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 Le Cliquetis des Engrenages de la Vengeance. [Solo]

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Antho Mercer///
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Date d'inscription : 07/11/2015
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Caractéristiques du Mage
Magie/Malédiction: Black Dust
Magie Secondaire:
Progression:
700/800  (700/800)
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MessageSujet: Le Cliquetis des Engrenages de la Vengeance. [Solo] Mer 1 Juin - 14:53



L'un après l'autre ils s'emboîtent, clac, clac, clac, clac, les engrenages d'une vengeance sanguinaire appartenant au plus haineux des êtres.


Le crétin comprit dans quel merdier il était... Il se retourna pour voir celui qui voulait sa peau - enfin l'un de ceux qui la désiraient - puis détala comme un lièvre. Tout à coup, un homme habillé en armure orientale surgit d'un buisson à l'allure lugubre, lames en avant. Brillant d'un éclat mortifère, les deux katanas tranchèrent la chair du bestiau en un éclair. D'un autre côté, plus au nord, un morceau de métal scintilla comme la faux de la Mort et une détonation retentit... Une bille ardente en fut crachée, le corps de la créature fut transpercée. Le monstre hurla de nouveau à en faire peur à toute une armée de crobaciers.


Putain d’forêt, putain d’vallée, putain d’pluie… Earthquake ! Vociféra une voix éraillée.

Les volatiles métalliques croassaient et volaient dans tous les sens, tandis qu’une silhouette se dégagea des ténèbres. Muscles saillants, grande taille, plaies béantes ensanglantées, regard sévère accentué par des yeux noirs coléreux et une expression irritée… Cet homme avait tout l’air d’un chef. Son sort craquela la terre autour de l’écuscrat pour la faire léviter au-dessus de lui, avant qu’elle ne retombe violemment sur la bête, écrasant et broyant son corps déjà bien meurtri. Une symphonie de craquements, de déchirures ainsi que de grognements étouffés chatouilla les tympans du Capitaine de son exquise mélodie.

Toutefois, il dut vite se concentrer sur la situation qui évolua d’une manière singulière. Le mage terrestre attrapa son camarade éméché par le cou et fronça les sourcils. Il cria, hurla, beugla sur ce bon à rien avant d’ordonner aux autres de le suivre… Antho commença à comprendre qu’il allait devoir s’attaquer à des survivants expérimentés et assez bien coordonnés. Toujours dans le noir, à pas de velours, il fila ce groupuscule à plusieurs dizaines de mètres en retrait. Une petite sphère brillante les suivait, ce qui trahissait leur position même dans la pénombre de la nuit. Peut-être y avait-il un manieur de lumière ou bien cela n’était qu’un rudiment ? Pour le moment, cette question n’était pas à se poser. Une demi-heure passa alors que la lueur d’un feu de camp  perça dans l’obscurité de la vallée. Exécutant ses mouvements avec une précision quasi-surhumaine, le possédé fit un petit détour vers une cachette naturelle ; quelques rochers de bonne taille. Une fois arrivé là-bas, il inspira profondément, éveilla tous ses sens pour tous les épier.

© By Halloween sur Never-Utopia




Une paire de rubis lévitait dans les ombres de la vallée, des oreilles écoutaient et analysaient le moindre mot émanant du groupe au milieu de la forêt. L’organisation des mercenaires était telle qu’Antho ne pouvait plus approcher sans se faire repérer… Deux patrouilles en binôme se relayaient en permanence ; quatre individus habillés de peaux et de cuirs animaux ne connaissant sans doute rien à la magie. Mais s’ils alertaient leurs camarades, là ça deviendrait une toute autre affaire. Le Capitaine en était conscient. De plus, en amont, l’homme armé de son arquebuse veillait à ce qu’aucun intrus ne pénètre leur territoire ou n’attaque leurs comparses chargés des rondes. Au milieu de tout cela, dissimulé par des tentes et abris de fortune, leur chef parlait avec le soûlard, alors qu’un peu plus loin se trouvait le samurai en train d’entretenir les armes du camp. Jusqu’à présent, aucune ouverture ne s’était dévoilée au possédé… Il s’en mordait les doigts, rageait intérieurement, bouillait de plus en plus, il voulait exploser ! Cependant, son niveau de contrôle s’adaptait à sa rage ainsi qu’à la nécessité de la réussite de son plan.


Si je me jette dans la mêlée sans préparation, tout ce que je risque d’avoir c’est une mort prématurée… Il est évident que je doive d’abord m’occuper des patrouilleurs. Ils font des cibles faciles à abattre, alors qu’avec leurs petits amis ils seraient très gênants. Néanmoins, à peine je bougerai de ce rocher dans leur direction que leur arquebusier me repérera… Et je ne souhaite pas me retrouver avec lui, un épéiste rapide, un mage élémentaire de terre, un ivrogne ainsi que quelques non-mages sur le dos. Pensa-t-il, immobile telle une panthère puis poursuivit sa réflexion. Non, non, non, non, non… Je vais devoir procéder autrement. Sans doute vais-je devoir attendre une quelconque occasion pour me débarrasser du plus grand nombre d’ennemis en premier lieu. Ensuite, je pense que je devrai m’attaquer à celui tenant l’arme à feu, au corps-à-corps, il ne doit pas être un problème pour quelqu’un comme moi. Ensuite…



Arnald, Henrik ! Venez ici. Tempêta leur meneur avant d’attendre leur arrivée. On n’a presque plus d’flotte, ‘va falloir que vous alliez à la rivière en chercher. Comme d’habitude, il faut à peu près trois quarts d’heure pour le point le plus proche, donc, si vous traînez plus de deux heures, vous savez ce qui se passera. Seule la pierre à aiguiser du bretteur osa faire du bruit pendant une poignée de secondes. Bon, avant que vous partiez, si une bête monstrueuse vous tombe dessus, mis à part quelques araignées pas plus grosses qu’une pierre, vous faites tout le boucan que vous pouvez… On comprendra, enfin, bref, je le redis pour être sûr que vous avez pigés mais ça devrait bien se passer, non ? Le duo acquiesça simultanément. Parfait, maintenant, disparaissez ! Il leur balança un sceau énorme et tout cabossé puis ils s’en allèrent.


L’incroyable patience du militaire avait payé, l’occasion tant espérée était arrivée. Souriant imperceptiblement, Antho se mut à travers les buissons et les arbres, en silence. Son rudiment de l’ombre enveloppait encore et toujours l’entièreté de son corps, mis à part ses yeux… Ainsi, son camouflage ne pouvait être plus efficace dans cet endroit en plein milieu de la nuit. De plus, la voûte céleste n’était guère éclairée par la lune, comme si tout cela était calculé par une entité supérieure. Le marionnettiste du destin, un dieu quelconque, le hasard…? Qu’importait, c’était au blondin d’utiliser ces éléments à son avantage.

Le froissement des feuilles sèches rythmait la marche des trois hommes, tandis que les secondes, les minutes s’écoulaient… Rien de spécial ne se passa pendant la progression des deux mercenaires ; ils avaient rejoints le cours d’eau de cette vallée infâme. L’eau était sale, gorgée des déchets de l’humanité. En son for intérieur, le Capitaine se demanda comment l’on pouvait vouloir boire ça. Sans doute la faisaient-ils bouillir pour en enlever le plus d’impuretés… Il se souvint de ce qu’il avait bu dans la taverne, plus tôt dans la journée, et même si l’on pouvait le voir, il grimaça de dégoût. Pourvu que l’eau dans son verre ne venait pas de cette rivière.

Le binôme, là aussi, fit preuve d’un minimum d’organisation. L’un des gars, le plus frêle, tentait de recueillir le moins de pollution possible, alors que son allié, torche à la main, surveillait les environs d’un air anxieux. Le militaire réfléchissait à une stratégie. Afin de maîtriser ces deux individus, il lui fallait faire baisser leur garde. Ainsi, comme le prédateur qu’il était, il les reluqua de la tête au pied, tout doucement comme pour analyser leurs forces et faiblesses… Puis un détail le frappa. Sans doute avait-il été distrait par sa filature ou peut-être s’était-il trop concentré sur sa furtivité pour s’en rendre compte, mais… Leur peau ne portait pas les stigmates de sa malédiction.


Ils ne sont pas des gars à Rägnan ? Maintenant que j’y pense, leurs visages ne me dit rien. Alors que celui de leur chef, du soûlard, du samouraï et de l’arquebusier… Étrange, il est vrai que certain mercenaire n’aimait pas mon corps d’enfant, mais même, je les aurai sans doute dans ma mémoire au vu du temps que j’ai passé dans cette satanée église. Il releva vivement la tête, comme traversé par une révélation. Attends, attends Antho, réfléchis deux secondes… Rägnan était du genre à prendre uniquement de grosses missions pour empocher le plus d’argent et, dans la même foulée, perdre des hommes pour éviter de les payer. Le raid sur mon village leur avait donné beaucoup d’or à se partager, et même en un siècle, ils n’auraient pu tout dépenser si j’en crois les discutions qu’ils avaient, à l’époque. Un truc ne tourne pas rond dans cette affaire. Pensa-t-il en regardant partout, irrité de ne pas tout savoir.

 

Antho, je ne sais pas ce que tu penses, mais fais gaffe… Sinon ils vont te passer sous le nez ces crétins. Et ta vengeance n’attend pas, n’est-ce-pas ?

Le possédé acquiesça, Kiryoken avait entièrement raison.  Il murmura « Black Arcane » puis pensa « Black Flight »… Son enveloppe charnelle redevint poussière noire après quelques secondes de concentration. Aussi discrètement que possible, il s’éloigna de ses cibles en rasant le sol pour, plus loin, rejoindre l’autre rive, caché par l’obscurité ambiante. Mis à part des sons minimes, n’ayant qu’à peine atteints le duo de mercenaires, rien de notable n’émana de son petit vol. Une fois sur l’autre côté du cours d’eau, il se ré-assembla sans un bruit. Quelque peu stressé, il titilla la garde de sa rapière dépassant un peu du dos. Et il inspira puis expira longuement.


À l’aide ! Au secours ! Hurla-t-il en ayant bien vieilli sa voix. Des anantas, partout, à moi ! Il imita des cris d’effroi et de douleur, au summum de ses performances d’acteur. Ils sont trop nom… Aaaaaah !

D’abord surpris, les deux imbéciles parlèrent à voix basse, croyant avoir hallucinés. Puis, après avoir pesé le pour et le contre, ils s’étaient sûrement dit qu’ils pouvaient venir à bout de quelques limaces. Car ces débiles se trouvaient dans l’eau dorénavant, en train de patauger jusqu’à atteindre le pauvre vieillard attaqué. Ils devaient être motivés par l’idée de trouver des objets de valeur sur la dépouille dudit vieux, et puis, tuer des anantas n’était pas la mer à boire. Si, au pire, la personne âgée était encore en vie, peut-être pourraient-ils avoir une récompense ou exiger une rançon… Les gens étaient tellement attachés à leurs ancêtres, cela ne pouvait mal se passer.

Les doigts serrés sur la garde de son arme, Antho attendait qu’ils arrivent à sa portée, prêt à bondir  sur ses proies tel un guépard. Le duo grimpa sur la terre ferme, confiant de ses chances de victoire… Souriant jusqu’aux oreilles, il avança près d’un gros buisson en apparence inoffensif, ne faisant pas énormément attention à ce dernier puisqu’il cherchait des monstres rampant au sol. Shhhhsiing ! Le possédé sortit de sa cachette comme un diable d’une boîte, lame rouge dégainée. Le plus petit ne réagit guère, car sa gorge était déjà transpercée par la pointe métallique. Son acolyte, déconcerté, essaya de vite sortir l’épée du fourreau à sa taille.


Un coup d’estoc à la poitrine répétée trois fois à une rapidité fulgurante. Une série de frappe de taille enchaînée de manière frénétique, à quel point que le sang jaillissait des entailles comme le jet d’une fontaine ! La terre battue, orange et morte, vorace, sans-pitié, se repaissait du liquide rougeâtre. L’armure du Capitaine, elle, s’était séparée des ombres puis subissait la haine de son porteur qui par ses taillades la peignait tel un artiste fou. Il n’arrivait pas à s’arrêter, porté par la colère qu’il contenait depuis le début de la soirée, depuis ses premiers jours à Sky Stand, depuis la mort de son petit-frère, depuis cette fameuse nuit de cauchemars…
 

Je crois qu’il est mort, Antho… C’en est assez. Son hôte n’eut aucune réaction et continua, coléreux. Merde, la torche, l’herbe, bouge-toi, là ! Beugla-t-il.

La flamme du bâton enduit d’alcool commençait tout juste à se propager sur le gazon sec et une certaine chaleur émanait du sol. Antho retrouva un semblant de raison, regarda le feu à ses pieds puis attrapa la torche avant d’éteindre les flammes naissantes. Il haletait comme s’il avait couru plusieurs kilomètres sans se stopper. Ses yeux injectés de sang donnaient l’impression de sortir de leurs orbites. Des gouttes de sueur perlaient à son front, ses joues, son cou… Son cœur battait la chamade et ses membres tremblaient. Son faciès furieux avait des tâches d’hémoglobine, sèches, désagréables, sales. Et dire que ce n’était qu’une once de sa véritable rage.

Il passa sa main droite dans ses cheveux décoiffés par son humeur. Regardant dans le vide, il ricana un peu en se disant qu’il avait finalement réussi à défaire sa coiffure « parfaite ». Quelle idée de s’énerver comme cela… Sa réaction lui faisait peur, pouvait-il continuer la mission qu’il s’était donné avec ce genre de réaction ? N’était-il pas trop instable pour désirer sa vengeance ? La machination qu’il avait mis en place lui demandait trop de ressources, était-il encore trop faible ? À cause de ces questions, il se gratta frénétiquement sous son épaule gauche à en saigner puis il posa sa paume sur ses propres griffures. Sa respiration redevint plus lente, plus calme…


Non, jamais plus je ne serais faible. Je le dois à ma famille, à Aroksa, à Etsu et sa mère… Il serra puissamment ses poings. Je l’ai été trop longtemps, maintenant… Qu’est-ce que je fais, là ? Je connais mes intentions, pourquoi les dire à voix haute…?

 

Des moments de doute, Antho. Tu as le droit d’en avoir. Tu as besoin de te rappeler pourquoi tu te bats, pourquoi nous nous battons ! C’est comme ça que tu te motives, et à cause de ça, tu te souviens… Tu te souviens nettement de tous ces moments d’horreur. Mais lorsque ta vengeance sera faite, tout ça pourra disparaître. Tu n’auras plus aucune raison de te haïr, plus aucune raison d’avoir peur. Et, si tu as besoin, tu sais très bien que je suis là pour toi.



Comme un grand-frère, n’est-ce-pas ? Jin acquiesça, aussi souriant que son visage lui permettait de l’être. Merci, Jin Kiryoken, je vais tâcher de contenir ma haine à l’avenir, en tout cas, pour cette nuit qui risque d’être longue. Il soupira et leva sa face vers les cieux étoilés. Là-haut, tu crois qu’elles ont des problèmes, les étoiles…? Le démon se contenta de le fixer. Je sais, ça ne me ressemble pas. J’espère juste que la poussière retombera du ciel un jour…

S’il se rappelait bien, ses deux victimes disposaient de quatre-vingt-dix minutes, à peu près, pour venir ici et retourner à leur camp avant d’inquiéter la petite bande. En tout, il avait dû s’écouler une heure tout au plus. Bien, pour recharger ses réserves où il avait légèrement puisé, il jouissait peut-être de soixante minutes, le temps que les autres s’affolent et accourent à cette rivière dégueulasse. Par sécurité, il empoigna un cadavre puis le tira jusqu’à un lieu le dissimulant et fit de même avec le second. Ce soir, les anantas allaient pouvoir se régaler, si jamais ils se nourrissaient d’ordures. À présent, il lui fallait éteindre sa torche et revenir sur l’autre rive pour patienter.

. . .

Une heure et quelques plus tard…

Assis en tailleur, de nouveau recouvert par ses ténèbres, il restait caché, immobile. Sa magnifique épée courait le long de son échine, dans son fourreau écarlate. Soudain, à sa droite, des échos résonnèrent, des bruits de pas rapides… Le Capitaine se releva doucement et, avec ces sons, sut d’où l’inconnu déboulera. Il se dissimula en conséquence derrière un conifère. S’il avait bien calculé, l’intrus n’allait pas faire long feu et lui pourrait vite repartir s’occuper des mercenaires en retrait. De petits cliquetis se mêlèrent au boucan des bottes métalliques, ça ressemblait au tintamarre produit par plusieurs plaques ferreuses s’entrechoquant.


L’épéiste… Cela va sans doute un peu compliqué les choses. Se dit-il d’un air penseur.

L’individu appela ses collègues, d’abord en parlant puis en criant puisqu’ils ne répondaient guère. Sa voix était plutôt douce malgré son apparence de monstre et son armure imposante, un contraste qui aurait pu faire sourire Jin s’il ne savait pas qui il était. Antho décida de prendre de l’avance en susurrant « Black Arcane » puis, prudemment, il contourna le samouraï afin d’être dans son dos. Ce dernier avait arrêté de beugler comme un porc, peut-être avait-il compris qu’il ne ferait qu’ameuter des créatures sanguinaires. Sur ses gardes, la main posée sur la garde de son sabre et l’autre tenant sa torche, il s’approcha du sceau cabossé jeté là un peu plus tôt.




Ils étaient ici, mhh... Une bête sauvage ? Non, il n’y a ni sang, ni traces de lutte. Il orienta sa torche en avant, vers l’autre rive. À moins qu’ils aient été là-bas, mais pour quelle raison ? Se demanda-t-il, de plus en plus inquiet. Seuls ils n’ont pas beaucoup de chances de survivre et ce n’est pas comme si nous les avions menacés ou maltraités… Des bandits, alors ? Ça ne fait pas de sens et il fait trop sombre… Il faudrait que j’y aille, toutefois, je me noierai avec mon armure.



Black Assassination. Criiiiii, fit l’armure du Capitaine juste derrière le bretteur. Tu es à moi ! Vociféra-t-il, sûr de lui.

Le blond avait profité que sa cible soit distraite par ses interrogations afin d’arriver tranquillement derrière elle. Dorénavant, sa paume droite était plaquée sur la bouche de l’imprudent, alors que son bras gauche le serrait au mieux pour qu’il ne se s’échappe point. Sa vie allait bientôt être déchiquetée par la haine du petit garçon qui, aujourd’hui, a bien grandi ! Ses gémissements étouffés, l’expression de terreur, de colère et d’incompréhension sur son visage était un véritable délice. Ça y était, la poussière noire du possédé sortait de sa main et plongeait dans la gorge de sa proie impuissante… Il se tortillait de plus en plus, c’en était presque jouissif pour Antho.

Soudain, le samouraï eut un sursaut d’énergie et fut comme faiblement propulsé en avant. Celui-ci eut l’intelligence d’utiliser cette force afin de se pencher et d’envoyer valdinguer le possédé. Le militaire, étonné, dans le mauvais sens du terme, avait plongé dans la rivière... Mais, heureusement, s’était raccroché au bord pour revenir en vitesse sur la terre ferme. L’épéiste avait des réserves insoupçonnées… Néanmoins, il se tenait la gorge et crachait du sang. Il tentait bien de crier, mais n’arrivait qu’à émettre des gargouillis dissonants. Le possédé devait profiter de ce court laps de temps pour prendre un maximum l'avantage sur ce déchet aux deux katanas.

Il saisit la poignée de sa rapière puis murmura « Black Arcane » avant de penser « Black Cover ». Son corps se couvrit de poussières noires qui s’apparentaient presque à une seconde peau. Concentré, il arma son bras en arrière et commença à enchaîner coup d’estoc sur coup d’estoc ! Sa lame pourpre faisait siffler l’air en le fendant. Le samouraï avait eu le réflexe de dégainer et de lâcher sa torche qui enflamma l’herbe orangeâtre. Assez mollement, il para les frappes du blondin puis recula à chaque nouvelle série. Antho, avec son autre bras courbé au-dessus de sa tête, bougeait à droite, à gauche, avec agilité et vitesse…


Tu mourras de ma main, larbin de Rägnan ! Tempêta-t-il.

Trop occupé à survivre, l’homme de main ne répondit pas. Cependant, il retrouvait ses pleines capacités et commençait à donner des coups plus vifs, précis et puissants ! Le tranchant des lames s’entrechoquait avec fureur, de petites étincelles voletaient à chaque rencontre des aciers. Le manque de maîtrise du Capitaine se ressentait à la longue, il devait battre en retraite, esquiver plus souvent… Il ne menait plus le duel, d’autant plus que le samouraï envoyait ses frappes avec une rapidité détonante, presque surhumaine ! Toutefois, il restait à Antho une botte secrète et il comptait bien s’en servir, plutôt deux fois qu’une, même.

Sa rapière se mit à briller puis s’embrasa subitement. Le possédé serra ses mâchoires et puisa au plus profond de lui-même pour donner des coups surpuissants. Ainsi, la lame flamboyante attaquait ses rivales avec son tranchant renforcé par la force de son manieur ainsi que par sa flamme ardente. Le bretteur réussissait pourtant à toucher son ennemi parfois, ou plutôt sa couverture obscure qui encaissait à sa place. Au bout de quelques secondes, les katanas montrèrent des parties affaiblies, un peu fondues… Le Capitaine ne se priva guère de viser ces points faibles. Et puisque ce combat semblait trop durer, il fit appelle à l’entité l’habitant. Ses muscles grossirent, son épiderme devint noirâtre et il grandit d’une poignée de centimètres. Jin leva l’épée pour la dernière fois et l’abattit sur ce microbe, sur cet humain. Le duel était terminé.

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