en déchiffrer le fond de la véritable pensée. Il savait, Haruhiko savait que, s'il prenait cette main, quelque part sa vie allait changer. S'il acceptait de s'accrocher à cette poigne. Il avait à la fois peur mais était attiré par cette luminescence qui donnait l'impression de se propager comme un poison lumineux, une liqueur dont la substance était à la fois d'or et de boue. Dans son estomac se tordaient deux énormes serpents s'entredévorant, d'angoisse et d'envie que suscitaient cette écrasante puissance. Et de nouveau, cette sensation qu'il ne comprendrait que bien plus tard. Celle d'être revenu chez soi.

L'épéiste pris finalement la main de l'étranger, qui l'aida à se relever. La poigne de celui-ci était forte, et c'est sans problème qu'il souleva de cette seule accroche le magicien encore chancelant. A présent debout, il dépassait de quelques centimètres le maître de guilde mais n’arrivait pas à se débarrasser de sa sensation d'infériorité. Évitant de croiser le regard du guerrier blond, il fixa quelques secondes la lame de son épée qui avait pris quelque peu la boue. Le reflet que lui renvoyait son visage était à la fois blême, stupide et sale, alors que se mêlait la pluie au métal argenté. Il ne s'était jamais senti aussi dépossédé de sa vie et de ses choix, pourtant une voix dans un coin de son crâne le poussait à agir sans crainte. A parler. « Haru...hiko... Kuragari. » Resserrant la prise qu'il avait sur son sabre, ses mâchoires se serrèrent alors que son corps agissait presque tout seul. Toujours debout, il s'inclina le plus profondément et le plus respectueusement possible, presque à s'en casser en deux. Présentant son arme dont les extrémités étaient à plat dans chacune de ses paumes, aucuns mots n'arrivaient à dépasser la barrière de ses lèvres dans un premier temps. Il était à la fois paralysé par l'homme, par ses propres actions et dans ce à quoi il s'engageait. Car là était la signification de ce qu'il essayait de transmettre à Sirael, quelque chose d'indéfectible et d'absolu, que seul un maître de guilde serait à même de comprendre.

Haruhiko lui devait la vie, mais aussi, en quelque sorte, sa renaissance.

A bout de souffle, les paroles du magicien se formaient difficilement dans sa bouche. A côté de tout ce qui le traversait en ces instants, leur expression lui semblait d'une banalité et d'une simplicité sans nom. « Je… Vous dois la vie. » Si l'emploi du tutoiement ne l'avait pas effleuré en ce qui concernait Sirael, il était hors de question pour lui d'utiliser autre chose que le vouvoiement. « J'ai une dette envers vous. » Et pas n'importe laquelle, une dette de sang. Le guerrier avait tué, pour lui, deux de ses ennemis. Il les avait balayés et avait empêché que tout mal lui soit fait, avant de le sortir de la boue et de l'obscurité. Il lui avait même ramené Sharyar qui s'était enfuit lors du combat, il lui avait ramené son meilleur ami, celui-là même au cerveau démesurément réduit et à la crainte exacerbée. Il lui avait ramené ses livres, ses connaissances et son identité. Alors qu'il redressait imperceptiblement la tête afin de croiser le regard du fils d'Aurash, une flamme nouvelle et glaciale, dévorante, vint danser dans les yeux habituellement froids et inexpressifs d'Haruhiko. Sérieux et grave, son intonation n'avait plus rien en commun avec l'hésitation qui l'avait pris lorsqu'il avait mentionné son nom. « Laissez-moi m'en acquitter. »






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MessageSujet: Re: a fool thinks himself to be wise... ▬ Sirael Sam 2 Jan - 17:59







A fool thinks himself to be wise…



Il est fascinant d’observer le comportement de l’être humain.

Animal social par excellence, il se démarque également par son intelligence. De par sa première qualité, il tisse des liens et s’unit à ses semblables pour surmonter des obstacles insurmontables pour un simple individu. De par la seconde, il triomphe de la force brute grâce à des stratagèmes inaccessible à la compréhension de l’animal… De tous les animaux. Y compris, parfois, des autres Hommes.
La question est, dès lors, la suivante : l’alliance de ces deux caractéristiques est-elle un réellement une bonne chose ?
Car l’Homme sait duper. Il ment, il manipule. Il calcule et il contrôle. Il suffit d’un peu de vice et tout être humain peut potentiellement se changer en monstre pervers.
Seulement, un quidam de cet acabit est généralement insoupçonné, dissimulé sous un cocon de tromperies et d’illusions qu’il ne cesse de consolider. Il file, il file… Une araignée tisserande, qui, un jour ou l’autre, finira par engluer le monde entier dans sa toile… Oui qui s’étouffera dedans.
Sirael n’était pas rendu à ce stade-là.
Pourtant, s’il était intervenu en faveur du mage de foudre, ce n’était pas pour rien…
Sirael n’était pas rendu à ce stade-là, non…
Pas encore.

Il ne se départit pas de son sourire lorsque l’homme consentit finalement à prendre sa main. L’aidant à se relever, il se pencha légèrement en arrière et avança son autre main, amicale, derrière son dos.
Une posture ouverte attire la confiance…
De toute sa taille, l’inconnu dominait de peu Sirael. Non pas qu’il avait besoin de lever les yeux pour les plonger dans les siens… Mais, quand bien même, la différence restait assez visible.
Parlant de regard…
Celui du mage de foudre demeurait fuyant.
Quoi de plus normal, après tout… ? Sirael venait de le sauver et n’avait pas hésité à lui faire une démonstration de force alors qu’ils ne s’étaient jamais rencontrés.
N’était-ce pas l’effet escompté, après tout… ?
Ashtareos savait le pouvoir du silence. Aussi ne le brisa-t-il pas. C’était un élément qu’il fallait savoir contrôler lors de tout échange. Le silence amène la gêne. La gêne amène la parole.
L’esprit humain ne supporte pas le silence.
Le Dragon Slayer attendait patiemment que son vis-à-vis finisse de contempler son sabre entaché de la misère de la bataille qu’il avait mené… Et c’est sans même relever les yeux qu’il s’inclinait jusqu’à en baiser le sol. Devant lui, il avait tendu ses bras, présentant au maître de guilde son sabre.
Sirael fronça imperceptiblement les sourcils tant que l’autre ne pouvait voir ce mouvement. Une réaction imprévue qui le surprenait.


- Haru...hiko... Kuragari, avait-il articulé aveant de s’incliner.


Pour ne pas désobliger son interlocuteur, Sirael se répéta mentalement son nom. Haruhiko. Kuragari. Haruhiko Kuragari.
Il poursuivit :


- Je… Vous dois la vie.


L’homme semblait avoir du mal à parler. Le souffle court, il paraissait comme prêt à suffoquer.


- J'ai une dette envers vous.


Alors, enfin, il leva les yeux vers Sirael.
Alors, enfin, leurs regards se croisèrent.
Le bleu pâle des yeux d’Haruhiko et le rouge profond de ceux de son sauveur. Dans le premier, l’on pouvait lire une sorte de détermination absconse, nébuleuse. Etonné par cette vision, le second se brouilla un instant, non sans dévoiler un quelque chose de méfiant, avant de redevenir aussi placide et assuré qu’auparavant.  
La voix du mage de foudre avait drastiquement changé lorsqu’il prit de nouveau la parole :


- Laissez-moi m’en acquitter.


Une scène fort étrange, tout bien pensé. Là, au milieu d’une averse agonisante, au milieu d’une clairière ravagée par la guerre, au milieu d’une singulière terre au premier abord printanière…
Là, un homme incliné offrait à un autre son sabre. Là, il remettait sa vie entre ses mains. C’était un geste symbolique, infusé du plus grand respect, de la plus grande gratitude possible.
C’est justement pour ça que Sirael se méfiait.
Le geste semblait bien trop beau pour être vrai. Si le Golden King désirait voir cet homme marcher à ses côtés, il s’attendait au moins à devoir le convaincre, à devoir user de promesses enjôleuses pour le rallier à sa juste cause. Cette sorte d’acte d’allégeance sous-jacente le prenait donc de court…
Mais, du fait que le dénommé Kuragari le regarde, il ne laissa rien paraître.
Pourtant, il lui fallait bien répondre.




Le temps de construire le bon discours, Ashtareos s’empara, avec grande délicatesse, de l’arme lui étant offerte. Il passa un doigt au sur la lame tâchée de boue. La pluie, bien que moins vigoureuse que quelques instants auparavant, s’affairait à l’en laver. Le Golden King, d’un geste vif, se saisit de la garde et tint le katana devant ses yeux. Aussi fin qu’un fil, il séparait, lorsque l’on regardait le maître de guilde de face, son visage en deux parties distinctes.
Lorsqu’il eut terminé d’apprécier l’arme, il la reposa solennellement dans les mains de son propriétaire, comme si elle n’avait jamais bougé de son présentoir.


- C’est un bien beau sabre que tu as là…, souffla-t-il.


Nul mensonge et nulle flatterie là-dedans. Haruhiko possédait une lame d’excellente facture… Elle était d’un style bien différent de celles trouvées au sein du trésor du Golden Palace. Oui… Le katana du mage de foudre était d’un style bien plus oriental, bien plus délicat. Il s’en dégageait une impression de funeste finesse.
Ceci fit surgir quelques interrogations dans l’esprit du Golden King :


- D’où viens-tu, Haruhiko ?


Cette esthétique était typique de Landestia comme des Pitons de Weiyan. Deux régions d’une beauté à couper le souffle. Pourtant, malgré ces plausibles suppositions, Sirael préférait questionner l’intéressé. Qu’il ait raison ou pas, ce serait une occasion de commencer une conversation. Et plus le jeune homme parlerait, mieux le monarque pourrait le cerner… Certes, il était puissant. Certes, il semblait prêt à faire n’importe quoi pour son sauveur… Mais le maître de guilde devait encore découvrir ce qui se cachait derrière ce kimono sali par la bataille et ces grands yeux bleus de reconnaissance enflammés.


- Sais-tu… Je n’oblige personne à s’handicaper de dettes. Ce que j’ai fait, je l’ai fait de la manière la plus désintéressé qui soit. Ce combat était déloyal et il m’a semblé naturel de l’équilibrer…, mentit l’ô combien généreux Dragon Slayer.


Une idée traversa alors l’esprit de Sirael. Il avisa le ciel entre deux mèches blondes alourdies par les écoulements de ce dernier. Même si les nuages s’affaiblissaient, la nuit ne tarderait pas à tomber.
Et le jeune homme n’avait aucunement envie de révéler au mage de foudre sa grande angoisse…


- Toutefois, ne voudrais-tu pas m’accompagner au palais ? Nous parlerons une fois rendus là-bas, si tu le veux bien… Tu dois être exténué après une telle bataille. De plus, tes habits sont tâchés de boue…


Voilà qui aurait bien arrangé Sirael. En emmenant Haruhiko au Golden Palace, il aurait l’avantage du terrain : dans l’environnement idoine, le mage de foudre serait bien plus à même d’accepter une offre si Ashtareos lui en faisait une.
De plus, peut-être qu’un des vins qu’il y conservait saurait délier la langue de l’épéiste s’il n’était pas assez prolixe au goût de son interlocuteur.
En somme, ce serait une situation bien plus sécuritaire pour le Golden King.
Celui-ci tourna la tête et jeta un coup d’œil exaspéré au corps fumant d’un des mages ennemis. Il remuait encore et diffusait une odeur qui, même pour le nez du Pourfendeur de Dragon, avait été ramenée au sol par l’averse. Seulement la pluie mourait. Et l’on sentait les relents de son cadavre mêlés à ceux des précédents adversaires du duo nouvellement formé…
L’épéiste touché par Kôryuu no Tsume survivrait sûrement. Mais, pour l’heure, il émettait les mêmes effluves que son camarade décédé…

Quelque peu impatient, Sirael insista sans se départir de son air affable.


- Ton cheval est attaché derrière ce bosquet, indiqua-t-il en tendant la main vers ladite direction. Pour ma part, je rentrerai à pied, cela soulagera ton compagnon. Aidé par magie, je ne mettrai pas longtemps…


Pour mieux s’assurer que l’homme le suive, Sirael initia le mouvement et tourna le dos à la clairière ainsi qu’à la morale.


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MessageSujet: Re: a fool thinks himself to be wise... ▬ Sirael Sam 2 Jan - 20:13




YOU GAVE ME YOUR MUD
AND I HAVE TURNED IT TO GOLD

Le maître de guilde s'était emparé du sabre à la garde dorée, dont il inspecta brièvement la lame. Haruhiko n'avait aucune idée de la valeur réelle de celui-ci, étant un pur néophyte en matière de forge. Néanmoins, elle était d'un équilibre et surtout d'une légèreté à toute épreuve, rendant l'immense épée bien plus maniable que la plupart des lames de moyenne catégorie. Quelque chose qui n'échappa pas à son interlocuteur, qui la reposa dans les mains présentées du magicien foudroyant. Se redressant, son regard s'était néanmoins abaissé vers un point invisible, à cheval entre les coudes de Sirael et le paysage dévasté. « C’est un bien beau sabre que tu as là… » Rengainant, Haruhiko ne répondit pas. Les origines troublées de ce sabre et son acquisition restaient des points douloureux mais formateurs de sa vie, et même s'il s'en servait régulièrement il n'aimait pas donner du grain à moudre concernant celui-ci. Il acquiesça donc simplement et discrètement, afin de ne pas fixer la conversation là-dessus. Néanmoins le maître de guilde rebondit sur autre chose, lui évitant de devoir noyer le poisson. « D'où viens-tu, Haruhiko ? » Resserrant la prise qu'il avait sur le fourreau, ses phalanges blanchirent imperceptiblement alors qu'il essayait de réfléchir à comment répondre. Le mieux serait d'aller au plus direct. « Seven, monsieur. » Le qualificatif s'était imposé de lui-même alors que Sirael ne devait pas être à peine plus âgé que lui, mais il ne pouvait se départir de son impression de marcher sur des œufs. Pour le moment, il préférait être trop respectueux que pas assez.

« Sais-tu… Je n’oblige personne à s’handicaper de dettes. Ce que j’ai fait, je l’ai fait de la manière la plus désintéressé qui soit. Ce combat était déloyal et il m’a semblé naturel de l’équilibrer… » Levant légèrement le regard sans pour autant atteindre celui de Sirael, le solitaire était à présent, en plus d'être confus, gêné. Cela lui arrivait souvent de voler au secours du premier homme venu ? Quelque part au fond de lui-même, Haruhiko se doutait un peu de la réponse. Mais les enjeux étaient trop complexes pour qu'il ne se penche volontairement là-dessus. « Toutefois, ne voudrais-tu pas m’accompagner au palais ? Nous parlerons une fois rendus là-bas, si tu le veux bien… Tu dois être exténué après une telle bataille. De plus, tes habits sont tâchés de boue… » S'inclinant plus brièvement et moins exagérément, mais cependant de façon automatique, le guerrier magicien exprima silencieusement sa gratitude et l'acceptation de cette proposition inattendue. Même s'il devait faire preuve d'une politesse respectueuse, il ne lui ferait pas l’insulte de faire perdre son temps au maître de Golden Reign en une infirmation de convenance. Quelque part, quelque chose lui dit qu'il fallait mieux se taire et simplement être reconnaissant pour tant de désintérêt et de générosité. « Ton cheval est attaché derrière ce bosquet. » Il indiqua vaguement la direction des bois avant de reprendre « Pour ma part, je rentrerai à pied, cela soulagera ton compagnon. Aidé par magie, je ne mettrai pas longtemps… » Sans demander son reste, Sirael tourna les talons et commença à tracer sa propre route. Observant de loin le chevalier en armure, il fixa plus attentivement sa silhouette. Ça n'était que lorsque ses interlocuteurs étaient de dos qu'il se permettait de vraiment les détailler, et, Haruhiko tentait de graver ses traits dans sa mémoire. Celui-ci avait la démarche souple et agile, et quelque chose lui dit qu'il devrait se hâter s'il ne voulait pas faire attendre le jeune homme.

S'avançait à pas prudent vers la direction indiqué, il ne put s'empêcher de courir dès qu'il aperçut la forme équine dans l'obscurité de la forêt. Celui-ci renâcla joyeusement à l'approche de son propriétaire, qui enlaça son encolure humide de pluie et de transpiration. L’odeur du cheval avait toujours su lui mettre un inexplicable baume au cœur, et, embrassant les muscles chauds et noueux de la bête, il rangea la longe avant de se remettre en selle. Le mage avait une vague idée d'où se trouvait Kaenrish, et savait que le QG de la guilde se trouvait en aval de la ville. Il n'avait pas osé demander à sa nouvelle connaissance des précisions concernant le trajet, de peur de passer pour un idiot, mais… Cela ne devait pas être bien compliqué à trouver, non ? Talonnant sa monture, celle-ci s'élança au petit trot dans la nuit tombante. Le trajet allait au moins avoir le mérite de lui remettre les idées en place, et peut être, un peu mieux réfléchir quant au déroulement des événements passés et futurs.

Alors que le mouvement régulier de Sharyar le berçait tranquillement, de la même façon que le roulis d'un bateau, le solitaire laissait ses pensées défiler dans son crâne à la façon des souvenirs d'une mauvaise cuite, soit en pilote automatique. Sirael ne pouvait pas être une mauvaise personne, pourquoi l'aurait-il aidé autrement ? Plus il y réfléchissait, plus il se disait que les intentions hypothétiquement dissimulées dans le cœur du maître de guilde lui importait assez peu. Se séparer pour se retrouver au Golden Palace était-il un test pour savoir était fiable ou mal intentionné ? Basculant son corps en arrière, la tête et une partie de son dos sur la croupe de son cheval, Haruhiko fixa le ciel mourant comme en quête d'une réponse quelconque ou appropriée. Il avait beau se creuser la tête et fouiller ses connaissances de fond en comble, il ne connaissait pas grand-chose de cette guilde Lumen ni de ses objectifs réels. De plus, et pour le mage de foudre, il était difficile d'évaluer une personnalité aussi assurée que celle du Dragon Slayer. A mille lieux de son introversion, de sa timidité et de sa discrétion, il irradiait d'une lumière qui balayait le moindre doute qui pouvait germer dans son esprit, un peu à côté de ses pompes il fallait le dire. Sirael brillait d'une confiance en soi et d'une puissance absolue, dont le spectre solaire ne laissait aucune place à une quelconque remise en question. Par ailleurs, si la crédulité du solitaire pouvait être admise, il s'en souciait, à vrai dire, assez peu. Seules les actions du fils d'Aurash avaient prise sur cet imbécile heureux. Se redressant de sa position semi allongée, il remarqua alors que son pauvre compagnon avait malencontreusement dévié de la direction initiale alors que lui s’était laissé aller à la rêverie. Rattrapant quelque peu son retard par un petit galop, il se mit une claque cérébrale. Pour le moment il devait s'assurer de ne pas arriver trop en retard par rapport au maître de guilde.

Les immenses cascades de Kaenrish déversaient leurs flots noirs d'obscurité jusqu'à la presqu’île de Golden Reign, dont les flèches dorées capturaient les derniers rayons de soleil. La masse aqueuse, privée de tout rayon, s’était transformée en une eau noire et opaque. Oppressante. Il lui avait fallu presque deux heures pour parvenir jusqu'aux lieux, et si sa magie s'était partiellement et difficilement reconstituée, il sentait malgré tout une grande fatigue s'abattre sur ses épaules. Ses vêtements trempés et les affaires pleines de boue, le solitaire fixa quelques secondes l'énorme bâtiment qui se dressait, indestructible, à quelques centaines de mètres de lui. S'avançant prudemment, le pont situé entre les berges et le château le laissait parfaitement à découvert et vulnérable aux attaques. Resserrant la prise qu'il avait sur ses rênes, Haruhiko avala difficilement sa salive alors que le faste de la demeure le mettait de plus en plus mal à l'aise. Le contraste entre son état et le château était tel qu'il ne pouvait que se sentir paysan au milieu de l'or et du marbre. Me laisser ici ne va vraiment pas poser de problèmes …? S'avançant un peu plus, il dépassa timidement la frontière entre les deux mondes. La cour intérieure, immense, était comme un vaste jardin traversé par les cadavres des flèches tombées. Il jeta un regard intrigué à ces reliques aussi grosses que les corps de baleines échouées avant de lever les yeux vers les innombrables fenêtres composant le château. Des lumières passaient aux travers de certaines d'entre elles, illuminant les couloirs d'une teinte discrète. Quelques silhouettes se mouvaient aux travers de celles-ci, s'arrêtant quelques fois pour le fixer de loin. Il serait bien incapable d'en décrire les propriétaires.

De plus en plus mal à l'aise, il descendit néanmoins de cheval. Celui-ci se mit à brouter joyeusement l'herbe grasse et verte à ses pieds, tandis que le mage de foudre ne se décollait pas de sa monture, à la façon d’un poulain avec sa mère. Incapable d'oser rentrer dans le palais et encore moins de rebrousser chemin, Haruhiko sentait les murs de forces invisibles progressivement se refermer sur lui. Nerveux, il ne regardait plus les hommes et les femmes le fixer aux travers des fenêtres, mais il sentait leurs regards peser sur lui à la façon de deux écharpes de plomb. Baissant les yeux jusqu'aux sabots de son cheval, il lui flatta l'encolure nerveusement, comme pour se changer les idées. Je suis un étranger ici.






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MessageSujet: Re: a fool thinks himself to be wise... ▬ Sirael Jeu 7 Jan - 22:18







A fool thinks himself to be wise…



Sirael ne se retourna pas quand il entendit, au loin, des bruits de pas dans la boue.

Haruhiko se rendait à Kaenrish tout comme lui. Satisfait, le Golden King prit bien soin de ne pas faire transparaître ce sentiment dans sa démarche. Il poussa les branchages lourds de la tempête naturelle et magique les ayant fait ployer et s’enfonça dans la forêt où un silence, ponctué de quelques bruits aquatiques et de chant de grelots, régnait. Ashtareos choisit volontairement de s’éloigner de la piste principale. Il ne voulait surtout pas retomber sur sa dernière rencontre. L’obscurité, malgré la clarté de la végétation, tombait comme un suaire sur le monde. Peu à peu, la paix du havre naturel se transformait en silence d’outre-tombe. Sirael soupira, peu fier de lui. Sa peur était ancrée au plus profond de lui. Il enrageait de ne pas pouvoir s’en défaire. Lui, le maitre de Golden Reign. Lui, le Dragon Slayer affilié à l’élément lumière. Lui, l’éminent monarque doré.
Comment pouvait-il prétendre à diriger un royaume s’il ne pouvait empêcher ses propres souvenirs de le dévorer de l’intérieur… ?
Pestant en silence, il sentait l’angoisse monter d’avance. Nouveau soupir. Plus long, cette fois-ci. En anticipant ses réactions, il les faisait naître plus tôt. L’effet placebo, sûrement…
Bref.
Pour se changer les idées, Sirael laissa sa lumière l’infuser avant d’exécuter une premier Kôryuu no Ho. Le combat avait été court. Il lui restait encore des réserves… Par petites poussées magiques, il ne devrait mettre que deux heures environ à arriver à Kaenrish. Et s’il sentait que le temps pressait, il se fendrait d’un ou deux Kôryuu no Kasokudo
En chemin, le jeune homme élabora quelques scénarios pour la suite des événements. Par ailleurs, il se demanda s’il n’avait pas été trop direct dans son discours… Eveiller les soupçons aurait été une des pires choses pour lui.


*Pourtant, tout part de bonnes intentions.*


Oui, tout partait de bonnes intentions. La finalité était belle, comme souvent… C’est le cheminement que l’on fait vers celle-ci qui détermine l’égarement des Hommes.
Mais, peu importe.
Sirael, nimbé de sa douce lumière, était bien trop aveuglé par son entêtement comme par son ambition pour s’en rendre compte.

Le Golden King s’arrêta quelques instants pour reprendre son souffle. Ses réserves de magies s’étaient amoindries durant le trajet. Après tout, le calcul était, somme toute, mauvais de ce point de vue. Monter sur le cheval d’Haruhiko lui aurait économisé bien des forces. Cela posé, qu’aurait- pensé le mage de foudre en voyant Sirael sursauter au moindre bruit et réagir de manière tantôt bien plus agressive, tantôt bien moins assurée qu’auparavant… ?
Le jeu en valait la chandelle.
Tout pour son image.
Tout son empire était fondé dessus.
Tout.
Au fond de la clairière, le Dragon Slayer voyait les tours de son palais se découper sur le ciel sombre, émergeant du jardin tropical cernant ce temple du faste. Il apercevait encore poindre quelques rayons de lumière qui accrochaient misérablement leur empreinte à la pointe des flèches architecturales, comme des êtres ne voulant être arrachés à une ultime falaise avant un gouffre sans fond.
Le fracas habituel des cascades retentissait, toujours aussi calmement violent. Noire d’encre, l’eau dévalait la roche et venait s’étendre avec pesanteur, comme assommée par sa chute, autour de la presqu’île du Golden Palace.
Le jeune homme était chez lui.
D’un pas calculé pour être lent et confiant, il s’avança vers sa luxueuse demeure.

Ashtareos passa la première porte du palais avant d’arriver dans la cour intérieure où se dressaient les trois extrémités des tours tombées. Le Dragon Slayer ne pouvait réprouver l’éveil de son sentiment de rancune pour Valmar M. Fiore. A la manière d’une murène terrée dans les aspérités de son abdomen, cette rage n’hésitait pas à surgir et à planter ses crocs dans les tripes de Sirael. Serrant les mâchoires, il se déconcentra de cette vision pour reporter son attention sur le mage et son cheval, arrivés manifestement avant lui. Paissant paisiblement dans l’herbe tendre tapissant la cour, l’animal était proche de son maître.
Seven…
Un pays réputé pour rendre fous les gens. Un pays de miroirs gelés qui avaient le pouvoir, disait-on, de perdre le plus grand des aventuriers dès que celui-ci passait la frontière. Bien que terriblement hostile, ce genre d’environnement devait être d’une beauté sans nom, reflétant à l’infini son propre monde d’illusions.
Mais Sirael s’enquerrait plus tard d’informations sur cette énième manifestation de la Nature. Zeref avait beau être la source de tous ses malheurs, les cicatrices qu’il laissait sur le monde avaient pourtant une certaine esthétique qu’il ne pouvait négliger.


Je m’excuse pour mon retard, commença le maître des lieux à l’intention d’Haruhiko.


Il s’approcha de lui, passa, durant un instant, un bras amical dans son dos et lui intima par ce geste de le suivre alors qu’il continuait la route. Une fois arrivé devant une immense porte de matériaux précieux décorée, Sirael se retourna et attendit le mage de foudre.


Ici, ton cheval est en sécurité. Quelqu’un ira fermer les premières portes, ne t’inquiète pas.


Derrière le blond, une chaude lumière se mit à inonder la cour intérieure, comme si l’on avait ouvert une sorte d’immense barrage qui retenait, jusque là, le soleil derrière lui.


Entre. Ma demeure est la tienne.


L’instant d’après, Ashtareos pénétra dans l’édifice et demanda à la personne qui avait ouvert la porte de fermer celle qui séparait le Golden Palace de l’extérieur. Un splendide hall dans lequel les membres bavardaient en se sustentant (pour certains) s’allongeait sur une trentaine de mètres, accompagné de tables en bois précieux, de tapisseries cousues au fil d’or et de pièces d’art ancien. Sculptures géométriques, ésotériques… Arabesques délicates s’enroulant les unes aux autres comme des serpents se prélassant sur le mur…
Tout n’était que luxe.
Au fond, une petite estrade de marbre sur lequel un trône se dressait, vide, appelant celui qui était destiné à y siéger. A son pied, une forme aussi féline que royale était étendue, somnolente. Kirduin, le lion que Sirael avait recueilli. Sa crinière, aussi bouffante que l’ambition de son maître, lui conférait une beauté sans nom.

La plupart des membres saluèrent leur maître qui leur répondait, prenant bien soin de nommer chacun, un sourire sur les lèvres.
Les effectifs de Golden Reign étaient plutôt élevés. Certes, la guilde ne devait pas dépasser la centaine de membres, pour l’heure… Mais, après tout, cela ne faisait que deux ans qu’elle était née…
Dans le hall devait se trouver un bon tiers des effectifs, le reste étant sûrement éparpillé dans les étages supérieurs du reste du complexe.

S’arrêtant en plein milieu de la salle, le Golden King, un sourire satisfait aux lèvres. Il était fier de son œuvre, fier de ce palais où flottaient des effluves de richesses culinaires comme matérielles. Fier de cet endroit où se mêlaient les voix confiantes des mages qu’il avait réuni à la douce mélopée de ses royales ambitions. Cet univers donnait le tournis au maître des lieux. C’était là sa source d’ivresse… Son univers ! Son monde ! Son royaume !
Ecartant théâtralement les bras, Sirael fit volte-face, accompagné du cliquetis de son armure, se tournant vers Haruhiko.


Au nom de Golden Reign, sois le bienvenu chez nous ! clama-t-il.


Certains de ses semblables le reprirent, jetant un coup d’œil au nouveau venu.


Haruhiko est un talentueux jeune homme que j’ai trouvé en mauvaise posture. Je vous demande de bien le traiter pendant qu’il récupère au palais…, dit-il à l’attention des membres présents qui reprirent leurs conversations après son annonce


Sirael écarta un peu plus les bras, invitant le dénommé Kuragari à s’enfoncer un peu plus dans le temple du faste.


Golden Entrance



© Halloween



Trois crapauds me tiennent compagnie, huit roses parfument mon or.

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MessageSujet: Re: a fool thinks himself to be wise... ▬ Sirael Ven 8 Jan - 19:59





La Déesse de la Naissance contemplait le monde avec inquiétude. Il lui faudrait bientôt envoyer une catastrophe sur Terre car celle-ci recommençait à être trop pleine de toutes sortes de créatures. Elle se demandait si elle couvrirait cette fois la surface du globe de glace, d’eau ou de lave en fusion, quand tout à coup, une idée lui vint en tête. L’idée sortit de son oreille et dit : « Je suis la Déesse de la Mort et je suis venue régler ton problème. »
« Excellent ! »
La Déesse de la Naissance envoya un faire-part à tous les êtres du monde, ils devaient se rendre immédiatement auprès de la Déesse de la Mort pour choisir la façon dont ils décideraient de mourir. Comme à son habitude, le Monstre avait négligé de lire son invitation. Il était appuyé à un cactus et réfléchissait à de nouvelles monstruosités. Peu à peu cependant il finit par s’étonner puis s’irriter : depuis le crépuscule du matin, toutes les sortes d’êtres vivants passaient en trombe devant lui. Le Monstre demanda finalement à la fourmi où ils cavalaient tous. « Nous sommes en route vers la Déesse de la Mort afin de choisir la meilleure mort possible », répondit la fourmi.
« Qui donc voudrait mourir ? » demanda le Monstre « Personne, mais tout le monde le doit. Il n’y a plus qu’à décider de la manière dont nous pousserons le dernier soupir » dit-elle en se hâtant.
Le Monstre réfléchit un instant mais pas deux. Il bondit sur ses pieds, piétina la fourmi et se précipita à l’audience de la Déesse de la Mort. Sur sa route il tua chaque bête qu’il rencontra. Voici pourquoi les animaux n’ont jamais pu choisir leur manière de mourir.
Carottant de la sorte, le Monstre fut le premier arrivé. « Je t’en prie, choisis », lui dit la Déesse de la Mort. « Je veux pas mourir du tout !! », dit le Monstre. « Obligé ». Le Monstre réfléchit longtemps avant de répondre. « D’accord. Si je dois mourir, que cela n’arrive seulement après qu’on m’aura transpercé, amputé, bouilli, rôti, découpé et morceaux et noyé dans de l’eau bénite. »
« La demande est considérable. »
« Mais je suis arrivé en premier. Ça vaut bien un bonus. »
Et ainsi la Déesse de la Mort exauça-t-elle le souhait du Monstre et à ce jour encore nul de l’a tué.


« Je m'excuse pour mon retard. » Haruhiko sursauta légèrement lorsque la voix du Golden King se fit entendre, juste derrière lui. Sa paranoïa et son malaise l'avait retranché dans un état semi apnéique, comme s'il pouvait se protéger du regard des autres à simplement regarder le sol et rester proche de ce qu'il connaissait, à savoir sa monture. Normalement dans ces situations-là, il prenait en général la fuite lorsque l’oppression qu'il ressentait était trop forte. C'était le cas dans des villes ou des tavernes trop peuplées, une agoraphobie qui lui collait à la peau. Néanmoins, il devait ici faire face à sa peur et à son impression d'inquiétante étrangeté. La venue du maître des lieux dénoua temporairement et partiellement le nœud qu'il avait dans le ventre, figure qu'il connaissait déjà, mais la main dans son dos le fit désagréablement tiquer. Il se fit violence pour ne pas se dégager, par réflexe, mais heureusement celui-ci le dépassa de quelques mètres. Avançant à pas feutrés, une immense porte ouvragée les attendaient. Celle-ci était haute de plusieurs mètres et à double battants, à la façon d'une église. Les lignes et les courbes de la gardienne, surmontées d'arabesques dorées, semblait aussi belle que solide. Il y avait plus de richesse dans cette simple pièce qu'il n'y avait eu d'or dans toute la vie du magicien solitaire. « Ici, ton cheval est en sécurité. Quelqu’un ira fermer les premières portes, ne t’inquiète pas. » Haruhiko flatta l'encolure de sa monture d’un gris tornade à regret. Il se doutait bien que celle-ci n'allait pas l'accompagner jusqu'à l'intérieur, mais il avait tout de même du mal à confier son précieux compagnon à des gens qu'il ne connaissait ni d'Eve ni d'Adam. C'est au moment où il récupéra son sac remplis de ses livres et de ses diverses affaires que l'immense ouverture se fit, nimbant de sa lumière chaude et dorée les deux guerriers. « Entre. Ma demeure est la tienne. »

La radiance du mobilier fit presque mal aux yeux au mage solitaire.
La comparaison avec la cathédrale ne se limitait pas à la simple apparence de la porte. Les énormes voûtes, sur le plafond, tombaient en des arches parfaites et symétriques. Les échos des voix et les différentes clameurs ricochaient sur les murs épais et authentiques comme des milliers de petits cailloux à la surface d'un lac, comme si l'édifice lui-même riait aux éclats. Le lieu débordait de vie, et visiblement les âmes en présence étaient exclusivement des mages. Les immenses tables les accueillants étaient pour certaines recouvertes de victuailles, des plats et des boissons dont les odeurs venaient agréablement titiller les narines de l’étranger, mais torturaient son estomac. C'est à ce moment précis qu'il se rendit compte à quel point il crevait la dalle, et ce depuis quelques temps déjà. Sa fuite de l'auberge lui avait fait sauter un repas, son combat vidé ses forces et sa route creuser sa faim. Il détourna le regard pour ne pas éveiller les soupçons ou faire rugir son ventre, c'était presque comme si son estomac allait sortir de son abdomen pour aller se servir lui-même.

Les murs étaient couverts de riches tapisseries, finement exécutées. Certaines représentaient des combats, des dragons ou des mages, mais la plupart des reproductions ou des allusions à certaines batailles ou noms historiques lui restaient foutrement inconnus. D'autres encore n'étaient que constructions purement esthétiques, dont les motifs et les surpiqûres n'avaient probablement de sens que pour les artisans ou ceux qui se prêtaient au jeu de l’interprétation. La venue du maître de guilde fut remarquée, et nombre de magiciens le saluaient amicalement. Celui-ci connaissait chacun des noms de ces mages et leur répondait avec la plus grande décontraction du monde, bien qu'il sentait des yeux interrogateurs peser sur lui. Évitant de croiser les regards, Haruhiko, bien qu'il haïssait le contact et ne connaissait pas vraiment le jeune homme, ne restait pas bien loin derrière Sirael. C'est à ce moment précis qu'il vit l'énorme lion au pied de ce que l'on pouvait considérer comme un trône, visiblement en pleine sieste. Sur l'estrade de marbre, les deux symboles étaient assez révélateurs concernant la psyché du Golden King qui, décidément, portait bien son nom. Les orteils de l'épéiste s'agitèrent imperceptiblement dans ses chaussures tandis que son cœur semblait être sur le point de se rompre, dans sa cage thoracique. Tout cet éclat, cet or et cette opulence lui donnait presque le tournis. Il y avait au moins plusieurs mondes le séparant de cet homme, de ces hommes. C'était presque comme s'il pouvait sentir le sillage de sa boue et de sa misère laisser une trace désagréable et inesthétique sur le sol de ce paradis artificiel. Ici, tout n'était que calme, luxe et volupté. Il avait l'impression d'être un animal sale que l'on ramènerait par pitié d'une promenade, surpris par l'orage et l'infortune. Il sursauta presque lorsque la voix du Dragon Slayer raisonna dans l'immense pièce, à force de fixer ses pieds, il n'avait pas vu que celui-ci s'était retourné et écartait les bras comme un Christ. « Au nom de Golden Reign, sois le bienvenu chez nous ! » Il croisa de nouveau le regard du maître des lieux, dont certains interrogeaient la décision de loin. C'est vrai que malgré sa grande taille, le magicien n'avait rien de bien impressionnant. « Haruhiko est un talentueux jeune homme que j’ai trouvé en mauvaise posture. Je vous demande de bien le traiter pendant qu’il récupère au palais… » Interdit, l'étranger voulu prendre une pelle et s'enterrer l'espace d'un instant.

On lui indiqua ensuite une chambre et la direction des bains qui, pour son plus grand damne, étaient publics. Située à l'étage supérieur, elle n'était pas bien grande mais immensément plus luxueuse que toutes les tavernes ou auberges dans lesquelles il avait séjourné. Décidé à ne rien toucher tant qu'il ne se serait pas décrassé des pieds jusqu'à la tête, le guerrier solitaire posa ses affaires dans un coin et cacha son sabre sous le matelas, plus par habitude que par crainte réelle de se le faire dérober. Fort heureusement à cette heure-ci peu de monde devaient être aux thermes, mais devaient festoyer avec leur maître de guilde fraîchement rentré. Enfilant un yukata léger, il fila aussi vite que possible à l'endroit indiqué afin de ne croiser personne et tomba des nus lorsqu'il entra dans l'immense… Bâtiment ? Était-ce raisonnable de qualifier de pièce l'immense lieu réservé aux ablutions des mages de Golden Reign ? Secouant la tête, il arrêta sa contemplation de l'opulence de la guilde avant de se rincer dans l'espace prévu à cet effet. Évitant au maximum de passer à moins de quinze mètre d'une âme humaine, il se sentait particulièrement vulnérable à cet instant. Les cicatrices et certains de ses muscles dorsaux déformés par les coups de son ancien protecteur étaient bien visibles, de même que le symbole ésotérique gravé par le fer chauffé à blanc duquel son flanc gauche était gratifié. Se lavant à la vitesse de l'éclair, le savon décrassait la boue de ses mèches et la poussière de sa peau martyrisée. Se sentait renaître, il lorgna malgré tout sur l'un des bassins duquel s'échappait de lourds nuages de vapeur. Il se pinça la lèvre, avant de se diriger prudemment vers lui, comme s'il s'agissait d'un délit. … Une minute. Se glissant à l'intérieur, il réprima un soupir de plaisir. Haruhiko était bien étranger aux joies de l'eau chaude, et encore plus dans un cadre et une quantité pareille. Il sentait déjà ses muscles se dénouer alors qu'il comptait dans sa tête. Un, deux, trois, quatre... Fermant les yeux, il se laissa aller au bonheur que procurait cette expérience nouvelle, le décompte arriva à sa fin et le mage sorti finalement de l'immense bassin. Il se rhabilla rapidement, plus à l'aise, et retrouva sa chambre. Ses affaires boueuses étaient foutues pour ce soir, il devrait donc utiliser sa tenue d'urgence.

Ouvrant son sac, il en sorti un immense kimono bordeaux et noir. Légèrement plus grand que lui et plus austère dans ses motifs que le précédent, il était usé et repris aux coutures à plusieurs endroits, bien que les carrés de tissus en eux-mêmes ne fussent pas déchirés ou recousus. Il poussa un long soupir, avant d'enfiler le pantalon en dessous et le vêtement principal. Là encore il s'agissait d'une propriété de son ancien maître, dont il n'avait jamais su égaler la taille malgré son mètre quatre-vingt-sept. Il essuya une nouvelle fois ses cheveux humides avant de prendre son courage à deux mains et de redescendre vers la salle principale. Celle-ci était encore plus bondée que la dernière fois, et il n'eut aucun mal à repérer le chef de guilde qui était fortement entouré. A côté de lui se trouvait ce qu'il supposait être son énorme animal de compagnie, le même lion qui était endormi aux pieds du trône doré. Il resta à observer toute cette agitation, ces cris et ces rires quelques instants dans l'encadrement de la porte, comme s’il s’agissait d’une pièce de théâtre dont il ne pouvait être que le spectateur. Prenant une large inspiration, son décrassage lui avait donné un peu plus de contenance, et c'est d'un pas plus ou moins assuré qu'il se dirigea vers Sirael, déjà bien occupé. Il se demanda quelques instants si accaparer l'attention du maître de guilde n'était pas un peu exagéré… Mais il ne savait pas vraiment vers qui se tourner. Il aurait été un comble de ne pas remercier une telle hospitalité, en tous les cas. Les quelques mages entourant le Dragon Slayer le dévisagèrent quelques instants, tandis que sa venue fit l'effet d'un cheval dans la soupe. Il s'inclina respectueusement à l'attention du Golden King, avant de prendre la parole. Difficile dans l'ambiance festive et bruyante de la salle commune. « Je vous remercie, encore, pour votre hospitalité. » Essayant de trouver quelque chose à dire et se faire violence quant à son mutisme habituel, Haruhiko tenta d'alimenter la conversation. « Ces lieux sont… Surprenants. » Pour ne pas dire opulents et luxueux. Dans la bouche du jeune homme, cela risquait de prendre des intonations péjoratives. Il n'était que très moyennement habitué à ce genre de train de vie, peu importe ce qu’il en pensait.






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MessageSujet: Re: a fool thinks himself to be wise... ▬ Sirael Ven 15 Jan - 20:37







A fool thinks himself to be wise…



Rapidement, Haruhiko fut pris en charge par les members de la guilde, sous les directives de Sirael. On emmena le jeune homme au kimono souillé de la bataille passée dans une chambre.
Le maître des lieux le suivit des yeux alors qu’il disparaissait dans les couloirs du Golden Palace, traversant les nuages odorants émanant de la nourriture qui commençait être servie. Une fois qu’il disparut de son champ de vision, Sirael se retourna. Tout en marchant entre les longues tables, il utilisa ses rudiments en mage de rééquipement afin de revenir à une tenue plus décontractée. Celle-là même qu’il portait avant d’intervenir dans le combat, plus tôt. Un haut ample et blanc possédant un large col dévoilant le collier massif du jeune homme, des bracelets de la même facture et un pantalon noir. Ses cheveux blonds, fils d’or dissimulant un sombre esprit, étaient rabattus autour de sa tête, dissimulant les larges boucles d’oreille qu’il arborait presque en toutes circonstances.
Tout en échangeant quelques mots avec ses membres, il s’avança jusqu’à son trône, sur l’estrade de marbre blanc. En entendant son maître approcher, Kirduin ouvrit un œil ambré. Immobile, complètement indifférent au monde extérieur, il bâilla et se recoucha lourdement sur la pierre froide. Sirael adressa un sourire poli à son ami et s’accroupit pour le caresser entre les deux yeux. La bête enfonça sa figure royale entre ses énormes pattes pour mieux présenter cet endroit d’intérêt.
Ashtareos connaissait mieux Kirduin que quiconque. Cette petite bande de poils plus sombres que le reste, à la base de son nez, était particulièrement sensible. Le félin y appréciait plus que tout les caresses de son maître, données du bout du doigt. Pendant une ou deux minutes, le Dragon Slayer demeura ainsi, un sourire attentionné et honnête sur les lèvres. Puis il se redressa et, passant ses mains sur les accoudoirs larges et travaillés du trône, le contourna pour s’y asseoir lentement, comme effrayé de ne pas paraître assez royal dans chacun de ses gestes.

Un poing soutenant sa tête, les jambes croisées, le maître de guilde était en pleine discussion avec une jeune femme faisnant partie de sa guilde. Celle-ci, inquiète, l’informait du mouvement qu’il commençait à avoir du côté d’Ecarlatryon. Nether Impact recrutait. Cette guilde pour laquelle Sirael ne considérait guère mieux qu’une fourmilière particulièrement abjecte… Il soupira, contemplant le mouvement circulaire qu’il imposait à son vin tenu entre deux doigts, paume relevée. Le liquide bordeaux lançait des reflets ondoyants dans les yeux plus clairs du Golden King. Il songeait au maître de cette  guilde… Aiceak. Kieran. Un homme étrange, fanatique de son état, s’étant mis en tête d’aider Zeref à purger le monde… Une moue pensive s’afficha sur le visage de Sirael. Il se demandait comment de tels être pouvaient exister… Par quoi étaient-ils motivés ? Le pouvoir ? La peur ? Ou tout simplement la folie ?
Aucune idée.
Tout ce que savait Ashtareos, c’est qu’il allait finir par devoir les écraser, un jour ou l’autre… Comme tous, au final.
Il finit par se lever, remerciant le membre pour les informations qu’il lui avait apporté. A cet instant, ceux qui avaient capté le mouvement du côté du trône se turent. D’un geste de la main, Sirael les renvoya à leurs occupations. Non… Il ne se levait pas pour un discours. Pas ce soir.

Kirduin s’étira, émettant une sorte de rugissement étouffé, et vint marcher aux côté de son maître alors que celui-ci se dirigeait vers une des seules tables circulaires, plus petite que les autres. Il s’assit entre deux hommes et se saisit d’une poignée de fruits rutilants qu’il posa devant lui. La Jungle d’Azerim, mère nourricière, disposait de ressources inouïes… En s’émerveillant des appétissantes couleurs de ces juteuses créations, le Dragon Slayer repensait aux descriptions que lui faisaient ses parents de Midi, à l’époque… Une terre verte, fertile. Un havre de paix où la Nature laissait libre cours à sa fantastique créativité. Là-bas, toujours, les oiseaux sifflaient des airs joyeux, accompagnés d’un vent doux et soyeux. Le feuillage dansait au lent rythme de la vie, tendant ses bras plein à craquer de denrées plus goûteuses les unes que les autres… L’on vivait sans aucune inquiétude. L’on vivait l’instant présent, sans se soucier du passé ou du futur.
Tout était bien.
Jusqu’à ce que ce mythe s’écroule. Jusqu’à ce que tout tombe en poussière. Littéralement.
Tout sourire, Sirael s’interdit de tiquer.
Il s’affaira à manger une mangue coupée en éventail, caressant de l’autre main Kirduin qui semblait attendre son tour, affalé comme un immense chat. Lorsque, entre deux discussions, le Dragon Slayer remarqua le regard intéressé du lion, il demanda à ce qu’on lui passe le plat de viande. Lorsque ce fut fait, il tendit une tranche de bœuf juteuse à son vieil ami qui la goba. Avec un petit rire, Sirael lui offrit une nouvelle caresse et se reconcentra sur son repas.

Soudain, toutes les têtes se tournèrent en une même direction. Surpris par ce silence inopiné, le jeune homme releva ses yeux pour voir Haruhiko de l’autre côté de la table. Il l’accueillit avec un sourire poli. Le mage de foudre s’était paré d’un autre kimono dans des teintes plus sombres. Quelques marques de raccommodage étaient visibles, si l’on s’attardait sur l’habit… Mais cela importait bien peu le maître de guilde. Ce qui l’intéressait, lui, c’était l’homme sous le tissu et, plus précisément, sa puissance…
A nouveau, il s’inclina.
Quelque chose qui ne gênait pas le Light Dragon Slayer, bien que ces manières quelque peu surfaites avaient tendance à ébranler le peu de confiance qu’il avait envers ses connaissances. Si son égo s’en voyait flatté, Sirael se méfiait. Plus une situation le contentait, mieux il en doutait.

Je vous remercie, encore, pour votre hospitalité, commença la mage à travers la clameur de la salle.


Ashtareos se fendit d’une formule de politesse, laissant continuer le jeune homme.

Ces lieux sont… Surprenants.


Il disait cela avec l’air gêné de celui qui ne se sent pas à sa place. Une gêne, somme toute, compréhensible. Ils étaient bien peu à pouvoir appréhender le luxe du Golden Palace de manière naturelle. Tout semblait d’une beauté fragile qui n’aurait pu supporter la moindre agression, qui paraissait  menacer de se gâter instantanément rien qu’en respirant trop près d’elle.
Sirael fit un léger geste de la main, les yeux clos, comme s’il chassait nonchalamment un insecte.

Ne te laisse pas intimider… Il n’est rien de plus désagréable que le sentiment qui en découle…


Puis, dépliant ses doigts, paume ouverte, vers Haruhiko, il poursuivit :

Pourquoi ne prendrais-tu pas place auprès de nous, plutôt… ? lui demanda-t-il. Tu dois être affamé après tes péripéties. Et la nourriture est délicieuse.


Il tapa des mains et demanda à ce que l’on apporte le couvert à l’inattendu convive. En attendant, Sirael saisit un verre encore inutilisé d’une main et une petite amphore dorée de l’autre. Il y versa du vin et tendit le récipient au mage de foudre.
Autour de la table, quatre autres mages : trois femmes et un homme. Sur le bois aux senteurs exotiques, quelques plats appétissants. Viande, fruits et légumes. Le tout arrangé sous forme de salades où se mêlaient le chaud et le froid, le sucré et le salé.
Sirael pencha la tête sur le côté, comme pour amadouer son vis-à-vis.
 
Un verre en guise de réconfort.


Es-tu vraiment celui que je recherche, Haruhiko Kuragari ?
In vino veritas.


Golden Dinner



© Halloween



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MessageSujet: Re: a fool thinks himself to be wise... ▬ Sirael Mar 9 Fév - 19:36





POWER TENDS TO CORRUPT
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« Ne te laisse pas intimider… Il n’est rien de plus désagréable que le sentiment qui en découle… » Balayant d'un revers de main les sentiments négatifs pouvant émerger du solitaire à l'encontre de la démonstration opulente, même s'ils n'avaient pas complètement germés, Sirael avait gardé son expression d'écrasante assurance. N'exprimait-il jamais autre chose que celle-ci, par ailleurs ? La constance de son faciès le fit tiquer imperceptiblement, mais il ne dit rien. D'ailleurs, les prochaines paroles du Golden King achevèrent de complètement détourner son attention sur ce dernier point. « Pourquoi ne prendrais-tu pas place auprès de nous, plutôt… ? Tu dois être affamé après tes péripéties. Et la nourriture est délicieuse. » De loin, les divers plats lui avaient déjà creusé l'estomac, mais à présent qu'ils se situaient pile en dessous de ses yeux. S'en eut été presque indécent s'il n'avait pas l'autorisation d'y goûter. Le chef de guilde lui servit un verre, tandis qu'il entamait le repas. La nourriture était simplement… Incroyable. Bien meilleure que tout ce qu'il avait pu manger auparavant. Le samouraï eut l'étrange conviction que même la paille de son fidèle destrier serait d'une qualité supérieure, ça compensera tout ce trajet. « Un verre en guise de réconfort. » Le solitaire le remercia avant de goûter le liquide rougeoyant qui n'avait, somme toute, rien à voir avec les piquettes dont il avait l'habitude. Le vin en auberge était tellement infâme qu'il avait pris pour habitude de boire du bourbon au miel, seule boisson qui trouvait grâce à ses yeux. Prenant une autre gorgée, le solitaire n'était pas bien à l'aise au milieu de cette assemblée. Haruhiko ne savait pas exactement si c'était son imagination, sa paranoïa ou simplement la vérité, mais il sentait les regards des lumens dans son dos comme si une colonie de sangsues y avait élue domicile. Sirael, lui adressant la parole, atténua cette impression et recadra quelque peu son attention.

« Alors... Tu m'as dit venir de Seven... Je n'y suis jamais allé mais on raconte que c'est une forêt de miroirs... Peux-tu m'en dire plus ? Me décrire quelque peu le visage de ce royaume avant et après sa chute ? J'aime beaucoup la nature. » La dernière phrase sonna comme une justification, celle de l'interrogatoire. Le maître de guilde semblait bien plus attiré, à première vue, aux intérieurs décorés plutôt qu'à une classe verte. Mais le guerrier foudroyant ne se laissa pas démonter, il était bien plus préoccupé par le fait que celui-ci s'intéresse à ses origines. Il pianota machinalement sur son verre, cherchant ses mots. « Eh bien… Je suis parti avant la grande catastrophe. J'ai grandi dans l'immense forêt de Seven avant que le froid de m'y en déloge. Les animaux, eux, ont fui avant les hommes. La différence de température n'était pas si flagrante au début, mais c'est leur migration et quasi disparition qui m'a mis la puce à l'oreille. » Le vin détendait quelque peu ses muscles, et l'ombre d'un sourire apparu sur ses lèvres. Le premier depuis qu'il avait croisé la route du grand blond. Il se remémorait les grands arbres de feuillus, les faisans, les cerfs et autres bêtes qui peuplaient anciennement sa terre natale. Quelque part… Oui, très au fond de lui-même, il était heureux que tout se soit figé en Seven. Un désert de feu ou des marécages sans fin auraient défiguré le paysage. Mais la cristallisation avait quelque chose de pur, qui pouvait transcender la nature et la vie. Figé dans le temps. Il fixa quelques secondes le fond de son verre, ne quittant pas des yeux la surface du liquide bordeaux. Le sang du Christ a comme un goût de Pinot. Un jour il retournerait là-bas, c'était certain. « Avant le passage des démons, c'était un territoire semi montagneux. Les arbres y sont hauts. Pendant la saison des pluies il est possible d'entendre la cime des feuillus chanter sous les bourrasques orageuses qui fouettent leurs branchages, et durant la période estivale courir avec les daims jusque dans les plaines. Ils n'ont pas bien peur des hommes étant donné l'isolement de la zone, même pour les habitants du royaume. Enfin... avant. » Le sourire d'Haruhiko s'estompa, il en avait presque oublié que toute cette époque était révolue. Son verre, vide, fut de nouveau rempli par le maître de guilde dont l'attention ne s'était pas décrochée. Visiblement celui-ci avait décidé que le mage solitaire ne repartirait pas en étant sobre.

Ils discutèrent ainsi pendant quelques minutes, et tandis que Sirael lui apprenait beaucoup du fonctionnement de Golden Reign, lui faisait son possible pour compléter les informations qu'il avait pu recueillir lors de son voyage. Le guerrier foudroyant, cependant, évitait soigneusement de s'étendre sur sa vie. Il avait mentionné sa vie forestière et sauvage, ses longs voyages nomades à partir de sa fuite, mais restait somme toute assez descriptif. Il n'avait pas envie que son manque d'éducation revienne au galop, surtout face à ce qui ressemblait de près comme de loin à un prince. Il failli faire échapper un néologisme, mais se rattrapa de justesse. Il devait rester simple, et factuel. Ainsi, ils restèrent ainsi avant que l'impression qu'on le fixait ne revienne au galop. Jetant d'abord des regards hâtifs derrière lui, il identifia finalement la personne à l'origine de son malaise. Un mage, attablé quelques mètres plus loin, n'arrêtait pas de le fixer avec des grands yeux ahuris. Leurs deux regards se croisèrent l'espace d'un instant avant que Haruhiko ne se détourne définitivement de lui, incroyablement mal à l'aise. Bon sang, il veut ma photo? Quelque chose au fond de lui-même lui souffla que cette histoire était loin d'être finie… Se tournant définitivement vers le Golden King, il réajusta sa complète attention vers ce dernier. La moindre politesse, quand on a un hôte de cette qualité.

« Par ailleurs, je me demandais comment tu avais réussi à t'attirer de tels ennuis, tout à l'heure... Tu n'as pas été discourtois avec ces pleutres, tout de même ? » Un rire semi-cristallin s'échappa des lèvres de Sirael, qui s'était fendu d'un sourire. Et il avait de quoi. Le mage solitaire sentit sa tête imperceptiblement s'enfoncer dans ses épaules, somme toute penaud, gêné et agacé, non pas par les personnes qui l'entouraient, mais par la tournure que cet affrontement avait pris. Se dire que la plupart de ces rustres étaient morts lui laissait tout de même un mauvais arrière-goût au fond de la gorge. Ça avait été du pur gâchis. « J'ai… » Sous la table, dans ses chaussures, ses orteils s'agitèrent. Il était vraiment embarrassé, à présent. « Ils se sont présentés à moi dans une auberge, en tant que compagnie cherchant nouveaux membres. Je n'étais pas intéressé… Ça a tourné au vinaigre quand ils m'ont suivi jusqu'à Landestia. » La suite, Sirael la connaissait. Celui-ci, par ailleurs, hocha gravement de la tête avant de reprendre. Il semblait devenir extrêmement sérieux tout à coup, tranchant sévèrement avec ses expressions précédentes. « Le monde est fou. Certains sont prêts à tout pour leur petit profit » Plusieurs des membres présents à la table acquiescent vivement, provoquant de nombreux remous dans la petite assemblée. « Ces événements sont regrettables, tu ne trouves pas ? » Il soupira. Haruhiko, quant à lui, n'avait pas quitté du regard le fond de son verre presque vide. Attendez… Combien en avait-il déjà descendus, d'ailleurs ? « Sais-tu ? Nous aussi, nous avons été attaqués sans raison valable. » Il plongea alors les yeux dans ceux, brûlants, du maître de guilde. Le solitaire réfléchis quelques instants avant de répondre. Il était difficilement concevable qu'une organisation aussi puissante que Golden Reign puisse se faire attaquer par n'importe qui, et pourtant… L'image des mastodontes échoués lui revint en mémoire, à la façon d'un rappel, d'un memento cuisant.

« Les tours ? » De nouveau, Sirael confirma avec un mouvement de tête. Les mages présents affichaient, eux aussi, un air grave. Il s'agissait visiblement d'un sujet sensible. « Les tours, oui. » Tandis que certains murmuraient des choses qu'il ne saisit pas, le solitaire, lui, restait attentif à ce qui allait suivre. « On espérait les décapiter au même titre que la guilde toute entière. Un homme a vu une menace en notre existence. Alors il a agi. Pourtant, il ne fait rien pour les réels problèmes qu'il pourrait combattre. » Là encore il y eut quelques acquiescements virils de la part des lumens. Mais quelque chose clochait. Les réels problèmes qu'il pourrait combattre. Le samouraï bleuté se redressa imperceptiblement, comme s'il allait bondir de sa chaise. Il ne connaissait rien des relations complexes qui nouaient ou brisaient les partis entre eux, et du conflit secouant les divers continents, il n'en voyait que la trame hirsute et manichéenne. Il manque quelque chose. Il me manque quelque chose. Se rassérénant quelque peu, le solitaire pris une large inspiration avant de fixer de nouveau la tête blonde. Malgré les brumes de la liqueur, Haruhiko restait très sérieux. Et très attentif. « Comment ? »






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MessageSujet: Re: a fool thinks himself to be wise... ▬ Sirael Jeu 18 Fév - 22:05







A fool thinks himself to be wise



Sans strop tarder, Sirael engagea la conversation.  

Il demanda à son invité des détails sur ses origines, détails qui, somme toute, l’intéressaient plus ou moins. Après tout, malgré les vapeurs inquisitrices qui semblaient s’enrouler autour de sa langue à mesure qu’il l’actionnait, le maître de guilde appréciait réellement la nature. Sa beauté le fascinait et la perfection de ses imperfections avait le don de l’enivrer.
Répondant à son hôte, Haruhiko livra ainsi à Sirael quelques détails sur Seven. Et plus le mage de foudre se laissait aller à la conversation, plus il en faisait de même pour la boisson. Ses traits se déliaient ainsi que sa langue… Sûrement l’évocation d’heureux souvenirs y jouait un certain rôle.
Dès qu’il le pouvait, le maître de guilde resservait son vis-à-vis. Quant à lui, il avait tendance à donner l’impression de boire autant, portant régulièrement sa coupe à ses lèvres mais n’en tirant finalement que de petites gorgées.

Rapidement, Ashtareos trouva le moyen d’orienter ce sympathique bavardage pour parler à Haruhiko de Golden Reign. Hiérarchie, organisation, alliés… Des sujets bien superficiels, en somme. Dans un même temps, il ne laissait pas en reste les autres convives, leur postant quelques questions plus ou moins futiles. Ces derniers festoyaient gaiement et dans un calme relatif, offrant à la tablée une ambiance fort plaisante.
Tout en décrivant ses pérégrinations, le mage de foudre détournait les yeux de temps à autres, faussant compagnie au regard de son interlocuteur. Ce dernier, fronçant quelque peu les sourcils, identifia en même temps que l’intéressé la source de ces perturbations : un membre fixait le nouveau-venu comme s’il s’était agi d’un phénomène de foire.  
Finalement, lorsqu’il se retourna, Sirael l’accueillit avec un petit rire :

Par ailleurs, je me demandais comment tu avais réussi à t'attirer de tels ennuis, tout à l'heure... Tu n'as pas été discourtois avec ces pleutres, tout de même ?


Semblant se refrogner, le dénommé Kuragari hésita avant de répondre. Apparemment, une simple histoire de filature suite à un refus de la part du mage de foudre lorsqu’il avait refusé d’accompagner ceux qui allaient devenir ses adversaires dans un combat déloyal… Cela paraissait irréel au Golden King. Irréel ou tristement réel ? Il était légitime de se poser la question. La violence des Hommes prenait, avec la guerre, des propensions désastreuses. Et bien que Sirael n’ait jamais connu que ladite violence, il aspirait à la paix, au plaisir comme seule préoccupation.
Ayant cependant autre chose derrière la tête, il lâcha :

Le monde est fou. Certains sont prêts à tout pour leur petit profit… Ces événements sont regrettables, tu ne trouves pas ?


Un soupir. Le vin tournait, hypnotisant, au fond de la coupe, respectant le rythme que lui imprimait le poignet du maître des lieux.

Là.

Sirael releva des yeux dans lesquels s’était animée une flamme nouvelle, à la fois passionnée et, il fallait le dire, quelque peu inquiétante. Feu de joie né d’un bien sombre charbon.

Sais-tu ? Nous aussi, nous avons été attaqués sans raison valable.


Haruhiko le regarda dans les yeux, contact que Sirael ne briserait pas à cette étape décisive de l’échange.
Autour de la table, les visages avaient imité celui du maître de guilde, comme si une même entité s’était amusée à jeter sur la scène le voile lourd et âpre du passé. Le seul à ne pas être couvert par le drap,  naturellement, en questionna la raison. Curiosité naturelle.
Curiosité bienvenue.

On espérait les décapiter au même titre que la guilde toute entière. Un homme a vu une menace en notre existence. Alors il a agi. Pourtant, il ne fait rien pour les réels problèmes qu'il pourrait combattre.


Le jeune homme sembla remuer quelque peu. Un fugace éclat de méfiance vint troubler le feu des iris de Sirael, durcissant un regard n’ayant cessé de suivre celui de son homologue bleuté.
Cela dit, Haruhiko se calma comme s’il venait d’essuyer un choc à peine tangible. Là, il posa la question. La bonne question. La question cruciale, celle qui porterait la relation nouvelle à un nouveau stade ou qui, au contraire, l’étoufferait dans l’œuf d’une manière brutale.  

Comment ?


Le Dragon Slayer sembla tout à coup se détendre, s’enfonçant dans sa chaise alors qu’il reculait sa tête, dressant un menton qui aurait pu paraître méprisant s’il n‘était pas accompagné d’un étrange sourire. Dodelinant lentement du chef, il sonda les yeux de son invité. Ces yeux opalescents, d’une froideur qui avait quelque chose de fragile… Sûrement était-ce dû à la pâleur de la teinte…

Un jour, nous nous sommes réveillés avec une armée au pied du palais. Crois-tu qu’ils ont attendu avant de lancer l’assaut ? Non…


Sirael s’interrompit pour caresser Kirduin, qui, somnolant, venait de bâiller bruyamment, affalé à son côté.

Nous n’avons même pas eu le temps de comprendre ce qu’il nous arrivait, raconta-t-il avant de claquer des doigts pour appuyer sa prochaine phrase. Une première tour est tombée. Puis la guerre a commencé…


Apparemment, l’attention du mage de foudre était pleinement captée :

Qui sont ces gens ?


Prudence, prudence. Sirael n’avait aucune envie de perdre tout ce qu’il avait commencé, lentement, à échafauder. Une déclaration brutale aurait pu avoir un effet néfaste. Ainsi fallait-il peut-être alourdir la conversation d’une mise en garde…

Si je te le révèle, il se peut que certaines personnes baissent dans ton estime…


L’homme souffla du nez, accompagnant un sourire mutin. Ces mots étaient à double-tranchant. Soit les ennemis du Dragon Slayer devenaient ceux d’Haruhiko, soit ce serait ses amis qui lui paraîtraient hostiles.
Le mage de foudre se contenta de hausser les épaules, sous le regard analytique de son interlocuteur.

Qui se soucie de l'estime d'un... (il marqua quelques secondes de pause) Impotent... ?


Rien n’aurait fait plus plaisir au maître de guilde que ces mots. Un véritable nectar pour ses oreilles qu’il savoura intérieurement.
Au reste, d’un autre côté, cela réveilla son sentiment de perfection suspecte, ce même sentiment qui l’avait frappé lorsque Haruhiko lui avait tendu sa lame comme au maître le plus respectable au monde… Alors que jamais il n’avait croisé sa route.
Pourtant, Sirael ne pouvait plus faire marche arrière. Il allait falloir oublier cette ombre, pernicieuse et perverse, qui planait parfois entre le mage de foudre et lui-même.

Encore bien des personnes, malheureusement... Mais je suis bien aise que tu n'en fasses pas partie, Haruhiko. Car il s'agit de notre souverain à tous, Valmar M. Fiore.


L’invité se fendit d’un triste sourire et soutint le regard de l’hôte. Ce dernier coula un regard discret vers sa coupe qui ne cessait de désemplir à mesure que le vin y était versé. Le dénommé Kuragari semblait bien plus décontracté (voire assuré ?) qu’auparavant. Si bien qu’il se permit un jugement, chose qu’Ashtareos n’aurait pas cru possible plus tôt :

En voilà une drôle de façon de traiter ses alliés.


Si personne ne releva la remarque, Sirael la reçut comme un coup vicieux porté en plein ventre. En un instant, ses a priori semblèrent se confirmer. Sous les effets de l’alcool, Haruhiko venait de critiquer avec une insolente ironie la… Relation… Qu’entretenait Golden Reign avec la Couronne.

Je ne crois pas, non... « Allié » ne signifie pas « ami »... Après tout, nous nous accordons sur un sujet : il nous faut défaire Zeref. S'isoler reviendrait à lui offrir la victoire sur un plateau tu ne penses pas ?


L'attaque reste illégitime, qu'importe le point de vue. Mais... (petit silence) Je crois que je ne suis pas bien placé pour avoir un quelconque avis là dessus


Rasséréné, Sirael, qui, lui aussi, commençait (dans une moindre mesure) à sentir l’étreinte sirupeuse du vin caresser sa lucidité, se décida à agir. Le mage de foudre lui paraissait prêt. Les doutes qu’il avait sur sa personne se levaient petit à petit...

C'est sage de ta part d'avouer cela. Je pense qu'il faut agir pour forger son avis. Qu'il faut s'engager afin de vivre les choses et les juger.


Silence. Regard.
La tablée toute entière se tut, ilot de quiétude au milieu d’une rumeur endiablée, de couleurs criardes et d’odeurs entêtantes.

Est-ce une proposition ?


Après tout, il était normal qu’il voie clair dans le jeu de Sirael, même avec quelques verres derrière lui.

Un choix, mais tu ne viens-tu pas déjà de choisir d'interpréter mes paroles comme une proposition ?


Je vous l'ai dit, j'ai une dette envers vous. Je compte bien m'en acquitter, fit-il après avoir repris une petite gorgée.


Sirael sourit. Un sourire bien faible pour exprimer la satisfaction qu’il ressentait. Il gratifia le mage de foudre d’un regard affectueux, presque… Paternel ? Un regard peut-être même teinté de possessivité. Le regard de celui qui dévore des yeux sa dernière acquisition, oui…
Sirael écarta théâtralement les bras et toute la table se tourna vers Haruhiko.

Ainsi soit-il. Golden Reign t'ouvre ses portes.


Paradoxalement, lesdites portes claquèrent à ce moment précis, comme la délicieuse gueule d’un monstre au charme criminel.


Golden Offer



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