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 [DC d'Antho] La Lumière De La Justice N'a Pas Besoin d'Un PEGI 18. [Fiche Terminée]

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Anders O. KalvozLight Gentleman
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Caractéristiques du Mage
Magie/Malédiction: White Dragon Slayer
Magie Secondaire: Light Magic
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MessageSujet: [DC d'Antho] La Lumière De La Justice N'a Pas Besoin d'Un PEGI 18. [Fiche Terminée] Sam 27 Aoû - 14:54







Anders O. Kalvoz




Nom : Okram Kalvoz

Prénom : Anders

Âge : Vingt-six ans

Sexe : Homme

Guilde (et poste souhaité) : Destiny Flare, si possible Maître, sinon tant pis.

Surnom : Light Gentleman


Je suis un DC

Un pseudo :

Un âge :

Comment tu nous as connu ?

Le code du réglement ?

Des commentaires ?

L'avatar que tu utilises ? Knight Of Truth : Gordon  - Cardfight!! Vangard
Description de la Magie



Magie : Pourfendeur Du Dragon Blanc.

Magie draconique liée à un humain, le couvrant de sa lumière pure pour défaire frères et sœurs des deux races. Concentrée en un laser ou éparse comme une langue lumineuse, l’élément du Sacré s’utilise surtout au corps-à-corps. Les formes qu’adoptent les arcanes de cette magie sont simples, brutales et aussi sauvages que leur propriétaire originelle. Ces derniers émanent uniquement de l’enveloppe charnelle de leur détenteur, enchaînés à cette prison corporelle. Ni la dentelle ni les limites n’utilise Anders, usant de ses sorts gracieux de nature teintés d’un blanc éclatant rappelant une lumière divine jugeant le commun des mortels.

Afin d’aider cet être à répandre son sens de la justice, l’art qu’il a apprit augmentent drastiquement la sensibilité de ses sens ainsi que ses réflexes au combat. Et si sa puissance est suffisante, l’illuminé peut apprendre l’équivalent de sa magie sous sa forme la plus primaire jusqu’à un certain niveau. À des échelles insoupçonnées de maîtrise, réunissant une émotion forte à un objectif démentiel, la Dragon force peut envelopper la peau du Dragon Slayer. Ses sortilèges se rehaussent comme s’ils gagnaient des rangs et leur manieur jouit d’une puissance augmentée. À cela peut se rajouter une forme bi-élémentaire diversifiant les arcanes pourfendeurs de reptiles.

Cependant le Dragon Slayer se voit être privé de toutes forces s’il ingère autre chose que son élément. Son organisme luttant férocement contre ces engeances étrangères. Dans le cas contraire, son énergie sera revitalisée à l’instar d’un vieillard nageant dans une fontaine de jouvence. Ses réserves se rempliront de son repas, offrant au O. Kalvoz de quoi exterminer démons et dragons. Néanmoins, le Light God Slayer peut absorber sa magie tandis que lui-même ne peut s'en repaître.  

À savoir en dernier point que sa forme ultime change son apparence physique, la rendant plus proche de celle de son ancien maître, que sa mentalité peut être modifiée et qu'il est allergique aux moyens de transport.

Magie Secondaire : Light Magic.

Magie complémentaire du White Dragon Slayer lui permettant d'utiliser son élément un peu plus librement jusqu'à un certain degré de puissance. Les sorts usant cette magie peuvent être créés hors de la limite qu'est son enveloppe charnelle. Leurs formes restent cependant simples puisqu'il ne s'agit qu'une magie élémentaire classique.

Rudiment : Gem Magic.

Permet tout simplement de créer une pierre précieuse de petite taille d'une forme simple. Concrètement, aucune véritable utilisation offensive ne peut se faire avec ce rudiment. Il est plutôt utilisé, dans le cas du White Dragon, pour concentrer la lumière du soleil et ainsi l'ingérer lorsque le besoin s'en fait sentir.

Capacité Spéciale : Effacement.

Permet à Anders de "s'effacer" dans une foule par exemple, de retirer toute émanation de magie en lui ou encore de n'émettre aucune aura ou chose de même genre trahissant sa personnalité.
Description Physique




Albinos à la naissance, son épiderme détient la même couleur que le marbre à l’instar d’une statue dédiée à la chevalerie. Tout son être rappelle l’image qu’on se fait d’un Paladin œuvrant pour la Justice. Son visage de porcelaine, élégant et fin rappelle les doux idéaux qu’il protège, et l’orange de ses iris fait échos à l’ardeur avec laquelle il applique sa philosophie. Son buste aux lignes travaillées souvent recouvert d’un plastron métallique symbolisant un bouclier, celui qui protège faibles et innocents du courroux des plus fous, se bombe pour faire rempart aux êtres malveillants. Ses bras et jambes raffinés mais néanmoins musclés sont les glaives de sa Justice, qui, avec précision et puissance, combattent les maux du monde.

Plus précisément, sa chevelure immaculée recouvre son crâne jusqu’au bas de son cou, reliée en queue de cheval par un ruban jaune. Ses longues pattes arrivent bien en-dessous de ses oreilles orientées vers l’arrière, qui sont elles-mêmes presque dissimulées par ses cheveux blancs. Sur son front légèrement fuyant se trouvent plusieurs grosses mèches qui l’ornent comme une couronne, tandis que derrière, elles sont peignées dans l’autre sens, ressemblant au cours tranquille d’un fleuve laiteux. En aval, deux lignes de poils s’amincissant sur la longueur montent ses yeux ronds emplis de douceur et de compassion ou d’un calme absolu dissimulant une colère dévastatrice.

En continuant la descente de sa figure princière, un nez discret de taille moyenne s’étale avec majesté en amont d’une bouche aux lèvres minces. Le chant que sont ses paroles suaves et agréables traverse une dentition impeccable, éclatante… Qui peut se transformer en une courbe inquiétante mêlant la rage et les crocs du White Dragon Slayer. Autour se trouvent ses mâchoires affinant le bas de sa belle face, ses joues concaves unissant ses traits en un tout et son menton en pointe arrondie, rendant l’intégralité de son visage homogène. Une beauté pure, authentique, où les émotions ne sont ni cachées ni déformées comme un portrait d’une honnêteté effrayante.

Lié à ce faciès chevaleresque, un corps pesant soixante-treize kilos pour un mètre quatre-vingts s’occupe de resplendir sa lumière. Sa démarche fait penser à celle d’un tigre blanc, fière sans l’être trop, imposante sans une once d’orgueil… Démontrant qu’il connait sa place parmi les vivants. Sa main gauche est souvent posée sur la garde de son sabre bleuté, simple habitude vue comme une menace silencieuse ou une promesse protectrice selon l’âme de celui qui le regarde. C'est d'ailleurs sur le dos de cette main que se trouve sa marque de guilde, aussi blanche que son âme. Ses atours sont en harmonie avec lui, il s’habille d’un jabot soulignant sa noblesse, d’un plastron aux veines bleu clair qui enveloppe une chemise céruléenne aux motifs jaunes mettant en avant son humilité.

Son bassin est serré par une jupe en acier sertie de symboles azurs. Ses jambes enlacées d’un tissu sombre sont couvertes par des bottes métalliques leurs arrivant jusqu’aux genoux. Malgré les matériaux paraissant massifs, ses pas restent ouatés comme ceux d’une panthère et libres à l’instar d’un rapace filant dans les cieux. Mis à part tout cela, le O. Kalvoz ne possède rien de particulier si ce n’est une manie récurrente ; celle de « s’effacer » en compagnie d’inconnus ou lorsqu’on lui rappelle certains traumatismes d’enfance. C’est son unique défense lui étant dédiée, le reste étant pour les autres, pour ceux qu’il a promis de purger ou de remettre dans le droit chemin.


Description Psychologique




Anders est un vertueux que l’on pourrait considérer de naïf comme de bienveillant. C’est un homme qui donne une chance à tout ce qui est humain, les interloquant de manière alambiquée d’une façon naturelle. Il ne cherche pas à perdre son auditoire, il veut uniquement discuter le plus noblement possible et ne tolère aucun écart de sa part. Il pense qu’il est digne de son nom en communiquant de la sorte, digne de l’attention de ses parents. C’est pourquoi il se comporte et pense comme un Paladin, un chevalier au service du Bien. Ainsi, il se sent plus proche de sa mère et de son père l’ayant renié, insulté et maltraité… Il a pourtant besoin de les aimer pour prétendre exister.

Cependant, sa relation avec la Justice est en rapport avec quelqu’un d’autre : Ève Pemberton. Depuis son enfance il n’a eu qu’elle en tête, voulant à tout prix ressembler à l’homme idéal pour la nymphe de son cœur. Son idéologie étant de base dirigée vers un modèle d’excellence morale et physique, il est normal qu’il vienne à penser comme il le fait. Pour ce qui est de l’espèce humaine, il est d’un optimisme inépuisable, voulant amener dans sa Lumière les brebis égarées du Pacte Écarlate et autres criminels. Mais il tuera avec tristesse ceux qui ne l’écouteront pas malgré son insistance et pardonnera ceux le suivant, à l’instar d’un père compréhensif envers ses enfants rebelles.

Le O. Kalvoz est aussi un chef de famille comblé, adorant sa femme et son enfant d’une force infinie. Son cœur bat le sang dans ses veines pour eux, ses poumons inspirent et expirent l’oxygène pour leur unique existence. Il donne à Théodore tout l’amour qu’il n’a pas reçu de ses propres parents, ne désirant pas du tout faire les mêmes erreurs que ces derniers. Il est attentionné, indulgent et sévère lorsqu’il le faut. Néanmoins, il faut bien comprendre que sa petite famille est tout à ses yeux, qu’il n’hésiterait pas une seule seconde à se sacrifier pour qu’elle continue de subsister. Néanmoins, cette pensée est facilement destructible s’il prend en compte ce qu’il a fait par le passé.

Ses objectifs sont donc constamment remis en question par lui-même. Il souhaite vivre heureux en compagnie des siens, vivre des missions que lui propose sa guilde et annihiler la présence du Mal dans le monde. En parlant de Destiny Flare, il s’y est parfaitement intégré et est plutôt bien accepté par cette communauté de chevaliers. Il regarde d’un bon œil cette dernière, croyant dur comme fer qu’elle possède les principes les plus légitimes. Il tolère difficilement qu’on la dénigre, mais il fait un effort pour être le plus diplomate possible afin de débattre dans le calme avec le critiqueur. Il essaye de donner une bonne image en plus de démonter les préjugés dont il est victime.

Anders a pris l'habitude de ne pas prendre les gens de haut, comme un principe moral absolu. Qu'importe le rang social ou la puissance de telle ou telle personne, l'équité est son dogme. Cela se ressent aux niveaux de ses goûts alimentaires, il mange de tout, se forçant même si son palais n'aime pas. Il en va de même pour le confort général dont il dispose, à savoir ses meubles de bonnes factures mais dénués de futilités esthétiques. Cependant, une brèche demeure : sa famille. Il leur accorde tout ce qu'elle désire si cela est dans ses moyens et a tendance à perdre son sérieux en présence de son fils.

Le White Dragon Slayer est plutôt ouvert d’esprit, ce qui fait qu’il apprécie globalement toutes les guildes de l’Alliance Lumen. À vrai dire, tant qu’elles sont leurs alliées, il ne cherchera pas à trouver quoique ce soit de négatif… Même s’il trouve Phoenix Ashes un tantinet égoïste de ne penser presque qu’à sa vengeance contre sa Némésis : Crow Feather. Une perte d’énergie regrettable sachant que le véritable ennemi se trouve être Tartaros, ce rassemblement d’abominations ambulantes. Tous ces démons et humanoïdes bizarres sont dans les pensées les plus obscures de l’albinos. Après tout, il a passé une grande partie de sa vie à être convaincu de leur impureté.

Néanmoins, en tant que nouveau maître il se doit d’avoir des avis plus tranchés, comme lui dit souvent Tarken, son conseiller. Il tente donc de rester objectif lors des réunions avec les autres chefs de guilde et se concentre sur les problèmes qu’ils jugent importants. Pour l’instant, il n’ose pas lever le ton ou se faire remarquer, à chaque prise de parole il « s’efface » un peu plus tout en écoutant avec attention. Il reste sur des positions sûres, mais défend le Roi, par exemple, connaissant un peu son histoire, il n’arrive pas à lui en vouloir d’être aussi passif. Mis à part cela, Anders ne mêle pas beaucoup ses membres aux discours, il préfère promettre uniquement sa présence.

Toutefois, toute lumière se traîne un genre de boulet enchaîné à elle, une part de ténèbres. Le Pourfendeur de Dragons ne déroge pas à cette règle, loin de là. Pour commencer, depuis sa naissance, une sorte d’entité habite au plus profond de lui. Elle n’est pas réellement maléfique, mais est d’un stoïcisme glacial, d’un pragmatisme troublant… Dans les rares moments où elle prend le dessus, comme une flamme le consumant, il ne ressent plus rien et est juste focalisé sur sa survie. Elle ne s’est pas dévoilée depuis plusieurs années, cependant, l’albinos la craint. Il ne sait pas comment il réagirait possédé ainsi, s’il ferait du mal à ceux qu’il aime…

Ceux-ci d’ailleurs lui donnent matière à réfléchir, à broyer du noir. Il culpabilise d’avoir obligé Ève à se rapprocher de lui via philtre d’amour. Quand il ne se sent pas bien et qu’il utilise une excuse douteuse pour sortir de chez lui, c’est qu’il part dans un coin isolé penser à tout cela. La plupart du temps ça se résume à pleurer en silence, à cracher sur ses décisions égoïstes. Maintenant, il est entraîné dans une spirale interminable. Un Ouroboros se mordant la queue. Il aime sa femme qui l’aime artificiellement en retour… Et, tourmenté par ses responsabilités, s’il décide de la quitter, elle risque de mettre fin à ses jours ou pire, de ressentir une douleur inimaginable.

Il vit donc d’une façon plus ou moins hypocrite, sans s’en rendre complètement compte. Chaque bonne action qu’il fait, chaque personne ou créature tuée pour sa Lumière, chaque pensée bienveillante traversant son esprit… Tout cela n’est que du vent, une façade arrivant même à tromper Anders. Une façade si belle, si éblouissante qu’elle l’attire comme le moustique qu’il est. Plus le temps passe, plus l‘infinie hypocrisie le rend aveugle, lui construit un mur de mensonges pour qu’il y trouve son compte, son bonheur. Un bonheur éphémère. Peut-être est-ce son enfance qui l’a rendu aussi dangereux, jusqu’à vouloir à tout prix détenir le cœur d’une femme…

En secret, c’est pour se défouler qu’il haït les autres races humanoïdes. Elles sont la cause de ses souffrances, la cause de toutes les douleurs de ce monde. Elles ne sont qu’impuretés sur cette terre, des taches à nettoyer à coup de laser et de lumière. Après tout, il est le White Dragon Slayer, il a été choisi pour purger la planète de toute hérésie. Cependant, une once de lucidité persiste en lui. Il refuse d’ingérer la magie de sa bien-aimée. S’il serait obligé de faire cela, il rentrerait dans une rage folle, sa culpabilité atteignant son paroxysme… Il ne doit pas l’utiliser plus qu’il ne le fait déjà. Elle ne le mérite pas… Vraiment. C’est un monstre, un être rejeté… Elle, elle est sa véritable lumière.


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MessageSujet: Re: [DC d'Antho] La Lumière De La Justice N'a Pas Besoin d'Un PEGI 18. [Fiche Terminée] Sam 27 Aoû - 15:33


   

   


   
   


Histoire.

   


« Monsieur et madame Okram Kalvoz, fiers chevaliers de Sa Majesté, nous avons l’honneur de vous envoyer cette lettre pour vous prévenir d’un événement exceptionnel, bien que malheureux. Les troupes du Mage Noir ont déjà fait tomber Sin et Enca, tandis qu’ils occupent une grande partie de Midi. Avec elles, les risques pour notre propre royaume augmentent de concert, ainsi, nous devons prévenir tous les risques d’invasion comme nous le pouvons. Pour protéger notre patrie, pour combattre le mal qui en veut à Bosco !
  C’est pourquoi nous vous avons invités, vous, deux vaillants servants de la couronne, vous qui avez déjà prouvés à votre pays votre force, votre détermination ainsi que votre aisance à commander des troupes…  À prendre le commandement d’une citadelle pouvant être en parfaite autonomie, située sur l’Extrême-Orient de nos glorieuses contrées, dans quelques années. Vous serez donc à sa tête et vous vous occuperez de la gestion des vivres, de l’économie puis de l’entraînement de la garnison, que vous choisirez vous-même !
 
Bonne chance, Mr. William &  Mme. Elizabeth Okram Kalvoz.

Mes salutations distinguées.

Le Chancelier du Roi. »


Ça ne pouvait pas plus mal tomber… Fait chier ! Grogna William, larmoyant, la gorge nouée et les poings serrés.
x351 - Partie Une : Lumière Rejetée.

Au dessus de lui, petit nouveau-né, brillaient d’un éclat funèbre la lame d’un poignard et deux iris violets. Il gigotait, sentant le terrible danger, son manque de sécurité, totalement impuissant. Ses cris, ses pleurs, ses seules armes et défenses lui étaient inutiles face à la détermination de son assaillant. Ce dernier arma son bras droit en arrière si fort que ses cheveux blonds masquèrent les traits de son visage. Puis son regard, entre deux mèches, croisa celui du bébé apeuré. Le temps se figea une seconde, une minute, un siècle… L’innocence, la peur, l’incompréhension se reflétaient au centre de ses yeux orangés. Les miroirs de son âme avaient laissé sa lumière pure exploser à la face de l’homme. Tremblant, en larmes, le ravisseur lâcha son arme puis fixa ses paumes, horrifié de voir jusqu’où il aurait pu aller, entraîné par une pulsion meurtrière…

Je ne peux pas, désolé ma douce ‘Lysa. Je ne peux ôter la vie d’un innocent…

Ce fut le premier souvenir qu’Anders eut de son père.
. . .

Supporté par les mains d’une vielle femme, l’enfant apprenait à marcher. La bouche ouverte, témoin de sa stupéfaction d’être debout, les jambes et bras tendus, un pas maladroit à la fois se faisait. Ses iris ambrés regardaient la dame âgée, fière de ce qu’Anders accomplissait. Ils arrivèrent à un mur, l’un des quatre qui formait la chambre de la gouvernante, la prison du petit enfant… Car depuis sa naissance, jamais il n’était sorti de cette pièce. Pas une seule fois. Sa nourrice, bien que sexagénaire, s’occupait de lui comme s’il était son propre fils. Il ne manquait ni d’amour, ni de vivres, seuls ses parents manquaient. À tel point qu’il ne savait dire que le diminutif du prénom de sa fausse mère : Anna, pour Annabelle. Cette absence eut un impact sur son être entier, une étincelle minuscule était apparue au plus profond de son esprit et attendait son heure…

Un beau jour alors que le petit contemplait les jardins de la demeure, ébahi par toutes les couleurs des fleurs, par la végétation luxuriante… Sa gardienne s’en alla exercer son métier. L’immense manoir, vide de ses propriétaires, devait être rangé, nettoyé et c’est ce qu’allaient faire Annabelle aidée par les autres serviteurs. Anders, seul, ne pouvait qu’observer le monde extérieur, s’ennuyer de ne faire que mirer ses magnifiques formes colorées, ses fabuleuses tiges vertes, filiformes et gracieuses s’entremêler harmonieusement ensemble afin de former une figure des plus poétiques. Le temps passait et plus il s’écoulait plus l’enfant sentait une angoisse serrer son estomac et son cœur. Son regard balaya la salle puis remarqua que la porte était mal fermée ! Sans perdre un instant, il descendit de son berceau de fortune avant de la rejoindre à quatre pattes.

Iiiiiii ! Un tout autre univers se dévoilait à ses petites pupilles.  

Un corridor géant s’étirait loin devant et derrière Anders, renforçant la petitesse de son enveloppe charnelle. Le carrelage en damier refroidissait ses pieds, les murs aux multiples ornements pierreux égratignaient ses paumes et la richesse du mobilier contrastait énormément avec la simplicité de ses vêtements. Ces mêmes meubles lui barraient la route, l’obligeant à se traîner à quatre pattes au milieu du couloir pour ne pas être gêné toutes les cinq secondes. Suite à ses pérégrinations, il arriva face à une pièce aux dimensions dantesques, effrayantes comme la gueule d’un monstre géant. Le soleil prenait pourtant bien soin de réfléchir sa lumière sur toutes les surfaces possibles, donnant l’impression d’être entouré d’or et de pureté. Un paradis. Même l’éparse chevelure blanche du bambin scintillait, le transformant ne serait-ce qu’un petit laps de temps en un chérubin.

Clic, clac. La poignée d’une porte tourna, tétanisant le petit ange.

Un halo aveuglant pénétra l’entrée de la maison, deux silhouettes sombres et imposantes demeuraient en son sein. Anders retint sa respiration, comme prit d’une grande panique que son instinct uniquement lui insuffla. Une femme s’avança, visage fermé et tourné vers l’homme juste dans son dos. L’enfant en profita pour se dissimuler sous une table en chêne immaculé, guidé par une peur inconsciente. Le loquet de la serrure claqua une seconde fois après que le maître des lieux se plaça aux côtés de la demoiselle. Cette dernière s’exprimait vite et sèchement tandis que son compagnon répondait avec une voix triste. Et soudain, le calme. Le calme avant la tempête. Anders regarda ces individus et sentit une sensation familière l'invitant à s'approcher. Poussé par cette sensation, il sortit de sa cache puis, tout content, se précipita en direction de celle ayant réveillé cet étrange sentiment.

Elizab…! Tenta-t-il de prononcer.

Son visage se déforma de terreur d’abord, comme si un traumatisme ressurgissait, puis de haine, une haine si puissante que toute sa grâce laissa place à la colère. Que fais-tu ici, enfant du Mal ?! Hurla-t-elle de rage. Abomination ! Déchet ! Monstre difforme ! Tempêta-t-elle en s’approchant dangereusement de l’enfant.

L’albinos se stoppa net. Pourquoi avait-elle l’air si énervée ? Qu’avait-il fait de mauvais ? Il ne pouvait comprendre ce qu’elle lui criait, mais rien que sa tête lui faisait peur, terriblement peur. Des larmes coulèrent d’elles-mêmes, puis il fit un pas en arrière avant d’être comme paralysé. La furie l’avait atteint et le toisait du plus méprisant des regards. Ses iris bleuâtres, plus glaciaux que l’hiver rapetissèrent brutalement, son pied recula puis s’arrêta dans son élan. Anders, les yeux fortement fermés, les poings et mâchoires serrés se sentait comme disparaître. Son odeur, son aura, une partie de sa présence… Mais Elizabeth, n’étant plus troublée, termina son geste et frappa son fils dans le ventre ! Il glissa sur un mètre, du sang remonta dans sa gorge, une vive douleur l’assaillit. William finit par étreindre sa bien-aimée afin qu’elle ne se défoule plus sur le chérubin déchu.

Fschuiii… L’étincelle s’intensifia à en devenir une flammèche ardente.

Annabelle, qui avait entendu la fureur de sa maîtresse de l’autre bout du manoir, déboula des corridors puis aperçut ses maîtres ainsi que l’enfant qui était à sa charge, crachotant du sang. Tout en se confondant entre mille excuses et courbettes, elle s’empressa de prendre le bambin à bras avant de partir, tête baissée, de tristesse et de honte, à sa chambre. Ce fut le premier souvenir concret qu’eut Anders de sa mère. Sa sauveuse l’examina en toute hâte, ses yeux marron larmoyants, une fois à l’abri du courroux de ses employeurs. Ses lèvres, ses jambes ainsi que ses mains tremblaient comme une chrysalide ébranlée par le vent. L’enfant, n’ayant plus assez de force pour pleurer, ne faisait que sangloter en silence les paupières à moitié fermées. Morphée l’appelait, l’invitait à rejoindre son royaume. Ainsi, il s’endormit avec le doux visage d’Anna en dernière image.
. . .

Le bleu, quelle couleur fantastique, celle du ciel sans nuage et des saphirs resplendissants. Anders se rappelait de ce que lui avait dit sa nourrice… Quelques jours après avoir rencontré sa mère, Annabelle sortit une paire de chaussettes bleu clair tricotée par Elizabeth, à peu près un mois avant d’être enceinte. À cette époque semblant désormais bien lointaine, elle était souriante, radieuse et, avec son mari, désirait plus que tout un fils. Ainsi, le bambin avait associé ces vêtements comme preuve de l’amour de sa génitrice. Depuis ce jour, l’albinos chérissait tout ce qui était bleu, s’y attachait comme si le fait d’aimer cela lui permettait de se rapprocher de sa maman. Malgré cette consolation, Anna fut frappée par une terrible maladie qui dégradait son état de santé de jour en jour, devant le regard impuissant de celui qu’elle a toujours aimé et élevé…

Deux ans plus tard.

En cette atroce matinée, aux cieux paradoxalement ensoleillés, des pelles creusaient la terre afin d’y déposer la dépouille d’Annabelle. Un autre choc pour Anders qui voyait le cercueil descendre dans les entrailles de Gaïa pour y reposer l’éternité. Ses mains serraient fortement les pans de son pantalon céruléen, un présent de la défunte. Les autres domestiques se recueillaient autour de lui, aucun n’osait le regarder dans les yeux, personne ne voulait affronter ses larmes emplies de désespoir. Toutefois, eux tous durent s’en aller afin de permettre à William et Elizabeth de se recueillir, de faire honneur à la plus ancienne servante des Okram Kalvoz. Ainsi, Anders fut emmené par une jeune soubrette le temps de trouver une solution. À ce moment, la flammèche l’habitant devint un feu naissant se diffusant progressivement dans tout son être perturbé.

Peu de temps après ce drame, une calèche arriva devant la résidence. D’après les dires des domestiques, il s’agirait des fils du frère à son père, ses cousins donc, qui séjourneraient ici maintenant. Leur paternel ayant récemment perdu son épouse s’en allait sur le front affronter des choses nommées démons. Il confia ses enfants à William et Elizabeth, sûr qu’ils seront entre de bonnes mains après des adieux douloureux. Eux, ces parfaits étrangers allaient être avec ses parents, tandis que lui était voué à rester le plus éloigné de ces derniers. À cette unique pensée, il sentit quelque chose bouillir dans son crâne… Et puis tout s’enchaîna. William, Elizabeth, Drake, Darek, quelques serviteurs ainsi qu’Anders partirent à l’Est dans une forteresse. Plusieurs voitures étaient apprêtées, et bien sûr, l’albinos voyagea avec les domestiques, pas comme ses cousins.
. . .

Une année passa.

De hautes murailles se dressaient sur une vingtaine de mètres, lisses, obliques, décrivant la forme d’un hexagone à six coins aux tours d’angles imposants. En leur sein courraient nombre d’hectares de champs dorés, de vignes violacées, d’enclos à bovidés et poulaillers. Aux quatre coins de la rose des vents se trouvait une poignée d’habitations aux fondations pierreuses, aux murs d’argile séchée et aux toitures de pailles. Derrière s’édifiaient des remparts à la hauteur divisée par deux qui cerclaient une citadelle énorme, elle-même protégée par un rond d’eau. Un pont-levis permettait aux gardes et soldats au Sud comme au Nord d’arriver dans des cours hautement sécurisées, où nombre d’archers et arbalétriers expérimentés tenaient le danger en joue. C’était là le savoir-faire Boscoïte, un projet de protection absolu, le bouclier des contrées de Bosco.

À l’intérieur de la forteresse un tout autre décor trônait, il était austère, froid, intimidant… Des râteliers d’armes d’hast se trouvaient en abondance, des armures prêtes à être enfiler également, des patrouilles armées jusqu’aux dents, aussi. Et quelque part dans une salle d’entraînement, aujourd’hui vide de militaire, trois enfants s’y étaient retrouvés. Des sortes de sabres à la lame émoussée leur servaient de jouets, enfin à deux seulement puisque Darek, stoïque, regardait son frère ainsi que son cousin s’amuser à imiter les grandes personnes. Drake, bien plus expressif que son aîné, avait déjà reçu des entraînements rudimentaires quant au maniement des épées en tout genre. C’était pourquoi, fier comme pas deux, ce gamin humiliait Anders qui n’avait jamais tenu de sabre de sa vie… Plus les coups tombaient, plus une chaleur inquiétante montait en lui.

Tu es vraiment minable pour un O. Kalvoz. Tu es sûr que mon oncle et ma tante sont tes parents…? Dit-il avec un dédain démesuré.

Maman, papa… Si, ils le sont ! Blessé, genoux au sol, il se releva les mâchoires serrées puis frappa d’une rapidité assez étonnante.

Pitoyable, Anders ! S’extasia-t-il tout en parant la frappe d’une simplicité effarante. J’ai bien vu comment ils te traitent. Tu n’es rien, rien qu’un monstre qu’ils rejettent, ha ha !

Les battements de son cœur gagnèrent en intensité. Son sang cogna puissamment ses tempes. Son esprit s’embruma d’un brouillard rouge et noir. Prématurément, la flamme l’animant s’éveilla puis plus rien. L’enfant s’était comme évaporé, son rythme cardiaque s’était calmé, sa rage avait laissé place à une lucidité inattendue. Ses yeux orangés, devenus impassibles, scrutaient ceux de Drake qui semblait plutôt désemparé. Il mut ses articulations, comme s’il venait d’entrer dans ce jeune corps, regarda la garde de son arme d’entraînement puis la tint fermement droite. La lame émoussée séparait son visage en deux, ses lèvres immobiles, ses pommettes concaves, son nez fin, son regard placide et sa chevelure blanche mi-longue. Son souffle imperceptible se stoppa, ses jambes minces fléchirent vivement et son sabre se bougea à l’horizontal d’une vitesse détonante !  

Que?! Tsing, son arme lui échappa des mains tout en écorchant un peu sa paume. Aïe, Anders !

L’enfant était déjà au sol, inconscient, les paupières fermées, le souffle irrégulier… Son cousin le considéra sérieusement, étonné par ce qui venait de se passer. Un soupçon de respect germa à son égard puis il regarda les yeux gris de son frère, y cherchant peut-être une réponse quelconque, en vain. Ils n’y siégeaient que désintéressement et ennui. Il finit par hausser les épaules et partir sans mot dire. Drake mira Anders avec un léger sourire, amusé par cet individu pouvant changer du tout au tout. Dans un élan de bonté, il alla chercher un garde pour qu’il l’emmène être soigné ou dans son lit, qu’importait pour lui. Les ténèbres avaient su immerger son étrange brasier, mais pour combien de temps ? Une question qui, pour le moment, ne détenait aucune réponse.

Sept ans plus tard.

Sur la place Nord, dans l’enceinte des premières murailles, un marteau frappait une enclume à répétition, faisant valdinguer des étincelles ça et là. Un homme barbu, brun, musclé forgeait des armes et armures spéciales. Meilleur ami de William, il utilisait un minerai bleuté rarissime ainsi qu’un alliage métallique léger et résistant pour les membres de la famille O. Kalvoz. Mis à part cela, il était le père de la plus magnifique des créatures qu’avait pu voir Anders. Bretteuse prometteuse, raffinée, intelligente, bienveillante, tout simplement divine… De long cheveux blonds coulaient en cascade jusqu’au bas de son dos faisant resplendir son visage de porcelaine ainsi que ses yeux céruléens. Ses lèvres pulpeuses le faisaient rêver. Son corps aux courbes parfaites le faisait fantasmer. Lorsqu’elle était présente, il en oubliait sa condition de lumière rejetée.

Et alors qu’il la contemplait de loin s'entraîner derrière la forge contre des mannequins de pailles, une énergumène le poussa de l’épaule puis le saisit par le cou. Drake, tout sourire le taquiner comme à son habitude depuis ce fameux jour où son sabre l’avait désarmé. Darek, pour sa part suivait les cours de William et Elizabeth avec tout un tas d’autres soldats. Ça lui rappela qu’il avait essayé de demander à ses parents de lui apprendre l’art du combat… Son paternel l’avait simplement ignoré, dans la plus totale des indifférences, alors que sa génitrice l’avait battu pour avoir osé lui adressé la parole. Au moins, elle l’avait touché, d’une certaine manière. Anders ne partageait rien avec eux, sauf des insultes, des coups ou encore leurs silences glaciaux. C’est pourquoi son cousin lui enseignait ce qu’il connaissait quand il n’était en train de le rabaisser devant son oncle et sa tante.

L’adolescent savait qu’il ne pouvait pas séduire une telle fille sans être le plus fort, le plus brave et le plus intentionné des hommes. Cependant, ce jour allait être différent des autres, car il n’était pas le seul à avoir des vues sur cette belle nymphe. Un gars du nom de Clayton tournait autour, du haut de son mètre soixante-dix pour ses treize ans. Sa musculature était déjà assez développée, en tout cas plus que celle des deux Okram Kalvoz et ses talents d’épéiste surpassaient ceux des autres adolescents. Heureusement, Ève Pemberton se contrefichait de lui, en fait, elle ne s’intéressait pas du tout aux garçons… Elle était bien trop préoccupée par ses exercices et par l’envie d’être la meilleure. Néanmoins, Drake proposa à l’albinos de s’associer pour rabattre le clapet de ce charmeur à la gueule bien trop pendue. Si peureux de voir sa belle lui échapper, l’albinos accepta.

S’en suivit une scène assez cocasse où son cousin entama la discussion d’une façon théâtrale. Il lança le défi au séducteur jouvenceau puis invita Anders à se préparer à se bagarrer, poings contre poings… Sauf que ce dernier était tétanisé d’être aussi proche de son âme-sœur. S’il avait existé dans un autre monde, nul doute que des cœurs, des paillettes et autres niaiseries papillonneraient autour de sa promise. Sauf qu’il était dans la dure réalité et qu’un poing relativement massif le cogna puis le fit tomber dans les pommes. Alors qu’un voile noir finissait de recouvrir sa vision, il crut entendre des voix qui lui paraissaient très lointaines… D’abord il entendit vaguement son prénom, puis des menaces, des inquiétudes et enfin le silence. Une seule pensée avait réussi à traverser son esprit : « Vais-je seulement pouvoir approcher Ève après cette humiliation ? ».

Les ténèbres commencèrent à s’évanouir, à se dissiper comme si le vent de la raison soufflait puissamment. Une douleur vive pulsait à son front mais ses paupières se mirent à bouger puis à doucement se lever. Il grogna, réflexe naturel des êtres humains, avant de se remettre sur ses deux jambes et de replacer ses idées confuses. Drake parlait à sa dulcinée d’un air époustouflé, tandis qu’elle remarqua l’albinos enfin debout. Paralysé par une émotion aussi plaisante que violente, Anders ne put que comprendre une ou deux bribes de ses douces paroles. Avec l’aide de son cousin, Ève avait pu faire fuir le malotru quelques minutes après que ce dernier a attaqué son pauvre crâne. Pour une raison inconnue, les jambes de l’adolescent tremblèrent et un sentiment de honte monta en lui, sentiment qui le poussa à détaler à la vitesse de l’éclair !

« Pourquoi ai-je été aussi faible ? Que va-t-elle penser de moi, maintenant ? Elle sait que je ne pourrais jamais la protéger, être digne de son amour ! Elle ne voudra jamais de quelqu’un comme moi. » Moult pensées de ce genre tourbillonnaient à l’intérieur de sa tête, alors qu’il dépassait les portes de la citadelle pour s’enfoncer plus loin, par delà la colline la supportant, dans une forêt dense et sombre. Dans le noir environnant, essoufflé, il se recroquevilla contre un arbre puis sanglota ayant l’impression que tout s’était ligué pour lui pourrir la vie. Et alors que ses larmes coulaient sur ses joues, un peu plus loin des bruits mêlant pas rapides, grognements sauvages et halètements résonnaient. L’albinos sécha ses pleurs avec sa manche, renifla deux ou trois fois puis s’avança à tâtons dans la direction des sons, ne se fiant qu’à son ouïe dans l’obscurité.

Après s’être déplacé sur quelques mètres, il put mieux y voir grâce à des filets de lumières qui perçaient le feuillage des résinifères. Une jeune femme fuyait une meute de loups. Ils étaient trois au total, tous la bave à la gueule. Le jeune O. Kalvoz déglutit en se demandant s’il devait aller secourir cette dame quitte à se mettre en danger… Il serra ses phalanges. Ève n’aurait pas hésité ! N’écoutant que son courage, il se mit à courir entre les fougères, les branches, se baissant et se relevant avec rapidité. La demoiselle était prise au piège, encerclée par des arbres collés les uns contre les autres. Anders sauta pile à cet instant juste devant, la séparant des canidés avides de sa chair, prêts à bondir. À ce moment précis, la peur laissa place à un sentiment de vide, comme si tout disparaissait en lui. Les loups se stoppèrent une poignée de secondes comme désemparés.

Reculez ! Cria-t-il en ramassant une branche assez massive. Partez ! Il balaya la zone devant lui avec son bâton, intimidant à peine la meute.

Même si elle était un peu paniquée, l’inconnue semblait charmée par l’attitude héroïque de son jeune sauveur. Elle le regardait de ses yeux verts, son regard profond avait une petite pincée de perversité, de désir bien rapidement remplacé par de l’amusement. De son côté, le petit héros entendait son cœur battre la chamade, ressentait la sueur perlait sur toute son enveloppe corporelle. Il tenait son arme rudimentaire comme un sabre, d’une poigne peu ferme et tremblotante. Un loup sauta sur lui et, l’espace d’une seconde, son regard s’affûta, son souffle ralentit puis il exécuta une enjambées vers l’avant, fléchit les genoux pour enfin faire un coup d’estoc à la bête féroce ! Le bout du morceau de bois s’enfonça dans la peau, au niveau du thorax, arrêtant le saut de l’animal et le faisant couiner alors qu’il se remettait de cette fulgurante contre-offensive.

En arrière-plan, la jolie étrangère faisait danser ses doigts nimbés d’une lumière bizarre. Anders ne la voyait pas faire, trop occupé à essayer de faire fuir ses ennemis quadrupèdes. Il était si absorbé qu’il ne remarqua pas son corps être recouvert d’une lueur claire. Et tout s’enchaîna. Il se sentait plus rapide, plus fort, plus agile sans savoir comment cela pouvait être possible. Après avoir valsé quelques minutes avec les canidés, ceux-ci partirent assez blessés pour ne plus penser à s’attaquer aux humains de sitôt. Dès que le simili-escrimeur se retourna, la dame dissimula furtivement ses mains et félicita son héros tout sourire mais ensanglanté. Comme récompense, elle l’invita dans sa cabane non-loin, afin qu’il se repose. Faible et tremblant, il ne put qu’accepter, à moitié dans les vapes. À cheval entre la conscience et l’inconscience, il suivait la charmante magicienne.

Une fois arrivés, cette dernière s’occupa de son sauveur avec attention, comme une mère se disait le petit Anders. Comme Anna... D’étranges aliments séchés sur des broches ou des fils en hauteur, des yeux, des organes d’animaux, des plantes et tout un tas d’autres choses curieuses s’y trouvaient. Allongé sur un bon lit, bien que d’apparence rebutante, l’albinos eut le droit à une faveur juste après que l’inconnue dévoile qu’elle était en fait une sorcière. Enfin, elle se voyait plutôt comme un alchimiste, mais le peu de gens qu’elle croisait la nommaient ainsi. D’abord méfiant, en se souvenant d’un récit parlant d’une sorcière voulant manger des enfants que lui avait conté Annabelle, il se dit qu’elle ne ressemblait pas du tout à la vielle femme au nez crochu du livre. Alors, il lui demanda si elle pouvait rendre éperdument amoureuse une fille que ne s’intéressait pas à l’amour.

Oh, comme cette requête est mignonne. D’habitude, l’on m’aurait demandé la vie éternelle, une puissance infinie ou que sais-je encore, mais toi non… Elle le gratifia d’un regard difficile à interpréter. Sache que j’ai une potion permettant cela, cependant… Tu dois bien comprendre une chose. Elle attendit qu’il acquiesce puis continua. Tu dois lui faire boire l’intégralité de la fiole et attention, cela pourrait bien se retourner contre toi… Il faut que tu sois bien sûr de l’aimer à jamais ! Car elle, progressivement, de minutes en minutes, d’heures en d’heures, de jours en jours elle t’aimera de plus en plus. Et si tu ne la combles pas de tendresse et d’amour… Elle pourrait aller jusqu’à s’ôter sa propre vie – et peut-être la tienne au passage, qui sait. Avait-elle expliqué de sa voix mielleuse et d’un ton vacillant entre la menace, l’ironie et la mise en garde.

Sûr de ses sentiments envers Ève, il accepta les risques en affichant la même détermination que lorsqu’il combattit la meute de loups. Il saisit la fiole au liquide violacé et, dès qu’il la tint, des voix s’élevèrent l’appelant aux alentours. L’ensorceleuse lui sourit comme pour l’autoriser à quitter sa modeste demeure. Anders l’enlaça à la taille, blottit sa tête sous sa poitrine pour la remercier une énième fois puis partit à la rencontre de ceux étant venus le chercher. Elle fut étonnée de ce geste et le regarda partir un peu triste, sans doute manquait-elle de compagnie agréable dans sa cabane… Encore en se fiant à son sens auditif, l’albinos trouva la source des cris. Drake accompagné d’Eve ainsi que son père se trouvaient là, torche en main, la soirée avait déjà bien débutée. Soulagés de le revoir, ils le grondèrent tous à leur manière avant de repartir pour la forteresse.

Clic, clic, clic… Faisait le réceptacle en verre au fond de la poche de son bien jeune détenteur.

Trois jours s’étaient écoulés. Anders n’avait toujours pas réussi à trouver le moment propice pour faire ingérer la potion à sa belle. Mais, d’un autre côté, il était heureux de voir qu’elle s’était inquiétée, tout comme son père qui était très amical avec lui. Raison de plus pour qu’elle soit sienne, pensa-t-il au plus profond de son être. Ainsi, il se rapprocha un peu plus de sa lumière, son phare dans la nuit, puis versa son philtre d’amour dans sa gourde d’eau… Celle qu’elle utilisait pour boire à chaque entraînement, robuste et simple, à l’image de son possesseur. Maintenant, il fallait être patient, attendre peut-être des années avant qu’Ève soit réellement amoureuse de lui, néanmoins il était dorénavant obligatoire qu’elle l’aime et qu’il l’aime en retour. Dès qu’il eut versé les premières gouttes violettes, à chacune d’elle dans cette gourde, s’était comme pacte qu’il signait.
. . .

Deux années s’écoulèrent.

Il vola en arrière, chuta puis traîna sur plusieurs mètres. Ses atours neutres, basiques, étaient maintenant souillés, sales. Son corps un peu plus mature, plus grand et fort était couvert de meurtrissures au beau milieu de la place Sud. Une foule composée des soldats et fermiers de la citadelle s’était amassée. Anders tremblait, le visage déformé par la douleur mais surtout par la rage. Ces derniers temps, il avait passé beaucoup de moments avec Kristopher, le forgeron et surtout avec sa petite Ève. Celui-ci lui expliqua à moult reprises que ce n’était pas normal comment ses parents le traitaient… Qu’il fallait leur demander la raison ou encore leur apprendre à mieux se comporter avec leur fils ! Il fallut un certain temps pour que la situation soit colportée à la place Nord et qu’ils assistent à ce spectacle désolant : William et Elizabeth au paroxysme de leur haine.  

Père, mère… Il renifla puis posa son regard flamboyant sur les concernés. Depuis ma naissance vous me détestez, me haïssez. Il serra son poing droit et tenta de se relever.

Ne nous appelle pas ainsi… Anders. Dit William en mettant la main sur la garde de son épée en guise d’avertissement. Nous t’avons prévenu des dizai…

Des centaines. Cracha sèchement Elizabeth, une expression dégoûtée au visage.

Des centaines de fois, reprit le maître de la citadelle, de ne pas ne serait-ce nous approcher. Nous avons étaient plus indulgents… Sa bien-aimée détourna le regard, les lèvres mordues et l’index tapotant son triceps gauche. Lorsque tu étais plus jeune, mais maintenant tu es en âge de comprendre que tu ne dois pas être proche de nous !

Mais pourquoi !? Hurla Anders, son incompréhension avait explosée à leur face, comme une boule incandescente, brûlante. Je… Je ne vous ai jamais fait de torts… J’ai longtemps cherché, même enfant… Pourquoi étiez-vous ainsi. Sans trouver de réponse digne de ce nom. Il se mit à sangloter, les yeux toujours emplis de colère.

Un silence pesant plana dans la foule, Kristopher et Ève regardaient l’albinos avec tristesse, impuissants derrières quelques rangs de curieux. Et puis, une fureur bestiale apparut sur la figure de sa mère, une aura invisible se mit à gronder et tourbillonner autour d’elle. En une fraction de seconde elle leva un bras et un métal bleuâtre le recouvrit quasi-instantanément. Elle abattit son membre sur son enfant, tétanisé de revoir le même visage que lorsqu’il était bébé. « Ça suffit ! » Beugla le forgeron en s’élançant vers eux, quitte à bousculer les badauds, puis attrapa le poignet d’Elizabeth avant que son sort ne touche son fils. Ses mâchoires étaient comme compressées sous l’effort, après tout, elle restait chevalier de Sa Majesté et l’une des meilleures. William, resta sans voix face à cela. Finalement il prit une longue inspiration et prit la parole d’un ton solennel.

Soit. Puisque tu veux vraiment le savoir, voilà la raison : ta conception ne s’est pas faite dans l’amour, mais dans la force… Je ne suis pas ton père, ton père est mort au fil de ma lame après avoir violée ta mère. L’attroupement fut comme indigné à la place de William et de sa femme. Chaque fois que nous te voyons, nous voyons ce scélérat, tu nous le rappelles. La haine que nous avons pour lui est finalement sur toi et cela ne peut être autrement. Toute une vie nous a été comme enlevée à cause de ta naissance… Il détourna ses yeux et serra les dents comme un homme ayant failli à ses devoirs.

Un flash aveugla le petit O. Kalvoz tandis qu’Ève, Drake et Kristopher semblaient choqués par la nouvelle. Il revoyait le brillant d’une petite lame au-dessus de lui prête à le traverser de parts en parts. Il comprit maintenant pourquoi son propre… Pourquoi William avait voulu l’assassiner. Ses lèvres, ses mains, son corps entier se mit à trembler. Il se releva d’un bond puis recula, horrifié. Son visage décomposé tourna vers son ami, sa dulcinée, son cousin, cherchant à y voir un signe trompant une quelconque mascarade ; mais il n’y en avait guère. Sa respiration devint haletante, ses pensées, chaotiques et son cœur battait si puissamment qu’il croyait bientôt le voir s’éjecter de sa poitrine. Sa bouche commençait à s’ouvrir, difficilement, un cri voulait en sortir, un hurlement d’effroi, de peine absolue. Voilà, sa curiosité avait été contentée, pour son plus grand malheur.

Son enveloppe charnelle se transforma en un brasier ardent. Des vagues de chaleur se diffusaient de ses pieds à sa tête, de sa tête à ses pieds. De la sueur perlait sur chaque parcelle de sa peau blanchâtre. Ses yeux oranges s’écarquillaient de plus en plus puis il sentit deux mains envelopper l’une des siennes. D’un geste brusque il se défit de cette emprise et s’échappa de quelques pas sur le côté. Ce n’était que son âme-sœur, disait-il encore ce matin, qu’il avait rejetée. Soudain, il s’enfuit, mettant au sol ceux sur son chemin. Il courut comme un fou voulant échapper à ses tourments. Il n’alla pas dans la même direction que la dernière fois, non. À grandes enjambées, comme un dératé, il détalait par delà les portes de la forteresse, à travers une immense prairie aux herbes battues par le vent. Il tomba mainte fois, face contre terre, mais se releva toujours pour fuir.

C’est impossible ! C’est impossible ! C’est impossible ! Pensa-t-il tout le long de sa folle course, en ressassant chaque parole prononcée.
   

   


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Anders O. KalvozLight Gentleman
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Histoire.

   


x366 - Partie 2 : Lueur d’Espoir.

Des arbres hauts d’une dizaine de mètres défilaient sur les côtés, les buissons et branches se prenaient dans ses jambes et son corps harassés. Le soleil avait bien entamé sa descente pour plonger le monde dans une obscurité angoissante. Les maigres filets luminescents transperçaient la forêt comme des lances orangeâtres, comme un feu, un bûcher voulant brûler, tuer les espoirs d’Anders. Lui ne faisait que courir, épuisé, voulant survivre, échapper aux chimères, aux spectres de haine qui le poursuivaient. Puis il finit par s’arrêter, à se heurter contre un chêne massif, à y poser son avant-bras et cracher ses poumons, à s’effondrer au sol, démuni, impuissant, exténué. Un vent cinglant fouettait son visage rempli de larmes, de désespoir. Ce n’était qu’un bâtard, un enfant né d’un acte de perversion, un monstre parmi les siens, un monstre parmi les hommes.

Non, non, non, non, non ! Il s’adossa sur l’écorce du résinifère, enlaça ses genoux puis se mit à rire nerveusement, incrédule. Ça ne peut pas être vrai, non… Bien sûr que non. Je leur ai désobéi une fois de trop, donc père m’a dit cela car il était trop énervé… C’est ça, c’est ça… Il était trop énervé, trop énervé, trop énervé… Il continua de répéter ces mots jusqu’à ce qu’il s’endorme d’épuisement.
. . .

Une poignée d’heures défila dans l’obscurité et la fraicheur de la nuit.

Alors que sa chair blême était parcourue de frissons, que ses lèvres violâtres laissaient passer une vapeur froide, les hautes herbes alentours étaient traversées par des ombres mouvantes. Elles se rapprochaient de plus en plus de l’albinos qui, au bout d’un moment, se réveilla à cause des frottements toujours plus proches. Sa vision trouble se stabilisa après quelques secondes, ses jambes tremblotantes réussirent à se maintenir droites. Puis soudain, ses yeux s’écarquillèrent. Une demi-dizaine d’êtres à la peau violacée, dégoulinante d’une substance translucide, au faciès immonde surgit des ténèbres. Trois étaient armés de lances étranges tandis que les deux autres avaient des arcs tout aussi bizarres. Ils se mirent à regarder Anders d’un regard vidé d’émotions. Les archers bandèrent leurs armes alors que les lanciers s’avancèrent, armes d’hasts en avant.

Qu’est-ce donc que… En reculant, il trébucha sur une racine puis valdingua en arrière sous le regard stoïque des créatures. Aaaaaaaaah ! Cria-t-il instinctivement.

Dans sa chute, il tenta de se recroqueviller, de se protéger avec ses bras des petites pierres ainsi que des arbres et buissons environnants. Les branches, les feuillages se chargèrent de l’égratigner, d’écorcher son épiderme fragile tandis que les rocs lui laissèrent moult hématomes sur le corps. À chaque roulade un cri de douleur et de peur dégageait de sa bouche, le forçait à ouvrir ses mâchoires. Parfois, il entrouvrait ses paupières, ainsi, il voyait ses curieux assaillants glisser sur ses flancs pour essayer de le rejoindre. L’adolescent ne savait pas ce qu’ils étaient, mais sans doute était-ce maléfique au vu de leur apparence et leurs sombres desseins apparents. Finalement, le sol réceptionna son dos non sans souffrance, cependant, il se releva à la vitesse de l’éclair puis boita dans une direction au hasard le plus vite qu’il lui était possible d’aller.

Affolé, il se rendait doucement compte que les hominidés violets l’encerclaient. Crachant ses poumons, il se mit à croire qu’il allait mourir là, sans avoir pu se défendre… L’étau se resserrait, la stratégie simple mais néanmoins efficace des créatures bipèdes n’allait pas tarder à porter ses fruits. Anders voulait se vider l’esprit, disparaître comme il l’avait déjà fait, laisser une autre présence prendre le contrôle de son organisme… Toutefois, ça ne marchait pas. Il demeurait lui-même, sentait ses meurtrissures diffuser des douleurs par vagues, paniquait comme il le faisait toujours. Lui le faible. Lui le rejeté. Tout à coup, un miracle apparut ! Il avait pris la forme d’une montagne gigantesque. Peut-être pouvait-il les semer en grimpant, porté par l’énergie du désespoir, ou au contraire celle de son regain d’espoir ? Vite, ils n’étaient qu’à quelques mètres !

Les résinifères se faisaient plus rares, leurs branchages ne cachaient plus la majesté des pics derrière eux. Puisant dans ses dernières réserves, occultant ses maux du mieux qu’il pouvait, le O. Kalvoz accéléra un bon coup en grognant des râles de douleur. Chaque mouvement l’élançait, le brûlait et le tirait. Il s’en fichait, il devait survivre. Il avait déçu ses parents. Il allait devoir les rendre fiers de lui. Revenir à la citadelle une fois fort, brave et digne de leur attention, tel était l’objectif qu’il s’était fixé. Ce n’était pas des monstres difformes ressemblant à des humains qui allaient lui retirer son rêve ! Il ouvrit plus ses yeux, comme s’il se réveillait pour une seconde fois puis entendit le son de l’eau, de torrents violents. Mince ! Les archers étaient sur l’autre rive, flèches prêtes à le transpercer tandis que les lanciers ne lui laissaient aucune échappatoire dans son dos.

Aaaaaah ! Un hurlement de rage. Vous… Ne… M’aurez… PAS ! Sur ses mots, il se jeta en avant, plongea dans l’onde tumultueuse puis se laissa emporter par le courant, entendant le sifflement des traits près de lui.

Il ne vit rien dans les flots et finit par se cogner à un rocher… Morphée s’en empara aussitôt.

Le clapotis de l’eau harcelait ses tympans, l’onde tapotait sa joue droite tandis que la gauche était allongée sur des caillasses. Le voile de l’inconscience se dissipait peu à peu, réveillant chaque plaie et meurtrissure sur son corps. Ses paupières laissèrent ses iris orangés se dévoilaient, ses lèvres s’ouvrirent pour émettre des gargouillis causés par sa souffrance… Il avait mal. Il était mouillé jusqu’aux os. Il avait froid. Il était seul… Tout en laissant échapper pléthores de grognements, il se mit à ramper en avant pour dégager son bassin et ses jambes de la rivière. Il se retourna difficilement, haletant et en larmes, ses pleurs étaient silencieux. L’aube s’annonçait d’une lueur dorée réfléchie sur quelques nuages cotonneux. Anders en était presque aveuglé, mais il voyait le bout du voyage, enfin une lumière, une lueur d’espoir, il reprenait vie à l’instar de la flore.

Après avoir passé un instant en paix malgré ses blessures, il se releva avec toutes les difficultés du monde. Sa peau s’était bleuie à beaucoup d’endroits et ses cicatrices avaient commencé à se refermer. Son souffle vibrant devenait plus sûr, plus régulier à mesure qu’il se sentait en sécurité. Il était au pied d’une des montagnes qu’il avait vu un peu plus tôt. Autour de lui la végétation vivace camouflait le moindre centimètre carré de terre. L’air frais s’infiltrait dans ses atours déchiquetés et le faisait trembloter. Puis, en regardant une paroi infestée de lierres plus attentivement, il entraperçut une sorte d’entrée, un début de tunnel. Pour s’abriter de la froideur matinale, il s’incrusta à l’intérieur puis s’enfonça à l’aveuglette, se disant que les créatures de la veille ne le trouverait pas ici. Mais Anders ne fit pas attention à son sang qui gouttait au sol…

Le passage se révélait être très long et bizarrement constant autant dans sa largeur que sa hauteur… Comme s’il avait été foré en une seule traite. L’obscurité l’avait gagné, une fois de plus, cependant les murs arrondis du tunnel lui permettait d’avancer assez vite. Cela lui rappela lorsqu’il était enfant, dans le corridor du manoir à son père et les ornements des murs… Clic, clic, clic, clic…  Quelque chose était tombée à côté de son pied, quelque chose de métallique. Il se baissa avec prudence puis tâta le sol avant de récupérer comme un fin bâton avec à son extrémité une… Pointe. Une flèche ! Des personnes se ruaient vers sa direction. Pas de doute, c’étaient les monstres de la nuit passée ! « Comment ont-ils… » Il se reprit. À l’aide de ses mains, il s’appuyait sur la roche et boitillait à vive allure droit devant, ne se souciant pas de ce que pouvait abriter cette cavité.  

Ses paumes ne trouvèrent plus d’appuis après plusieurs mètres, une immense caverne s’étalait à ses yeux bien qu’il ne voyait pas spécialement mieux. Ses pupilles s’étaient habituées à l’obscurité, mais les nuances de noir et de gris ne l’aidaient guère à s’y retrouver. Ainsi, il chercha encore des parois et une fois trouvées, il s’y plaqua en silence. Le O. Kalvoz se retenait au maximum de faire du bruit au point d’arrêter de respirer lorsque les serpents de douleur l’assaillant de toutes parts s’intensifiaient. Ses poursuivants, eux, s’en contrefichaient. Avec leurs armes et armatures osseuses, ils faisaient un tintamarre de tous les diables, sans compter leurs grognements bestiaux simulant des semblants de conversations. C’était pile à ce moment que le sol se mit à gronder comme le cœur d’un volcan en éruption, qu’une lumière aveuglante émergea du fond de la caverne…

Qui ose troubler mon repos ? Demanda une voix d’outre-tombe. Qui a bien pu oser profaner mon havre de paix ? Hein ?! La voix puissante s’était mue en un condensé de colère.

Les lieux furent tout à coup plongés dans un voile blanc éclatant, pur. La moindre parcelle rocailleuse semblait être du marbre ou quartz désormais. Aveuglé, l’albinos se couvrit le visage puis s’accroupit pour se protéger. Les êtres violacés hurlaient à la mort, crachés ce qui ressemblaient à des insultes dans leur charabia obscur. La luminosité finit par baisser à un niveau plus raisonnable pour dévoiler une bête titanesque. Plusieurs couches unies d’écailles immaculées et grises en relief se succédaient irrégulièrement sur ce qui semblait être son dos ainsi que son buste. À sa poitrine, des sortes de pics blancs s’élevaient comme des flammes compactées, comme une couronne. Des ailes énormes aux mêmes teintes que le corps s’élevaient au dessus de sa gueule impressionnante. Elles paraissaient dures et craquelées par les innombrables attaques qu’elles avaient dû encaisser.

Des démons, n’est-ce pas…? Il tourna son immense gueule comme s’il parlait à quelqu’un d’autre. Je devrais les manger, dis-tu ? Leur goût est écœurant, ce n’est pas le bon plan…  J’ai une autre idée, beaucoup plus adéquate… Hakuryû no Ikken ! Ses yeux bleu clair brillèrent puis envoyèrent de petits faisceaux luminescents qui transpercèrent les engeances du Mage Noir.

Exterminées. Annihilées. Ces choses qui poursuivaient Anders, qui l’acculaient comme le faisaient des chasseurs avec leurs proies avaient été détruites en un battement de cil. Le petit humain qu’il était ne pouvait plus bouger, paralysé par cette démonstration de puissance brute. Le reptile géant regarda dans sa direction et s’approcha, d’un air interrogatif. Ses pattes volumineuses se posaient presque en silence, étonnamment, ses mouvements n’étaient pas brusques comme ceux d’un enfant ne voulant pas effrayer une quelconque bestiole. Cela n’empêcha pas Anders d’être terrifié, de se dire qu’il venait de voir des ennemis mourir pour voir un autre aussitôt réapparaître… Il se laissa choir sur ses genoux, abattu par ce destin injuste. Le lézard dantesque était maintenant à portée de sa tête, sans doute prêt à le dévorer à l’aide de ses crocs acérés. Rien que d’y penser, il urina.

Adieu, mère, père, Eve, Drake, Kristopher… Murmura-t-il d’une voix tremblante, en larmes.

Pouah, quelle est cette… Oh ? Je t’avais bien dit qu’il aurait peur, ce pauvre petit humain… Ses canines pointues touchaient presque la chevelure blanche d’Anders. Tes cheveux sont d’une bien belle couleur, d’une pureté supérieure à celle de tes bas, au moins ! Bwahahahaha ! Excuse-moi… Tiens, tu es à genoux ? Relève-toi ! Le concerné, les yeux rouverts, s’exécuta en toute hâte au point d’en tomber à la renverse. Pas un seul humain ne vient ici pendant des lustres, et voilà que je me retrouve avec un gamin ne sachant pas tenir sur ses jambes… Réponds-moi, que fais-tu ici, enfant ?

Je-je-je, le dragon cria de nouveau ne supportant visiblement pas ses bégaiements, je suis ici car je suis parti de chez moi… J’ai énervé m-mes parents au p-point qu’ils me disent d-des choses… Horribles. M-maintenant, j-je dois les rendre fiers, d-devenir… f-fort. Il baissa le regard pour regarder le fluide jaunâtre couler le long de ses jambes et goutter au sol, la honte l’envahit, des larmes continuèrent de couler sans sanglot.

C’est mal parti… Qu-quoi ?! Son museau vira violemment à sa droite, ses yeux s’aiguisèrent au point que le O. Kalvoz crut qu’il pouvait tuer d’un regard. Tu sais ce que… Oui… Il est vrai… Je ne dirais pas que cette race me manquait, mais… Oh… Pour ça. Il se mit à examiner l’adolescent des pieds à la tête comme pour le jauger. Crois-tu vraiment…? D’accord, je vais lui poser la question, toutefois ce n’est pas gagné. Son attention se rabattit sur l’albinos qui était plutôt perdu. Alors, que dirais-tu d’apprendre une magie extrêmement ancienne, assez puissante, blablabla, à mes côtés ? En plus, avec elle, je suis sûr que tu impressionneras tellement ton père et ta mère qu’ils regretteront tout ce qu’ils ont pu te dire.

V-vraiment ?! Le lézard ailé acquiesça. Il n’y a pas qu’eux, il y a aussi… OH ! Ève ! Je dois… Il s’apprêta à décamper, occultant presque le reptile blanchâtre qui s’interposa entre lui et la sortie. M-mais, attendez…

Non, gamin. Il te faudra nombre d’années avant de savoir manier mon Art. Sa voix déjà inhumaine se durcit d’avantage. Ève, j’imagine que c’est une histoire d’amourette, pour l’instant, laisse tomber ! Il doit avoir une flopée de ces démons dans la forêt. Il désigna les cadavres violacés et troués derrière eux. Des éclaireurs, bien sûr, mais dans ton état actuel tu mourras sans même pouvoir te défendre, tu mourras sans défendre ceux que tu penses aimer. Tu mourras… Pour rien. Réfléchis-y cinq secondes, maigre humain. Avec mes enseignements, tu les détruiras comme s’ils n’étaient que des insectes, tu deviendras le bouclier de ta race… Tu seras un être pur armé de sa lumière pure nourrissant de purs desseins.

Tiraillé par le serment qu’il avait fait à la sorcière, par son envie d’être accepté de ses parents, d’être aimé et reconnu à sa juste valeur… Il serra sa tête dans les deux mains puis frotta ses cheveux blancs. Il ne savait plus quoi penser, ses réflexions s’enchevêtraient dans une boule de pensées chaotiques. Il le savait, il était faible et impuissant pour l’heure… La puissance, le moyen de défendre les siens, sa bien-aimée, de se protéger lui-même pour mieux servir autrui. Tout le monde adore les gens qui aident, tout le monde apprécie les hommes capables d’encaisser les coups et de répliquer pour le bien de l’humanité. Alors, même si Anders devait être séparé de sa dulcinée quelques temps… Ne serait-ce pas mieux de la retrouver en étant assez fort pour balayer ces démons d’un revers de la main ? Arrivant à cette conclusion, il accepta, les yeux emplis de détermination.
. . .

Trois hivers s’écoulèrent.

Assis en tailleur, en train de méditer sereinement, l’apprenti du dragon blanc aux yeux bleus se remémorait le temps qui avait défilé sans qu’il ne s’en rende vraiment compte. Depuis l’instant où il souilla ses habits sales, il n’avait eu presque aucun moment de tranquillité. Akramus-Le-Sacré prit en pattes l’enseignement du jeunot et commença directement avec plusieurs mois d’exercices physiques très intenses. Son corps devait être capable d’endurer la pression que la magie tueuse de dragons allait exercer. Ainsi, accompagné de son mentor ainsi que de « l’autre » avec lequel ce dernier parlait tout le temps… Il courut en rond au sein de l’énorme cavité, sortit porter des charges que la nature lui laissait ou encore alla chasser différents gibiers à l’aide de son cerveau et de ses bras uniquement. Une période de sa vie que l’albinos ne voulait guère revivre.

Entre deux séances de pompes ou de poussée de rocher, le reptile ailé daigna lui enseigner quelques rudiments théoriques sur la magie de la lumière et la lumière elle-même. D’une façon plus ou moins pompeuse ou plus ou moins dérangée, il alimentait les rêves d’honneur de l’adolescent ainsi que sa méfiance envers les engeances du Mage Noir et nombre d’autres créatures y ressemblant. La véracité des propos de ce vieux fou n’ayant jamais été ébranlée, Anders le croyait dur comme fer, persuadé qu’il ne désirait que son bien. En vérité Akramus avait peur que son élève s’en aille repartir dans les bras de sa famille, auprès de sa bien-aimée illusoire. D’une manière subtile, manipulatrice, son maître le gardait à ses côtés pour nourrir un dessein inconnu, un plan personnel. Ce qui ne l’empêchait pas d’être un professeur sévère doublé d’un perfectionniste agaçant !

Malgré tout cela, la relation qui les unissait grandissait comme une amitié se construisant brique par brique, souvenir par souvenir, sentiment par sentiment. Un instinct protecteur naissait avec les jours, les semaines, les mois… Akramus regardait le jouvenceau devenir homme avec mélancolie, comme s’il se souvenait de temps lointains où tout tournait comme sur des roulettes. Un temps où il n’y avait pas besoin de penser à la guerre, aux entraînements et aux morts. En ces jours, et depuis moult décennies, tout ceci ne faisait que tourner dans son crâne reptilien, tourbillonner comme une tornade démente rongeant chaque parcelle de sa lucidité, chaque parcelle de sa conscience. Le O. Kalvoz semblait avoir remarqué quelque chose… Son tuteur géant rêvait ou cauchemardait, il ne savait pas bien, d’une époque qui faisait se battre dragon et humain, dragon et dragon.

Le Dragon Slayer rouvrit les yeux puis observa l’immense vide autour de lui, seulement comblé par un gros tas d’écailles et de muscles puissants recroquevillé dans un coin. Il souffla, attristé par ce spectacle et repensa aux jours où il avait dû le frapper de toutes ses forces pour endurcir ses phalanges, où ses sortilèges ridicules ne faisaient que chatouiller sa peau grisâtre. Il se souvenait même d’une journée assez spéciale se passant vers sa deuxième année d’entrainement. Akramus lui récitait un cours à l’instar d’un barde chantant sa mélodie puis Anders lui posa une simple question : « Si les dragons de lumière puisent leur force dans leur élément, et qu’ils ne peuvent ingérer leur propre magie… Pourquoi ne pas apprendre les bases d’une magie matérialisant des gemmes ? Ainsi, ils pourraient dévorer la lumière s’y concentrant et s’y réfléchissant. »

La pauvre bête avait levé sa griffe afin de contester ses dires, mais s’était incliné devant ses propos sensés après une discussion avec lui-même. Ça avait été l’une des seules fois où l’albinos le surprit et le déstabilisa. Un drôle d’instant, pour sûr. Toutefois, cela n’était plus d’actualité et aujourd’hui Anders restait en solitaire, délaissé par son maître. Droit comme la lame d’un sabre, il marcha vers la sortie afin d’accrocher ses jambes à la branche nue d’un arbre. Aussitôt fait qu’il plaça ses poings devant sa figure puis poussa avec le haut de son corps, une fois, deux fois, trois fois… Ses tympans entendaient encore la voix rauque d’Akramus l’encourager à sa manière des heures durant. Pour s’aider dans ses exercices quotidiens, il réécoutait les mots du dragon dans sa tête autant de fois qu’il le fallait. Son esprit paraissait apaisé, bien que des pensées extérieures s’y immiscées…

Les ombres s’immiscèrent dans les cieux, se dupliquant à l’infini en prenant soin de laisser nombre d’étoiles scintiller. La froideur sylvestre glissait sur le sol de la caverne sous la forme d’une fumée presque aussi blanche que le corps d’Akramus. Ce dernier se réveilla en secouant sa gueule et en parlant à l’entité l’accompagnant… Cela lui arrivait de plus en plus souvent. Anders s’inquiétait de le voir ainsi. D’autant plus que les propos sombres du reptile sacré se mélangeaient à d’autres incohérents, flous. Parfois il s’énervait pour un rien ou, dans ses longs sommeils, il paniquait. L’albinos, la première fois qu’il le vit, n’en croyait pas ses yeux… Une telle créature pouvait ressentir une telle émotion ? Cette pensée à ce moment lui donna froid dans le dos et une question se cogna dans sa boîte crânienne. « Que peut bien faire ressentir la peur à un dragon de lumière ? »  

Ce soir-ci, sans même qu’il ne s’en doute, il allait l’apprendre à ses dépends… Akramus l’interpella.

Anders, le concerné le regarda dans les yeux content de l’entendre, je vais t’enseigner une chose que l’on apprend qu’avec l’expérience de la vie. Le son de ses paroles annonçait un sujet sérieux, sa voix était tremblante et amère. Je sais que j’aurai toute ton attention, mais ne m’interromps pas. Merci d’avance. Il y a quelques temps, trois fois rien pour les êtres comme moi, à peu près quarante-neuf ans, j’ai combattu dans une guerre. La Guerre Draconique. C’était une guerre d’idéaux, l’un des camps voyait les humains comme de la nourriture et l’autre les défendait à leurs côtés. Je faisais parti du second camp. Finalement, aucun de nous ne gagna, seul un dragon noir triompha. J’ai vu d’innombrables sœurs, frères et ancêtres se faire déchiqueter par mes semblables… Des amis de ton espèce, aussi. Depuis ces images d’horreur, je ne dors plus vraiment, je suis juste plongé dans un monde de sang et de mort. Leurs cris, leurs hurlements, leurs pleurs me hantent toujours. Par peur, je me suis enfui de cet enfer afin de m’isoler de cette folie. Mais elle m’a rattrapé, prenant la forme d’une petite voix dans ma tête. J’imagine qu’elle était là pour me rappeler les miens. Aujourd’hui je n’en ai plus besoin, car, mon protégé, tu vas voler de tes propres ailes et me libérer de mes tourments. Sa tête démesurée s’approcha puis frotta Anders, comme un signe d’affection, un signe d’adieu. Là où j’irai, je tâcherai de ne pas t’oublier. J’ai beaucoup apprécié t’inculquer mon héritage, ma magie… Maintenant, finis-en avec le dernier sort que je t’ai appris, mon cadeau final.        

Un coup dans l’estomac, voilà comment il l’avait ressenti. Chocs sur chocs s’enchaînaient sans qu’il ne puisse rien dire, juste écouter et rien d’autre. La température baissait au fil du monologue d’Akramus. Puis il termina son discours. Le Dragon Slayer désirait protester… Cependant, il avait compris ce cri de détresse. Son maître ne lui demandait pas, il suppliait. Des larmes perlèrent à ses yeux comme à ceux du Dragon Sacré. Toutes les défenses du mastodonte s’abaissèrent comme un pont-levis descendu pour son trépas. Ainsi, une lumière émanant du O. Kalvoz éblouit la cavité. La pression s’intensifia, la puissance brûlait en lui à l’instar de sa tristesse. Dans un dernier cri, il remercia son professeur puis l’entrée de la grotte s’illumina violemment et un vacarme de tous les diables roula sur les parois rocheuses avant de se perdre dans la forêt voisine.

Reposez en paix, il renifla discrètement, je me montrerai digne de votre héritage. Il essuya ses larmes puis partit en silence.

Une poignée de jours passa.

Enveloppé d’une aura étincelante, l’ancien rejeté parcourait une longue distance à une vitesse folle. Telle une étoile filante, il filait entre les arbres, au-dessus des rivières, dans une direction bien précise. Son flair s’étant grandement amélioré, il reniflait des bribes d’odeurs dont il avait souvenir… La délicieuse senteur des cheveux d’Eve, fraîche, fruitée, à la fois douce et frappante. Celles de ses parents et autres proches émanaient d’une zone devant lui. Sa chemisette d’un blanc aveuglant serpentée d’écailles gris clair se plaquait à son corps finement sculpté. Enfin, il arriva aux pieds de la colline supportant la citadelle, ça faisait si longtemps… Son enthousiasme ne lui avait fait sentir que ce qu’il désirait et, en levant ses yeux ambrés, il resta sans voix. Une fumée noirâtre s’élevait des ruines qu’étaient autrefois la forteresse et du sang séché parsemait le sol alentour.

Les doux arômes familiers se transformèrent en relents méphitiques agressant ses narines de Dragon Slayer. Devant l’affreuse vérité, il vomit le contenu de son estomac dans un liquide orangeâtre. L’herbe verte environnante était comme calcinée par la colère, écrasée par un maléfice puissant. Désespérément, Anders plongea dans les roches fêlées des murailles abattues, déplaça ses dernières à la seule force de ses bras entraînés par l’espoir. Un espoir vain. Chaque roc écarté dévoilait d’autres cadavres humains. Il avança, parcourut les champs où jonchaient les restes du bétail, presque rien en somme. Par vague, des vapeurs nauséabondes toujours plus odorantes s’engouffraient dans son nez. Il s’en fichait. À coup de laser, il détruisit les vestiges le gênant, l’ancienne forge, quelques habitations, avant d’atteindre le château-fort, seul bâtiment à tenir debout, à peine.

Étrangement, il n’y avait aucun corps de démons. Oui, le O. Kalvoz les tenait pour responsable, c’était forcément eux. Au milieu de ce qui fut sa maison, il tomba à genoux, les mains pendouillant dans le vide, tremblantes. Il se mit à mirer le ciel, les yeux humides, comme pour chercher une réponse, un sens à son existence puis il hurla. Comme un loup en deuil, un chien, un bâtard pleurant ses morts… Le son de sa souffrance se diffusa dans l’air et fut porté par le vent dans toutes les directions. C’était terminé. Sa supposée puissance ne lui aura pas servi à protéger ceux qu’il aimait. Démotivé, il se releva lentement comme si le poids du monde reposait sur ses épaules, le poids de ses échecs. Il partit vers l’Ouest en marchant péniblement, à l’instar d’une âme en peine sans être vraiment vivant ni mort. Il avançait à l’aveuglette à travers forêts et montagnes un air décomposé au visage.                              

Qu’était la raison de son existence si ce n’était souffrir encore et toujours ? Pourquoi avoir eu un tel pouvoir sans avoir pu le montrer à ses proches, sa famille, ses amis ? En réfléchissant à cela, il déchaina ses arcanes lumineux ne laissant rien dans son sillage. Bien sûr, seuls des arbres et des animaux se heurtèrent à son courroux, mais lui était aveuglé par l’amertume. Sa rage l’accompagna durant quelques kilomètres avant qu’il ne s’en aille rejoindre Morphée. À son réveil, calmé, il émit nombres d’hypothèses pour se rassurer, pour nier l’évidence même. À vrai dire, au cours de son voyage solitaire, il avait le temps d’y penser et de broyer du noir. Ainsi, tout en s’assurant de combler ses besoins primitifs, il continua ses pérégrinations, établissant moult théories abracadabrantesques. Finalement, il se résigna après plusieurs jours… Ils étaient tous morts et lui était vivant.

Dans son errance, aidé de sa vitesse, il avait atteint un nouveau pays. Pour ne pas perdre la raison, il devait se trouver un nouvel objectif. S’établir à l’intérieur de ses nouvelles contrées ? Essayer de faire fortune d’une quelconque manière ? Non, rien de tout cela. Sa colère n’avait qu’un seul type d’ennemis à défaire : les autres races humanoïdes et celui qui avait créé les démons. Il traversa une zone volcanique où le magma incandescent teinté le ciel de rouge. Il gravit une vallée à l’apparence corrompue, à la végétation mourante où l’eau était viciée. Le terrain suivant ne semblait pas mieux, roche à perte de vue entrecoupée par des bassins d’acide jaunâtre, une terre aride, morte. Puis une marque de civilisation, une route pavée infestée de mauvaises herbes, s’étirait au-delà de l’horizon. Anders l’emprunta et finit par arriver à une ville construite à flanc de montagne : Paradeus.

Cité majestueuse élevée vers le ciel, blanche comme la lumière, un endroit accueillant pour le White Dragon Slayer. Il pénétra les portes, honteux de n’avoir que des habits usés par son périple, avant de découvrir la population qui résidait en ces lieux. Bonne gent, habillée sobrement ou richement, altruiste et courageuse sur les pavées montant en spirale. Un univers s’ouvrait aux pupilles du O. Kalvoz, ici, personne ne le jugeait ni même ne l’insultait. Un nouveau départ, une nouvelle vie dédiée à l’extermination des autres races pour assouvir son esprit vengeur, sa soif de sang inhumain. Les locaux mettaient des mages sur un piédestal, vantant leurs vertus et la pureté de leurs actes. Redoutables combattants, justiciers bienveillant, tout ce qu’avait toujours voulu être l’albinos étant enfant. Déterminé, il effectua l’ascension vers le siège de la guilde Destiny Flare et y entra.

Je me nomme Anders Okram Kalvoz, il leva solennellement ses bras, pourfendeur de dragons de la lumière. Je souhaite rejoindre votre ordre de chevaliers pour anéantir les engeances maléfiques et répandre la justice sur mon passage ! Son poing droit se plaqua sur son cœur tandis que l’autre se mit en bas de son dos puis il se courba respectueusement. Je m’investirai au maximum, engageant ma vie et mes principes au quotidien que vous menez, pour les citoyens et criminels que je devrais remettre sur le droit chemin.

Le silence des membres présents devenait oppressant avant qu’enfin une voix le brise, celle d'Ève.  

Anders ! Sa chevelure blonde cascadait toujours jusqu’à ses hanches alors que son visage de porcelaine s’illuminait d’un sourire radieux. Cela faisait si… Si longtemps. J-je croyais que tu étais… Elle se mit à courir, ses enjambées gracieuses effaçant tout autour d’eux avant qu’elle n’enlace Anders dans ses bras délicats. Tu n’aurais jamais dû partir comme tu l’as fait ! Des sanglots vinrent entrecouper ses paroles mielleuses. Pourquoi es-tu parti comme ça ? Pourquoi ? Dit-elle en le serrant de plus en plus fortement.  

Une remise en question complète. Cette vue aussi fantastique que troublante avait perturbé Anders au plus profond de son être. Ses yeux orange s’étaient écarquillés, sa bouche s’était entrouverte alors que ses deux bras étaient mi-levés, bloqués dans leur mouvement. Ses pensées s’organisaient afin de réfléchir rapidement sur ce qui se déroulait. L’albinos avait accepté l’évidence, mais même celle-ci s’avérait fausse ! Au moins pour sa bien-aimée. Lorsqu’il assimila cela, il se mit à son tour à embrasser la magnifique blonde. Il ne put répondre à ses interrogations sur l’instant… Il ne put que s’excuser en pleurant silencieusement, de joie, pour une fois. Il chérissait ce moment de bonheur, cette chaleur enivrante, agréable, son parfum qu’il pouvait dorénavant inscrire au plus profond de son âme. Néanmoins, méritait-il vraiment ce flot d’émotions positives ou non ?

Que ce passe-t-il, ici ? Dit un homme ayant l’allure d’un chef. Toi, là ! Il désigna Anders de la main. Tu es venu t’inscrire à notre guilde ? Le concerné acquiesça tout sourire. De ce que j’ai pu entendre de ton discours tu es un Dragon Slayer. Mhh. Il gratta son bouc brun. À ce que je vois, tu as aussi redonné le moral à la petite Pemberton, ce n’était pas gagné mais j’assume que vous vous connaissez. Très bien, Destiny Flare compte un nouveau membre !
   
 


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Anders O. KalvozLight Gentleman
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MessageSujet: Re: [DC d'Antho] La Lumière De La Justice N'a Pas Besoin d'Un PEGI 18. [Fiche Terminée] Sam 27 Aoû - 16:03


   

   


   
   


Histoire.

   


x375 – Partie 3 : Paradis Attaqué.

Six ans plus tard.

Aux niveaux supérieurs de la ville, trois individus sortaient d’une maison de taille moyenne, une petite famille. Il s’agissait d’Anders, d’Eve et d’un petit garçon aux cheveux bruns aux iris bleutés. L’enfant avait quatre ans, quatre ans de bonheur pour ses parents l’aimant de tout leur cœur. Grâce à l’argent des deux mages, le petit Théodore O. Kalvoz avait ce qu’il voulait que ce soit en termes de jouets, de sorties ou de livres. Cependant, lorsque des missions devaient être remplies, le chérubin était surveillé par des membres de Destiny Flare. Ces derniers avaient assisté à deux merveilleux événements, à savoir le mariage d’Anders et d’Eve, ainsi que la naissance de leur fils. Enfin pour le dernier, disons qu’ils l’ont vu juste après l’accouchement. Le bonheur régnait enfin dans l’esprit de l’albinos, bien que de temps en temps, il s’isolait du monde pour broyer du noir.

Des interrogations assaillaient ses pensées. La culpabilité quant à la douleur qu’avait ressentie son âme-sœur à sa disparition ainsi que ses responsabilités vis-à-vis de ce qu’il avait fait auparavant. Il n’avait pas oublié qu’à chaque seconde l’amour de son épouse grandissait grâce à la potion de la sorcière. Comment avait-il pu la laisser loin de lui alors qu’il l’avait lié à son existence ? Le bonheur qui aujourd’hui le comble était-il illusoire ? N’aimait-il qu’une femme façonnée selon ses envies ? Il réfléchissait à ces choses-là seul, recroquevillé dans un coin sombre loin de chez lui. La plupart du temps, il feintait l’envie de se promener en solitaire. Mais surtout, tous les jours il se répétait de ne pas donner son enfance à son bébé, son enfant. De ne pas faire cette erreur. Non. Théodore sera en sûreté,  comblé d’amour et éduqué de la meilleure manière qu’il soit.

Ensemble, ils se dirigèrent vers le quartier général, voir si des quêtes étaient disponibles pour le Duo Lumineux. Récemment, Frederik Tarken avait vaincu et tué l’ancien maître afin de le devenir à son tour. Ce n’était qu’un malheureux incident, personne ne le blâma pour cela. C’était dommage pour Théodore qui commençait à s’habituer à lui, mais ainsi va la vie. Sauf qu’en ce jour, après avoir passé les portes, ils remarquèrent une agitation troublant le calme habituel. Les démons étaient aux portes de Fiore ! À cette seule nouvelle, Anders sentit une vive chaleur embraser son organisme. Il ne s’était pas plus préoccupé du sort de son pays natal, sachant que sa famille ainsi que le père de sa tendre et chère avaient survécus. D’ailleurs, Kristopher avait forgé une armure somptueuse et un sabre pour son gendre qu’Eve ramena de son voyage de Bosco à Fiore.

Sans plus tarder, après avoir confié Théodore à des personnes de confiance, mari et femme partirent avec leurs frères d’armes. Le Front Bourbeux, comme ils le nommaient, se trouvait à la frontière séparant les deux royaumes. Ils voyagèrent quelques heures avant d’atteindre le camp de fortune où le chaos submergeait soldats et officiers. Tarken parla avec les commandants, sans doute discuta-t-il d’une stratégie à adopter, de quels mages envoyer à tel endroit… Finalement, il passa hors de la tente de commandement puis donna ses ordres. Concernant le couple de chevaliers, il devait s’occuper de groupes isolés tenant tête à leurs alliés. Aussitôt dit qu’Anders et Ève fusèrent aux lieux indiqués nimbés d’une forte lueur. Ainsi commença un ballet entremêlant la lumière d’un dragon et celle d’une humaine qui se complétaient à la perfection tels deux danseurs synchronisés.

Les combats durèrent une poignée de jours sans qu’aucun camp ne prenne véritablement l’avantage. Le White Dragon Slayer ainsi que sa partenaire lançaient des assauts vifs et puissants à l’instar d’un couple d’aigles, puis battaient en retraite lorsque leurs réserves atteignaient un niveau critique. Stratégie payante de par les nombreuses victimes et le peu de blessures que les guérisseurs devaient leur retirer. Toutefois, un élément extérieur s’invita à la bataille, un membre haut gradé du Kyûkimon qui dévasta les rangs fioréens comme s’ils n’étaient rien d’autre que des poupées de poussières. Surpris par cette démonstration de puissance, les forces de Destiny Flare ainsi que celles des autres guildes durent sortir du champ de batailles, la honte et la rage au ventre. Cette défaite marqua un autre tournant dans l’âme d’Anders qui se mit à détester davantage ces viles créatures.

Deux années plus tard.

Une alliance s’était créée depuis l’hécatombe que fut le Front Bourbeux. L’albinos s’entraînait avec acharnement sur le plan physique, magique et du maniement des armes qu’Ève lui enseignait avec un rudiment en magie de pierres précieuses. Cependant, la petite famille ne s’enfermait pas suite à cet échec, au contraire ils profitaient au maximum des moments passés ensemble. En vérité, quelque chose tracassait le O. Kalvoz… C’était le comportement de leur chef de guilde après la signature du traité Lumen. Il était plus agressif, ne pensait qu’au démon et à rien d’autre. Il partait régulièrement en mission tant qu’il s’agissait d’exterminer les larbins du Mage Noir. En son fort intérieur, Anders espérait qu’il ne deviendrait pas comme lui… Qu’importait pour l’heure, il profitait de son bonheur tout en exécutant des missions en duo ou en solitaire selon la disponibilité de chacun.

Le soleil s’éleva dans la voûte céleste rosée, la petite famille comme à son habitude alla au quartier général de Destiny Flare. En ces murs attendait Frederick Tarken, le regard sévère, les bras croisés et son armure du justicier revêtue. Son imposante carrure le démarquait vraiment des autres membres, autant que ses cheveux blonds gominés. Tout son être sentait et respirait la chevalerie à l’état pur, bien qu’il se détourne peu à peu de cette noble voie. Il interpella Anders, et lui seul, de sa voix grave, autoritaire, puis lui annonça qu’ils allaient remplir une quête ensemble. Ce n’était pas une invitation mais un ordre. L’albinos ne discuta pas… Le mage de rééquipement n’était pas connu pour sa flexibilité. Ainsi, ils partirent en direction de la frontière séparant les Vestiges du Levant à la Porte de Nergal sur le dos de leurs chevaux respectifs, l’un blanc l’autre gris tacheté.

Le Dragon Slayer ne s’étonna point de la nature de la mission qui se résumait à annihiler un démon. Néanmoins, elle possédait une nuance : celle de devoir protéger un petit village qui se faisait régulièrement attaquer par l’être maléfique. Peut-être était-ce pour cela que Frederick avait emmené le O. Kalvoz ? Pour qu’il s’occupe de la protection tandis que lui combattrait comme à son habitude. Le duo de mages s’approchait et plus les kilomètres étaient gravis, plus une inquiétante odeur s’immisçait dans les narines du dompteur de lumière. Un mélange de métal, de souffre, de sang et de putréfaction faisait grimacer Anders. Ils accélèrent le pas à cause de cette découverte et arrivèrent à un endroit dévasté. Une masse informe de muscles bleuâtres aux crochets monstrueux serpentant son corps s’attaquait aux habitants à l’aide de flammes céruléennes.

Les yeux grands ouverts, le White Dragon Slayer descendit de son destrier et occulta tout le reste pour s’occuper des villageois. Quelque chose montait en lui, comme un magma de haine s’infiltrant dans chacun de ses membres. Les poings enveloppés de l’élément sacré, il détruisit les débris piégeant certains paysans tandis qu’il entendait son maître déchaîner sa fureur. L’impact des coups résonnait et faisait trembler le sol alentour. Une pluie de glace rencontrait un déluge de feu bleu déchirant les cieux comme un orage aux immenses éclairs. Dans cet enfer lui rappelant un peu sa citadelle, peu de personnes avaient survécu. Il fit son possible mais seule une poignée d’humains furent sauvés. Lorsqu’il se retourna, croyant que son maître dominait le combat, il fut surpris de voir l’exact contraire de ses pensées. Il perdait du terrain face à l’abomination le combattant.

Puis alors qu’Anders se rua sur la Chose, une attaque différente des autres sortit du corps de cette engeance démoniaque. Les flammes bleutées viraient légèrement sur le noir et une impression de danger extrême en émanait. La main de la créature s’abattit sur un Tarken épuisé, le marquant d’un symbole ésotérique. Le grand homme valdingua vers l’albinos qui se le prit de plein fouet puis tomba à la renverse, écrasé par le poids de l’Armure du Croisé Glacial. Le Pourfendeur de Dragon dut user de sa rapidité hors-normes pour s’extirper de cette situation. Son ennemi titanesque avait été salement amoché, toutefois, il n’en restait pas moins dangereux. L’élément sacré tournoya autour de son manieur, une lourde pression pesait sur toute la zone. Le O. Kalvoz décida de mettre un terme à ce combat d’un seul coup ! D’une voix emplie de fureur, il hurla le nom de son sort.

Metsuryuu Ouji : Mabayui Jundo, Hakuryuu no Zenmestu Itan ! Tonna-t-il comme un jugement céleste.

Le son de sa voix fut porté par un vent naissant, puissant. La luminosité environnante semblait s’éteindre, se masser au-dessus du mage sacré. Le concentré de lumière rejoignait l’orbe grandissant qui progressivement prenait l’apparence d’un second soleil. Seul le blanc de cette sphère éclairait les alentours, comme une lumière divine jugeant les mortels de ce monde. D’abord intimidé, l’hérésie ambulante se moqua du sort du Dragon Slayer en se ruant sur ce dernier… Un trait fusa de l’Art Secret, atteignant la jambe du monstre et lui tirant un hurlement de douleur. C’est là qu’il comprit, esprit inférieur qu’il était. Un déluge allait s’abattre sur cet amas grotesque de chair et de ténèbres. Alors qu’il tenta de fuir misérablement, des milliers de fragments lumineux le prirent en chasse puis le transpercèrent de toutes parts faisant gicler son sang impur sur l’herbe souillée.

Au fur et à mesure de ce massacre, la lumière regagnait sa place éclairant le monstre aux mille et un trous. Le responsable de cette tuerie haletait, épuisé par les ressources qu’il avait dû libérer… Puis il tourna son regard vers son chef de guilde à moitié inconscient. Aussi vite qu’il le put, il attrapa son corps et le plaça délicatement sur la selle de son équidé avant de monter sur le sien. Il géra les deux chevaux tout le long du trajet, au triple galop, fusant à vive allure en direction de Paradeus. Sa vision se troublait, sans doute était-ce le contrecoup de son dernier sortilège, mais il puisait la force de continuer au fond de ses tripes ! Une poignée d’heures passa et enfin la cité montagneuse se dessinait au loin. Sur la route, Anders reconnut les quelques survivants qu’il avait pu secourir… Il se sentait désolé de les dépasser comme il l’avait fait, mais l’état de son maître empirait.

La marque bleuâtre virait au violet en gagnant l’entièreté de son bras droit. Dans un ultime effort, l’albinos envoya un signal aux portes de Paradeus, un signal que sa femme vit immédiatement. Gardes, mages et citoyens vinrent aider le binôme à rejoindre une sorte d’infirmerie. Là-bas, ils reçurent les soins adéquats et la progression du mal de Tarken se stoppa. Néanmoins, son bras demeurait inutilisable, son corps paraissait lui peser une tonne… Il semblait maudit par cet infâme démon. Des journées s’écoulèrent pendant que les deux chevaliers récupéraient, une attente lente, interminable. Frederick demanda à son camarade de s’approcher une fois celui-ci complètement rétabli. Honteux de ne pas avoir pu protéger son maître, Anders arriva la tête baissée, une expression triste au visage. Il alla se perdre en moult excuses mais fut arrêté avant cela.

Anders Okram Kalvoz… Rien que votre nom fait pompeux, mon ami. Vous n’avez pas à vous en vouloir pour l’incident, j’ai visé trop haut pour moi, pour nous et j’en ai payé le prix. Vous avez courageusement combattu sans oublier vos actes de bravoure. Vous, sauvant ces paysans des décombres, des flammes, leur redonnant force et volonté de vivre grâce à votre unique présence. Il prit le poignet du Dragon Slayer avec sa main valide puis le regarda droit dans les yeux. Cela fait un moment que j’y pense, toutefois, je n’ai pas trouvé une personne digne de ce poste… Avant cette quête, voyez-vous. Votre puissance, votre dévotion à la cause du bien me permet de vous dire ceci : Anders Okram Kalvoz, je souhaite que vous me succédiez en tant que maître de la guilde Destiny Flare. Redorez notre blason aux yeux des autres guildes de l’Alliance Lumen et anéantissez le Mage Noir. Le temps que je me remette, je resterai à vos côtés comme conseiller puis une fois guéri, je redeviendrai simple Paladin… Êtes-vous d’accord, messire O. Kalvoz ?

Le concerné recula d’un pas sous la surprise. Ses lèvres fines s’ouvrirent pour contester, son index droit voulut se lever pour protester. Néanmoins, le choc passé, il réalisa quel honneur lui faisait le grand blond. Il avait la chance de devenir quelqu’un d’important, de mener des hommes et des femmes vers la lumière de sa voie ! Il resta silencieux un moment, perdu dans son esprit à peser le pour et le contre sous l’œil attentif de Tarken. Il finit par respirer profondément puis enveloppa la main de son conseiller comme signe d’acceptation. Son fils allait avoir une ribambelle d’étoiles dans les yeux. Sa femme allait être comblée par cette nouvelle ainsi qu’honorée de servir à la fois son maître et mari. Peut-être qu’il pourrait faire pencher la balance de la victoire vers leur camp... Cependant, ses nouvelles responsabilités requéraient déjà sa présence quelque part.)
   


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Sirael AshtareosThe Golden King
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MessageSujet: Re: [DC d'Antho] La Lumière De La Justice N'a Pas Besoin d'Un PEGI 18. [Fiche Terminée] Dim 28 Aoû - 11:33

Re-bienvenue lààà ! :nomad:



Trois crapauds me tiennent compagnie, huit roses parfument mon or.

Un dialogue devenu légende :
 
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Anders O. KalvozLight Gentleman
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MessageSujet: Re: [DC d'Antho] La Lumière De La Justice N'a Pas Besoin d'Un PEGI 18. [Fiche Terminée] Dim 28 Aoû - 11:40

Ouaaah, cette méthode illégale pour augmenter les messages du forum... Vas-y, wesh continue, si ça peut aider /RASBLA. Sinon, merci fonda' - ne jamais oublier la politesse !


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MessageSujet: Re: [DC d'Antho] La Lumière De La Justice N'a Pas Besoin d'Un PEGI 18. [Fiche Terminée] Ven 21 Oct - 22:00

Alors, alors. Déjà, désolé du délai que j'ai pris pour évaluer ta fiche. Vraiment désolé.
Du coup, l'évaluation est un peu lapidaire.
Enfin bref, je vais pas te faire attendre plus longtemps.

Magie : C'est très complet et exprimé avec beaucoup …d’emphase :rip:
Mais j'ai juste un petit détail à relever : il aurait fallu dire que les God Slayer peuvent absorber ta magie ^^
Ah aussi, tu aurais peut-être pu faire un petit paragraphe pour la Gem Magic =3

Physique :
" Son buste aux lignes travaillées souvent recouvert d’un plastron métallique symbolisant un bouclier, celui qui protège faibles et innocents du courroux des plus fous. " verbe ! Mais t'es où ? Pas là ! /POUTRE/
" Ses bras et jambes raffinés mais néanmoins musclés sont les glaives de sa Justice, qui, avec précision et puissance, combat les maux du monde." combattent*
" Ses longues pattes arrivent bien en-dessous de ses oreilles orientées vers l’arrière," … pattes ? :rip: C'est peut-être bien utilisé mais… ça m'a perturbé pour la visualisation :rip:
Sinon, bien complet, j'ai pas vraiment relevé de détails manquant… Ah si, la marque de guilde.

Mental :
" et ne tolère aucun égard de sa part" écart* plutôt, non ?
Sinon, je n'ai pas grand chose à dire. Peut-être des petits détails comme des goûts ou des habitudes, mais c'est vraiment pour chipoter.

Histoire :
" soixantenaire" on dit sexagénaire pour une personne
" une étincelle minuscule avait apparu" était apparue*
" Anders regarda ces individus et reconnut sa génitrice" de ce que j'ai compris, il l'a jamais vu. D'ailleurs, tu dis après "Ce fut le premier souvenir concret qu’eut Anders de sa mère" Et tu dis au-dessus qu'il sait à peine parler et marcher, donc il peut pas sortir un nom, qu'il ne connaît pas en plus. Tu le surestimes, ce gosse
" tours d’angle imposantes." d'angles imposants*
" S’il aurait existé" s'il avait* malheureux D8
"après que ce dernier ait attaqué" a*
" ne se fiant qu’à son ouï dans l’obscurité." ouïe*
" Ève n’aurait pas hésitée !" hésité*
" Ses yeux orange s’écarquillés " oranges s’écarquillaient*
“l’apprenti du dragon blanc aux yeux bleus” je vais t’appeler Seto Kaiba maintenant
“Le silence des membres présents devenait oppressant avant qu’enfin une voix le brisa, celle d'Ève. “ le brise*
“Metsuryuu no Ouji : Mabayui Jundo, Hakuryuu no Zenmestu Itan !” Metsuryuu Ouji*
Pour moi, les fautes que j’ai relevé ne sont dues qu’à de l’inattention, ce qui est logique vu la masse du truc xD
Sinon pour le style… C’est lourd par moment. Les phrases sont toutes longues, et j’ai l’impression que tu veux toujours en faire trop. Cependant, ça n’a pas gêné la lecture ni la compréhension de ton texte, donc c’était juste pour souligner que tu pourrais rendre tes écrits plus élégant et fluide.
Pour le fond, je n’ai… rien à dire. A part la petite incohérence du nourrisson que j’ai déjà relevé, je n’ai rien à reprocher sur ce point. J’ai beaucoup aimé l’idée du filtre d’amour, et les répercussions que ça a sur son mental.
Bref, une bonne présentation, quoique un poil lourde par moment.

Je te valide en tant que Maitre de rang A de Destiny Flare à 2800 EP






J'ai 6 roses et 5 crapauds dans mon garde-manger ~

Merci Haru :rip: Attention, perte de neurones en approche:
 
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Anders O. KalvozLight Gentleman
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MessageSujet: Re: [DC d'Antho] La Lumière De La Justice N'a Pas Besoin d'Un PEGI 18. [Fiche Terminée] Sam 22 Oct - 3:07

Ora ne t'en fais surtout pas, je comprends parfaitement ce délai et, sincèrement, tu n'as même pas besoin de t'excuser mais c'est trop mignon cbjsdbfvusdvfsdudvvds, houla, je m'égare.

Voici donc les deux correctifs concernant la magie, l'un parlant du fait que le Light God Slayer puisse bouffer sa magie et l'autre rajoutant une petit paragraphe parlant du rudiment :

"Cependant le Dragon Slayer se voit être privé de toutes forces s’il ingère autre chose que son élément. Son organisme luttant férocement contre ces engeances étrangères. Dans le cas contraire, son énergie sera revitalisée à l’instar d’un vieillard nageant dans une fontaine de jouvence. Ses réserves se rempliront de son repas, offrant au O. Kalvoz de quoi exterminer démons et dragons. Néanmoins, le Light God Slayer peut absorber sa magie tandis que lui-même ne peut s'en repaître."

"Rudiment : Gem Magic.

Permet tout simplement de créer une pierre précieuse de petite taille d'une forme simple. Concrètement, aucune véritable utilisation offensive ne peut se faire avec ce rudiment. Il est plutôt utilisé, dans le cas du White Dragon, pour concentrer la lumière du soleil et ainsi l'ingérer lorsque le besoin s'en fait sentir."

Ah ! Et je rajoute donc la magie secondaire des DS, leur magie élémentaire répondant à leur élément, logique, héhé :

"Magie Secondaire : Light Magic.

Magie complémentaire du White Dragon Slayer lui permettant d'utiliser son élément un peu plus librement jusqu'à un certain degré de puissance. Les sorts usant cette magie peuvent être créés hors de la limite qu'est son enveloppe charnelle. Leurs formes restent cependant simples puisqu'il ne s'agit qu'une magie élémentaire classique."

Entrons donc maintenant dans les correctifs du physique, sachant que pour les simples fautes, tu peux assumer que je les ai corrigées :

"Son buste aux lignes travaillées souvent recouvert d’un plastron métallique symbolisant un bouclier, celui qui protège faibles et innocents du courroux des plus fous, se bombe pour faire rempart aux êtres malveillants.

"Sa main gauche est souvent posée sur la garde de son sabre bleuté, simple habitude vue comme une menace silencieuse ou une promesse protectrice selon l’âme de celui qui le regarde. C'est d'ailleurs sur le dos de cette main que se trouve sa marque de guilde, aussi blanche que son âme."

Enchaînons sans plus attendre sur le mental, et avant tout, oui, tu as bien deviné, c'est bien "écart" que je voulais mettre, bravo, bravo :

"Anders a pris l'habitude de ne pas prendre les gens de haut, comme un principe moral absolu. Qu'importe le rang social ou la puissance de telle ou telle personne, l'équité est son dogme. Cela se ressent aux niveaux de ses goûts alimentaires, il mange de tout, se forçant même si son palais n'aime pas. Il en va de même pour le confort général dont il dispose, à savoir ses meubles de bonnes factures mais dénués de futilités esthétiques. Cependant, une brèche demeure : sa famille. Il leur accorde tout ce qu'elle désire si cela est dans ses moyens et a tendance à perdre son sérieux en présence de son fils."

J'espère que ces petits ajouts sont ce que tu espérais. Maintenant, passons au plus gros morceau : l'histoire #leromandevotrevie :

Alors, pour ce qui est des fautes pures et dures, considèrent que j'ai tout édité, voilà. Ensuite, parlons du Anders surdoué /SBLA. En soi, il n'y a aucun nom prononcé, comme dit plus haut, il ne connait que celui de sa gouvernante et est obligé d'utilisé le diminutif "Anna". Bon, ça c'est si c'était du premier degré, si tu parlais plutôt de mettre un lien de parenté sur un visage jamais vu, c'est une autre histoire.

Certes, le gosse n'a jamais vraiment contemplé sa mère, mais on peut assumer qu'en sortant du ventre de sa mère, Anders a entraperçu son visage et l'a genre gravé dans sa mémoire pour que le souvenir resurgisse à ce moment précis. D'où le fameux "lien" l'unissant à sa môman. Après, je peux très bien concevoir que je surestime peut-être les capacités d'un bambin, donc je vais modifier en disant juste qu'il a une impression très familière qui le pousse à s'approcher d'elle.

"Anders regarda ces individus et sentit une sensation familière l'invitant à s'approcher. Poussé par cette sensation, il sortit de sa cache puis, tout content, se précipita en direction de celle ayant réveillé cet étrange sentiment."

Pour terminer, déjà, je suis content que tu ais, dans l'ensemble, apprécié ma présentation ça fait chaud cœur, ça me donne des n'étoiles dans les n'yeux, tout ça tout ça, c'est beau ! Mais aussi, je souhaitais ajouter que le style 'j'en fais trop" c'est pour coller avec le Anders qui, quand il te parle, t'as l'impression de parler avec soit un livre religieux ou un document administratif français tellement c'est alambiqué... Cependant, je prends bien note que j'ai un peu trop abusé et que je vais faire des efforts pour qu'il devienne plus fluide et élégant. Voilà, en espérant que les modifications t'aillent et merci de m'avoir évalué !


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MessageSujet: Re: [DC d'Antho] La Lumière De La Justice N'a Pas Besoin d'Un PEGI 18. [Fiche Terminée]

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[DC d'Antho] La Lumière De La Justice N'a Pas Besoin d'Un PEGI 18. [Fiche Terminée]
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