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 Rainer Ryuuken - When Wrath purges from Wrath [LOADED]

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Rainer RyuukenShaytan's Hand
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MessageSujet: Rainer Ryuuken - When Wrath purges from Wrath [LOADED] Dim 7 Fév - 20:07







Rainer Ryuuken




Nom : Ryuuken

Prénom : Rainer

Âge : 22 ans

Sexe : Mââââle viril (ou pas)

Guilde (et poste souhaité) : Péché de la Colère de Nether Impact

Surnom : Shaytan’s Hand


Behind the screen

Un pseudo : Sira/Ery/Surprenez-moi :nomad:

Un âge : Bah, toujours 16. :rip:

Comment tu nous as connu ? Le Saint-Esprit, un truc comme ça

Le code du réglement ? RAINER-SAMA ♥ [Alabastalidé]

Des commentaires ? Une bonne première partie de l'histoire a été reprise à partir d'un autre personnage que certains connaissent. :v

L'avatar que tu utilises ? Accelerator – Toaru Majutsu no Index


Magies


Territory : Cette magie quelque peu particulière est basée sur la manipulation d’une étrange matière translucide aux reflets irisés, se manifestant en tournoyant à la manière d’un tomoe. Rainer peut lui donner n’importe quelle propriété, la rendant collante, brûlante, explosive, glaciale, répulsive, résistante, etc. De plus, il peut se servir de celle-ci comme d’un portail afin de se téléporter (le processus étant bien plus lent qu’une téléportation normale). Aussi, si l’utilisateur a la possibilité de se déplacer lui-même, il peut également intervertir les positions de deux objets ou personnes dans le but de provoquer la confusion. Enfin, il possède la capacité d’emprisonner ses cibles dans une zone appartenant à son « territoire » (une masse, donc, composée de la matière qu’il contrôle). En plus d’immobiliser les choses, l’utilisateur peut aussi les faire disparaître pour les rappeler (cela ne marche pas pour les cibles appartenant au règne animal, ceci dit).

Ainsi, cette magie pouvant être qualifiée de « spatiale » permet de grandes possibilités à Rainer, aussi bien offensives que défensives. Il peut, par exemple, rendre l’espace autour de ses poings répulsif pour dévier une attaque, provoquer des explosions autour de son adversaire, créer un bouclier brûlant tout ce avec quoi il entre en contact ou encore tirer un large rayon contondant…

Du reste, la principale force de cette magie… Pourrait également être sa plus grande faiblesse. En effet, très polyvalente dans le sens où l’on peut modifier l’effet de la matière utilisée, Territory, néanmoins, ne permet aucunement la modélisation de formes, si peu précises soient-elles. Il ne s’agit uniquement de monoblocs, d’amas : sphères, rayons, piliers, fouets… Il est impossible à Rainer de modeler ne serait-ce qu’un marteau ou une épée (ou quoi que ce soit s’en approchant). En bref, cet art, brut de décoffrage, possède très peu de subtilités.  
De plus, cette magie permet tant de possibilités que Rainer lui-même n’en connaît pas les limites. La Main de Shaytan ne pourra jamais utiliser cette magie à son plein potentiel, celui-ci étant assurément bien trop nébuleux pour être défini. Il faut dire que le moindre sort peut être décliné en un nombre infini de versions…


Aura Vision : Depuis son enfance, Rainer perçoit des halos colorés autour des autres. Au premier abord flous, ils se sont précisés au fil du temps. Lorsqu’il a remarqué qu’il était le seul à percevoir lesdites couleurs, Ryuuken a fini par comprendre qu’il possédait un don. Désormais, il fait le lien entre les teintes perçues et la personnalité de l’individu qu’il regarde.
Cette faculté spéciale ne fonctionne que sur les personnes situées dans son champ de vision. En outre, les auras ont tendance à varier selon les circonstances et il est rare que ce seul indicateur soit suffisant pour cerner une personne.
Physique


Observez-le, dans sa suite au cinquième étage d’Astéras. Il est là, debout, entouré des murs qu’il a maltraités au fil des années. La pierre est griffée, la fenêtre défoncée…
Rainer est de taille moyenne, mesurant un mètre soixante-quinze. Rien de bien impressionnant, surtout au vu de sa minceur. Un poids d’à peine soixante kilogrammes… Mais soixante kilogrammes de muscle pur. Extrêmement sec et pratiquement imberbe, le Péché de la Colère semble être aussi détaillé qu’un modèle anatomique, possédant un découpage musculaire lui donnant pourtant un air maladif. Cette impression est rehaussée par la pâleur de sa peau et la couleur de ses cheveux mi-longs. D’un blanc sale, cette crinière rêche est le vestige d’une blondeur resplendissante. Il en va de même pour ses yeux, ayant subi des attaques qui, fort heureusement, n’ont laissé que pas ou presque pas de séquelles visuelles pour Rainer. Auparavant noisette, ils ont viré au rouge, leur pigmentation effacée par des produits peu orthodoxes.
Son visage triangulaire est marqué par des yeux un peu plus grands que la normale et un menton fin, aiguisé, comme celui d’un diable.  Souvent déformé en un amas complexe d’angles et de plissures, il est cependant, la plupart du temps, lisse et ennuyé. Blasé, oui. Un claquement de langue, un haussement de sourcils, un soupir dédaigneux… Voilà, en somme, ce dont on peut s’attendre de Rainer Ryuuken lorsqu’il se trouve dans une phase « tranquille » : un visage ennuyé, passablement énervé. Sinon, attendez vous à des cris, des grognements et des insultes relevant plus de la bête que de l’Homme. En outre, sa douce voix éraillée donnant l’impression que l’on frotte de la limaille de fer sur ses cordes vocales rehausse ce caractère agréable, à mi-chemin entre le grave et l’aigu.
Vêtu, généralement, de la manière la plus simple (tee-shirt à manches longues et pantalon noir), il arbore également un collier noir, simple et serré. Celui-ci appartenait à une victime toute particulière : l’homme qui l’a endoctriné des années durant… Alors, il l’a gardé. En souvenir de sa vengeance. Autre symbole : la marque de Nether Impact, couleur charbon, imprimée à l'intérieur de son poignet droit. 
Lorsque ce corps aux apparences faibles se met en mouvement, il en ressort une démarche presque fantomatique. Quelque chose d’assez paradoxal, étant donné son rôle au sein de Nether Impact… Dans une salle, on ne le remarque que grâce à sa réputation, c’est tout. Pourtant, pourtant… Si l’on s’attarde sur lui, il est possible de saisir une sorte de menace traînante… Comme si, derrière cette façade calme, une bombe à retardement se cachait.
Quelque chose de très proche de la réalité…


Psychologie



La Colère – Fil Rouge

Rainer Ryuuken est l’incarnation du Péché de la Colère. Il se considère comme tel : l’avatar de ce concept. Il est indispensable de comprendre ça pour pouvoir cerner cet homme.

Ainsi porte-t-il un regard indifférent sur l’horreur de ses actes. Il a pris ses distances avec sa nature humaine. Pour lui, son corps n’est que le vecteur d’une puissance plus grande. Même s’il a été quelque peu réticent à se convertir en un tel homme, Rainer a fini par accepter sa fonction et s’est abandonné à ce vice.
De fait, le mage de Nether Impact est construit autour de la colère, cette aura rouge sombre qui apparaît à ses yeux. Elle est à la fois son moteur, son énergie vitale, sa soupape de sécurité et son essence même. C’est un être qui ressent un besoin irascible de lâcher la bonde à sa rage pour avancer sur le chemin de sa vie. A vrai dire, elle lui est nécessaire. C’est cette force qui l’a sorti de son endoctrinement. Ainsi, elle est inconsciemment son seul amarrage au monde physique. Sans elle, la Main de Shaytan ne serait qu’une coquille vide...

De même, Rainer a tendance à attirer la colère à lui. Celle des autres comme celle de la Nature. Il fait en sorte à se trouver à l’épicentre des grandes crises de son environnement pour pouvoir purger le monde de l’ire qui l’habite. C’est d’ailleurs sa seule raison de vivre. Pour lui, le monde est infect. Comme le lui a révélé Kieran Aiceak, il lui faut le débarrasser de ce péché auquel les Hommes sont soumis : la Colère. Rainer, donc, se considère comme investi d’une mission sacrée, transcendant les règles de la morale et du bien-fondé accepté par le commun. Il doit se rassasier, à la manière d’un ogre à l’appétit infini, de la fureur dont est imprégné chaque être humain. Inutile de préciser, donc, que toutes les occasions sont bonnes pour exploser. Rainer cultive une sorte de fausse susceptibilité… Il se plaît à trouver une raison pour se déchaîner, pour se laisser griser par cette sensation de toute-puissance qui pulse dans les veines de l’Homme se laissant aller à ses pulsions. Dans un état second, il hurle, frappe et tue sans avoir une réelle conscience de ses actes. Comme s’il compartimentait toute la profondeur de son esprit humain dans un tiroir pour ne laisser s’exprimer que ses instincts bassement animaux. Mais aussi vite que la pression monte, celle-ci redescend. Les rancunes de Rainer sont balayées en même temps que leur source. Ceci dit, tant qu’il n’a pas satisfait sa soif de vengeance, sa fureur le ronge, frappant des sabots comme un taureau furieux d’être prisonnier.

En bref, la Colère dont Rainer est le vecteur est d’une funeste pureté. Dévastatrice, détachée de ses conséquences, exaltante, tenace et aveugle.


L’Être – Au cœur de l'Incendie

Ainsi Rainer est un être volcanique. Quoi de plus normal pour le Péché de la Colère, après tout… ? Antipathique à souhait, il n’a que peu d’honneur et n’a aucune hésitation à commettre les pires horreurs, une fois bien… Echauffé. Bien que peu bavard et d’apparence blasée, il ne s’handicape pas d’hypocrisie. S’il lui faut renvoyer chier quelqu’un, il le fait automatiquement. Mais, généralement, dans le cas d’une relation découlant d’une alliance, tant que vous ne venez pas le saouler, il n’a aucune raison d’être méchant avec vous. Aussi gaie qu’une porte de prison, la Main de Shaytan ne l’ouvre que pour se moquer ouvertement des gens ou les faire enrager. De sa bouche ne sortent que des cris, des sarcasmes ou des propos mortellement sérieux. En effet, Rainer met un point d’honneur à réaliser le travail comme il se doit. Il ne supporte ni l’échec, ni la superficialité. Capable d’assommer son binôme s’il le juge trop dissipé, le jeune homme a pourtant lui aussi tendance à dériver de ses objectifs premiers pour vociférer sur quelqu’un ou quelque chose. Pour lui, la nuance se situe là : sa mission de purgation est plus importante que toute autre. Voilà qui justifie toutes ses… Frasques.

Rainer est quelqu’un d’intuitif. Il possède une intelligence combattante. Une vivacité de l’esprit qui relève, en réalité, plus du réflexe qu’autre chose. Les stratagèmes et les mouvements lui viennent d’eux-mêmes, sans qu’il y ait forcément bien réfléchi. A contrario, pour ce qui est abstrait, purement théorique, le Péché de la Colère n’est pas très brillant. A vrai dire, ce n’est pas vraiment une question de capacités. Le fait est que de telles choses… Le font surtout bien chier, plutôt. Il n’a pas de temps à perdre à « se branler sur des concepts métaphysiques ». Alors il ne cherche pas à comprendre la philosophie, la politique ou le commerce… Et c’est ainsi pour bien des choses. Pragmatique, seul le concret l’intéresse.

Profondément ennuyé de la plupart des choses et des gens, Ryuuken les ignore volontairement et passe son chemin devant eux, les détruisant parfois au passage s’il le doit. Pourtant, le bougre n’est pas un sans-cœur vide de toute émotion ! En réalité, Rainer est même plutôt sensible, sujet à de puissants élans passionnels. Mais tous ces sentiments : tristesse, joie, peur, dégoût… Il les convertit en rage pure. Ce trait de caractère le rend, par ailleurs, extrêmement imprévisible. Pouvant passer du calme plat au déchaînement de haine en un instant, la Main de Shaytan est lunatique à souhait. Selon qu’elle se trouve dans ses « bons » ou dans ses « mauvais » jours, ses réactions peuvent changer du tout au tout.

Côté orgueil, on ne peut pas dire que Rainer soit arrogant. Il a conscience de ses forces et de ses faiblesses ainsi que de celles des autres. Ceci dit, en tant que Péché de la Colère, il se considère, au même titre que ses camarades occupant ce poste, indispensable au monde. Pour accomplir la mission que maître Aiceak leur a confiée, ils doivent survivre coûte que coûte. Au moins jusqu’à ce que les vices qu’ils incarnent disparaissent de la surface de la terre. Là, peut-être que des tendances suicidaires le frapperont. Après avoir accumulé le poids insupportable des défauts de l’Humanité, tout devra disparaître d’un coup par leur mort. Une fatalité. Rainer est un fataliste. Le destin est ce qu’il est, tout est d’ores et déjà écrit. Tout ce qui lui est arrivé lui est arrivé pour une raison bien précise. Croire au hasard et au libre-arbitre serait bien trop douloureux pour lui…


Les Relations – Lorsque la Machine Dort

Une personne aussi avenante que Rainer ne semble pas, au premier abord, posséder beaucoup d’amis. Pourtant, le Péché de la Colère est doté d’une certaine sociabilité. Si l’on excepte l’adoration inconditionnée qu’il voue à Kieran Aiceak, son maître de guilde et recruteur, Ryuuken chérit, d’une certaine manière, les autres Péchés Capitaux. Pour ces derniers, il est un jeune homme fermé, certes, mais, somme toute, plutôt… Agréable ? Dans le sens où il n’hésite pas à les aider. Il se soucie de l’élite de sa guilde car il les voit comme ses semblables. Les six autres concepts vivants, représentant de la face sombre de l’Humanité et destinés à la soumettre à son ultime test.

Parmi ces péchés, il y en a un avec lequel Rainer a plus d’affinité. Il s’agit d’Alabaster N. Feldgrau, Péché de l’Avarice. Inconsciemment, c’est elle qui a permis à la Main de Shaytan d’évoluer, détruisant la maison close à laquelle il était enchaîné depuis l’enfance. Même s’il trouvait la jeune femme étrange, au premier abord, il a fini par se faire à sa présence incessante. Voyant qu’il ne pouvait pas l’éloigner de lui, Ryuuken l’a acceptée. Après tout, elle était la seule présence humaine, une fois Viktor (le proxénète l’ayant endoctriné) mort, dans la vie de Rainer. A un moment de sa vie où le jeune homme était vide de tout, elle lui a servi de point d’amarrage au monde. Et puis, avec le temps, cet insupportable greffon est devenu son amie, qu’il veuille se l’avouer ou non. Même si elle a parfois tendance à l’énerver, quand elle se fait trop collante, elle reste la personne qui l’aime le plus au monde. Peut-être, d’ailleurs, que c'est ce besoin d’amour qui l’a poussé à ne plus la rejeter… Peut-être… Toujours est-il que Rainer n’en a aucunement conscience. Du reste, il joue parfois sur l’influence qu’il a sur Alabaster pour la rendre plus… Efficace dans son travail.

Pour ce qui est d’Aiceak, il fait preuve d’une rare dévotion et se soumet à ses décisions, comme incapable de lui désobéir. A vrai dire, même s’il n’en a pas conscience, Rainer a transféré l’image qu’il avait de Viktor (le proxénète lui servant de père adoptif) sur le maître de Nether Impact. Eduqué pour servir, son émancipation par la rage a vite été rattrapée par son conditionnement. Ainsi, d’une manière assez paradoxale, Rainer est dépendant des autres. Sans une figure le dépassant pour laquelle agir, il se sent vite perdu, désarmé face à la nébulosité du monde et ses possibilités infinies.

Le reste de la guilde, il n’y accorde que peu d’importance. Au même titre que tous ses autres alliés du Pacte Ecarlate, il les tolère et peut sympathiser avec eux sans trop creuser. Pour l’heure, il ne cherche pas particulièrement à les purger (bien qu’il en soit tout à fait capable pour certains éléments), contrairement aux civils et aux belligérants de l’alliance Lumen. L’avantage de sa vision du monde ? Il ne fait aucune différence entre les différentes guildes. Il y a ses alliés et les autres. C’est tout.

Ceci dit, une fois la guerre terminée, il n’y aura, pour Rainer, ni amis ni ennemis. Seulement une Humanité malade. Une Humanité à purifier. Ainsi, même Zeref, duquel il a une opinion neutre, sera une cible. Peut-être même sa plus grande cible, étant données les motivations du mage noir…
Enfin, pour ce qui est d’Acnologia, eh bien… Rainer s’en fout complètement. Tout ce qui n’est pas humain ne l’intéresse pas. Dragons comme démons peuvent bien faire ce qu’ils veulent. Tant qu’ils ne s’en prennent pas à lui, il n’a aucune raison de les haïr.


Réactions Particulières – Grains de Sable dans les Engrenages

Il y a des choses pour lesquelles les habituels modus operandi et chemins de pensée de Rainer changent du tout au tout. Le jeune homme est capable de réactions inattendues et exagérées face à une poignée de situations et de concepts.

Tout d’abord, il y a l’image de la mère et de son enfant. Il ne peut s’empêcher de jalouser ces sales putains de gamins choyés par leur chienne de môman ! Enrageant à la simple vue de ce lien qu’il n’a pas eu, il est impossible à Ryuuken, ceci dit, de s’en prendre à ce genre de quidams. Au lieu de ça, il a tendance à reporter sa colère sur le premier venu, massacrant même un simple passant s’il ressent le besoin de passer ses nerfs. Ceci dit… Individuellement, ces personnes perdent leur statut privilégié dans la psyché du Péché de la Colère.

En outre, dès lors que l’on a connaissance de l’histoire de Rainer, il paraît logique que l’univers de la prostitution le gêne tout particulièrement. S’il tombe sur une maison close au détour d’une rue, la Main de Shaytan est capable de la mettre à feu et à sang de manière presque automatique. Pour elle, ces établissements représentent la quintessence du mal. Elle éradiquerait toute vie s’y trouvant. Et les racoleuses ? Menace et sommation de quitter son travail. Si ça ne marche pas ? Mise à mort. Pour Ryuuken, le trépas vaut mieux que les souffrances endurées par ces femmes…

Si l’on considère l’objectif suprême du jeune homme (purger le monde de toute colère), il est assez facile d’y trouver une faille de taille. En effet, autant dire qu’une rencontre avec un Homme dénué de toute rancœur conduirait Rainer à un bug critique qui le pousserait à… Des extrémités jusque là inconnues. Ravager le corps de cette personne, lui jurer allégeance ou se suicider… Bref, quelque chose de fort puissant et de fort étrange. Après tout, Rainer a commencé par l’indifférence la plus totale. Puis, il a connu l’explosion de rage et s’affaire désormais à la provoquer chez les autres. Retrouver un quidam insensible à tout sentiment négatif fermerait à jamais le chiasme de sa vie au lieu que celui-ci ne soit le départ à une nouvelle répétition de son histoire. Et qui dit fermeture, dit changement.
Un changement radical.


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MessageSujet: Re: Rainer Ryuuken - When Wrath purges from Wrath [LOADED] Dim 7 Fév - 20:08










Histoire






Numa. Capitale de Bosco, royaume longtemps prospère. Une grande ville où se bousculaient les Hommes, s’affairant à vivre de leur petit commerce personnel. Une grande ville animée, trépidante. Une grande ville comme toutes les grandes villes.
Avec sa face sombre.

Quartier de Suria.
Bâtiments étriqués, rues tortueuses. Luminosité faible. Des silhouettes discrètes, fantomatiques, y glissaient rapidement, à la manière de spectres fuyant leurs actes passés. Sans jamais se retourner, sans jamais regarder autre part qu’au sol, ils finissaient tous par disparaître dans des établissements divers. Le quartier empestait la moisissure, les ordures, l’urine et le sexe. La vieille muraille décrépite semblait dégouliner, suinter d’humeurs salissantes à la texture immonde. Ce sont ces mêmes rues au sol détrempé de fluides corporels et d’eau croupie... Celles qui donnent l’impression d’être la gueule sans fond de quelque démon.
Les activités principales de cette zone de Numa ? Le jeu, le crime et… La plaisir.
La luxure. Une luxure sale, humiliante, prohibée. Parfois même douloureuse. Les plus agréables des choses peuvent se métamorphoser en d’affreux cauchemars, après tout…

C’est dans une venelle de ce paradis sur Terre que Rainer vint au monde, par une froide et infecte nuit, tiraillée entre les mois d’octobre et de novembre x355…

• • •

Tuer.
Tuer l’enfant.
Rapidement.
Plus le temps passerait et plus la difficulté augmenterait.
Vite.
Elle tenait la dague du bout des doigts. Elle dégoulinait de sueur et de sang. Sa sueur, son sang. Le sang de son enfant. Elle tremblait de froid, de douleur et de peur. Le cordon ombilical avait été coupé.
Ca ne serait pas si différent.
Sur cette sorte de matelas boursouflé d’où sortait un mélange de paille et de plumes crasseux, Eva Ryuuken était à deux doigts de s’évanouir, souffrant de chaque inspiration, de chaque seconde de plus passée en compagnie de son enfant. Elle gémit en cœur avec le bébé, expulsé il y a quelques instants de son corps après l’avoir ravagé. Il était misérable, là, pataugeant dans une mare de sang et de placenta. Un spectacle d’une laideur sans nom. Mais un spectacle duquel Eva serait la seule spectatrice. Même la solaire beauté de ses cheveux  était entachée par cette obscure situation.
La jeune femme se redressa, hurlant de douleur. Ses yeux bleus, fous, semblaient hurler à l’enfant de fuir. Son bras manqua de flancher, mais elle se ressaisit. Un effort. L’effort ultime. Elle devait le faire. Mieux valait ça pour l’enfant.
Le bras s’abattit, impitoyable.
Il s’enfonça dans la matière comme dans du beurre.
Derrière le nuage de plumes sales soulevé par l’impact, l’enfant demeurait au milieu des immondices. Il avait cessé de pleurer. Il fixait sa mère de toute sa candeur. Sûrement se demandait-il pourquoi avait-elle agressé le matelas.
Eva Ryuuken contempla son œuvre interdite.
C’était quelque chose de beau, une fleur soudainement surgie d’un ramassis putride de détritus. Pétales blancs, sépales blonds et étamines noisette. La jeune femme en fut bouleversée.
Soudain, deux bruits se firent écho. Celui d’une lame brillante rebondissant sur la pierre, et celui d’une paire de lèvres embrassant un front.

• • •

Eva Ryuuken était une prostituée. Une fille de joie comme une autre. Elle était réputée pour l’outrageuse beauté de ses cheveux blonds, avait ses habitués, utilisait ses techniques…
Comme toutes les autres.
Pourtant, Viktor, son mac, la préférait à ses collègues. Elle avait parfois le privilège de partager sa couche. C’était peut-être les seuls instants de réel plaisir qu’elle connaissait, dans sa vie. Nuits volées, nuits partagées. Nuits ravies et ravissantes. Pas d’argent, pas de durée, pas de programme.
Juste le plaisir.
Au final, elle en pinçait pour Viktor. C’était une véritable et effrayante force de la Nature. Colosse à la virilité incontestable, il semblait avoir été taillé dans un grand roc. Un simple collier noir et serré faisait ressortir son cou puissant, une barbe noire soulignait son visage carré et des cheveux raides, hérissés sur son crâne, lui donnaient un quelque chose de charismatique lorsque l'on les voyait assortis à sa tenue aux influences de grand chic un tantinet rebelle. Il possédait ce charme oppressant qui se dégage des puissants. Une présence magnétique innée qui savait mettre en émoi les femmes. Ceci dit, ce magnétisme était peut-être le même qui se dégage du regard d’un prédateur…
Un homme à l’ambition folle. Un homme qui était galvanisé par le moindre Jewel tombant dans sa poche. Le marché de Numa était pour lui un gâteau géant. Et il désirait l’avoir tout entier. Le pouvoir était tout ce qui l’intéressait. Il voulait grimper l’échelle sociale, s’élever dans le monde mafieux. Oui… Voilà à quoi il aspirait. De petit maquereau, il deviendrait roi de la pègre…

Récemment, Eva avait été foutue en cloque. Quelque chose de bien gênant pour Viktor. Grosse, déformée, boudinée… La blonde avait perdu ses charmes de jour en jour.
Dès l’annonce de sa grossesse, le proxénète avait commencé à haïr l’enfant, et, plus encore, son père qui avait quitté Numa.
Une opération pour retirer ce petit cancer aurait été bien trop risquée. En plus de mettre la vie d’Eva en péril, les cicatrices l’auraient laissée laide…
Alors, Viktor avait attendu. Il avait attendu et avait intimé à Eva de tuer son enfant dès qu’il viendrait au monde.
Mais après cette mise-bas illégitime, les choses avaient changé…

• • •

- Je veux le garder…

A moitié effondrée contre le mur, haletante, Eva Ryuuken était misérable. Sa robe verte, auparavant sensuelle et chatoyante, avait pris des airs de chiffon distendu. Des tâches de sang la maculaient et des morceaux avaient été grossièrement déchirés pour envelopper l’enfant que la catin tenait dans ses bras.
Elle semblait être à deux doigts de se laisser glisser au sol, à bout de force.
Viktor n’alla pas l’aider. Du fond de son bureau, il la laissa. Une juste punition pour s’être laissée engrosser par un enfoiré et pour avoir donné naissance à son bâtard de fils.

- C’est non, lâcha-t-il au bout d’un moment. Je te l’avais dit depuis le début. Non. Maintenant, débarrasses-en-toi. Tue-le, dépose-le devant la porte d’un orphelinat… Fais ce qui te chante. Mais s’il revient traîner dans mes pattes, je n’aurais aucune pitié.

La femme frissonna. L’idée d’abandonner son enfant la terrifiait. Le laisser seul, sans mère et sans père dans un monde aussi hostile… Pourrait-elle jamais se regarder en face après ça… ?
Elle souffla :

- S’il te plaît… Il n’a rien demandé…

Comme pour demander confirmation de ses dires, elle regardait le nouveau-né. Calme, il se contenait d’assister à la conversation, observant innocemment, des ses yeux noisette, la scène qui scellerait son destin.
Un poids mort, voilà tout. C'est ce qu'allait être ce rejeton. Un bâtard prêt à vampiriser le temps d’Eva... Donc, par extension, la caisse de Viktor...
D’un autre côté, sa mère représentait une des principales sources de revenu de ce dernier. Il ne voulait pas la voir quitter la maison close.
Le colosse soupira, fit rouler ses épaules massives et se massa les tempes d’une de ses larges mains. Comment concilier ces deux problèmes… ?
Comment faire… ?
Après quelques minutes de réflexion, quelques minutes égrenées par le souffle rauque d’Eva, le proxénète esquissa un petit sourire.
Une idée.
Et si cet enfant l’aidait… ? Et s’il en faisait son bras droit… ? Un acolyte loyal et efficace à l’esprit formaté. Prêt à accomplir n’importe quelle besogne pour son ami Viktor… Oui, n’importe quelle besogne…
Plus tard, ce dernier se changerait en véritable parrain de la mafia. Sa dévorante soif de pouvoir ne lui permettait pas de ne se limiter qu’au commerce de la chair…
Partir d’office avec le plus fidèle des seconds ne serait donc pas de refus…
Quelques instants de réflexion supplémentaires et il finit par répondre :

- Tu sais quoi, ma belle…? Tu le peux. Mais il y aura deux conditions à cela. Premièrement, ce gosse sera mien. Ce sera mon agent et il sera conditionné à l’être dès son plus jeune âge. D’autre part, tu me seras toi aussi entièrement dévouée. Corps (il s’approcha de sa démarche chaloupée pour caresser la joue glacée d’Eva) et âme.

• • •

Lorsque se posa la question du prénom, Eva ne réfléchit pas bien longtemps. En honneur de son père décédé alors qu’elle était bien trop jeune pour cela, elle nomma son enfant à son instar.
Rainer Ryuuken.
Cela sonnait agréablement… Des consonances familières, au doux parfum d’enfance et d’innocence.
Comme un espoir.
L’espoir que l’enfant, après avoir grandi, s’émancipe du milieu abject de la prostitution. Qu’il puisse échapper à Viktor, auquel il avait été confié. Cet homme pour lequel une haine viscérale s’était développée en Eva. L’instinct maternel, sûrement.
Pendant cinq ans, Rainer vécut donc avec le proxénète, comme si ce dernier était son père. Il lui inculqua des valeurs. Ses valeurs. Les valeurs que Rainer se devait d’assimiler pour accomplir le dessein de son tuteur. On lui apprit que Viktor était toujours dans le vrai, jamais dans le faux ni même dans l’inexact. On lui apprit à obéir à n’importe quel ordre venant de lui sous peine de sévères punitions. On lui apprit qu’il n’y avait ni de bien ni de mal : chacun avait ses raisons pour agir de telle ou telle sorte…
Aussi, son tuteur lui demandait parfois de commettre quelques larcins… Du bonbon à la baguette de pain.
En bref, on le prépara comme il le fallait pour ce qui allait suivre…

Au fur et à mesure, l’enfant remarqua que des halos étranges entouraient les gens. De fines couches lumineuses qui, floues, possédaient chacune une ou des teintes particulières. Et plus le temps passait, plus ces visions devenaient précises.
Intrigué, il fit part de ses perceptions à Viktor qui, quant à lui, ne percevait rien. Alors, celui-ci conclut simplement en prétendant que Rainer connaissait des hallucinations avec la fatigue, ce genre de choses.
Mais au fond, le gamin avait conscience que toutes ces couleurs n’étaient pas que de chimères…

Parfois, sous la surveillance de deux gardes du corps musclés, le jeune Ryuuken voyait sa mère de courts instants. Eva avait rapidement retrouvé toute sa splendeur passée… Mais son sourire charmeur avait peu à peu disparu. Et ce dernier resurgissait uniquement au contact de son fils. L’on ne pouvait considérer le bâtard comme un modèle d’affection… Cependant, la vision du principe féminin, de la maternité, instaurait, au fond de son petit être lobotomisé, un sentiment de paix et de sécurité. L’enfant appréciait ces rencontres occasionnelles comme un autre enfant aurait apprécié les sucreries.
Seulement, voilà. Malgré le ton doux des régulières retrouvailles vécues, celles-ci se trouvaient également être teintées de tristesse pour la prostituée à la crinière d’or. Pourtant, quand bien même cette beauté, cette chevelure splendide fascinait même son enfant… Il l’aimait d’un amour jaloux et centré sur cette crinière qui semblait être une source éternelle de sublime.
Et autour d’elle, il remarquait que les halos, d’abord roses se ternissaient au fur et à mesure, virant au gris. Viktor traitait bien Rainer, certes. Mais, Eva se sentait, pour sa part, comme coincée dans un étau. Entravée, oppressée. Elle avait peur de voir le bambin s’éloigner d’elle. Elle avait peur de ce que le proxénète ferait de lui…
Oh, comme cette femme avait raison… !

• • •

Deux ans avaient passé. Et l’enfant, âgé de maintenant sept ans, était véritablement entré dans le banditisme. L’apprentissage se poursuivait avec le maniement de l’épée, de la dague, du bâton… L’on voulait développer son esprit guerrier. Ce qui se fit avec succès.
Il passait ses journées à se battre, à écouter les discours manipulateurs de Viktor (qui commençait timidement à prendre de l’ampleur dans le monde de la pègre) et à commettre des crimes. Le mac profitait de son air innocent de petit blondinet afin d’amadouer les clients irrespectueux, les concurrents, les endettés…
Mais, généralement, Rainer avait un couteau derrière son dos. Un couteau qu’il n’hésitait pas à planter dans les jambes de ses ennemis. Au reste, il n’y pensait pas vraiment, lorsqu’il agissait. C'était bien mécanique. Bien naturel.
Trop mécanique. Trop naturel.
Cela dit, bien sûr, lors de sa première fois, il avait, intrigué, observé le sang couler à flot et l’ennemi crier. Fronçant les sourcils, le jeune Ryuuken avait hésité à venir en aide à sa victime, poussé par un sentiment instinctif, avant de se résigner :

*C’est ce que Viktor me demande. C’est mon travail et il est content quand je le fait !*

Alors il s’était retourné et était reparti, innocemment, laissant le blessé souffrir dans la solitude et la saleté. Il ne se rendait pas réellement compte de ce qu’il faisait, des conséquences de ses actes. Après tout, il n’y avait ni bien ni mal. S’il avait dû planter une lame dans la jambe de cette personne, alors il y avait une bonne raison à cela.
Ainsi, Rainer réitéra l’expérience, plusieurs fois. Il ne prenait jamais le temps de regarder si, oui ou non, sa victime mourrait. La preuve qu’il restait encore en lui une part d’humanité naturelle : il avait inconsciemment peur de savoir et préférait rester dans l’ignorance.
Quoi qu’il en soit, peu à peu, l’empathie qu’il ressentait (malgré son dévouement au souteneur de sa mère), disparut, laissant place à une effrayante indifférence.

• • •

Le jour où Eva, apprit ce que le mac faisait faire à son fils, elle ne put se retenir. L’information lui était parvenue de la bouche d’une autre fille de la maison close. Cette prostituée avait été mise dans le secret par un des malabars de Viktor avec lequel elle « travaillait », parfois. Alors, menée par la partie la plus animale de son cerveau, Eva fonça, telle une torpille, vers les quartiers du maquereau. En colère comme jamais, la blonde traversa l’air épais, saturé de fragrances entêtantes comme de relents de sperme.
Elle grimpa l’escalier tapissé d’épaisses tentures aussi vite qu’elle le put, mais ça n'était pas assez rapide pour elle. Alors, elle arracha ses manches longues et déchira le bas de sa robe. Folle de rage, tout lui semblait être un obstacle sur le chemin vers son enfant.

Eva Ryuuken entra en trombe dans le bureau du mac, faisant claquer la porte contre le mur. Son patron releva les yeux des papiers sur lesquels il travaillait :

- Qu’est-ce qu’il y a, ma chérie ?

En une demi-seconde à peine, cette dernière avait bondi sur lui, serrant son cou. Le mac écarquilla les yeux devant le sérieux et la fermeté de la catin. Quelle bête de sauvage ! Une expression que personne n’aurait pu juger possible d’apparaître sur le joli minois d’Eva tordait son visage.
Après quelques secondes de stupeur, la force de la nature arracha les serres de la femme de son cou de taureau et l’envoya s’écraser au sol, derrière le meuble sur lequel elle était sauvagement montée.
Aussitôt, un habituel duo de colosses vint s’emparer du frêle corps de la catin. Celle-ci hurlait pléthore d’insultes charmantes à l’attention de Viktor. Elle lui criait qu’il n’était qu’un monstre, elle lui ordonnait de lui dire ce qu’il avait fait de son fils !

S’étant repris, le mac, massant son cou épais, s’approcha d’Eva comme lorsqu’elle l’avait imploré de ne pas tuer Rainer.
La scène se répétait.
La fille de joie ne touchait plus le sol et ses bras délicats étaient coincés entre le biceps et l’avant-bras des gardes.

- Tu te rappelles ce que je t’ai dit lorsque tu as introduit ton gosse ici ? « Tu me seras toi aussi entièrement dévouée. Corps et âme. », susurra-t-il.

L’homme caressa du bout du doigt la joue frémissante d’Eva.

- Maintenant tu vas voir ce que je voulais dire par là…






Rainer patientait sagement. Assis sur la chaise à laquelle on l’avait assigné, il battait des pieds en l’air, observant le paysage urbain offert par la fenêtre. S’amusant à suivre la course des oiseaux qui passaient, le gamin se retourna avec un grand sourire quand un grincement l’avertit que la porte avait été ouverte.
Viktor apparut, accompagné de son éternelle aura multicolore. Du rouge, du violet, du jaune… Jamais Rainer n’avait compris quoi que ce soit à ces strates de couleur… D’habitude, il arrivait à faire le lien avec la personnalité des gens. Cette capacité était son petit secret. Depuis qu’on l’avait accusé d’avoir des hallucinations, le petit Ryuuken n’avait pas reparlé de ses visions. Sûrement par honte… Après tout, Viktor n’aurait pas été très satisfait s’il avait appris que son petit agent en formation devenait fou…

Le proxénète tenait Eva par la main. Lorsqu’elle vit son enfant, cette dernière écarquilla les yeux et se mit à crier. Elle hurla à Rainer qu’il devait fuir, que ces gens ne voulaient pas son bien, que tout ce qu’il avait vécu était fait pour le manipuler !
Incrédule, l’enfant battait des paupières, agressé par le flot de paroles de sa mère. Soudain, il eut un mouvement de recul, manquant de basculer de sa chaise.


Le son de la gifle demeura un instant dans la pièce, s’installant avec délice dans les esprits des personnages présents. Un silence de mort le suivit.
De mort, oui.
L’enfant ne le savait pas encore, mais quelque chose venait de mourir… Pour donner naissance à une autre entité.
Des gouttes de salive et de sueur avaient éclaboussé le visage de Rainer. Viktor essuya le revers de sa main sur les seins d’Eva, prenant son temps de la manière la plus perverse qui soit.
La température semblait avoir chuté dans la chambre. Ou, plutôt, le proxénète semblait l’avoir absorbée toute entière.
Il jeta un coup d’œil à Rainer. Il lui sourit.
Soudain, il prit la femme par les poignets et la jeta sur le lit. Avec un petit cri, elle se retrouva allongée en un instant. Mais elle n’avait pas eu le temps de se relever que Viktor l’écrasait de toute sa masse, à genoux autour de son corps.
Elle cria.
Un violent coup de poing lui fit office de réponse.
Quelques gouttes de sang vinrent maculer les draps soyeux. L’atmosphère s’épaissit, prenant la texture du liquide vital.
D’instinct, Rainer se leva, mû par une sorte d’instinct justicier et naïf.

- Si tu tentes quoi que ce soit, elle en paiera le prix fort. Et toi aussi. Contente-toi de regarder.

Ryuuken s’immobilisa, frappé par le calme et la confiance émanant des dires du mac. Roide, il fit quelques pas en arrière et se rassit, le visage figé dans une expression d’impuissance désespérée.
La fille de joie étouffa un sanglot avant de murmurer :

- Fais ce qu’il te dit…

Une vingtaine de minutes ponctuées de chocs, de pleurs, de hurlements et de grognements plus tard, Eva était allongée, nue, sur le lit. Souillée. Poisseuse de sang. Couverte d’hématomes.  
Le monde se tut.
Puis, un craquement.
Celui d’une âme qui se fissure…

• • •

Et Viktor recommença. Chaque jour. Ponctuellement. Des années durant.
La fuite était impossible. On avait confiné Rainer dans certaines parties de la maison close afin d’éviter toute tentative d’escapade à l’extérieur.
Le bordel était devenu sa prison. Une prison où il expiait un crime. Le crime d’être né bâtard... Et d’avoir survécu.
Les premiers mois de viols furent les plus affreux de sa vie. Ils s’écoulèrent lentement, pesamment, goutte par goutte. Comme le miel d’une fleur impie enfermé dans un sablier faisant le lien entre candeur et perversion. Le liquide doré s’écoulait lentement, collant, tentant de ne pas glisser vers les ténèbres. En vain.  
Les viols s’enchaînaient, toujours plus brutaux. Rainer s’était résigné. Il ne bougeait plus sur sa chaise. Il observait l’acte de profanation sans trop y penser. La routine l’avait endoctrinée. La routine instaurée par Viktor. L’enfant n’avait plus aucun espoir, plus aucune envie. Il obéissait aveuglément à son tuteur, ne remettait jamais en question sa parole. Le lavage de cerveau se poursuivait. La personne du bâtard était modelée et remodelée à la guise de ce sculpteur fou.  
Et son âme, fissurée de toutes parts, commençait à assimiler ce venin qui l’endurcissait…

Entre temps, Viktor lui offrit un cadeau. Le jour de son dixième anniversaire, Rainer avait reçu un paquet soigneusement emballé. Peu expressif, comme à son habitude, il l’avait déballé avec délicatesse, faisant face au sourire parfait de son tuteur.
L’enfant avait caressé, intrigué, la couverture de cuir du livre. Il avait apprécié son poids, passé ses doigts sur sa tranche…
Incrusté d’une grosse gemme aux reflets irisés et parcouru de symboles ésotériques, l’étrange tome était demeuré fermé. Sans trop savoir pourquoi, Rainer s’était refusé à l’ouvrir directement, comme s’il avait eu peur de profaner un sanctuaire... Viktor avait dû l’encourager pour qu’enfin l’enfant se mette à feuilleter l’ouvrage.
Au premier abord, la compréhension du livre lui échappait. Un grimoire nébuleux, rempli de schémas abscons…
Alors, le proxénète lui avait appris qu’il s’agissait d’un livre de magie. Un livre grâce auquel Rainer pourrait accéder à cet art puissant.
L’ouvrage portait sur une branche de celui-ci, nommée « Territory ». D’après Viktor, c’était quelque chose de puissant. Une magie qui permettait à son utilisateur d’utiliser une sorte de matière à laquelle il pouvait donner n’importe quelle propriété…
Intrigué sans pour autant être intéressé, Rainer s’était donc mis à étudier ce grimoire…

Lorsqu’il commença, après quelques mois de pratique, à pouvoir lancer ses premiers sorts, Ryuuken prit confiance en lui.
Les hommes de Viktor le regardaient d’un air plus méfiant et le proxénète lui-même semblait le ménager.
Pour l’enfant, il n’y avait qu’une seule raison à tout ça : ils savaient. Ils savaient que le bâtard d’Eva était devenu puissant. Qu’il pouvait désormais rivaliser avec eux. Son orgueil s’en trouva boosté et il réussit à se hisser en dehors du bassin d’indifférence dans lequel il baignait, guidé par le caractère solaire des cheveux de sa mère, qui, d’une manière ou d’une autre, demeuraient toujours aussi beaux. Même dans les pires des situations, cette crinière semblait être enfermée dans une bulle hors du temps, insensible à tout facteur extérieur. Durant les « séances » de Viktor, Rainer s’efforçait toujours de concentré sur ces derniers pour faire abstraction de l’horreur qui les cernait.

Et puis, un beau jour, sur sa chaise, il prit un peu trop confiance en lui :

- Stop, ordonna Ryuuken d’une voix tremblante.

Surpris, le colosse s’immobilisa. Toujours allongé sur Eva, il dévissa son cou pour regarder Rainer du coin de l’œil.

- Tu dis ?

L’enfant frissonna. Il mit quelques instants à rassembler son courage (ou sa folie… ?) et ne se laissa pas démonter. Il ferma les yeux, plissa les traits de son visage et tendit une main :

- J’ai dit STOP !

Il canalisa toutes ses maigres forces dans son bras et relâcha son énergie sous la forme d’une grosse bulle de matière à cheval entre le gel et le liquide. Des sortes de courants bleus, violets et verts serpentaient lentement sur l’intégralité de la sphère.

*Explose*

Obéissant à son maître, la magie fit effet. Un grand bruit résonna dans la chambre. Rainer sentit le souffle de l’explosion faire voleter ses cheveux blonds sur son crâne.
Avait-il réussi ?
Avait-il réussi à se libérer ?
Son petit morceau de bravoure serait-il récompensé ?
Ou, au contraire, signerait-il la fin de toute volonté ?
Au bout d’une minute, peut-être, Rainer rouvrit timidement les yeux. Le lit avait subi des dégâts. Cependant plus personne ne se trouvait dessus.

- C’est tout ?

L’enfant glapit. Il tourna mécaniquement la tête, par à-coups, jusqu’à voir le visage de Viktor. Dès que leurs regards se croisèrent, le proxénète se tourna, exposant son dos au bâtard d’Eva.
Des marques de brûlures plus ou moins sévères le déformaient.

- Tu sais bien qu’une punition vous attend. Toi et ta mère. Ce sera une punition en deux parties. La première sur la durée, l’autre ponctuelle…, susurra-t-il.

Aussitôt eut-il fini son exposé qu’il fit tomber l’enfant de sa chaise d’une gifle monumentale. Au sol, Rainer gémit, implorant du regard Eva qui s’était recroquevillée en arrière-plan.
Elle n’en fit rien. Parce qu’elle savait que ça ne ferait qu’empirer les choses.
En somme, Rainer avait réussi à aiguillonner le taureau pour mieux l’énerver…

Viktor se rhabilla et prit la prostituée par la main. Au moment où le petit allait se lever pour les suivre, la voix du souteneur l’arrêta net :

- Toi, tu restes ici. Pendant quarante-huit heures, tu vas t’enrouler dans les draps que j’ai souillés pour toi.

Sanglotant au sol, le gamin attendit que deux hommes viennent. Il se traîna jusqu’au lit aux pieds cassés et dut s’envelopper des draps poisseux de sang, de sperme et de sueur.
Et quand il tenta de se rebeller, un seau rempli de produits plus que douteux s’abattit sur son visage, brûlant ses cheveux et s’infiltrant dans ses yeux.
Malgré plusieurs heures passées à crier, il ne s’en tira cependant qu’avec une dépigmentation de sa petite crinière et une couleur rouge de ses iris. Fort heureusement, il n’y eut aucune séquelle sérieuse concernant sa vision.
Enfin, peut-être est-il préférable d’être aveugle, parfois…

• • •

Sept ans passèrent.
Depuis le malheureux jour où Rainer avait essayé de contrer Viktor, son âme s’était racornie, nécrosée par le poison qu’on y avait déversé. Ce n’était plus qu’une coquille sèche et recroquevillée sur elle-même, dissimulée dans les tréfonds du crâne de son hôte.
Pour avoir réessayé de se rebeller, la peine de l’enfant désormais devenu jeune homme avait été prolongée. Une nuit par semaine, sélectionnée aléatoirement, il avait dormi dans les draps sales jusqu’à s’y être accoutumé au point que ça ne lui faisait ni chaud ni froid. Là, après un an ou presque, Viktor avait arrêté. Bien évidemment, durant cette période, le grimoire de Rainer lui avait été confisqué.
Mais le bâtard d’Eva avait repris son apprentissage et maîtrisait désormais bien Territory. Du moins, assez pour s’occuper de la concurrence de Viktor si celle-ci ne possédait pas de mages dans ses rangs. En effet, le proxénète avait pris de l’ampleur et… Etendu ses activités. Les plantes hallucinogènes et l’opium avaient la côte à Numa… Tout comme les primes placées sur la tête des gens.
Grâce à Rainer, Viktor bâtissait petit à petit son empire.
On l’avait changé en un automate sans autre but que de servir son maître.

Pourtant, pourtant…
Depuis quelque temps, les viols s’étaient arrêtés. Et depuis ces trois ans, une étrange sensation se manifestait au creux du ventre de Rainer. Une chose s’y était installée. D’abord discrète, sa présence s’était faite sentir très lentement, au fur et à mesure, de sorte à ce que l’hôte de ce parasite ne se rende pas compte qu’elle étendait ses tentacules dans tout son corps…
Son nom, Ryuuken ne savait pas s’il fallait le lui accorder, encore trop floue pour être désignée de manière catégorique.
Cet amas d’origine inconnue, cette matière brûlante et spongieuse qui absorbait tout doucement le reste…
Il ne le savait pas, mais c’était l’embryon d’une colère infinie...


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Rainer RyuukenShaytan's Hand
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MessageSujet: Re: Rainer Ryuuken - When Wrath purges from Wrath [LOADED] Dim 7 Fév - 20:08










Histoire







Seul. Seul dans les bas-fonds de Numa, capitale de Bosco. Seul dans son esprit. Seul avec sa rage. Cette putain de rage dont il ignorait l’existence et qui le travaillait au ventre, qui lui pétrissait les entrailles et manquait de faire court-circuiter son cerveau.
Encore une mission. "Convaincre" un client endetté de régler lesdites dettes. Rainer soupira. Encore. Mais c'était son travail, c'était ce qu'on lui demandait de faire. Il était un outil. Et un outil se définit par son utilité. Sinon, il n'a pas lieu d'être. Alors, l'adolescent se définissait, prouvait paradoxalement son existence par la servilité.

Viktor appréciait son art, son respect des consignes. Voilà bien la seule chose qui gratifiait Rainer...
Il marchait dans les beaux quartiers, habillé de sombres tissus contrastant avec sa chevelure blanche ternie par la sale lumière de la matinée.
Le client était un riche homme... Et voilà qu'il arrivait devant sa demeure : un véritable manoir ! Sans se soucier des regards des quelques autres badauds, Rainer s’enroula dans les airs et se téléporta derrière la grille.

Alors que le jeune homme s’était frayé un chemin dans le manoir, se faisant le plus discret possible, il fut avertit par des mouvements provenant de sous la grande table trônant dans le salon. De dessous celle-ci sortit une jeune fille. Elle avait des cheveux de neige et des yeux de feu. Comme lui, comme Rainer. Sauf, peut être, pour la nuance de blanc, bien plus délavée et "sale" chez celui-ci.
L'inconnue le regardait de ces yeux dévorants qui seyent à l'être que l'on aime. Oui. Le feu de ses iris désirait le happer dans son brasier, cela se sentait. Et pour couronner le tout, une aura à mi-chemin entre le vert et le jaune moutarde la nimbait. Rainer avait rarement vu des couleurs aussi profondes entourer le corps d’un être…
Pourtant, l'adolescent resta stoïque, se contentant d'analyser froidement la créature devant lui.


- Vous... Cherchez... Quelque chose ? lui demanda-t-elle avec une étrange intonation.

Qui était-elle ? Que faisait-elle sous la table ? Rainer était pourtant sûr de ne pas avoir fait de bruit...
La faiblesse de sa voix la trahissait : elle jouait un rôle en se montrant là, jouant l'audace pour ne pas mourir dans la crainte.
Rainer ne lui répondit pas dans l'immédiat. Il prit le temps d'examiner son vis-à-vis. La jeune fille devait avoir quelques années de moins que lui. Allait-il la supprimer ?
Non... C'aurait été idiot maintenant qu'elle avait posé cette question.

- Oui. Le maître de cette maison. Conduis-y-moi et je te laisserai la vie sauve.

Rien de tout cela n'était une promesse, après tout. Quoi qu'il en soit, l'espoir de survie avait le don de motiver n'importe qui à aider n'importe qui.
Mais, visiblement, la jeune fille était dans la même situation que lui. Sans répondre, elle tira une chaise pour s'y installer après avoir poussé le corps sans vie d’une servante de dessus. Puis, elle désigna avec fierté les objets qu’elle avait regroupés sur la table, sûrement pour les voler.  Rainer devait-il la considérer non pas comme une gêneuse, mais pour une rivale ?
Apparemment, non. À moins qu'il ne s'agisse d'un stratagème fourbe, l'albinos lui proposa son aide et, sans attendre sa réponse, maltraita une deuxième domestique qui venait de pénétrer la pièce, lui ordonnant de lui dire où se trouvait son maître.
Pour ce faire, la fille fit apparaître une racine qui vint s’enrouler autour du corps de l’autre.
Une magie végétale... Voilà qui était inattendu. Mais Rainer ne s'attarda pas là dessus.
La servante, tremblante et déroutée, frissonna, manqua de hurler, ses traits crispés par la peur.

- Réponds, dit le jeune homme avec lassitude de son inimitable voix éraillée.

Il ne prit pas la peine de remercier celle qui l'avait aidé, la trouvant encore trop louche pour lui accorder une quelconque confiance.
Soudain, la servante écarquilla les yeux. Des yeux qui criaient "fuyez" à qui les regardait.
Rainer se tourna.
Au sommet d'un escalier, un vieil homme atteint d'embonpoint se figea et tonna :

- QUE FAITES-VOUS DANS MA MAISON ?

Le gros porc était rouge de colère... Mais sa colère, pour un être comme Rainer, était dérisoire. D'une qualité médiocre.
La jeune fille se fendit d’un trait d'ironie avant de s'approcher petit à petit du gros homme...
Mais Rainer s'en foutait. Il voulait voir cet homme mort, c'est tout. Il préférait s'en charger, ceci dit. Remplir sa mission. C'était plus "professionnel". Fort de ce principe, il se téléporta devant sa rivale.

- J'sais pas qui t'es mais laisse-moi le buter, c'est mon boulot. Fouille la cuisine s'tu veux, t'y trouvera sûrement de la bouffe, dit-il sans attendre une quelconque réponse.

Il n'avait pas l'habitude de parler et, lorsqu'il le faisait, ce n'était pas pour gaspiller en futilités. Il ne supportait pas de déblatérer, comme s'il était pressé. Toujours pressé. Mais pressé de quoi, au final ? Il lui semblait avoir la réponse sans pouvoir la saisir pour autant. Elle le narguait, derrière sa barrière mentale. Et une force inextinguible l'empêchait de démolir cette dernière...
Mais peu importe !

Rapidement, Ryuuken tua le gros homme après l’avoir attiré jusqu’à la table. L’autre mage, ne se laissant pas démonter, avait d’ailleurs participé à l’action, conseillant à la cible de payer ses dettes, de faire ce que Rainer demandait…

- Ca te concerne ? avait-il dit.

La jeune fille n’avait pas répondu. Ryuuken, satisfait de lui-même, s’était positionné en face de la fille, de l’autre côté de la table. Il avait fait passer un index sur le petit trésor doré qu'elle avait amassé et avait posé une simple question, arquant un sourcil :

- Pourquoi ?

La réponse ne s'était pas faite pas attendre, toujours donnée de ce ton étrange.
Parce qu'elle aimait posséder, parce qu'il ressemblait à quelqu'un. Parce que, oui, ça la concernait. La jeune fille le regardait étrangement. Ses yeux étaient des filets qui désiraient l'engluer. Rainer connut alors une sensation longtemps oubliée... La gêne. La gêne devant ce regard... Affectif ? Aussitôt, une image de chevelure blonde s’imposa à lui.
Néanmoins, qui l'appréciait ? Personne. Il était une machine, un robot, un outil. Il ne s'en plaignait pas. Pourtant, privez un enfant de sucreries et la première qu'on lui re-proposera sera plus délicieuse que toutes les autres et, de ce fait, le rendra encore plus avide de bonbons.
Troublé. Rainer était troublé. Cette fille le troublait. Pour la première fois depuis des années de conditionnement, quelque chose se fêla en lui. La fille était spéciale. Il voulait en savoir plus, oubliant même les objets qu'elle amassait.

- Ton nom ?

Il releva son visage d'un index sous le menton pour mieux la scruter à la lueur du zénith.

- Je ressemble à... ? Toi, peut-être ? Dis-moi tout, les cadavres ne nous dérangeront pas dans notre conversation.

Elle sourit. Ça lui plaisait, manifestement. Fleurs de cerisier sur les joues et fruit défendu dans les yeux. La jeune fille se prénommait Alabaster. Alabaster Feldgrau. Rainer ne comprit pas vraiment son histoire de Nuance lorsqu’elle l’évoqua...
Il observa ses yeux rouges, ses cheveux d'ivoire. Elle n'était pas laide, dégageait une sorte de charme insaisissable ; celui qui est propre à l'originalité.

Alabaster poursuivit. Elle parlait d'un certain Smaïren avec lequel il partageait des similitudes et évoqua l'albinisme dont elle était atteinte. Oui, elle. Car l’agent de Viktor n'était pas réellement albinos...
Ah, si elle avait su...
Alors, avec lenteur, douceur, précaution, elle saisit le poignet de Rainer. Surpris par le geste, il n'en fit rien bien que ça ne lui ressemble pas. Un appendice humide effleura son index.

- Tu es à... moi, dit-elle.

Alabaster parut tout à coup plus menaçante aux yeux de Rainer. Ces cheveux étaient de soie d'araignée, ses yeux de poison. Pourtant, il ne prêta pas attention à ce sentiment. Toute son attention était focalisée sur ce doigt qui avait froid. Ce doigt mouillé. Rainer n'avait jamais ressenti une telle marque de... Propriété ?
Il se contenta de dévisager la jeune Feldgrau, magnétisé par ses gestes et ses paroles. Il tira une chaise, tourna le dossier face à son interlocutrice et écarta les jambes autour de celui-ci en s'asseyant.

- Rainer. C'est mon nom. J’suis pas albinos. Mes cheveux et mes yeux ont été décolorés.

Il était vrai que sa chevelure était terne et que ses yeux semblaient être emplis de sang.

- La différence entre Nuance et Alabaster, c’est quoi au juste ? Ah, et, non. J'appartiens à Viktor. Je suis son garde du corps, son second.

De son point de vue, Rainer vit verres et rafraîchissements dans la cuisine. Il les enferma grossièrement dans son « territoire » et les fit réapparaître devant lui.

- Assieds-toi et bois. Parler donne soif.

La réaction d'Alabaster fut vive et brutale. Rainer ne s'y attendait pas et lui décocha par réflexe un regard de bête prête à se défendre. Elle n’avait pas cessé de l'épier derrière ses yeux rouges et avait saisi à nouveau le poignet du jeune Ryuuken. Bien trop violemment.

- Je n'aime pas ce... Viktor… Tu es à moi... Rien qu'à moi...

La gêne se fit plus vive, s'étendit comme une infection de plis sur le visage de Rainer. Cette manière de le désirer, cette haine automatique face à un rival... Il ne la comprenait pas. Et cela l'attrait. Tout ce dont l'esprit ne peut saisir l'essence exerce une attraction supérieure sur ce dernier.
C'est pour cela qu'il ne réagit pas. C'est pour cela qu'il ne l'attaqua pas ni ne s'en alla. Il lui en fallait plus.

Alabaster but un verre d'eau. Rainer l'imita, comme pour se donner une contenance.
Lui. Se donner une contenance. Être accablé par des règles sociales. Être une victime des rapports humains. Cela le troubla et il reposa aussitôt le verre à moitié vidé.
Les mots qui suivirent n'étaient pas fait du plus noble des matériaux... Loin de là. Une histoire d'usurpation et de mort. Nuance avait fusionné avec l'identité de sa soeur, laissant le corps d'Alabaster périr. Drôle de situation.

- C'est peu commun, dit simplement le jeune homme.

Il prit instinctivement soin de garder ses poignets hors de portée des serres d'Alabaster et reprit d’un ton dur :

- Que tu aimes Viktor ou non, je m'en fous. Je m'appelle Rainer Ryuuken, je suis le fils d'une de ses employées et il m'a élevé pour remplir au mieux mon rôle qui est de servir.

Cela sonnait... Faux. Et pourtant, rien n'était plus véridique.
Quelles étaient ces bizarreries qui le prenaient depuis peu... ? Des choses intangibles qui, pourtant, commençaient à faire cuire ses tripes à feu doux.
Alabaster, de sa voix doucereuse, de ses mots hachés par des silences étouffants, alla peut-être un peu trop loin :

- Je... vais tuer cet... homme et tu... ne seras qu'à... moi...

Robotique, procédurier, Rainer la vit en ennemie. Tuer Viktor ? Jamais.
Une plante s'étendit dans la pièce, obstruant toutes les issues. Ryuuken n'agit pas, calme. Froidement calme. Il avait tout son temps et ne craignait rien de cette usurpatrice.
Pourtant, la conviction tranquille dont fit montre cette dernière lorsqu'elle poursuivit fit de nouveau chanceler les mécanismes de la machine. Rainer avait pu étudier chaque détail du visage de la jeune femme : rien ne trahissait une quelconque hésitation...

C'est alors qu'elle lui embrassa l'oreille. Il ne put s'empêcher de sentir une chaleur en lui qu'il réprima. Saloperie. Irrité, interloqué et gêné par ses propres réactions, il lança, tels des flèches, des regards où se mêlaient ces trois sentiments à Alabaster.

- Tu es un démon.

C'est tout ce qu'il réussit à dire. Car il n'y avait qu'un démon pour briser son armure.
Impression d'être mis à nu. Soubresaut dans le ventre. Explosion au niveau d'une porte.
Sans réfléchir, il avait invoqué une de ses sphères de matière caractéristiques. Sans réfléchir, il avait attaqué le tapis végétal qui donnait au manoir un air bien plus sauvage. L'action lui ressemblait. La réaction, non.
Il dévisagea Alabaster longuement, penchant sa tête de côté en côté comme si changer d'angle de vue l'aiderait à trouver des réponses...
La folle fille ne se laissa pas démonter (le ferait-elle un jour ?). Elle avança nouvelle ineptie :

- Je sais... Mais moi... Je suis sincère... Quitte Viktor... Viens... Je t'aime moi... Je te connais assez pour t'aimer...

Comme si elle avait eu le temps de tomber amoureuse, d'apprendre à apprécier Rainer. Rainer... Qui était tout sauf appréciable. Mécanique, insensible. Automate exécutant ce que son créateur lui ordonnait, rien, chez lui, n'avait la moindre chance d'attirer une quelconque personne. Mais Alabaster n'était pas normale. Convaincu de cela, il songea à la supprimer... Ou à s'en aller sans autres  formes d'adieu. L'intérêt avait passé. Le voilà confronté à une énième dérangée...

- Ça m'étonnerait... que Viktor s'intéresse à toi, je... dirais qu'il en a plus pour ton pouvoir...

Rainer la dévisagea, penchant sa tête comme pour mieux fouiller dans celle de son vis-à-vis. Il se demanda simplement qui la jeune fille pensait être pour dire ce genre de choses... Et, surtout, pourquoi le disait-elle... .
Ça ne l'énervait pas, non... Ryuuken ne ressentait pas la colère. Il y avait juste cette masse informe qui, de temps à autre, sursautait au creux de son ventre... Mais il n'y faisait pas attention. Pas plus qu'il ne portait de réel intérêt aux dires d'Alabaster.

- Depuis quand tu me suis ?

Pour porter un jugement sur Viktor, elle devait connaître un minimum l'environnement du bâtard d’Eva. Peut-être reviendrait-il sur sa décision, finissant par supprimer cette magicienne si elle venait à handicaper ses actions.
Elle sourit. Elle sourit après lui avoir répété que Rainer lui appartenait. Un sourire pervers qui fit chuter tout l'intérêt qu'il portait à cette pauvre fille. Elle prétendit pouvoir l'obtenir... Tant mieux pour elle. Lui ne dit rien, attendant peut-être inconsciemment qu'elle lui donne une occasion de changer d'avis...
Mais il n'en fut rien. Alabaster passa une main dans les cheveux de Rainer. Il s'effaça dans la seconde qui suivit. D'un pas ennuyé, il contourna la table où se trouvait la fille et sa plante. Il la regarda de derrière son épaule, regarda une dernière fois cette fille qui possédait les mêmes yeux rouges que lui. Puis, il soupira et se remit à regarder en face de lui.

- Bonne chance,
lâcha-t-il simplement.

L'instant d'après, il se recroquevilla dans les airs, absorbé par le tournoiement de sa magie.
Oui, Viktor en voulait au pouvoir de Rainer. Il était son agent, son plus fidèle agent. Mais Viktor l'avait élevé et, pour le jeune mage, il n'y avait rien de mal à être un molosse. Il saisit une mèche de cheveux, celle-là même qu'Alabaster avait caressée. Aussitôt, il la relâcha, dégoûté par ce contact. Aussitôt, au fond de ses entrailles, la chose rugit.
Une petite étincelle peut déclencher le plus grand des incendies...

• • •


Ce jour-là, après avoir rencontré Alabaster, Rainer rentra à la maison close. Ce bon vieux bordel chéri comme une maison des années durant…
Les paroles de cette petite conne avaient circulé dans son esprit tout le temps du trajet. La chose au fond de ses entrailles semblait avoir apprécié ça, d’ailleurs. Remuant de plaisir, elle semblait s’être amusée à tambouriner sur la paroi stomacale de Ryuuken.  
Alors qu’il saluait Viktor, celui-ci lui demanda un compte-rendu de sa mission.
Tout en expliquant au proxénète ce qu’il s’était passé, omettant volontairement de parler de l’albinos, Rainer tentait de percer son regard.
Ça m'étonnerait... que Viktor s'intéresse à toi, je... dirais qu'il en a plus pour ton pouvoir...
L’espace d’un instant, Rainer douta.
L’espace d’un instant, seulement.
Comment pouvait-il penser une seconde à Viktor ainsi ? C’était impensable ! Lui qui lui avait tout donné, en aucun cas l’adolescent n’aurait ne serait-ce que s’autoriser de mauvaises pensées à son égard…
Tout était de la faute d’Alabaster. Cette vipère avait tenté de l’empoisonner avec son discours. A cause d’elle, il avait failli perdre confiance en le proxénète.
Rainer décida de balayer le souvenir d’Alabaster en sortant de la pièce. Au même moment, Viktor, après un silence, l’interpella :

- Rainer… Tu te souviens ? Le jour où tu m’as attaqué, il y a sept ans… Je t’avais promis une punition en deux parties.

L’interpellé se figea. Cette histoire, il l’avait oubliée. Se forçant à ne pas tiquer, il pivota sur ses talons.

- Oui, j’m’en rappelle…, souffla-t-il.

Viktor sourit :

- Eh bien voici la deuxième partie : tue ta mère.

Rainer ne bougea pas d’un iota.
La perspective de mettre fin aux jours de sa génitrice ne lui faisait ni chaud ni froid, à vrai dire. Eva Ryuuken était une femme qui s’était laissée aller, violée à répétition et préservée soigneusement de la fuite comme du suicide par Viktor… Depuis des années, ce n’était plus qu’un fantôme aux traits tirés et au corps gâté par les abus. Vulgaire réceptacle à semence, la fantastique blonde était désormais bien lointaine… Il n’y avait plus que ses cheveux, seuls vestiges de sa beauté passée0
Les sentiments qu’avaient Rainer envers elle était devenus flous avant de disparaître au profit d’une funeste neutralité. Et, profitant de cela, Viktor avait fait en sorte à ce que son agent soit occupé, réduisant ainsi la fréquence des visites qu’Eva rendait à son fils… Et ce, jusqu’à ce qu’elles disparaissent.
Cela faisait trois ans que le petit bâtard de la prostituée n’avait pas parlé à cette dernière…

- Suis-moi, fit Viktor.

Docile, le jeune homme s’exécuta.
Le mac entraîna rapidement son homme de main dans les couloirs de la maison close avant de s’arrêter devant une porte. Il tira de son dos une dague et la donna à Rainer, sans un mot. Puis, il déverrouilla la serrure et s’en fut.
Rainer pénétra la pièce, refermant la porte derrière lui. Il observa ensuite la pièce.
Vide de tout meuble, de tout ornement, il ne s’agissait que d’une boîte de pierre aux airs austères. Le matériau constituant les murs était apparent, comme pour avertir à ceux qui se trouvaient là que rien ne sortirait jamais d’entre ces derniers. Parfaitement carrée, propre, la pièce n’était entachée que par la présence d’une masse de tissus frivoles desquels dépassait un visage connu.
Eva Ryuuken se leva et plongea son regard triste dans les yeux de son fils. Une étincelle de joie s’y invita et cet élan ce prolongea dans son corps. Elle s’apprêtait à se jeter autour de son cou quand elle vit la dague qu’il tenait nonchalamment, le bras le long du corps.
Rainer observa le visage de sa mère, beauté enterrée sous des années de mauvais traitements. Il remonta le long de sa crinière blonde, crinière dont il avait hérité mais dont on l’avait privé… Les cheveux d’Eva étaient restés tels quels. Sûrement était-ce la seule partie de son corps dans ce cas-là. Doucement ondulés, la lumière du soleil déclinant y glissait langoureusement, offrant à la robe des blés son fascinant éclat stellaire.
Rainer s’approcha de sa mère, sans se départir de son attitude détachée. Elle eut un mouvement de recul, relevant plus du réflexe qu’autre chose, et soupira quand son enfant saisit une mèche de cheveux pour la faire tourner autour de ses doigts.
Il observa longuement ces petits filaments veloutés, appréciant la rémanence d’une douceur inconnue.
Puis il reporta son attention sur la femme qui le contemplait avec une expression de bonheur pourtant figée par la peur.
Sans prévenir, un bruit étouffé brisa le silence de la scène. On venait de faucher les blés.
Rainer fourra le mèche de cheveux dans sa poche, recula de quelques pas, et pointa la dague sur la poitrine de sa mère.

- Ce sera rapide, fit-il avec froideur, quoique son débit de parole trahissait l’empressement.

- Promets-moi de fuir… Tu n’es qu’un outil pour lui… Il ne te…

Voyant que son fils commençait à remuer, elle se tut, digne.
Le visage d’Alabaster resurgit alors dans l’esprit de Rainer, faisant écho aux paroles de sa mère. Au creux de son ventre, la masse se mit à frémir.
Qu’est-ce qu’il attendait pour la tuer, en fin de compte ? Pourquoi s’être attardé autant de temps ? Pourquoi ne pas agir immédiatement, comme il avait l’habitude de le faire ? Après tout, Ryuuken n’avait presque jamais été proche de cdette femme. Elle était comme une étrangère pour lui. Ou, plutôt, comme un membre de sa famille éloignée. Une personne liée à lui par le sang et rien d’autre…
Rainer baissa les yeux sur la lame ondulée déformant son reflet, comme si ce simple morceau de métal avait le pouvoir de distordre le monde.
Soudain, un geste brusque le fit relever les yeux.
Il n’eut pas le temps de réagir de quelque manière que ce soit.
Sa mère l’enlaça, se jetant par la même occasion sur la lame.
Sur son salut.






- Ça faisait… longtemps Rainer-sama…

Alabaster.
Des mois avaient passé depuis le suicide d’Eva Ryuuken… Et depuis, quelque chose avait changé en Rainer. Depuis ce jour, la masse dans son ventre n’avait cessé de prendre de l’ampleur, assumant désormais pleinement son existence en lui. Souvent, elle se manifestait alors que le fils de la prostituée jouait avec la mèche de cheveux qu’il avait coupée avant sa mort. Sans trop s’en rendre compte, ce simple souvenir était devenu une sorte de totem dont le jeune homme prenait soin, le gardant jalousement de la vue des autres, comme de peur qu’on lui vole.
La chose avait frémi, remué, s’était secouée… Et désormais, elle bouillonnait. Dans son regard auparavant fait de sang séché brûlait une flamme nouvelle qui, quoique discrètement, lui donnait un éclat plus… Vivant.
Sans s’en rendre compte, Rainer s’était éloigné de Viktor, réalisant ses missions de manière mécanique, comme à l’accoutumée… Mais sans savoir pourquoi. Contenter son maître avait perdu son intérêt pour l’automate de ce dernier.
Et Alabaster s’était mise à le suivre. Tout le temps. Cette fille bizarre, celle-là même qu’il avait rencontré au détour d’une mission comme une autre…
Au début, Rainer l’avait dégagée. Grognant, la sommant de ne pas l’emmerder, il n’avait cependant pas su la brutaliser. Pourquoi ? Aucune idée. Se contentant de menaces, il la tenait à distance. Et elle continuait de le coller, sinistre parasite accroché à lui comme une sangsue.
Cela dura ainsi pendant des semaines. Semaines durant lesquelles l’albinos n’avait eu de cesse d’affirmer sa haine quant à Viktor. Après avoir montré les crocs les premières fois, le jeune homme avait fini par soupirer puis hocher la tête lorsqu’elle évoquait ce sujet, indifférent d’apparence.
Jusqu’au jour où Alabaster le surprit à faire tourner la mèche de cheveux de sa mère. Un commentaire. Un simple commentaire. Une poignée de mots, un son lourd de sens. Quelque chose se fêla. Une chose pourtant aussi dure que l’acier. Un craquement de fin du monde dans l’esprit de Rainer. Une rupture si puissante qu’elle se répercuta à l’extérieur.
La masse informe s’était s’enflammée. Les mécanismes de cette machine géniale enfin s’étaient mis en route, engrenages funestes, chaleur infernale, tressautements impitoyables. Et finalement, une éruption avait eu lieu. Un cataclysme bilieux qui fit tant fondre les tripes de Rainer que ses liens psychiques.
Il le savait, désormais. Il en était sûr. Gravé par sa propre acidité, le nom de « colère » consumait désormais pleinement Ryuuken.

• • •


Grisé par cette puissance nouvelle, ayant l’impression d’être un tambour de guerre sur lequel se fracassaient de furieux taureaux, Rainer était retourné à la maison close, oubliant instantanément la présence d’Alabaster qu’il aurait sûrement tué sur le coup si ça n’avait pas été le cas.
Devant cette bâtisse puant le stupre et suintant de malhonnêteté, Rainer tira un puissant rayon de ses mains. La porte fut balayée ainsi que tout ce qui se trouvait derrière. N’ayant rien à foutre des dégâts qu’il causait, n’ayant aucune conscience de la gravité de ses actes, il courut à travers la poussière qu’il avait levée, sur les gravats que son attaque avait créés. Et se plonger ainsi dans les conséquences de ses actes destructeurs catalysait la rage qui noyait son corps tout entier. Gourmand, il consommait avec empressement le résultat d’années de fermentation.
Il détruisit tout ce qu’il vit jusqu’à arriver dans le bureau de sa cible première.

L’homme l’attendait, sûrement. A moitié assis sur son plan de travail en bois massif, il regarda Rainer défoncer la porte comme son encadrement. Et lorsque son visage émergea de la poussière, son regard ébène attira inexorablement la rougeoyance de celui de son agent. Celui-ci s’immobilisa net, comme confronté à un mur infranchissable. Il était là, devant lui. Cet homme grand, aux larges épaules et à la barbe soigneusement entretenue. Il était là, dans ses beaux habits. Il possédait ce charme oppressant qui se dégage des puissants, et le même magnétisme que tout prédateur.

- Pourquoi ? Je t’ai tout donné. Pourquoi te retourner contre moi ? demanda-t-il simplement.

Paralysé, les lèvres cousues par la peur, le jeune homme mit du temps à répondre, ses traits déformés par la haine contrastant avec le manque cruel d’assurance qui se lisait dans ses yeux.

- Si je n’avais pas été là, ta mère t’aurait tué à la naissance. Si je n’avais pas été là, tu aurais vécu en tant que misérable clochard dans la rue. Grâce à moi, tu es puissant, tu as du travail, de l’argent, du pouvoir !

Ça m'étonnerait... que Viktor s'intéresse à toi, je... dirais qu'il en a plus pour ton pouvoir…
Rainer fronça les sourcils.

- Tu n’en as que pour mon pouvoir…, murmura-t-il.

Sa voix était basse et frémissante, trahissant un mélange d’intimidation, de retenue, de vindicte et de haine.
Un cocktail explosif.

- Non, c’est bien plus que –…

- Tu m’as manipulé pendant tout ce temps !  Tu n’as jamais été qu’un enculé pourri jusqu’à la moelle et sache que je serai ton suprême échec ! cria le jeune homme.

En vérité, Ryuuken ne savait pas vraiment si ses propres dires étaient pertinents. Une infâme hésitation remontait le long de sa jambe, sorte de serpent vicieux à la morsure anesthésiante. Putain. Peut-être que Viktor avait raison, après tout…
Ceci dit, malgré le dilemme qui se présentait à sa raison, Rainer ne pouvait ignorer sa rage, son instinct qui lui hurlait le contraire.
Agir. Il fallait agir. Viktor était seul. Tous les autres avaient été tués, blessés, ou avaient fui.


Tuer.
Tuer le proxénète.
Rapidement.
Plus le temps passerait et plus la difficulté augmenterait.
Vite.


Alors, Rainer s’abandonna à nouveau à sa rage. Un énième déferlement brisa les digues les plus solides érigées des années auparavant. L’incendie noya cette âme pauvre, cette âme qui avait été isolée de toute chose. Candide et dépassée par les événements, elle ne put faire autrement que d’assimiler cette rage pure.
Cette rage qui serait son seul raccord au monde physique. Cette rage salutaire.
Viktor n’avait aucune chance.
Des sphères de matière irisée apparurent autour de lui et explosèrent avant qu’il ne puisse tenter de s’échapper. Il tomba au sol, soufflé par les explosions. Dans le même mouvement, Rainer fusa sur lui et piétina de toutes ses forces son abdomen, satisfait uniquement lorsque, entre deux tentatives de prise parole, l’homme crachait du sang ou vomissait, manquant de s’étouffer.
Il allait crever comme la dernière des merdes. Il allait crever là où il avait pensé vivre au-dessus des autres. Douce ironie !
L’atmosphère était saturée d’odeurs immondes de bile, de sang et de poussière. Des bruits de hoquets et des gargouillis donnaient le ton, accompagnant l’harmonie battue par les coups de Ryuuken. Ce dernier frissonnait, exalté et paniqué par sa propre rébellion.
Soudain, il se pencha sur l’homme et se mit à matraquer de son poing sa bouche. Il frappa et frappa plus fort, hurlant comme un possédé. Il frappa, encore. Il frappa jusqu’à sentir les dents bouger sous les lèvres ensanglantées. Il frappa jusqu’à déloger ces dernières, jusqu’à les briser, jusqu’à ce que le sang de ses phalanges se mêle à celui de Viktor. Il frappa, il frappa jusqu’à ce que son poing pénètre dans la bouche du proxénète à moitié mort. Là, la main enfoncée dans ce tas immonde de muqueuses souillées par divers fluides, il griffa ses amygdales, sa gorge, pour se frayer un chemin plus profond encore.
De la bile remonta, gluante et chaude, au rythme de la toux étouffée de Viktor. Rainer grimaçait, sale, s’inscrivant dans un décor de fin du monde. Du point de vue du proxénète, on ne voyait plus qu’une masse floue, à la figure monstrueuse et couverte de poussière comme de sang. En arrière-plan, murs et plafonds semblaient être sur le point de s’écrouler au vu des débris et des fissures qui les couvraient. Et tout, tout était déformé par une douleur et un échec atroces.
Soudain, le poing de Rainer s’élargit comme il le put dans la gorge de Viktor. Le proxénète eut l’impression qu’il y déposait de la limaille de fer et, l’instant d’après, il se retira. L’homme tenta de respirer par la bouche mais Ryuuken poussa son menton pour refermer ses mâchoires. Puis, il renversa au maximum la tête de Viktor en arrière. Celui-ci se débattit, les yeux écarquillés. Rainer reçut des coups, mais il les ignora. Au contraire, la douleur qu’il ressentait semblait envoyer des électrochocs stimulant sa haine. Alors il demeura ainsi, fixant son « père » mourir de la manière la plus misérable possible.
Fatalement, il s’immobilisa. Rainer se releva promptement. Il contempla son œuvre, un sentiment d’effarement mêlé à la plus grande satisfaction existante le prenant aux tripes…
Eva avait tué Viktor.
Une simple mèche de ses cheveux l’avait étouffé dans son propre plan.
Tué par sa créature.
Celle-ci arracha le collier de son créateur et le mis à son propre cou.
Une créature n’ayant désormais d’autres choix d’accepter sa nature viciée.






Lorsque Rainer sortit des ruines de la maison close, le premier visage qu’il vit fut celui d’Alabaster. Il la fixa, hésitant à la réduire en poussière.
Puis il se détourna avec un claquement de la langue dédaigneux.
Et elle le suivit.
Perdu, il ne savait pas vraiment quoi faire. Et un sentiment de vide l’emplissait progressivement à mesure qu’il se rendait compte de cela… Un vide mortifère, un néant qui le conduirait tout droit à l’oubli. Lui, esclave émancipé, que pouvait-il désormais faire ? Zeref, le Mage Noir, progressait vers Bosco après avoir écrasé Stella. On racontait que le royaume, depuis son passage, était noyé sous les eaux…
Bref, c’était une menace. Rainer ne s’était jamais intéressé à cet homme mais, dès lors qu’il était indépendant, il ne pouvait plus en faire abstraction et s’en remettre à Viktor comme il l'avait toujours fait. Mal à l’aise, il trouva choisit rapidement la solution de la facilité : la fuite. Fuir vers Fiore, le royaume le plus occidental du continent. Et si Fiore était menacé, ce serait Caelum.

Cette petite conne d’Alabaster, quant à elle, ne se démotiva pas. Elle se colla à lui, encore. Inconsciemment rassuré par sa présence, Rainer finit par l’accepter pleinement. De Numa, ils voyagèrent jusqu’à Ecaraltryon, ville frontalière entre Fiore et Bosco. Là-bas, les deux mages entamèrent une vie de petits criminels. Le jeune homme, angoissé par ce sentiment de vide, épée de Damoclès planant au-dessus de sa tête, cumulait les tueries et autres bagarres de moindre gravité, drogué à la colère. Cela profitait à Alabaster qui amassait jalousement toujours plus de richesses…

Alors, un jour, dans les bas-fonds d’Ecarlatryon, un homme étrange vint à leur rencontre. Bien que peu impressionnant, physiquement parlant, sa présence était terrifiante de gravité. Accueilli par des grognements, il ne se démonta pas pour autant et expliqua au binôme les raisons de sa venue…
Son nom était Kieran Aiceak, maître de la guilde de Nether Impact. Ne s’étant jamais intéressé à cette organisation, Rainer ne fit pas réellement attention à ça… Jusqu’à ce qu’il évoque ce qu’il recherchait : sept personnes. Sept hommes et femmes, sept incarnations des Sept Péchés Capitaux. Nimbé d’une aura violâtre teintée de vert, il ensorcela, de sa voix enjôleuse,  les deux jeunes gens, leur informant qu’il les suivait depuis quelque temps et qu’ils seraient parfaits pour jouer les rôles d’Avarice et de Colère.
Un quelque chose, pourtant, mettait mal à l’aise Rainer. Un quelque chose de reminiscent, d’insaisissable… Un quelque chose, qui, paradoxalement, le poussait vers Aiceak.
Incarnation de la Colère… ?
Peut-être avait-il raison, après tout. Peut-être que Rainer était ainsi. Un simple avatar, une enveloppe charnelle destinée à accueillir un principe la dépassant…
A ces pensées, le poids de l’épée de Damoclès semblait s’évanouir. La remplaçait une sorte de contentement plus ou moins malsain. Un progressif sentiment de plénitude… Un sentiment à la puissance exponentielle.
Un sentiment qui se reflétait de manière suspecte, bien trop suspecte, dans les yeux verts de Kieran Aiceak… Mais personne ne le remarqua.
Alors, il sourit. Rainer sourit. Alabaster suivit.

La naissance d’une nouvelle boucle infernale…

• • •
Trois ans ont passé depuis l’entrée d’Alabaster et Rainer à Nether Impact. Connus désormais sous les noms de Mammon’s Rose et Shaytan’s Hand, les péchés de l’Avarice et de la Colère possèdent de nouveaux alliés.
Pour l’heure, chacun se lie. Chacun possède ses propres intérêts. Des intérêts bassement humains. Pouvoir, richesse, vengeance…
Mais nul n’échappe à ses vices.
Et un jour, tous seront purgés.







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MessageSujet: Re: Rainer Ryuuken - When Wrath purges from Wrath [LOADED] Mer 10 Fév - 14:11

G fini lol. :nomad:


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MessageSujet: Re: Rainer Ryuuken - When Wrath purges from Wrath [LOADED] Mar 16 Fév - 12:49

Je poste l'évaluation d'Alab à sa place du coup:

Bonsoir, je m’occupe de toi ! :v
Accompagnée d’un scorpion !


COMMENÇONS, RAINER-SAMA !

Magie :
Très jolie magie moi je dis. aa

« Egalement, si l’utilisateur a la possibilité de se déplacer lui-même, il peut également intervertir les positions de deux objets ou personnes dans le but de provoquer la confusion. » - Petite répétition. Mais faut bien que je chipote wesh !

J’ai une question pour ton Aura vision, tu as les codes couleurs ? :v Bon à mon avis ce serait long à citer mais voilà xD Sinon je pense pas avoir d’autres questions que ce soit pour la magie et le “don” comme dit. o/
Sexy.


Physique :

« Extrêmement sec et pratiquement imberbe » - aa

« entouré des murs qu’il a maltraité » => « maltraités »

Sinon… Rien, c’est complet ma foi et d’après ma tête de truffe tu dois avoir tout mis. °^°
Sexy.


Psychologie :
Bon ça je le sens ça va être très long xD Mais j’espère que ce sera tout aussi bien que les précédentes catégories. :v

« Il ne peut s’empêcher de jalouser ses sales putains de gamins choyés par leur chienne de môman ! » - Quelle méchanceté. :v Mais Rainer n’a pas d’enfants que je sache, du moins pas encore. ♥

« la Main de Satan » => Shaytan, non ?

« A un moment de sa vie ou le jeune homme » => « où »

« Peut-être, d’ailleurs, que ce besoin d’amour qui l’a poussé à ne plus la rejeter… » => « … que c’est ce besoin d’amour qui… »

« du tout à tout » => « du tout au tout »

« quelque de fort puissant et de fort étrange. » => Manque un petit mot, nop ?


D’ailleurs, il a quel rapport avec les démons ? Puisqu’ils ne sont pas humains, Rainer veut pas les purgey non ? :v Sinon bien, continue sur cette lancée !
sexy.


Histoire :

« Une expression personne n’aurait pu juger possible d’apparaître sur le joli minois d’Eva tordait son visage.  » - Manque un mot !

« L’ouvrage portait sur une branche de celui-ci, nommée « Territory ». » - Manque un mot :v

« Sans se souciait des regards » - Infinitif. :v

« Il avait fait un passer un index » - Error 404

« Les sentiments qu’avait Rainer envers elle était devenue flous avant de disparaître au profit d’une funeste neutralité. » - Plurioule !

« Ryuuken n’avait presque jamais été proche de sa femme. » - Mais c’est moi ta femme, comment oses-tu ?! -out-

Histoire en soit qui a vraiment tout fait à mon ventre. Les deux premiers chapitres m’ont donné de la peine pour Rainer et sa mère mais j’peux te dire qu’après j’étais en mode Cheerleader pour Rainer :v M’enfin, c’était très bien !


BILANG (#GékriBilang).

J’te mets -800 EP pour m’avoir trompé. :c  Nan je plaisante. Y’a des fautes, évidement, mais c’est plus de l’inattention qu’autre chose, après t’écris trop lentement pour ton cerveau vu qu’il manque des mots xD


#SandyBabush. (et non cent dix babouches hihihi)


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MessageSujet: Re: Rainer Ryuuken - When Wrath purges from Wrath [LOADED] Mar 16 Fév - 18:06

Yo !
Merci pour l'éval ! :v

Du coup, gétoukorijé.

Juste, un truc que j'ai pas compris quand tu me dis qu'il manque un mot :

« Un livre grâce auquel Rainer pourrait accéder à cet art puissant. L’ouvrage portait sur une branche de celui-ci, nommée « Territory ». » ← Je vois pas quel mot °° C’est la branche de l’art (donc de la magie) qui se nomme « Territory ». °° Enfin, je sais pas, où est-ce que tu me disais de rajouter un mot ? x) Ou alors c'est ma tournure qui est juste moche à force de vouloir éviter les répétitions, j'sais pas.


Vref, du coup, pour les démons, j'avais dit "tout ce qui n'est pas humain ne l'intéresse pas" mais juste après avoir parlé de Dragon. Du coup j'ai rajouté : "Tout ce qui n’est pas humain ne l’intéresse pas. Dragons comme démons peuvent bien faire ce qu’ils veulent."

Et pour Aura Vision, bah, s'il fallait citer toutes les couleurs, mm... Valà. :rip: Je me baserai sur du symbolisme classique.


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MessageSujet: Re: Rainer Ryuuken - When Wrath purges from Wrath [LOADED] Lun 22 Fév - 15:51

Bon pas de soucis dans ce cas. '-'/

Tu es validé comme Colère de Nether Impact au Rang A à 3600 EP


merci à Haruharu de m'avoir aidé pour le thème ! ♥


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MessageSujet: Re: Rainer Ryuuken - When Wrath purges from Wrath [LOADED]

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