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 Triple A à la capitale [Antho]

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Akio TetsuyaThe Celestial Jumper
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MessageSujet: Triple A à la capitale [Antho] Jeu 28 Jan - 21:27

Crocus. Capitale du royaume de Fiore. Une ville en constante évolution. Il était évident que la ville possédait toutes les avancées magiques que le monde pouvait connaître. J'avais lu dans un livre que la cité avait été construite de manière concentrique, cercle après cercle, ajoutant toujours plus d'habitants au fur et à mesure tout en préservant la sécurité des premiers résidents, à savoir le fameux palais Mercurius et la famille royale. Même si j'avais étudié les lieux de manière studieuse pour être sûr de ne pas être perdu, je devais avouer que Crocus était magnifique avec une vue d'ensemble. Cette géométrie parfaite faisait tout le charme de la cité à mes yeux, sans compter qu'il s'agissait d'une ville extrêmement fleurie, ce qui signifiait que les rues devaient être aussi belles que l'architecture globale. Corvus s'était moqué de mon air subjugué et avait rétorqué qu'il s'agissait juste d'une ville et qu'il ne voyait pas en quoi elle était spéciale. Bien évidemment, l'esprit du Corbeau restait insensible aux charmes de tout ce qui l'entourait... enfin, tant qu'il ne s'agissait pas d'une ravissante jeune femme prête à lui faire des éloges. Au final, tout ce qu'il avait gagné était une fermeture forcée de sa porte, un petit tour que j'avais appris récemment à faire et qui m'épargnait bien des soucis vu que Corvus pouvait agir à sa guise. En temps normal, cela ne me dérangerait pas, mais comme il apparaissait toujours au mauvais moment pour moi, pouvoir le renvoyer pour lui apprendre à éviter ce genre de blagues était une bénédiction. Une fois en ville, je remarquais qu'il y avait énormément de monde, cela me changeait de ma région natale, je devais bien l'avouer et je m'y sentais même quelque peu mal à l'aise. Voulant régler ce détail, je fis apparaître Anser qui se précipita dans mes bras pour réclamer des caresses qui avaient le don de me réconforter. Le Petit Renard observait tout ce qui l'entourait, exactement de la même manière que moi. Il fallait dire qu'il y avait tant de choses à voir dans cette ville, c'était impressionnant.

Comme je n'étais pas pressé pour le moins du monde, j'avais décidé de prendre le temps de visiter la ville, quitte à prendre une chambre dans une auberge si jamais je ne voyais pas le temps passer. Je décidais de commencer par la périphérie et de me rapprocher de plus en plus du centre. Anser et moi agissions comme deux jeunes enfants qui découvraient le monde pour la première fois, tout nous intéressait et tout méritait notre attention. J'étais certain que les personnes que nous croisions devaient se demander quel âge j'avais réellement parce que je ne devais pas du tout faire mon âge en ce moment. Quoi qu'il en soit, je notais quelques adresses où je devrais repasser une fois la visite terminée. Et oui, je n'étais pas venu pour le plaisir du tourisme, ni pour une mission cette fois-ci. La raison de ma venue dans la capitale était plutôt d'ordre personnel ; comme la cité devait avoir une multitude d'objets plutôt rares dans le reste du royaume, j'étais quasiment certain de trouver des clefs intéressantes pour compléter l'équipe d'esprits que je possédais déjà. Non pas que j'étais mécontent de mes partenaires du moment, j'en étais même très satisfait, voire honoré pour une certaine clef d'or que j'avais eu la chance de trouver. Il fallait avouer que je n'aurais jamais pensé tomber un jour sur une clef d'or et j'avais eu la chance de me lier avec le chef du Zodiaque. Loki-nii était génial avec moi, il me donnait souvent des conseils et prenait le temps de m'enseigner tout ce dont j'avais besoin de savoir. C'était d'ailleurs lui qui m'avait informé sur le fait que je pouvais forcer la fermeture des portes, ce qui s'était révélé très efficace sur un certain ange aux ailes noires.

Une fois parvenu près du centre, je parcourrais les jardins ouverts au public tout en observant le palais sous tous ses angles. Corvus avait beau dire ce qu'il voulait, c'était une véritable merveille que j'avais sous les yeux et je ne me lassais pas de la contempler avec un bonheur infini. La matinée était déjà terminée, le soleil était haut dans le ciel, si bien que je décidais de m'arrêter pour manger un morceau, toujours en compagnie d'Anser qui semblait particulièrement excité par cette sortie en ville. Alors que je cherchais un endroit où me restaurer, je sentis un poids disparaître de mes bras et je remarquai un peu trop tard que le Petit Renard était en train de se faire la malle. Ce dernier courut un peu partout jusqu'à disparaître à un coin de rue tandis que je fus obligé de courir pour le rattraper et éviter de le perdre. Je parvins enfin à l'angle et je vis alors mon esprit se relever et venir se dissimuler derrière mes jambes, comme s'il venait de faire une bourde. Rapidement, je compris qu'il venait de cogner cette personne et je m'empressai de légèrement m'incliner pour m'excuser.

Je vous prie de bien vouloir nous excuser. Il m'a échappé et il n'a pas dû faire attention où il courrait.
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MessageSujet: Re: Triple A à la capitale [Antho] Ven 29 Jan - 1:00



Une lumière céleste rencontrant les plus obscures ténèbres imitant la plus brillante des étoiles du ciel. N'est-ce pas légèrement ironique ?


Les vacillements de la charrette faisaient un peu bouger son corps dans tous les sens. Des paysages maussades, dépourvus d’intérêt, défilaient uniquement à sa droite, l’autre ouverture étant fermée d’un rideau sombre. Ses yeux rouges regardaient l’extérieur sans grande conviction… Puis il se rappela le rêve qu’il eût fait la nuit dernière. Un mauvais rêve. Il était droit comme une hallebarde non loin de son maître tandis que les autres palabraient sur des sujets inintéressants. Une chose inhabituelle se déroula passé un certain temps. Une voix avenante lui parla, suivie d’une plus rude, d’une autre plus stricte… Elles l’accusèrent, le condamnèrent pour les crimes qu’il avait commis. Pour avoir laissé son petit frère mourir, pour être aussi faible. Enfin, des ombres indistinctes, sortit un géant, une force de la nature qui ne cessait de le railler. Et ce qui le réveilla en nage, affolé, fut un titan immense recouvert d’une toge obscure qui le prit dans une de ses mains et le brisa comme une brindille. Son véhicule s’arrêta. Il reprit son souffle, réajusta sa blouse blanche, saisit une petite bourse et paya son chauffeur. Devant lui s’élevait la capitale, une cité gouvernée par un monarque fantoche.

Il avait avec lui son précieux calepin, là où des notes, des plans circulaires se trouvaient. Le temps d’un battement de cils, son regard dévoila toute l’amertume de son âme avant de redevenir rieur. Il n’avait pas sa fameuse rapière, cette œuvre d’art qui lui servait d’arme de fonction plus qu’autre chose. Il avança vers l’entrée de la ville, aussi majestueuse qu’un camélia pour l’humain lambda… Mais pour lui, ce n’était qu’une fleur fanée, sans-vie, visitée par des insectes insignifiants. Néanmoins, il ne manqua aucune occasion de saluer une dame honorable, un gentilhomme, toute personne apparemment bonne pour la société. Ses œillades fébriles avaient tendance à susciter une certaine méfiance très vite balayée par ses manières plus que respectueuses. Ses lunettes transparentes descendaient de l’arête de son nez, ainsi, toutes les deux minutes, il devait les remonter. Ses bottines noires tapaient les pavées dans un son soutenu se mêlant aux centaines d’autres. Une cacophonie qui résonnait dans ses tympans, faisait battre ses tempes et préparait le terrain pour une migraine. De quoi commencer à l’énerver, mais qu’est-ce qu’il ne pouvait le faire ?

Jin l’avait bien remarqué. Toutefois, il ne désirait pas plaisanter dessus. Au beau milieu d’une telle foule, dans une ville aussi peuplée, il valait mieux ne pas titiller le possédé. Après tout, juste sous un soleil étincelant, en présence de badauds devant et derrière lui… Il y avait de quoi l’étouffer. De plus, son visage n’extériorisait pas ses véritables émotions. Il s’y était entraîné. Ce qui ne l’empêchait pas de regarder dans son dos, de rejoindre – aussi naturellement que possible – la moindre zone d’ombre qui se présentait à lui et de se gratter juste sous l’épaule gauche. Dire qu’il voulait juste voir à quel point la paranoïa de monsieur Fiore s’était développée. Peut-être était-il le roi, cependant, au vu de sa personnalité fragile, il n’était pas fou de penser qu’Antho puisse l’utiliser. Tiens, un petit passage se profilait entre deux allés et venus de citoyens juste sous son nez… Une occasion à ne pas rater, pour sûr. Il se faufila vers cette échappatoire sans manquer de s’excuser à chaque bousculade. Cette rue, près du cœur de Crocus, était dans la pénombre de hauts bâtiments longeant ses flancs. Était-ce le paradis ? Non. Juste une terre stérile au beau milieu d’un océan de magma incandescent.

Le calme avait repris ses droits les plus fondamentaux. Le crâne du blondin laissait lentement passer son mal… Il pouvait souffler, mais ne surtout pas faire tomber son masque. C’était interdit par ses règles. Cet environnement était hostile pour lui, sa vraie facette. Ainsi, il progressait doucement dans cet endroit isolé tout en réajustant sa blouse immaculée au moins une fois tous les vingt pas. Sans crier gare, alors que Kiryoken le prévint légèrement trop tard, une boule de poils vint taper l’une de ses chevilles. Ses iris écarlates se posèrent sur la créature poilue qui, bien assez vite, alla se réfugier derrière des jambes enveloppées d’un vêtement ample. C’était un garçon d’une corpulence normale, bien qu’Antho soupçonne une musculature bien entretenue. Après tout, ses yeux faisaient la navette entre tout et n’importe quoi, mais surtout sur les nombreuses parties du corps du jeune homme à en juger par son manque de pilosité. Sa voix douce sembla approuver cette idée. Le pauvre damoiseau s’excusa du comportement de sa bête. Il semblait gêné, mal à l’aise, peut-être ? En tout cas, il était poli et blond… tout comme le possédé. Intéressant, devrait-il effacer cette image de lui-même ? Non.

 

Une certaine puissance en émane, non, Antho ? Et puis, tu as surtout besoin d’alliés, là, il me semble. Dit-il en ne laissant aucune place à une quelconque riposte. Il avait juste, Antho le savait…


 

Le capitaine se baissa à son tour, la main sur le cœur. Ne vous excusez pas, c’est moi qui doit l’être. J’ai été distrait et, sans pouvoir me reprendre, lui ai barré le chemin. Il descendit un peu plus, le visage souriant et prononça d’une voix tranquille : Désolé, pauvre petite chose, je ne voulais pas te gêner. Puis il se remit droit comme un piquet, le visage un peu baissé. A-t-il ou a-t-elle un nom ? Oh, navré, je devrais divulguer le mien en premier : Mercer, Antho Mercer. Ravi de vous rencontrer. Pour conclure son discours, il avança sa paume en direction de cet inconnu pour une poignée de mains.

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MessageSujet: Re: Triple A à la capitale [Antho] Ven 29 Jan - 13:36

Bon sang, ce n'était pas mon jour. Alors que je promenais tranquillement dans les rues de la capitale en compagnie d'Anser, ce dernier avait décidé de s'échapper de mon étreinte et d'aller bousculer un parfait inconnu avant de revenir se planquer derrière moi tout en me laissant me débrouiller. Déjà que je n'étais pas très à l'aise avec les gens, voilà qu'il me forçait indirectement à enclencher une conversation avec quelqu'un. Après, l'homme pourrait très bien accepter mes excuses et reprendre son chemin sans aller plus loin, ce qui m'aurait bien arrangé et permis de gronder l'esprit de compagnie pour lui apprendre à rester à mes côtés. En remontant mes yeux pour l'observer, la première chose que je remarquais était l'intensité de son regard et surtout la couleur de ses pupilles : rouge. Il s'agissait d'une teinte peu commune, sans compter que ses cheveux aussi blonds que les miens ne faisaient que ressortir davantage ce détail assez inquiétant. Je comprenais à présent pourquoi Anser avait reculé lorsqu'il avait croisé le regard de cet homme. En plus de cela, il  me dépassait facilement d'une dizaine de centimètres et sa carrure était nettement plus imposante que la mienne. J'avais encore plus de raisons de me sentir mal à l'aise et je pensais soudainement que Corvus se serait bien marré en m'observant en ce moment, ce qui me forçait à reprendre de l'assurance. L'homme finit par s'incliner légèrement à son tour tout en assurant qu'il s'agissait de sa faute, puis il s'adressa à Anser avant de revenir sur moi pour me demander s'il avait un nom. Il se reprit alors et se présenta tout en me tendant sa main pour me saluer. Même si l'intention était bonne et que la politesse dont il avait fait preuve était de la même échelle que la mienne, j'éprouvais toujours des difficultés à m'approcher des gens que je ne connaissais pas du tout. Derrière ce sourire et ces paroles plaisantes pouvait se trouver un dangereux individu qui pourrait me sauter dessus dès que j'avais le dos tourné. Je n'étais pas paranoïaque, juste prudent et j'évitais de faire trop confiance aux gens. Malgré tout, je devais bien lui répondre pour ne pas me mettre dans l'embarras, si bien que je lui serrais la main tout en lui répondant avec un sourire sincère.

De même, je m'appelle Akio Tetsuya et lui Anser, c'est... c'est l'esprit céleste du Petit Renard.

Pourquoi avais-je avoué indirectement que j'étais constellationniste ? Tout simplement parce qu'avec un peu d'observation, le dénommé Antho pouvait facilement se rendre compte que je possédais une pochette accrochée au niveau de mon bassin, contenant des objets ressemblant à des clefs. En faisant le lien avec la petite créature, et avec un peu de connaissances, il était aisé de comprendre que je maîtrisais cette magie. Néanmoins, j'avais toujours mon bracelet qui dissimulait le tatouage de ma guilde, si bien qu'il était impossible qu'il puisse le voir, même si je venais de lui serrer la main. Je ne savais pas pourquoi, mais mon instinct me soufflait de me méfier de lui, comme s'il cachait quelque chose. D'un côté, j'aurais aimé que Loki-nii soit avec moi pour m'assurer que je me trompais, d'un autre côté, vu que nous étions en plein milieu de la capitale, je ne risquais techniquement rien. Les forces de l'ordre étaient suffisamment nombreuses pour intervenir si un incident se déclenchait, sans compter que je pouvais toujours appeler mes esprits à la rescousse dans le pire des cas. Je devais apprendre à me détendre, je me faisais trop de souci pour rien, sans aucun doute. Rassuré par le sourire d'Antho, Anser s'était timidement rapproché de ce dernier pour se frotter contre ses jambes, ce qui montrait que je devais réellement me tromper sur toute la ligne. Amusé par cette vision, je ne pouvais pas m'empêcher de déclarer :

Il a l'air de vous apprécier... Nous ne vous retenons pas j'espère ? Je m'en voudrais de vous accaparer si vous êtes pressé.
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MessageSujet: Re: Triple A à la capitale [Antho] Ven 29 Jan - 15:34



Une lumière céleste rencontrant les plus obscures ténèbres imitant la plus brillante des étoiles du ciel. N'est-ce pas légèrement ironique ?

Le jeunot surmonta sa timidité apparente en essayant de reprendre de l’assurance et de serrer la main lui étant tendue. À ce moment, le regard d’Antho devint plus doux, son sourire, plus apaisant. Il répondait sans doute à celui qui illuminait le visage d’Akio Tetsuya, tel était son nom. L’information alla directement se réfugier dans la mémoire du possédé, comme un livre aux pages vierges n’attendant qu’à être remplies de haut en bas, ayant comme titre l’identité de cet individu. De lui-même, il avoua être constellationniste en parlant de la clé du Petit Renard, appelé ici : Anser. La première syllabe était celle d’Antho, drôle de coïncidence se disait-il. Il était vrai qu’au fil des mouvements de ses iris, une pochette au contenu évident lui apparut. Des formes longues, métalliques, aux motifs divers ainsi qu’élégants… Au vu de la taille de cet objet, il ne devait pas y avoir plus d’une demi-dizaine de clés, si jamais il n’y avait que ça. Soudain, le blondin ressentit un contact chaud et soyeux au bas de ses jambes. C’était Anser qui avait bravé sa première impression.
 

Tout en écoutant le jeune Akio, le capitaine fléchit un peu les genoux, courba le dos afin d’effleurer le canidé en une caresse rassurante. Oui, on dirait bien. Quelle mignonne créature… Ses lèvres s’étirèrent de plus en plus, simulant une expression marquée par cette touche d’émotion. Puis, il leva sa tête pour plonger ses pupilles dans celles du mage céleste. Je ne fais que me promener un peu au hasard, ne vous en faites aucunement. Je suis en repos aujourd’hui. La véritable question est : Vous, êtes-vous attendus quelque part ? Ou bien, vous visitez, peut-être… À moins que vous habitiez ici. N’hésitez pas à me reprendre, je suis d’un naturel curieux, souvent trop pour les gens.


Chacune des questions posées avaient son utilité précise. Après tout, lui qui étudiait et analysait les expressions faciales, intonations de voix et réponses données, savait comment titiller la curiosité ainsi qu’avoir quelques informations. La glace n’était pas entièrement brisée entre eux trois, bien que l’esprit du Petit Renard paraissait apprécier la compagnie du possédé. Un pas à la fois, une pensée à la fois et le dévoreur pourra s’emparer de sa proie. Il avait même pris en compte leurs positions. Dorénavant, Antho était plus proche du sol, laissant Akio en amont le toiser de toute sa hauteur. Peut-être que sa timidité s’évaporerait plus aisément si le blondin le traitait comme son égal, ou mieux, comme un être supérieur. Il réajusta ses lunettes, sa blouse blanche se dérobant de son tronc couvert d’un gilet noir puis se releva après une dernière caresse qui parcourra toute l’échine du renardeau. Son sourire honnête ne s’était toujours pas dissipé, encore moins que son regard serein. Il ne restait plus qu’à gagner assez de sa confiance pour se permettre d’aller plus loin.

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MessageSujet: Re: Triple A à la capitale [Antho] Ven 29 Jan - 20:13

Il semblerait que mon numéro habituel fonctionnait parfaitement bien. En effet, dès que j'étais face à un inconnu, je faisais en sorte de passer pour l'enfant que je n'étais plus. Mon joli et jeune minois ainsi que ma voix douce étaient mes armes les plus aiguisées. La plupart du temps, les gens se disaient rapidement que je n'avais aucun potentiel de menace et qu'ils n'avaient pas à se méfier de moi. Quelle grave erreur ! Sous ces aspects enfantins se cachait un véritable petit fouineur, prêt à récolter toutes les informations que laisseraient échapper les personnes qui lui faisaient face afin qu'il puisse par la suite cerner le caractère de chacun. Sans le vouloir, Anser avait joué un rôle important dans cette enquête discrète sur Antho Mercer, néanmoins, quelque chose n'allait pas. Le grand blond était tout sourire suite au mien, ce qui prouvait que j'avais une nouvelle fois réussit mon coup et je devrais même m'en sentir heureux, pourtant, il y avait comme un grain de sable dans les engrenages qui allait réduire toute ma machination en miettes. J'avais la désagréable sensation que cet homme n'allait pas se laisser faire aussi facilement. Aussi incroyable que cela puisse être, Antho était en train de jouer le même jeu que moi ! L'avantage de passer pour un enfant inoffensif était que mes interlocuteurs se plaçaient naturellement en tant que supérieurs à moi, cela se voyait dans leur façon de se tenir ou même leurs tournures de phrases. Ensuite, je pouvais facilement poursuivre mon petit jeu pour leur soutirer des informations sur eux-mêmes ou leur entourage. Ce qui était en train de se passer me mettait encore plus mal à l'aise que d'habitude, pour la bonne et simple raison que je subissais moi-même le traitement que j'infligeais aux autres. Antho n'était pas resté en supérieur pour la suite de la conversation, en s'accroupissant pour caresser Anser, il laissait imaginer que j'étais celui qui contrôlait la pièce qui était en train de se jouer. Puis, il enchaînait le plus naturellement possible sur des questions basiques que tout le monde poserait, mais qui avait son importance. J'avais l'impression de voir une version plus mature de moi, c'en était... déconcertant. Une fois remis de mes émotions, je me rendis compte qu'il s'était relevé et qu'il attendait toujours mes réponses que je tardais à lui donner avec un peu d'hésitation puisqu'il m'avait ébranlé, sans doute sans même le savoir.

Je... Je suis juste venu visiter. Je n'avais jamais vu la capitale et j'ai quelque chose à faire dans le coin alors je me suis dit que j'allais rester pour en profiter.

Excellent. J'étais en train de reprendre le contrôle sur moi-même, c'était déjà ça. En restant évasif, je ne pouvais pas lâcher des informations involontairement, mais une fois que j'avais terminé de parler, je me rendis compte que j'avais fait une bourde. Que pouvait bien faire un gamin en plein milieu de la capitale seulement accompagné par un esprit céleste inoffensif ? Il fallait que je réfléchisse au plus vite pour réorienter la conversation sur lui avant qu'il ne pose trop de questions à mon sujet. Je souffrais de mon manque d'expérience en la matière et surtout, au fait que je n'avais jamais croisé la route d'une personne qui utilisait le même procédé que moi, un adulte qui plus est !

Pour ce qui est de la curiosité, permettez-moi de l'être également dans ce cas. Vous êtes de la ville ? Puisque vous êtes de repos comme vous l'avez dit, cela veut dire que vous travaillez, que faites-vous dans la vie ? À moins que ce soit trop personnel, ne vous obligez pas à me répondre.

Peut-être un poil trop brutal, mais dans l'ensemble, je m'en étais pas trop mal tiré. Anser était revenu à mes pieds et réclamait de l'attention, puisqu'il sentait bien que j'étais crispé pour une raison qui lui échappait. Quoi qu'il en soit, j'étais parvenu plus ou moins à inverser la tendance en retournant sa curiosité contre lui pour en savoir plus sur sa personne. Le tout avec un petit air désolé qui convenait très bien à mon rôle d'enfant un peu trop curieux. Maintenant, il fallait savoir si la proie allait se douter de quelque chose et devenir chasseur, si elle allait garder son rôle ou si elle ferait en sorte d'équilibrer les deux côtés. Après tout, il était fort possible qu'Antho ait utilisé cette manœuvre pour que je me sente plus à l'aise et que nous puissions parler d'égal à égal. Seule la suite me le dirait, j'aviserais après en changeant mon rôle en fonction de ses réactions.


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MessageSujet: Re: Triple A à la capitale [Antho] Ven 29 Jan - 22:34



Une lumière céleste rencontrant les plus obscures ténèbres imitant la plus brillante des étoiles du ciel. N'est-ce pas légèrement ironique ?

L’hésitation… Cet instant témoignant d’une grande réflexion intérieure. Le possédé pouvait sentir l’embarras de son interlocuteur. Il était une bête à la truffe assez développée pour ça. Ses oreilles retenaient chaque mot prononcé, la moindre erreur possible, bien qu’Antho restait dans la même position, continuait d’arborait la même expression. Ses cellules grises travaillaient de concert, comme une usine gigantesque devant traiter un nombre terrifiant de commandes. Les éléments s’assemblaient, se désassemblaient comme ses poussières noires afin de former la plus cohérente des solutions. De son côté, Jin devait rire face à ce spectacle singulier. Grâce aux études de son hôte, il était aisé de voir le jeu du jouvenceau. Le problème n’était point ici. Non… Il fallait que le personnage du « capitaine » ne perde ni la face, ni son identité propre. Finalement, Akio opta pour un retour à l’envoyeur après une réponse se voulant vague, incertaine. Une tentative bien vaine…


 

Un constellationniste se trouvant dans la capitale du royaume et sans doute du commerce des objets magiques ou non. Quelle chose pourrait-il bien faire ? À part visiter, je dirais chercher des clés d’esprit ou des grimoires parlant de cette magie. Ou sinon… Peut-être des armes ou artefacts enchantés ? Sa corpulence témoigne d’un manque en puissance ou défense physique.  Cessons un peu ses pensées, il vient de terminer ses interrogations…


 

Ce gamin te serait fort utile… J’ai hâte de voir son esprit être englouti par le tient…


 

Pour moi, la curiosité est signe d’intelligence, de réflexion. Mais avant de répondre, nous devrions marcher, si nous devrions faire connaissance autant donner une seconde utilité à notre conversation, non ? Dit-il en souriant davantage des lèvres comme des yeux. Et pour vous répondre, je suis un capitaine de l’armée Caelumienne. Je loge donc principalement à Asvan-sur-mer. Connaissez-vous ce petit coin de paradis réunissant érudition et marchandage ? Bien que la beauté de cette vile n’égale point celle de Crocus, je ne saurais que vous recommander cette ville paisible.


Il marqua une pause afin que le blondinet lui réponde ou, tout du moins, emmagasine ses dires.


 

Il m’est déjà arrivé de visiter la capitale, je connais donc l’emplacement de restaurants, d’auberges où boire et manger de délicieux mets n’est pas trop cher. De plus, non loin se trouvent des magasins vendant des articles de magie. Au vu de votre art, je pourrai vous conseiller de jeter un œil à leur stock de clés d’esprit. Le haut de son corps s’était légèrement voûté en signe de respect, sa bouche ne laissait plus qu’une ligne ondulée rayonner de politesse. Afin d’être à égalité avec vous, je vais vous dévoiler ma magie, après tout, je pense qu’il est logique qu’un capitaine en possède une. Je maîtrise un dérivé de magie « élémentaire », de la poussière teintée en noir.

Toujours droit comme un i, il frôlait une barrière et montrait clairement le chemin à emprunter : le long de la ruelle menant à une artère coulant jusqu’au palais royal. Une densité correcte de citoyens alimentait le flux des vas-et-viens incessants. N’avaient-ils que ça à faire ? Probablement. Les rubis d’Antho regardèrent le renardeau de l’invocateur. La tendresse y était toujours installée, celle qui contrastait avec sa franchise bien à lui entremêlant politesses et réflexions. Il réajusta ses lunettes, sa blouse immaculée et se gratta juste sous l’épaule gauche. Son regard se posa de nouveau sur Akio bien que ses iris allaient parfois dans tous les sens… La roche du sol et des murs ne méritaient pas son attention, pourtant, il ne pouvait s’empêcher d’inspecter cette dernière. Les quelques fissures dessinées sur elle lui rappelait son ancien visage balafré et par la même occasion : un fantôme du passé apparut dans le dos du constellationniste. Antho déglutit et se força à détourner les yeux.


 

Ce n’est pas le moment… Etsu.

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MessageSujet: Re: Triple A à la capitale [Antho] Sam 30 Jan - 8:16

Le début de réponse d'Antho me plaisait particulièrement. En effet, la curiosité était synonyme d'intelligence, elle était le moteur des recherches, du progrès et des efforts fournis pour toujours avancer sur la voie que l'on s'était fixés. Poussée à l'extrême, elle devenait un défaut qu'il valait mieux éviter d'utiliser trop souvent, vouloir tout savoir n'apportait souvent rien de bon. Le grand blond m'invita alors à marcher afin de pouvoir mieux faire connaissance. Étais-je vraiment en train de faire cela ? Je ne faisais que suivre mon instinct qui me poussait à en apprendre un peu plus sur cet homme que le destin semblait avoir mis sur ma route. D'un certain point de vue, il était évident que nous étions en train de faire connaissance, de plus, l'enfant que je jouais aurait accepté la requête, heureux de voir que son interlocuteur ne l'abandonnait pas. C'était pour cela que je décidais d'accepter sa proposition tout en suivant la direction qu'il empruntait ainsi que la suite de ses paroles. Mon visage se crispa légèrement lorsque j'appris qu'il était un capitaine de l'armée de Caelum, ce pays qui craignait d'être le prochain si jamais Fiore cédait et qui avait décidé d'envoyer ses troupes soutenir le royaume. Il n'était donc pas un natif comme moi et, comme il le soulignait, vivait principalement dans la ville d'Asvan-sur-mer. Il ajouta que la ville méritait le détour, bien qu'elle n'était pas aussi impressionnante que Crocus, ce qui restait normal puisque la capitale se devait d'être plus époustouflante que toutes les autres villes.

Je n'ai malheureusement pas le plaisir de connaître cette ville, mais je retiens vos commentaires à son sujet. Anser, ne t'éloignes pas trop, tu vas encore t'attirer des problèmes.

Le Petit Renard revint vers nous en trottinant avant de tourner autour de nous tout en avançant, visiblement en train de jouer à un jeu dont il était le seul à connaître les règles. Le fait qu'il soit capitaine d'une armée signifiait sans doute qu'il avait déjà participé à des batailles et qu'il avait dû être au front. Or, d'après ce qu'il savait, son père s'y trouvait également. Il était possible qu'Antho le connaisse, c'était pour cela que j'avais réagi en entendant cette nouvelle. Mais comment le savoir ? Lui poser la question directement serait malvenu puisqu'elle lui permettrait d'être maître de la conversation, ce que je m'efforçais de ne pas faire. J'avais eu à peine le temps de lui répondre qu'il repartit dans ses explications, voulant totalement diriger le petit groupe que nous formions. Pensait-il qu'il avait réussi son coup si bien qu'il ne prenait plus de gants avec moi ? Je n'en savais trop rien, mais une chose était certaine : plus quelqu'un se plaçait en hauteur, plus longue sera sa chute. Les informations qu'il me donnait étaient toujours bonnes à prendre. Après tout, l'heure du repas n'allait pas tarder à sonner et mon estomac allait finir par se faire remarquer si je ne me restaurais pas assez rapidement. Et si des boutiques de magie étaient réellement à côté, cela m'éviterait de les chercher moi-même. Je remarquais alors qu'Antho avait utilisé le terme art pour définir ma magie et qu'il s'était même légèrement incliné en se montrant respectueux et poli. Alors pourquoi ne parvenais-je pas à lui faire confiance ? Qu'y avait-il de faux derrière ce sourire et cette attitude si sincères ? Comme il le fit remarquer, en tant que capitaine, il maîtrisait lui aussi une magie et pour nous mettre sur un pied d'égalité, il disait pouvoir manipuler de la poussière noire un peu comme les traditionnelles magies élémentaires. Je savais qu'il était possible d'avoir des dérivés, après tout, Loki-nii utilisait Regulus, une variante personnelle de la magie de lumière, aussi, je n'étais pas étonné en entendant cela. Je commençais à m'imaginer tout ce qu'il était possible de faire avec une telle magie quand deux choses me vinrent à l'esprit. Antho venait de se trahir en parlant d'égalité, c'était sans aucun doute le but qu'il recherchait, me faire sentir sur un pied d'égalité avec lui pour que je baisse ma garde. Mais plus intéressant encore, le capitaine n'avait plus l'air très bien tout à coup, il avait détourné le regard comme si quelque chose le gênait. Je réfléchissais à ce qui pouvait bien lui arriver et comme à mon habitude, je me caressais le lobe d'oreille ; il s'agissait d'un réflexe inconscient que j'avais et qui trahissait le fait que j'étais plongé dans mes pensées.

Et bien, que diriez-vous de partager un repas en ma compagnie ? Avoir un si bon guide tel que vous est une chance pour moi et je dois avouer que je suis curieux de connaître plus de détails sur votre magie si vous le voulez bien. Par contre, je doute que les animaux soient autorisés Anser, tu vas devoir repartir.

Je brandissais sa clef tandis qu'il disparaissait après s'être frotté contre mes jambes une dernière fois. Et non, je ne comptais pas lâcher Antho aussi rapidement. J'avais plusieurs raisons qui me poussaient à aller contre mon côté réservé pour entretenir la conversation avec lui : l'intuition à son égard que j'avais depuis le début, en apprendre plus sur une magie que je connaissais pas et tenter d'obtenir une piste pour retrouver mon père. S'il acceptait, ce repas allait sans doute être le plus long de toute ma vie, mais j'étais prêt à relever ce défi, il le fallait !


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MessageSujet: Re: Triple A à la capitale [Antho] Sam 30 Jan - 12:19



Une lumière céleste rencontrant les plus obscures ténèbres imitant la plus brillante des étoiles du ciel. N'est-ce pas légèrement ironique ?

Cette discussion était en train d’emmener les deux blonds dans des sentiers bien nébuleux. Là où il n’y avait que brouillard et brume, où chaque réponse et question en dévoilait ou dissimulait plus sur eux. Bien entendu, Antho avait fait des… erreurs, aussi calculées que possible. Après tout, son rôle se devait d’être le plus sincère, ses paroles avenantes comme celles d’un diplomate. Il faisait presque la fierté de sa guilde, ce ramassis de militaires effrayés par la chute d’un royaume déjà à moitié mort. D’ailleurs, en ayant mentionné son grade ainsi que son appartenance à Sky Stand, il avait pu remarquer qu’Akio contracta ses traits faciaux, comme pour dévoiler une certaine amertume ou une mauvaise surprise, peut-être ? Les deux, ou autre chose, qu’importait. Quelque chose le reliait d’une façon ou d’une autre à la guilde du possédé. Bien… Quelques chapitres entamaient les feuilles de son livre au sein de l’immense bibliothèque qu’était la mémoire d’Antho. De plus, intérieurement, il avait de quoi ricaner. Un pied d’égalité ? Si cet enfant était logique, il aurait pu comprendre que non, qu’Antho restait bien inférieur à lui. Le constellationniste connaissait sa magie, son lieu de résidence, la guilde dans laquelle il s’était engagé, son nom et prénom… Il manquait au blondin des informations pour être au même niveau du jeunot. Mais comme d’habitude, tout cela était fait exprès. De plus, son numéro de guide forçant un peu la main avait été réalisé à la quasi-perfection.

Le seul hic dans cette merveilleuse histoire était l’apparition de ce fantôme. Toujours présent avec son sourire désolé, ses yeux de chien battu dans une expression navrée. Pourquoi la gorge du possédé lui vociférait de crier, de hurler, de pleurer ? Ses poings se serrèrent, pas assez pour blanchir ou noircir ses articulations à cause de son organisme singulier. Le plus embêtant était de trouver un mensonge cohérent si jamais Akio lui demandait ce qui n’allait pas. Il trouvera. Il a été formé à ça. La sclère de ses yeux imperceptiblement plus rouge à cause de l’émotion déporta son attention sur Anser qui trottait autour d’eux. Il haïssait la vie, la beauté et la nature. Alors, tout en puisant dans cette force coléreuse, il trouva le moyen de refouler ses sentiments, au moins pour un moment. Parfait ! Le jouvenceau accepta la proposition d’Antho, qui, subrepticement, lui avait révélé qu’il réfléchissait sur ses paroles, les analysait. Une autre manière de montrer son honnêteté, aussi factice soit-elle. À la suite de cela, le petit filou reprit la parole, Antho, par politesse, réorienta son visage vers le sien. Son cœur noir de haine allait devoir supporter le couteau qu’était Etsu, tant pis. Il devait devenir plus dur, plus imperméable à ses ressentis mentaux. Ainsi, il l’écouta répondre avec la plus grande attention. Il désirait déjeuner avec lui, ce qui ouvrait un nombre presque infini de possibilités dans leurs futurs échanges, en plus de confirmer son envie de visiter les boutiques de magie susdites.
 

Rien ne me ferait plus plaisir. Puisqu’il y a plusieurs enseignes, je suivrai votre dévolu. Après tout, ici, les restaurants sont tous aussi raffinés les uns que les autres. Il adressa un dernier regard au renardeau presque désolé qu’il doive être renvoyé dans son monde puis reprit en effectuant sa courbette habituelle. Si vous voulez bien me suivre…


Dans sa tête se dessinaient les nombreux plans qu’il avait gribouillés sur son calepin. Comme à l’accoutumée, ils étaient d’une précision effarante. Ainsi, il progressa jusqu’à la foule moyenne de tout à l’heure, vérifiant dans son dos, ses côtés, si Akio le suivait bien. Même si ce n’était pas la seule raison… Son pire cauchemar s’évaporait au loin comme les lumières la nuit. Un souvenir qui s’en allait, brûlé par la colère du possédé. Sur la route, il ne put s’empêcher de saluer ou s’excuser, à l’instar de son entrée dans cette capitale fanée. Il faisait mine de chercher le chemin de temps à autre, les gens avec sa mémoire sont plus souvent craints. Il fallait quelque peu la brider. Tapis dans l’ombre de son subconscient, Kiryoken surveillait les agissements d’Akio avec son éternel air enjoué… qui se résumait à un regard rieur et au reste de son visage camouflé, embrumé. Une poignée de minutes s’était déroulée et à part des paroles sans grand intérêt, juste là pour ne pas créer de malaise, ou ses innombrables excuses et salutations, le silence avait régné en maître. À présent, devant ce binôme particulier s’étalaient les lieux tant attendus sur une place ouverte aux enjolivements qu’on trouverait dans toute capitale de royaume. Des avenues pavées, des arbustes taillés, des fleurs colorées, des terrasses en bois, en pierre aux multiples tables et chaises ridiculement ornées. C’était ça la civilisation ? Un amas de surenchère de luxe ? Quelle bonne blague.

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MessageSujet: Re: Triple A à la capitale [Antho] Sam 30 Jan - 14:13

Antho accepta avec plaisir, assurant le fait que je déciderais de l'endroit où nous allions prendre notre repas. Mon plan était donc en marche, il fallait juste que je parvienne à trouver le bon moment pour lancer mes interrogations sans qu'elles fassent trop suspect. Après une autre courbette, il m'invita à le suivre, ce que je fis sans plus attendre. La disparition d'Anser me laissait dans un mutisme inquiétant, sans sa présence pour me rassurer et me détendre, je restais constamment stressé de me retrouver seul avec un... inconnu ? Non, je ne pouvais plus utiliser ce terme pour le nommer. Avec toutes les informations qu'il m'avait données, j'en savais suffisamment sur lui pour savoir qu'il n'allait pas me poignarder dans le dos à la première occasion. La seule chose qui me retenait encore était l'intuition que j'avais depuis le début et que je ne parvenais pas à oublier. C'était cela qui m'empêchait d'être sincère avec lui et de lui avouer que j'appartenais à une guilde de l'alliance Lumen également, que je n'étais pas si tarte que j'en avais l'air et qu'il pourrait sûrement m'aider à retrouver mon père vu son statut de capitaine. Je soupirais intérieurement, j'avais décidément trop de mal à faire un minimum confiance aux gens, encore plus lorsqu'il s'agissait d'hommes. Mon professeur de magie à l'Académie me l'avait pourtant rappelé maintes fois, c'était dans l'échange que l'être humain apprenait le plus. C'était pour cela que je m'appliquais à jouer ce rôle à la perfection, le jeune insouciant pouvait se permettre d'échanger avec n'importe qui, l'esprit réticent préférait garder ses informations tout en récupérant le plus possible de ses interlocuteurs.

Je suivis donc Antho qui avait l'air de savoir parfaitement où il allait bien qu'il s'arrêtait par moments comme pour se rappeler du chemin. Sa mémoire devait être sacrément développée, c'était une chance à mes yeux, surtout pour retenir le plan d'une ville comme Crocus. Les ruelles s'entremêlaient les unes avec les autres et il n'était pas évident de se retrouver sans suivre les axes principaux. Au moins, nous ne perdrons pas de temps sur le chemin, c'était l'essentiel. Alors que je ne parlais plus du tout, le capitaine ne semblait pas vouloir reprendre la conversation non plus, sans doute était-il trop occupé à se rappeler de l'itinéraire si bien que je n'allais pas l'ennuyer durant le trajet. Nous finîmes par arriver sur une place absolument charmante. Tout semblait avoir été fait à la perfection, que ce soit pour l'agencement des pavés, la forme des arbustes taillés pour qu'aucune branche ne dépasse ou les couleurs des fleurs qui ajoutaient une touche de poésie naturelle. À côté de cela, les différents commerces avaient fait en sorte de correspondre à l'image et les terrasses, en pierre ou en bois, se fondaient parfaitement dans le paysage, donnant l'impression que c'était naturel. Bien que c'était trop peuplé à mon goût, ayant l'habitude de mon village perdu dans les Pitons de Weiyan, je devais avouer que l'endroit en lui-même était plaisant et un sourire sincère illuminait de nouveau mon visage. Malgré le fait que je n'étais plus dans ma région natale, je ne cessais de rester accroché à la nature et de la respecter, mais je comprenais que les villes de ce genre étaient nécessaires à la population. Alors que les odeurs commençaient à me titiller les narines, mon estomac émit un grognement sourd qui fut malheureusement bien audible.

Ah ! Euh... Je crois qu'il est l'heure de manger... Et si nous allions ici ?

Le regard plutôt bas, le corps légèrement voûté, des rougeurs aux joues, tout montrait que j'étais gêné par l'intervention de mon estomac qui n'avait pas pu attendre un moment supplémentaire pour m'éviter une telle honte. Comme il faisait beau, autant profiter de la terrasse du restaurant pour manger en plein air tout en sentant une possible brise dans les cheveux, chose que j'adorais. Une fois installés, un serveur qui devait être légèrement plus âgé que moi vint distribuer le menu après les habituelles phrases de politesse et repartit aussitôt s'occuper d'autres clients. Une pensée me traversa l'esprit. Est-ce que je serais capable de faire le serveur pour remplir une mission ? Probablement, il me suffirait de jouer les jeunes hommes charmants et tout sourire pour faire croire que c'était naturel pour moi. Contrairement à ce que l'on pensait, un rôle n'était pas si complexe à maintenir. Le serveur revint pour prendre nos commandes qui se résumait à un jus de fruits et un plat du jour pour moi, autrement dit, un steak avec une poêlée de légumes en accompagnement. Je laissais Antho répondre et le garçon nous servir nos boissons avant de repartir à l'assaut une fois que nous étions seuls.

Je n'ai pas été très honnête avec vous, je vous prie de bien vouloir me pardonner. Vous m'avez donné des détails sur vous sans rien demander en retour donc voilà. Je suis un mage de la guilde Phoenix Ashes à Orphétria, également membre de l'alliance Lumen, bien que je sois trop jeune pour avoir une seule bataille à mon actif puisque je n'ai que dix-sept ans. Alors dites-moi, en tant que capitaine, vous avez dû rencontrer bon nombre de mages je suppose. Avez-vous... croisé des constellationnistes ? Et parlez-moi de votre magie, j'ai du mal à voir comment elle fonctionne.

Pour une avancée, c'était un sacré pas de géant que je venais de faire. Il m'avait paru logique de lui donner des informations sur moi avant de lui en demander d'autres sur lui-même. Techniquement, s'il me répondait, je serais toujours en position de force de ce point de vue, mais je faisais croire à un certain équilibre des choses en agissant ainsi. Ensuite, mes questions étaient très bien posées. Savoir s'il avait rencontré des constellationnistes sans mentionner mon père pourraient lui faire croire que je cherchais à en savoir plus sur les esprits célestes qu'ils possédaient. Et pour finir, je devrais pouvoir en apprendre un peu plus sur le maniement de cette poussière noire, même s'il n'était pas obligé de me révéler tous ses secrets, je n'allais pas lui en demander autant après tout... du moins, j'allais me retenir de le faire surtout. La curiosité avait ses limites, il fallait savoir ne pas les franchir pour éviter les problèmes.


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MessageSujet: Re: Triple A à la capitale [Antho] Sam 30 Jan - 15:57



Une lumière céleste rencontrant les plus obscures ténèbres imitant la plus brillante des étoiles du ciel. N'est-ce pas légèrement ironique ?


Face au spectacle urbain, un sourire se dessina sur les lèvres d’Akio. Le possédé avait du mal à comprendre comment sans jouer de rôle aussi extrême que le sien, l’on pouvait être heureux de voir une telle scène. Ce n’était qu’un monticule d’êtres éphémères, de constructions fragiles et de décorations inutiles. Une décharge dégueulasse. Ses pensées noires modifièrent ses lèvres pour ne former qu’un rictus, à défaut d’avoir mieux. Bien vite, il reprit son expression habituelle puis entendit gronder le ventre de sa nouvelle connaissance. Tout indiquait qu’il en fût gêné. Avec le plus bienveillant de ses regards, Antho tenta d’éradiquer tout le malaise du constellationniste. Il était donc temps de se repaître de quelques mets. Tout en acquiesçant au choix de l’affamé, le capitaine se dirigea là où le souhaitait ce dernier. Il réajusta sa paire de lunettes, clic, et se positionna à l’ombre, comme toujours. Au vu de sa peau au teint neigeux, le possédé supposa que cela n’étonnerait guère le petit futé à sa table. Son attention fut requise après avoir reçu les menus divers et variés pour passer sa commande. Un serveur plutôt jeune cracha ses politesses mensongères à l’instar de n’importe quel adulte travaillant à contrecœur, puis s’en alla parler à des clients avant de revenir s’occuper de leur table. La vie semblait injuste lorsqu’on devait servir les autres comme si nous étions un esclave… Qu’il s’estime heureux ce misérable, lui n’a pas eu à vivre le passé d’Antho…


 

Merci, mon brave. Je désire de l’eau avec un plat plutôt léger. Des fruits peut-être accompagnés de pain. Pour moi, ce sera tout.


Il n’y avait pas besoin de s’étaler en longueur avec un simple serveur. Malgré tout, il avait gardé le même ton qu’il utilisait pour s’adresser aux personnes honorables. S’en suivi une… confession de notre cher constellationniste. Encore une fois, bien que ses yeux papillonnent un peu partout, Akio avait toute son attention. Tout se passait selon ses plans, il n’y avait aucune crainte à avoir. Il suffisait de trier et d’inscrire toutes les informations qu’exprimait le blondinet. Ainsi, il était membre de cette guilde motivée par la vengeance. Destin, destin, destin… Pourquoi avoir mis sur sa route un garçon lui rappelant doublement sa propre personne ? Encore une de ses épreuves consistant à malmener ses nerfs. Au moins, il n’avait participé à aucune bataille selon ses dires. Peut-être que le capitaine pourrait lui raconter deux trois récits sur l’horreur du champ de bataille… Non. Il continua à l’écouter en prenant sa mine intéressée. Nous y arrivons… Une question à analyser avec le plus grand soin. En tant que jeune constellationniste, il serait évident pour le commun des mortels qu’il ne veuille que s’informer sur cette magie. Néanmoins, quelque chose n’allait pas. Un peu plus tôt, il s’était légèrement crispé en découvrant la guilde d’Antho. Et si… l’un des constellationnistes en question était une personne chère à lui ? Ou alors, le contraire : un ennemi à anéantir. Intéressant. Mais il devait répondre maintenant. Il prit le temps de réfléchir une poignée de secondes avant de se lancer.


 

Mhh, commençons par votre première interrogation. De mémoire, je ne crois pas avoir rencontré de constellationnistes, j’en suis navré. À l’Académie Caelumienne je ne garde qu’un souvenir flou des personnes croisées là-bas. Il y en avait peut-être, après tout, ce doit être une magie assez utilisée. Il se gratta juste sous son épaule gauche. Pas que j’oserai insinuer quoique ce soit sur la possible puissance ou simplicité de votre art, bien entendu. Pour me permettre un avis, il faudrait que je sois détenteur de clés. Ce qui n’est point le cas. Dit-il en souriant davantage et en élevant ses fins sourcils.


Le jeune homme s’occupant des commandes de nos deux Lumen arriva avec leurs plats. Il posa ceux-ci devant leur propriétaire respectif puis attendit qu’on le paye. Antho avait toujours été méticuleux, ainsi, en arrivant dans la capitale, il avait pris avec lui des bourses plus ou moins grandes correspondant à ses possibles dépenses. Le prix convenait donc à l’une d’elle qu’il donna au serveur. Il laissa Akio payer sa part, après tout, il fallait le considérer comme un jeune homme pouvant subvenir à ses besoins. L’assiette du capitaine Mercer paraissait frêle à côté de la viande et des légumes du mage céleste. Lui n’avait qu’une salade de fruits des plus traditionnelles, un verre d’eau voisiné d’une bouteille en verre au trois quarts remplie ainsi que d’une miche de pain. Un vrai repas de Roi… Avant de reprendre, il lui souhaita un bon appétit, prenant en compte son pauvre estomac vide. Ainsi, à l’aide d’une cuillère, il se débarrassa des colories vives de son repas au goût infect, comme s’il mangeait des fruits d’amertume. Pourtant, son visage exprimé une réelle satisfaction, quel acteur… Par intervalle plutôt espacé, il regardait sa nouvelle relation remplir son ventre. Lui, que ressentait-il comme goût ? Était-ce salé, sucré, amer, acide, doux ? La texture lui semblait moelleuse, élastique ? Tant de questions inutiles mais pourtant bien là. Finalement, il croqua doucement dans son morceau de bâtard, mâcha discrètement puis avala par petites gorgées le contenu de son verre.


 

J’espère que votre plat vous a satisfait. Il s’essuya les lèvres et lui adressa son sourire iconique. Pour parler de ma magie, elle est, dans les faits, très basique. Je peux la projeter sous une forme plutôt simple, d’une façon solide ou intangible. Toutefois, la poussière solide a un effet qui déchire, comme si sa surface était faite de griffes minuscules. Pour ce qui est de la forme plus « anodine », elle peut provoquer des toux, obstruer la vue… Ce genre de choses, voyez-vous. Mais maintenant, ma curiosité à été piquée par ce que vous possédez. Si je peux me permettre, combien de clés détenez-vous ? Et, si le cœur vous en dit, quel esprit est sous votre tutelle ? Vous pouvez, bien évidemment, ne pas répondre. Souligna-t-il en reversant calmement de l’eau dans son verre et en buvant une gorgée.

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MessageSujet: Re: Triple A à la capitale [Antho] Sam 30 Jan - 20:47

Le choix du repas du capitaine m'étonna quelque peu, c'était assez... peu consistant pour se remplir l'estomac. Tout comme le fait de vouloir rester à l'ombre alors que le temps était magnifique, au moins cela expliquait son teint pâle. Néanmoins, ce n'était pas de mon ressort alors autant le laisser faire. Pendant que je lui racontais tout ce qu'il avait à savoir pour le moment sur moi, je remarquais qu'il n'arrêtait de regarder ailleurs, comme s'il n'arrivait pas à laisser son regard sur un endroit précis. Le faisait-il tout le temps ou arrivait-ce seulement maintenant ? Je n'en savais rien, je n'avais pas fait attention à ce détail plus tôt, ce qui était normal puisque j'évitais de regarder les gens trop longtemps dans les yeux pour jouer mon rôle de jeune un peu timide. Les réponses que me servit Antho n'étaient pas vraiment ce que j'espérais, je devais l'avouer. D'après ses dires et sa mémoire, il n'avait pas rencontré de constellationnistes dans ses rangs, ni comme ennemis d'ailleurs. Dommage, j'aurais pu espérer quelque chose du capitaine, mais il fallait croire que cette piste était nulle de tout résultat. Il laissa échapper qu'il pensait que la magie céleste était répandue avant de se rattraper en déclarant qu'il ne voulait pas insinuer que l'utilisation de cette magie était simpliste. Je ne pouvais pas lui en vouloir, si j'étais le premier constellationniste qu'il rencontrait, il ne devait absolument rien connaître de tout cet univers.

Les plats finirent par arriver et chacun d'entre nous paya sa part avant que le serveur ne reparte vers d'autres tables pour s'en occuper. Après la traditionnelle formule de politesse du début de repas, je m'attaquais au contenu de mon assiette tout en réfléchissant au fait qu'il n'avait pas répondu à la totalité de mes questions. Comme nous étions en train de manger, bien que mon repas était plus riche que le sien, je fis comme si de rien n'était, attendant simplement de voir s'il allait poursuivre. Grand bien m'en fit ! Une fois qu'il eut terminé, il se lança dans les explications de sa magie, comme quoi la poussière qu'il manipulait pouvait être utilisée de différentes façons. En jouant sur l'état de cette dernière, il pouvait la faire devenir rugueuse et extrêmement coupante tout comme la laisser en particules fines pour gêner les voies respiratoires ou visuelles de l'adversaire. En jouant sur cette polyvalence, il s'assurait des intérêts utilitaires et offensifs dans un combat, ce qui devait faire de lui un adversaire redoutable, je n'en doutais pas une seule seconde. Bien évidemment, puisque j'avais quelque peu forcé ses explications sur sa magie, il me retourna les questions pour que j'en fasse de même à mon sujet. Réaction tout à fait normale. Je finissais les restes de mon assiette et de mon verre avant de me redresser pour commencer les explications.

Un repas délicieux, j'espère qu'il en a été de même pour vous. Pour commencer, je me dois de rebondir sur ce que vous avez dit à l'instant, la magie céleste ne peut pas être très répandue pour une raison évidente : le nombre de clefs dépend du nombre de constellations. Normalement, il devrait donc exister quatre-vingt-huit clefs dans ce monde, néanmoins, les esprits de compagnie et utilitaires possèdent plusieurs clefs puisqu'ils ne sont pas uniques. Anser en est le parfait exemple, il est l'esprit du petit Renard qui m'a été assigné, mais il doit en exister des dizaines d'autres. En fait, il existe peu de constellationnistes parce que le seul moyen de récupérer un esprit sans l'accord du contractant... c'est de le tuer.

Je laissais un temps de silence pour m'assurer qu'il avait réussi à tout assimiler et aussi pour reprendre mon souffle. Je venais tout de même de lui parler de la face la plus obscure de la magie céleste et je n'aimais pas me rappeler de ce détail. En effet, si jamais je venais à croiser un autre utilisateur de clefs célestes et que ce dernier était malintentionné, il y avait de forts risques qu'il fasse tout son possible pour prendre ma vie et mes clefs derrière. Comme il était impossible aux esprits d'atteindre à la vie de leur propriétaire, malgré le passé de ce dernier, ils ne pourraient strictement rien faire et seraient obligés de lui obéir par la suite. Ce qui allait suivre était sans doute moins important, mais cela allait répondre aux questions d'Antho et je me devais de choisir les bons mots pour ne pas trop en dévoiler non plus. Je me saisis de ma pochette pour en sortir les cinq clefs d'argent et la clef d'or que j'avais en possession.

Voici mes esprits. Anser du Petit Renard que vous connaissez déjà, Mensa de la Table, Pegasus du Pégase, Ankaa du Phénix, Corvus du Corbeau et Loki du Lion. Comme le Lion est une constellation du zodiaque, sa clef est d'or pour symboliser la puissance supérieure qu'il possède.

Bien évidemment, je cachais bien le fait que chacun d'entre eux possédait une magie voire deux magies qui me servaient énormément en combat pour jouer sur une polyvalence impressionnante. Comme il n'avait pas posé la question, il ne m'était pas nécessaire de lui dévoiler cette information. Il ne restait plus qu'à voir comment il allait réagir face au manque de données.


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MessageSujet: Re: Triple A à la capitale [Antho] Dim 31 Jan - 19:21



Une lumière céleste rencontrant les plus obscures ténèbres imitant la plus brillante des étoiles du ciel. N'est-ce pas légèrement ironique ?

Glou. Il avala un dixième de son verre puis le reposa devant lui. Ses yeux essayaient vainement de rester fixés au même endroit, à savoir sur ceux d’Akio. Ni pour l’intimider, encore moins pour l’insulter… Juste pour lui dire indirectement qu’il était presque passionné par ses explications. Presque. Chaque information rentra dans un coin de sa mémoire et s’inscrit dans le livre du constellationniste ainsi que dans celui de sa magie céleste. Antho remarqua quelque chose, malgré tout ce qu’il eût dit, son jeune camarade ne rebondit pas sur la première réponse du possédé. Il était sans doute déçu, ce dernier aussi, d’ailleurs. Néanmoins, mentir sur un point comme celui-ci aurait été trop désavantageux. Bien sûr, il aurait pu inventer des mensonges, des vérités déformées alliés à une ribambelle d’informations plus ou moins exactes. Mais non. En se rendant compte de cela, son faciès prit une expression désolée et un peu plus pensive. Son silence avait une intonation particulière – drôle de mot pour décrire son mutisme. Comme s’il était personnellement impliqué, il cherchait activement un souvenir en rapport avec un possible invocateur d’esprits. Il ne trouvait pas. Ça l’énervait, intérieurement, bien sûr. Lorsque le débit des paroles d’Akio faiblit, laissant supposer la fin de sa prise de parole, le blondin but doucement une nouvelle gorgée Glou. Pas de chance pour lui, pas de chance du tout. Quand ses pensées cessèrent de tourbillonner, il entendit le mot « tuer ».

Instantanément, il fut replongé dans son enfance. Du sang coulé d’un couteau, suintait sur son front et des cris atroces martelaient ses tympans. Ceux de sa victime. Un fermier, tout bêtement. De mémoire, il lui avait toujours sourit, avait toujours été aimable avec lui. Comme la totalité de ses précédents suppliciés. Pourquoi devait-il faire tomber une lame destinée à la viande sur la chair de ce paysan ? Ça lui revenait… La voix rauque de ce mercenaire, terrifiante et puissante. Il n’avait aucune échappatoire. Il était obligé ! Un flash le ramena en face du blondinet qui continuait de parler. Les yeux d’Antho s’étaient faiblement écarquillés et son souffle s’était fait un peu plus irrégulier. Son cœur battait la chamade et il luttait pour reprendre l’entièreté de ses moyens. Ce fut chose faite lorsqu’Akio termina son second discours. Satanée mémoire pensait-il en boucle. Toutefois, en recherchant dans sa bibliothèque interne, celle qui s’occupait de la mémoire à court termes, il se rappela quelques bribes parlant de six esprits. Oh, ses précédentes estimations étaient fausses ? Le constellationniste avait commencé par l’esprit du Petit Renard et terminé avec une clef d’or : celle du Lion. Antho avait lu un livre qui en parlait un peu. C’était le chef du zodiaque, l’un des plus puissants esprits. Ainsi, le début de sa phrase porta sur un petit canidé et se conclut avec un félidé légendaire. Le capitaine assuma que, machinalement, Akio avait énoncé ses esprits du moins au plus intéressant.


 

Les aliments de cette ville sont un véritable délice. Je me demande qui n’en serait pas satisfait. Et… je vois un peu mieux ce que représente votre magie. Je suis sincèrement navré de mes estimations erronées. Il inclina sa tête une poignée de secondes avant de la remettre droite. Néanmoins, est-il possible qu’au vu de la multitude d’esprits… non-uniques, un grand nombre de constellationnistes n’use de leur magie juste pour ceux-ci ? Ou, d’après vous, sont-ils tous formés à faire, tôt ou tard, combattre leurs compagnons célestes ? Je n’aurai jamais crû pouvoir être autant intéressé, vous avez un don pour captiver ma curiosité. Il prit puis leva son verre et but à en laisser la moitié. Mhh. Il se gratta de sa main libre sous son épaule gauche. Pour ce qui est des mages utilisant votre art, j’ouvrirai l’œil, et le bon. J’imagine qu’au vu de votre jeune âge, vous désirez rencontrer d’autres constellationnistes pour vous parfaire. C’est très sage de penser ainsi, après tout, l’humain apprend le plus dans l’échange. C’est un être sociable de nature en partie pour cette raison, c’est ce que je crois.

Du reste, il n’aurait pu rêver avoir de meilleures informations. Ce déjeuner avait été étonnamment bénéfique pour lui. Ce n’était pas une raison pour s’enfuir comme un voleur, en plus d’être suspect et irrespectueux, il ne pourrait pas faire de ce jeune homme un potentiel allié. Ainsi, il espérait pouvoir encore parler avec Akio, sans spécialement partir en quête d’autres données. Une conversion normale entre personnes l’étant tout autant. Peut-être qu’un autre sujet serait mieux, plus propice à installer un semblant de lien. Sous ses airs attentifs, il recherchait une piste et ses vives œillades ne l’aidaient pas à se concentrer. Quoique, tous ces gens insouciants, non conscients du danger qui plane sur leur pays… Et si l’on parlait de politique ou même de philosophie, se disait-il. Pour l’instant, il laissait Akio répondre et qui sait ? Peut-être serait-ce lui qui entamera ces sujets.

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MessageSujet: Re: Triple A à la capitale [Antho] Lun 1 Fév - 11:35

Révéler les clefs qui étaient miennes n'étaient pas un danger tant qu'il ne s'agissait pas d'un constellationniste en face de moi. De plus, malgré tous les à priori que j'avais sur lui, il m'avait semblé sincère sur le fait qu'il n'avait jamais entendu parler de la magie céleste. Un menteur, aussi expérimenté qu'il soit, finissait toujours par se trahir lors d'une information qu'il laissait échapper, or ce n'était pas le cas pour Antho, si bien que je le croyais... pour ce point. Perdu dans mes pensées  après avoir révélé le point le plus sombre de ma magie, je ne fis pas attention aux réactions du capitaine, si bien que, lorsque je relevai la tête pour poursuivre mes explications, je ne vis aucun changement sur le faciès de mon interlocuteur. Sans doute avait-il vécu plus d'horreurs que celle que j'énonçais pour avoir la moindre réaction. C'était plus ou moins normal dans un sens, à force de côtoyer la mort, on finissait par développer une sorte d'habitude à en entendre parler. N'ayant pas perdu une miette de mon discours, Antho me le prouva tout d'abord en répondant que tout ici était un véritable délice. Pour cela, je ne pouvais pas dire le contraire, le plat que j'avais englouti était absolument divin et ce n'était pas mon estomac, désormais rempli, qui allait nier. L'interrogation du blond à lunettes qui suivit n'était pas du tout dénuée de sens, en effet, il était logique de penser que des constellationnistes n'utilisaient que des esprits de compagnie et utilitaires, sans pour autant compter sur la force combative des autres. Néanmoins, il y avait toujours ce problème qui empêchait un tel cas d'arriver. Le capitaine assura que j'avais un don pour captiver la curiosité des gens, il utilisait sans doute ce prétexte pour justifier ses questions, à moins qu'il soit sincère, ce que je ne pouvais pas savoir puisque c'était bien la première fois que l'on parlait de mes capacités d'orateur. Il termina par déclarer qu'il tenterait de repérer les mages célestes pour moi. En prenant en compte mon jeune âgé, il pensait que je voulais à tout prix rencontrer d'autres mages pour améliorer mes compétences en la matière. Mais c'était sa dernière pensée qui me surprit le plus. L'homme apprenait le plus par l'échange. Mon visage affichait une mine surprise en l'observant droit dans les yeux. Était-ce possible qu'il soit un élève de l'académie lui aussi ? Je remarquais que j'avais la bouche légèrement entrouverte et qu'il attendait sûrement les réponses à ses questions.

Je vous prie de pardonner mon air stupéfait, vous venez de prononcer presque mot pour mot les paroles de mon maître à l'académie d'Orphétria. Cela... m'a perturbé, je dois l'avouer.

Et comment ! Je me rappelais qu'il n'était pas natif du royaume, ce qui signifiait qu'il avait dû faire son parcours principal dans son pays d'origine, autrement dit, il était impossible qu'il ait eu le même enseignant que moi. Cela restait très surprenant et on pourrait penser qu'il était parvenu à briser une partie de mon masque, mais il n'en était rien ; le jeune timide dont je jouais le rôle avait bel et bien vécu à l'académie, il était tout à fait normal qu'il en parle naturellement lorsqu'un souvenir lui revenait. Avec toute cette agitation mentale, j'en avais presque oublié son questionnement sur les esprits accompagnant les mages célestes et je me repris pour lui répondre.

Pour ce qui est des esprits non-uniques, dont le terme exact est esprit multiple, il est vrai que les constellationnistes peuvent se débrouiller rien qu'avec eux. Toutefois, le mage a besoin de protection, puisque nous sommes plutôt faibles physiquement, notre endurance part principalement dans l'ouverture des portes, c'est pour cela qu'il cherchera toujours un esprit qui sera capable de se battre pour lui. Et je vous remercie pour votre aide pour la localisation des constellationnistes, il est vrai que j'ai grand besoin de le... d'en trouver pour ma propre expérience.

Aïe ! J'avais failli révéler que je cherchais une personne bien particulière. La surprise qu'il m'avait faite juste avant m'avait tellement perturbé que je n'avais pas fait attention aux mots que je prononçais. Résultat des courses : je venais pratiquement de révéler que j'avais une cible bien précise, mais surtout, j'avais avoué l'une des faiblesses des mages célestes. D'un autre côté, je ne risquais rien, le fait de maîtriser la téléportation me permettait de me mettre en sécurité en cas de besoin, même si je m'épuisais plus rapidement. Après, l'aide d'Antho pourrait se montrer très précieuse puisqu'il voyageait sans doute bien plus que moi étant donné sa position. En repensant à mon père, je replongeais dans une mélancolie bien visible et j'étais incapable de la dissimuler. J'espérais que mon interlocuteur n'avait pas réussi à comprendre la situation, sinon je devrais tout lui raconter et je n'en avais pas vraiment l'envie. Comment aiguiller la conversation pour éviter qu'il revienne sur moi ?

Sinon, cela fait longtemps que vous êtes dans l'armée ? Pourquoi avoir choisi de venir dans Fiore ?


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MessageSujet: Re: Triple A à la capitale [Antho] Lun 1 Fév - 13:14



Une lumière céleste rencontrant les plus obscures ténèbres imitant la plus brillante des étoiles du ciel. N'est-ce pas légèrement ironique ?

À peine Antho avait terminé son petit monologue que son interlocuteur parût surpris. Les lèvres entrouvertes, les yeux écarquillés, il semblait avoir été étonné par les dernières phrases énoncées. Le possédé arqua ses sourcils comme pour l’interroger. La réponse à cette question arriva incessamment. Presque mot pour mot, le capitaine avait repris les paroles de son professeur à l’Académie d’Orphétria. En vérité, pour lui, c’était une conclusion logique d’une étude de l’espèce humaine. Il n’y avait rien de vraiment recherché, complexe ou transcendant. Mais cela signifiait une chose : le constellationniste avait été éduqué avec ce genre de principes. L’échange, la conversation et l’information. L’ouvrage parlant d’Akio prenait un intérêt tout particulier. Bizarrement, cette rencontre ravissait presque le blondin… Presque. Pour répondre à cet étonnement, il ne fit qu’un plus large sourire et haussa un peu les épaules. S’il l’avait troublé, il ne fallait pas qu’il lui parle de nouveau. Il devait bien lui laisser le temps de se remettre. Ainsi, il attendit sa prochaine prise de parole. Cette dernière tomba bien assez tôt et fut écouté avec la plus grande attention.

Premièrement, son vocabulaire n’était pas correct. C’était certes anecdotique, néanmoins, il enregistrait le terme exact des esprits « multiples ». Deuxièmement, consciemment ou non, le constellationniste dévoila une des faiblesses de sa magie : l’invocateur. Ce problème pouvait être réglé assez facilement, à l’aide d’une seconde magie ou d’un entraînement poussé. C’est ce qu’en conclut Antho. Dernièrement, il remercia le capitaine en ayant quasiment dit qu’il recherchait une personne en particulier. Pour un individu lambda, cela aurait sonné comme une simple erreur orale. Mais pour le blondin, qui avait déjà des vues sur cette piste, tout s’accordait à dire qu’il voulait trouver quelqu’un. Qui ? Ce n’était pas le souci et puis, enchaîner directement sur ce sujet aurait été malvenu. De plus, la mélancolie se lisait sur le joli minois d’Akio. Cette expression était malheureusement très familière à Antho. Chaque jour, chaque nuit, chez lui il l’arborait constamment. Ce mal le rongeait de l’intérieur comme un cancer. La douleur du passé était insupportable… Pourquoi devait-il tout le temps l’encaisser, la dissimuler, la cacher ?

La voix douce du jeunot le renvoya près de lui et sa question avait le mérite d’être pertinente en plus de rabattre la discussion sur le possédé.



 

Avant tout, je vous remercie pour vos réponses claires. Son regard devint plus intense, peut-être simulaient-ils une certaine empathie ? Je suis rentré à l’Académie de Stratoven il y a à peu près deux ans. Ce qui est assez récent, je vous l’accorde. En vérité, je n’avais pas osé vouloir m’y inscrire. Je me trouvais trop faible et inutile, avant. Il ricana, un peu gêné. J’ai passé une bonne partie de ma vie à parcourir mon pays et à m’instruire ça et là au gré de mes moyens et de ceux des localités dans lesquelles je me trouvais. Et, deux ans plus tard, vint la bataille du Front Bourbeux… Au vu de cette situation de crise, les étudiants les plus aptes ont été envoyés là-bas, sans aucune assignation à un quelconque rang. Arrivé sur le champ de bataille, nous avons tout donné et moi… Au bout de quelques minutes, heures, peut-être ? Je me suis retrouvé hors d’état de me battre. J’ai donc été transféré au camp de fortune s’occupant des blessés… et des morts. Il soupira légèrement en se grattant sous son épaule gauche. J’ai donc usé de mes compétences en médecine de terrain, essayais de remonter le moral de ceux en ayant besoin. C’est une épreuve que je ne souhaiterais à personne… Ses mâchoires se crispèrent et il serra son poing droit. La définition même de l’Enfer, j’imagine. Il reprit le contrôle de son corps.


 

Tu as presque l’air sincère… Antho. Tu m’épates, mon grand ! Fit-il résonner dans le crâne de son hôte.


Il finit par étirer ses lèvres en un sourire désolé. Il avait un peu trop parlé et n’avait pas répondu à toutes les questions du mage céleste. Avant de reprendre, il saisit son verre puis but tout ce qu’il contenait. Au moins, cette eau n’avait pas un goût similaire au sable, à la poussière… Il prit une inspiration profonde avant d’expirer l’air de ses poumons dans un autre soupir. Ses yeux rouges faisaient la navette entre sa jeune connaissance, les oiseaux en vol, les buissons qui bruissaient sous le vent et les passants parlant de la pluie et du beau temps. Finalement, il tenta de figer son regard dans celui d’Akio pour le prévenir qu’il allait continuer, répondre à sa dernière interrogation.


 

Pourquoi avoir choisi Fiore ? Bonne question. À vrai dire, j’ai été envoyé ici comme dit un peu plus tôt, enfin, à la frontière séparant ce royaume et Bosco. Après les combats, une bonne partie des troupes caelumiennes ont été mutées à Sky Stand en tant qu’avant-garde. J’ai connu mon grade en même temps que mon assignation à la guilde. Je n’ai pas encore de jugement sur ce pays, pour moi, il est une autre de ces fleurs sur le jardin du monde que Zeref essaye de rendre stérile. Je veux juste éviter cela, bien que je pense que le roi devrait revoir les positions de ses troupes et en apprendre un peu plus sur les stratégies militaires. Rien de plus, rien de moins, je ne suis qu’un soldat, qui pense comme tel. Il esquissa un furtif sourire de côté puis reprit la parole. Et vous, que pensez-vous de la situation de Fiore ?

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MessageSujet: Re: Triple A à la capitale [Antho] Ven 5 Fév - 13:05

Avant de me répondre, Antho me remercia pour toutes les précisions que je lui avais apportées et la clarté de ces dernières, il ne devait pas avoir tort lorsqu'il disait que je n'avais pas de problème pour me faire comprendre lors de mes explications. Peut-être que je finirais enseignant  quelque part... cela pourrait être une expérience formidable. Mes pensées revinrent sur le présent puisque le capitaine se lança dans sa propre histoire bien que mes questions ne portaient pas réellement sur le sujet, c'était toujours bon à prendre pour mieux cerner le personnage. Il n'était dans les rangs que depuis deux ans d'après ses dires et il n'avait jamais osé s'inscrire avant sous prétexte qu'il se trouvait trop faible. Cette réplique me rappela celle de Corvus à mon égard avant que je maîtrise la téléportation et que je devienne moins dépendant de mes partenaires célestes. Personne n'était inutile dans le vie, tout le monde avait un rôle à jouer, aussi infime soit-il. Ensuite, lors d'une bataille, il fut envoyé avec les meilleurs étudiants sur le front. À mes yeux, c'était du pur suicide. On n'envoyait pas des personnes qui n'avaient pas terminé leur formation sur le front sous prétexte que l'on manquait d'effectifs. C'était comme si j'avais décidé de m'attaquer à Zeref accompagné seulement de Corvus dès que j'avais appris à l'invoquer. Quoique... mauvais exemple, même avec l'aide de Loki qui était le chef du zodiaque, je serais incapable de lui infliger le moindre dommage si tout ce que l'on disait à son sujet était vrai. Bien évidemment, Antho avait fini par être envoyé à un camp de fortune avec les blessés puisqu'il n'avait pas tenu, mais le plus horrible était sans doute lorsqu'il déclara que le camp s'occupait également des morts.

Malgré le fait que je ne voulais pas montrer mes émotions, je ne pus empêcher mon visage de prendre une expression choquée. Certes, je ne pouvais pas imaginer toutes les horreurs qu'il avait vécues, mais les quelques images que mon esprit envoyait suffisaient à me faire ne serait-ce qu'une idée de la situation et en effet, je ne souhaitais à personne de vivre cela. Pourtant, Antho l'avait vécu et il en parlait comme de l'Enfer sur terre, ce qui m'attrista. Les guerres n'étaient que des barbaries inutiles qui servaient à prouver à certains hommes qu'ils pouvaient prendre ce qu'ils désiraient en sacrifiant la vie d'autrui. Mes poings se serrèrent en pensant à l'absurdité de tels actes qui, pourtant, se déroulaient encore de nos jours. L'Histoire était présente pour nous rappeler les erreurs du passé, mais l'humanité semblait incapable d'apprendre de ses fautes. Les guerres se succédaient avec les périodes de paix et de deuil, il s'agissait d'un Ouroboros infini dans lequel les Hommes étaient tombés. Je pensais alors à mon père et j'espérais que ce dernier n'était pas compté parmi les victimes... Je mis un léger temps avant de retrouver mon calme et d'écouter mon interlocuteur qui avait repris la parole.

Antho n'avait pas réellement choisi Fiore, comme il avait été envoyé sur le front, le restant des troupes de son pays s'était fondu dans la fameuse guilde Sky Stand en tant qu'avant-garde de Caelum. Dès qu'il fut membre de la guilde, il gagna son grade de capitaine par la même occasion. Comme il n'était pas dans Fiore depuis très longtemps, il ne savait pas trop quelle idée se faire, ce qui était tout à fait normal. Ce n'était pas en voyant quelques villes que l'on pouvait juger un pays, il fallait prendre le temps de visiter chaque parcelle et d'y apprendre les coutumes avant de se faire un avis. La comparaison qu'il utilisa pour définir le royaume aux yeux de Zeref me semblait tout à fait valable. Et le fait qu'il veuille empêcher que cela arrive me mettait du baume au cœur, il n'était qu'un soldat, mais ce n'était pas qu'il en avait reçu l'ordre qu'il voulait protéger le royaume, c'était parce qu'il le voulait également. D'après lui, le dirigeant du pays devrait mieux se renseigner sur le déplacement de ses troupes et les stratégies qu'il convenait d'utiliser. En effet, si l'on considérait le champ de bataille comme le plateau d'un jeu, savoir utiliser toutes ses ressources assurait un net avantage sur son adversaire, ce qui permettait souvent de l'emporter avec de moindres pertes. La question qui termina le monologue d'Antho me surprit bien que ma seule réaction fut de hausser rapidement un sourcil. Que pensais-je de la situation de Fiore ? Voilà une bonne question à laquelle je me devais de réfléchir. Au moment même où mes neurones s'activaient, je commençais à titiller mon lobe d'oreille, ce qui avait le don de me permettre de mieux me concentrer.

Je ne saurai que dire. Je ne suis qu'un enfant qui apprend tout juste à vivre en communauté au sein d'une guilde. Pour moi, les guerres ne sont qu'une perte de temps durant lesquelles un camp, voire les deux, est aveuglé par le but qu'il s'est fixé si bien qu'il en oublie le sacrifice de nombreuses vies pendant son avancée... Mais ce ne sont là que les paroles d'un enfant qui n'a encore rien vécu, je crains de changer d'opinion si jamais je suis confronté aux horreurs de la guerre. Néanmoins, si sacrifier mon innocence permettait de sauver le pays que je chéris, alors je le ferais sans réfléchir une seule seconde.

Il y avait comme une erreur dans mes paroles. J'avais beau dire que j'étais innocent et trop jeune, la maturité que je dégageais à ce moment allait très certainement me trahir. Toutefois, je ne pouvais pas me permettre de mentir lorsqu'il s'agissait de mes convictions. Tant pis si mon rôle se brisait en ayant trop parlé, il fallait qu'Antho sache ce que je pensais réellement et ce, sans le masque que je m'efforçais de garder depuis le début de notre conversation. Peut-être apercevrait-il la lueur sincère dans mes yeux clairs ? Je n'en avais cure à ce moment.


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MessageSujet: Re: Triple A à la capitale [Antho] Ven 5 Fév - 15:25



Une lumière céleste rencontrant les plus obscures ténèbres imitant la plus brillante des étoiles du ciel. N'est-ce pas légèrement ironique ?

Le discours qu’avait tenu l’ignoble manipulateur avait atteint Akio ? L’expression choquée de son doux visage était presque délicieuse pour Antho. Presque. Telle était la réalité de la vie : la mort, tout simplement. L’unique but des humains, l’apothéose de toute existence… Tout était magnifique dans ce concept ; la quiétude, la perte de toute responsabilité, de toute souffrance, de toute peine. Peut-être qu’au paradis ou en Enfer, le cœur du possédé ne serait plus tiraillé par les maux de ce monde, de son monde. Tant de pensées, si peu de vérités. Mais il comprenait cela. Il y a bien longtemps, il pensait que les morts étaient futiles… les guerres, les conflits et tout ce qui s’en suivait également. L’être humain n’inspirait-il pas à aimer et être aimé, à la base de ses désirs ? Qu’avait-il bien pu se passer pour que l’humanité perde ce beau et noble objectif ? Qu’avait-il pu bien se passer pour qu’Antho le perde aussi ? Le destin, seul et unique tortionnaire de cet univers. C’était sa faute, son unique faute ! Il avait créé le chemin qui menait jusqu’aux réflexions que le blondin se faisait en ce moment. Il le manipulait de ses fils invisibles… Bientôt, oui, bientôt Antho sera capable de les couper.

À la fin du monologue se voulant révélateur, les rubis du possédé aperçurent le sourcil d’Akio se lever. Sa question l’avait perturbé ? Non, sans doute au vu de son âge, il ne se doutait pas que son avis compterait un jour pour quelqu’un. Un quasi-inconnu qui plus est. Tiens, il se touchait le lobe d’oreille, un toc l’aidant à cogiter ? Clic. Satanées lunettes… Froutch. Satanée blouse… Scratch-scratch. Maudite épaule ! Depuis quand se la grattait-il ? Cette fameuse amputation, ça lui revenait… Quelle triste époque. Son regard s’attendrissait au fur et à mesure qu’Akio répondait. Ses souvenirs devaient bien l’aider à imiter cette émotion : la tristesse. Toutefois, au plus profond de son âme, aux tréfonds de son être demeurait cette sensation… Oui, les jeunes comme le constellationniste ne devaient pas se battre, ni verser leur propre sang pour des inepties telle que la folie du Mage Noir. D’ailleurs, ses paroles étaient loin d’être vides de sens. Il parlait avec une maturité… remarquable en ces jours troublés. En s’exprimant ainsi, il fit germer un doute en Antho. Était-il si « innocent » pour parler comme il le faisait ? Ou avait-il vécu quelconque tragédie ayant forgé son sens du jugement ?
 

Cela serait bien dommage que vous perdiez cette innocence… Loin de moi l’idée de vouloir penser à votre place ou toute autre chose. Mais des gens comme moi existent sans doute pour que vous évitiez de souiller votre âme. Son sourire rayonna d’une mystérieuse chaleur. Sincèrement, j’aimerai que tous ces conflits ne mêlent pas ceux qui n’ont rien demandé à personne. Tout ce gâchis, et pour quoi ? Accumuler défaite sur défaite, reculer encore et toujours. C’est étrange… Il souffla du nez ironiquement amusé. Lorsque j’étais plus petit, je me disais que rien n’aurait pu se dresser contre mon envie de bonheur… À croire que les ténèbres aiment briser les rêves d’enfant. Glou, glou, glou, il but l’entièreté de sa bouteille de verre. Ce monde semble injuste et l’est-il ? Peut-être.


À ce moment là, ni capitaine, ni possédé n’avait parlé. Seul Antho avait pris la parole. N’était-il pas censé tout haïr, être la personnification de la fureur ? Ou cela venait de sa haine contre les tueries inutiles ? Sans doute, se disait-il. En tout cas, plus il paraissait sincère, plus Akio allait l’être avec lui. Néanmoins, après tout ce mélodrame, il fallait faire redescendre la pression d’un cran. Il y avait plusieurs issues auxquelles le blond aux yeux rouges pouvait se diriger. Peut-être que son interlocuteur répondait à ses dires, légèrement triste, sûrement outré par la façon de penser du capitaine…? Qu’importait. Ce n’était que des bribes de sentiments crachées par une âme plus noire que les ombres. Son regard redevint doux et calme, comme les traits purs de son beau et pâle visage.
 

Quoi qu’il en soit. Nous avons terminés nos plats succulents. Désirez-vous rester ici afin de bien digérer, ou bien visiter les quelques boutiques de cette place ? Ses iris furent tout à coup dirigés vers une enseigne décorée d’un livre, d’une plume et de couleurs baroques, en totale opposition avec le style de Crocus. Il murmura : Une librairie, hein…? Oh, excusez-moi à marmonner dans ma barbe, bien que je n’en aie point… Alors, que souhaitez-vous faire ? Ses lèvres s’élargirent davantage.


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MessageSujet: Re: Triple A à la capitale [Antho] Sam 6 Fév - 9:08

Ma petite réplique avait dû faire son effet puisque le capitaine s'était exprimé assez rapidement derrière moi en précisant que je ne devrais pas perdre mon innocence. Si seulement il savait à quel point ses mots pouvaient m'énerver bien que je ne le montrais pas le moins du monde. Je n'étais plus un enfant ! Il fallait arrêter que le monde cherche encore à me couver alors que je luttais pour découvrir davantage le monde, même si je devais passer par les pires horreurs qui existent pour ce faire. Que ce soit Corvus, mon professeur à l'académie, Loki-nii et maintenant Antho, tous voulaient me garder dans ma zone de confort qui ressemblait plus à une cage dorée pour moi. C'en était assez ! J'étais mage à présent. Si jamais mes services étaient demandés sur le front alors j'irais. Si jamais je pouvais sauver des personnes en étant présent alors j'irais. Si jamais j'avais la possibilité de revoir mon père alors j'irais. C'était aussi simple que cela, mon but me forçait à aller sur le front, il s'agissait de ma volonté et personne n'avait le droit de m'en empêcher. Des gens comme Antho existaient pour que mon âme reste pure... Pourquoi des vies devaient-elles être sacrifiées pour le mental de certaines autres ? Cette question me brûla les lèvres et je fis tout mon possible pour garder un visage neutre bien que ce fut complexe vu le sourire qu'affichait le capitaine, heureux de prononcer ses mots. La suite de ses paroles n'étaient qu'utopie. Les guerres apportaient une paix durable pour panser les plaies des survivants avant qu'une autre ne vienne tout ravager. Ainsi allait la vie. Je n'étais pas pessimiste, juste réaliste et je savais très bien que rien ni personne ne pourrait arrêter cette guerre. Enfant, on m'avait dit que mon père était un héros qui sauvait des gens, maintenant que j'avais grandi, j'avais conscience qu'il n'était qu'un pion que le royaume déplaçait à sa guise pour se protéger. Les ténèbres aimaient briser les rêves d'enfant ? Je n'étais pas d'accord avec cela, tout simplement parce que les ténèbres m'avaient apporté la possibilité d'aller de l'avant et de justement réaliser mon souhait de partir à la recherche de mon père. Tout cela en la présence de Corvus qui maîtrisait ces dernières. Étant un esprit céleste usant des ténèbres, je ne les voyais pas malsaines, au contraire, elles étaient pour moi un moyen d'arriver à mes fins. Malheureusement, toutes les ténèbres n'étaient pas pures, quelques unes l'étaient, la plupart ne servaient que le mal.

Le monde n'est pas injuste, il est équilibre. Les opposés s'affrontent sans cesse dans une lutte infinie où aucun ne peut l'emporter sur l'autre. Si une chose existe, son opposé se doit d'exister et de se lever contre elle, pourtant, chaque qualité a sa part de défaut et inversement. Les ténèbres, l'obscurité, le noir... tout ceci n'est pas seulement néfaste, il suffit de savoir comment l'utiliser de manière bénéfique.

En avais-je trop dit ? Peut-être... Ce n'était qu'un murmure et pourtant, j'étais certain d'avoir été entendu. En tant que capitaine, Antho allait sûrement se demander si je n'étais pas mêlé à des histoires louches, mais le sourire que j'affichais après mes mots devrait pouvoir faire taire ses soupçons naissants et faire en sorte qu'il ne voie qu'un jeune homme qui ne connaissait pas encore grand-chose de la vie. Cela avait ces avantages de passer pour un enfant immature, je ne me lassais jamais de jouer sur cette image. Je ne savais pas si Antho m'avait entendu ou s'il avait fait comme si de rien n'était pour éviter de me mettre mal à l'aise, mais il reprit la conversation sur un sujet tout à fait banal. Enfin... comparé à ce qui avait été dit précédemment, cela l'était effectivement. Le grand blond me questionna afin de savoir si je voulais que nous restions tranquillement installés afin de digérer nos repas absolument délicieux ou si nous allions visiter les quelques boutiques qui se trouvaient aux alentours. Évidemment, certaines d'entre elles allaient particulièrement me plaire sachant qu'elles vendaient probablement des clefs célestes. Antho vit alors une librairie et semblait être intéressé d'après les quelques mots qu'il laissa échapper à mi-voix.

Si vous le voulez, nous pouvons commencer par cette librairie, après tout, je vous dois bien pour m'avoir fait découvrir un peu Crocus. Ensuite, comme vous l'avez deviné plus tôt, j'orienterai mon choix vers une boutique vendant des artefacts magiques dans l'espoir de trouver de nouvelles clefs.


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MessageSujet: Re: Triple A à la capitale [Antho] Dim 7 Fév - 22:17



Une lumière céleste rencontrant les plus obscures ténèbres imitant la plus brillante des étoiles du ciel. N'est-ce pas légèrement ironique ?

Le capitaine se leva doucement en toisant Akio de toute sa hauteur, décala d’un pas sur la droite puis rangea sa chaise sans un bruit. Son visage ne laissait place qu’à un simple sourire perdu entre une expression désolée et une autre amusée. Ses paroles résonnaient encore sur les parois lisses de son crâne. Une vague de chaleur traversa son corps de parts en parts. Il voyait bien qu’en face de lui ne se trouvait qu’un ignorant faisant mine de tout savoir, de s’être formé un véritable avis sur ce monde complexe. Rien que de l’entendre parler des ténèbres aurait pu le faire éclater de rire… Un rire des plus terrifiants, bien entendu. Il avait pensé à l’élément plutôt qu’à l’entité derrière, à la masse obscure au lieu de la bête dont la noirceur d’âme semblait sans fond. Mais cela lui avait donné une information intéressante. Il soutenait les ténèbres en tant qu’arcane, de fumée noirâtre. Cela voulait dire qu’un de ses proches, esprits, amis ou dans sa famille, quelqu’un devait s’en servir. On ne défendait pas les ombres sans être liée à elles, d’une façon ou d’une autre. C’est ce qu’Antho croyait.

Tout en remerciant le constellationniste de lui permettre d’aller dans la fameuse librairie… Il tentait de trouver quelle clé pourrait convenir à l’obscurité. L’oiseau annonceur de mort paraissait être parfait pour ce rôle. Le corbeau, Corvus. Ce n’était qu’une supposition, mais un jour, il effectuera de plus amples recherches. Pour l’heure, il voulait aller voir quelques livres. Ainsi, en marchant les mètres le séparant du magasin, il put passer sous le seuil de l’entrée et contempler l’intérieur. Les planches formant le parquet étaient étroites, sombres et un peu poussiéreuses… Pour peu, le capitaine aurait demandé un torchon et laverait toute cette saleté. Toutefois, il devait se maîtriser. Le libraire, un homme assez grand sans doute cinquantenaire, aux cheveux courts, gris et tirés en arrière, les salua, Antho et Akio. Le blondin rendit ses salutations puis commença à sillonner les rayons en replaçant les livres qui débordaient des bibliothèques. Il se souvenait de cet endroit, il avait vingt ans et son corps balafré terrorisait les aristocrates de cette cité bien trop snobes pour lui…

Un ouvrage coloré de rouge, de noir et de gris attira son attention. Il le tira de sa rangée en prenant grand soin de ne pas toucher les autres. La symétrie presque parfaite de ces bouquins lui convenait trop pour la détruire. Il lut son titre et le feuilleta à une vitesse effarante, ses yeux semblaient les suivre avec célérité. Ça parlait d’un général déchu, qui avait pourtant remporté d’innombrable victoires, mené son armée dans moult réussites et qui, un mauvais jour, s’était fait avoir par un jeune officier. D’après les lignes retenues… Le livre narrait sa déchéance misérable, sa chute mentale, morale et physique à travers une ribambelle d’aventures toutes plus sombres les unes que les autres. Il devait être nouveau, Antho ne se rappelait pas d’avoir vu ce genre de péripéties. Alors, présentant ses politesses habituelles, il demanda à acheter « Logen le Général Avili ». Il regarda en arrière afin de voir si sa connaissance arrivait à trouver quelque chose lui plaisant. Il s’avança calmement, paré de son expression la plus agréable et effleura les reliures diverses des nombreux livres à disposition.
 

Les livres contiennent tant de savoirs et ouvrent l’esprit sur un univers aux possibilités infinies. Je ne sais pas pour vous, son regard devint plus doux, mais j’adore dévorer leurs pages des yeux. Je me demande… Y a-t-il des ouvrages parlant de votre art ? Vu que c’est votre première visite, j’imagine que ce serait une bonne surprise de voir un livre en dévoilant un peu plus sur la magie des constellationnistes.




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MessageSujet: Re: Triple A à la capitale [Antho] Sam 27 Fév - 10:49

Antho me remercia de se diriger en priorité vers la bibliothèque, ce qui n'était pas grand-chose, il fallait l'avouer. Après tout, grâce à lui, j'avais pu découvrir une bonne partie de la ville et connaître un endroit sympathique où se rassasier tout en étant à proximité des boutiques. Je devais admettre qu'il n'aurait pas pu faire mieux pour que tout me convienne, comme si c'était son intention depuis le début et que notre rencontre avait été calculée. Je me faisais sans doute trop de films, la paranoïa avait ses limites elle aussi et je devais apprendre à les connaître pour éviter de partir trop loin dans mes hypothèses. Je fus coupé dans ces dernières par les salutations du libraire qui nous avait vus entrer, ce dernier était d'ailleurs l'archétype de tous ceux qui faisaient son métier. Les cheveux grisonnants, un âge qui devait dépasser les cinquante ans, même sa voix et le ton qu'il y mettait correspondaient parfaitement à tous les préjugés que l'on pouvait se faire sur ce genre de personnes. Bien évidemment, je lui répondis juste après Antho qui avait fait de même. Ce dernier commençait déjà à parcourir les rayons tout en replaçant les livres qui dépassaient de chaque rangée. Ah tiens ? Il avait donc ce besoin essentiel de tout garder rangé, cela montrait souvent une vie chaotique et j'avais envie d'en savoir plus évidemment, mais je me retenais puisque mon rôle m'empêchait de satisfaire ma curiosité. Préférant laisser le capitaine chercher des ouvrages qui mériteraient son attention, je pris la direction des livres traitant de magie et plus particulièrement la mienne afin de voir si je pouvais avoir plus de renseignements sur l'art que je maîtrisais. Malheureusement, comme je l'avais deviné, les quelques ouvrages traitant de ce sujet étaient les mêmes que j'avais eu à ma disposition à l'académie de magie, si bien que je savais que je ne trouverais rien dans ce lieu. Je cherchais tout de même pour voir si je ne pouvais pas trouver une perle rare, mais c'était sans doute peine perdue, comme pouvait le montrer l'air penaud que j'affichais.

Le grand blond avait choisi ce moment pour revenir vers moi. Encore une fois, ses paroles étaient pleines de sagesse et j'appréciais d'avoir en ma compagnie quelqu'un d'aussi réfléchi et posé. De plus, je ne pouvais que valider ses mots. À mes yeux, les livres étaient des portes vers d'autres univers qui n'attendaient qu'une seule chose : que quelqu'un vienne les découvrir. Toutefois, je me méfiais de certains d'entre eux, notamment les livres d'histoire qui pouvaient être racontés de différentes manières selon le point de vue de l'auteur, si bien qu'il était impossible de croire ce que l'on lisait avec certitude. Antho avoua qu'il adorait lire, qu'il, pour reprendre ses termes, dévorait les pages des livres qu'il avait sous les yeux. Je comprenais parfaitement ce sentiment, même si je ne faisais pas de même. En effet, je préférais prendre le temps de lire convenablement l'ouvrage afin d'en tirer toutes les conclusions, y compris celles qui étaient dissimulées entre les lignes. Le capitaine finit par s'enquérir de la présence d'ouvrages sur la magie que j'utilisais, ce qui était tout à fait normal puisque j'étais venu principalement pour cela. Ce fut donc avec toute la sincérité du monde que je lui répondis.

Malheureusement pour moi, les seuls que j'ai trouvés se trouvent déjà dans la bibliothèque de l'académie, donc il n'y a rien de nouveau pour moi.

Autant rester évasif sur le sujet. J'aurais aimé trouver un livre listant tous les esprits existants afin d'en connaître un maximum sur toutes les constellations. Néanmoins, je pensais également que c'était peine perdue, pour la simple et bonne raison que s'il existait, son propriétaire aurait accès à une quantité impressionnante d'informations sur le monde céleste. Ce n'était pas pour rien que les constellationnistes formaient des contrats avec leurs esprits, cela évitait que ces derniers transmettent des informations venant de leurs anciens contractants. Le monde des esprits avait des règles très strictes, mais il se pourrait qu'un esprit possède toutes les connaissances de son monde, ce qui permettrait de répondre à toutes les questions que je pourrais me poser. Ce n'était qu'une possibilité, je ne savais pas s'il existait un tel esprit, mais j'aimerais fortement m'en emparer afin de pouvoir découvrir une piste menant à mon père. C'était un espoir auquel je m'accrochais de toutes mes forces, une lumière brillant dans les plus sombres ténèbres, mais également le but que je m'étais fixé. Je savais que les ténèbres n'étaient pas aussi inoffensives que je voulais bien le faire croire, Corvus ne manipulait que l'élément en question, mais les Ténèbres elles-mêmes étaient le reflet de nos doutes, de nos erreurs, de nos fautes... Tout ce qu'il y avait de plus mauvais en nous, les Ténèbres s'en emparaient pour croître davantage, le monde était ainsi. Me secouant mentalement, je me rendis compte que j'étais resté pensif trop longtemps face à mon interlocuteur et qu'il fallait que je trouve quelque chose pour ne pas éveiller les soupçons.

Et vous ? Avez-vous trouvé quelque chose d'intéressant ? Quoi qu'il en soit, mes recherches ici sont terminées donc s'il en est de même pour vous, je pense que nous pouvons quitter cet endroit.


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MessageSujet: Re: Triple A à la capitale [Antho] Mer 16 Mar - 13:28



Une lumière céleste rencontrant les plus obscures ténèbres imitant la plus brillante des étoiles du ciel. N'est-ce pas légèrement ironique ?

Ses yeux d’un rouge brillant d’intérêt fixaient Akio. Le bruit du plancher grinçant au grès des pas du libraire résonnaient dans son crâne, en chœur avec la multitude de pensées à l’intérieur. Ses iris se mouvaient encore dans tous les sens, bien que la zone balayée fût restreinte au visage du blondinet. Il s’en était rendu compte après avoir posé sa question… Les traits de ce dernier indiquaient une certaine déception et, quelques secondes passées, elle fut confirmée par le constellationniste. Antho ne put réprimer un mouvement de bouche fugace, symbole de son empathie, de sa déception partagée. Il n’y avait rien à dire. Il fallait juste laisser le silence exprimer ses sentiments plus ou moins factices. Néanmoins, celui-ci durait bien longtemps. À croire que son interlocuteur nageait dans les abysses de son esprit, perdu dans un océan de doutes, de réflexions et de ruminations. Le possédé ne souhaitant guère le déranger, rouvrit sa récente acquisition puis la feuilleta à nouveau. Le style de l’auteur était fluide, riche et la plupart des émotions étaient parfaitement retranscrites… Un ouvrage d’une qualité indéniable que le blondin décortiquera à l’aide de son âme de critique sévère. C’était un passe-temps comme un autre qui lui permettait de s’évader de ce monde si complexe, si sombre, si inintéressant. Soudain, Akio émergea de ses songes avant de s’enquérir des achats du Capitaine.
 

Mhh ? Il releva sa tête en refermant son livre. À vrai dire, il est rare que je voie un bouquin sur lequel je ne suis pas tombé. Alors, dès que j’en remarque un, inconnu au bataillon, je m’empresse de l’acheter. Ce dernier parle, à première vue, de la déchéance d’un militaire pourtant très bon, mais qui, un jour, est tombé sur une personne plus futée que lui. Sa voix prit une intonation particulière, comme plus… impliquée, plus intéressée. À partir de ce moment, il fut envoyé en exil, perdant peu à peu la raison, se plongeant dans une spirale inéluctable lui faisant traverser toutes les étapes de la folie. Son ton redevint normal puis il réajusta ses lunettes. Je suis bien content de n’être que Capitaine, sans quoi, j’aurais presque pu me sentir mal à l’aise en parlant de ça. Il sourit tristement, comme s’il supposait qu’un destin semblable l’attendait… Mais oui, nous pouvons y aller.


D’une de ses poches, il sortit une petite bourse et la donna au marchand qui fut stupéfait d’y voir le compte exact. Antho, à côté de la porte, saisit la poignée puis, d’un geste presque théâtral, invita Akio à sortir. À ce moment là, l’on aurait pu le confondre avec un majordome. Après tout, ses manières et paroles s’en rapprochaient… Lorsqu’il passa le seuil de la boutique, le possédé lui emboîta le pas jusqu’à l’objectif premier du mage céleste. Rien qu’en s’approchant, plusieurs sources de magie se ressentaient, plus ou moins puissantes, plus ou moins discrètes. Quand le duo pénétra à l’intérieur, une clochette raisonna en une série de tintements aigus. Contrairement au précédent endroit, tout était impeccable et brillait d’un éclat quasi mystique. En même temps, là où la magie règne, ce genre d’atmosphère était logique. Le Capitaine se prépara à saluer l’individu s’occupant des lieux, cependant, celui-ci paraissait absent. Peut-être était-il dans une réserve quelconque à faire son inventaire ou à chercher une bricole sans intérêt. Qu’importait, il était temps de farfouiller l’endroit.  

Il prévint alors le membre de Phoenix Ashes et alla se perdre dans les rayons du magasin. Les articles enchantés mêlant armes, armures, outils divers et runes cabalistiques s’étalaient à sa droite ainsi qu’à sa gauche. Parfois entreposés dans des vitres propres, mis sur de beaux supports ou simplement accrochés sur des râteliers. Son regard faisait la navette entre les objets et moult idées défilaient dans sa tête. Un katana à la lame argentée et à la garde noire où un losange d’or siégeait. L’on pourrait aisément décapiter avec cette arme ou encore trancher nettement un corps en deux parties distinctes. Mais quel était sa caractéristique ? Un écriteau faisait l’éloge de l’acier inutile à aiguiser, puisqu’il maintenait son tranchant à un niveau extrême, seul. Intéressant, mais sa rapière lui suffisait, pour l’instant. Cette dernière attendait bien au chaud dans son fourreau ignifugé, veiné de pourpre, de noir et de blanc qui allaient de pair avec la lame et la garde de l’épée. En bref, il passa à autre chose. Une sorte de chaîne se dévoila à lui, l’affiche en dessous d’elle vantait son inhibition de magie.
 

Captivant… Il contempla la chose quelques instants, silencieux. Cet objet pourrait bien mettre d’une grande utilité dans un avenir proche. Le prix est de… Pensa-t-il avant de se faire violemment couper.



 

Soixante-dix mille joyaux ! S’exclama la forme sombre. Pour du métal et de la pierre incrustée ?! Antho, c’est une arnaque pure et simple, ne la prend p…



 

J’achète. Rétorqua-t-il au démon, sans lui laisser la moindre chance de répliquer.


Soudain, il se rappela qu’un tel achat ne figurait point dans la liste qu’il s’était imaginé. C’était problématique, car la plus grosse de ses bourses ne devait contenir qu’une dizaine de millier de joyaux… Heureusement, il avait quelque part, toujours à portée de main, une sacoche où se cachaient ses pièces les plus précieuses. Celle-ci était dissimulée par sa blouse blanche ainsi que son gilet et était assez discrète pour ne pas se faire remarquer outre-mesure. Ainsi, il glissa sa main à l’intérieur, après l’avoir délicatement ouverte puis prit la somme requise. Il attrapa, en mimant la méfiance, l’artefact magique et se dirigea vers le comptoir tout en omettant toutes les autres marchandises. En chemin, il vit Akio du coin de l’œil. Tout en réajustant ses lunettes ainsi que sa blouse, il s’approcha, le visage encore fendu d’un sourire aimable puis, d’un ton jovial, pris la parole.
 

Décidément, cela fait deux fois que je trouve mon bonheur avec vous à mes côtés. Vos recherches ont-elles abouties à quelque chose ? Je l’espère sincèrement. Ses lèvres s’élargirent d’avantage et son regard se plissa de sympathie.

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MessageSujet: Re: Triple A à la capitale [Antho]

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Triple A à la capitale [Antho]
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